Les Baluchons
 


Un mois mouvementé pour les Baluchons...

Bonjour à tous! Ce quinzième mois restera une étape importante dans notre périple puisque nous avons épongé notre premier “coup dur”. Les guillemets indiquent que ce n'est rien de bien grave, nous nous sommes simplement fait cambrioler. Nous avons également découvert les joies des procédures indiennes et pour couronner le tout, nous avons des souris qui rongent toutes nos affaires! Malgré cela, nous poursuivons notre exploration avec plus d'enthousiasme que jamais...

 

Sortir la Roulotte du port de Bombay: le parcours du combattant

Port de Bombay

Lundi. (…) Nous voilà partis au siège de la compagnie maritime qui doit nous délivrer le “bon de livraison”, première étape de cette longue procédure. Notre hôtel est dans le quartier de Colaba, tout au sud de la ville et leurs bureaux sont situés dans la banlieue Nord, à Andheri. Plus d'une heure et demi de taxi pour y aller et un peu moins en train, pour revenir. (...)

Mardi. Nous avons décidé de faire le dédouanement nous même afin d'économiser les frais d'agent (...). On nous fait comprendre qu'il y a peu de chance que nous y parvenions seuls mais nous relevons le défi! Par où commencer? Nous ne savons trop par quel miracle nous nous retrouvons dans le bureau du grand chef des douanes portuaires. (...) Personne ne semble vraiment connaître la marche à suivre. L'avantage d’être arrivés avec le patron est qu'ils sont tous prêts à nous aider! (…) Rien n'est informatisé, d'ailleurs il n'y a jamais d'ordinateur, seulement des montagnes de dossiers empilés un peu partout et des tas de gens assis à travers, que des hommes. Ils discutent, boivent du thé ou encore lisent le journal. (…)

Mercredi. Plus patients que jamais, nous effectuons des va-et-vient entre les bureaux du port et ceux situés à l'extérieur, dans la New Custom House. On nous dit toujours avec un grand sourire “one minute”... “two minutes”... ou encore “five minutes”. Oui, mais les minutes indiennes semblent correspondre aux heures françaises...

Jeudi. Ça avance, doucement mais surement! Nous commençons à connaître tout le monde. Aussi incroyable que cela puisse paraître, ils n'ont toujours pas localisé la Roulotte. Nous avons bien essayé de l'apercevoir en marchant aux alentours mais en vain. Le port est immense. (...) Nous attendons. Une photocopie

par ci, une signature par là, tiens un petit tampon, “vous reprendrez bien un petit thé”, “oui volontiers” quelques paroles échangées et les aiguilles continuent à tourner, la terre aussi d'ailleurs. (...) Nous l'apercevons enfin (…) Ce n'est que lorsque nous ouvrons la porte que nous découvrons le désastre. (...)

Vendredi. Un mélange de tristesse, de frustration et d’excitation. Nous essayons de nous convaincre, “ce n'est pas si grave”. Nous nous réconfortons, “elle a démarré au quart de tour, l'aventure va enfin reprendre”. Laurent plaisante, “nous commencions à manquer de place, voilà qui est réglé!” C'est férié, inutile de se précipiter au port, nous ne pouvons rien faire pour la Roulotte aujourd'hui. Nous nous promenons dans la ville. Les feux d'artifices éclatent un peu partout. Joyeux Diwali à tous!

Samedi. Nous ne pouvons accéder au port que par la “Blue Gate”. Tous les jours c'est la même chose. Nous devons fournir les copies de nos passeports, de notre bon de livraison et remplir des formulaires pour obtenir un passe. C'est toujours le même homme, il nous reconnaît, mais chaque jour nous devons lui redonner les mêmes photocopies et remplir le même formulaire. D'ailleurs, ce n'est pas le seul à vouloir des photocopies. Nous ne les avons pas compté mais depuis que nous avons entamé les démarches, il doit y avoir une bonne trentaine de copies de nos passeports qui circulent dans le port de Bombay! (…) Nous ne sommes pas au bout de nos peines. (...) Ils ne veulent pas nous laisser sortir la Roulotte. (…) Par fierté, par dignité ou par principe, nous sommes donc allés porter plainte. (…) Nous voilà donc embringuer dans une nouvelle procédure interminable, à la “Yellow Gate Police Station”. En y repensant, c'était assez drôle. Les flics étaient sympas et par la

suite, ils nous ont bien rendu service. Tandis que Laurent part sur les “lieux du crime” accompagné de trois hommes, Hélène se retrouve à taper la déposition elle-même sur ce qui semble être le seul ordinateur du commissariat. (...)

Dimanche. Jour de repos, les bureaux sont fermés. Diwali se poursuit et personne ne semble se lasser des feux d'artifices et des pétards, à part nous peut-être... c'est que c'est bruyant toutes ces explosions! On nous propose d'aller faire de la figuration pour un film Bollywood. (...)

Lundi. Tiens, encore un lundi et la Roulotte est toujours au port! La course reprend. (…) Avec cette histoire de plainte, nous nous sommes mis tous les gens des douanes et du port à dos et nous ne serions pas surpris qu'ils nous fassent languir davantage... C'est repartit pour plus de paperasse. Les photocopies de la plainte se multiplient et nous devons maintenant rédiger et signer de nouvelles déclarations. On ne nous offre plus le thé et les sourires se font rares. (...)

Mardi. Le cauchemar bureaucratique continue, c'est comme un mauvais rêve qui revient sans cesse. (…) Laurent: (…) “Après tout ce que nous venons d'endurer ces huit derniers jours, je n'y crois plus. J'hésite. J'avance tout doucement, me retournant régulièrement pour vérifier que je ne sois pas en train de faire une bêtise. Les trois hommes sont en pleine discussion, ils ne prêtent plus aucune attention à la Roulotte. Je franchi enfin les portes. J'appelle immédiatement Hélène pour qu'elle me rejoigne au croisement comme convenu. Ce n'est qu'à ce moment seulement que je réalise enfin que le calvaire est fini. Je suis au volant de notre Roulotte, Hélène monte. Nous nous regardons, soulagés et heureux.” Lire plus...

Cambriolage: cinq jours pour remettre de l'ordre,
dans la Roulotte et dans nos esprits

En y réfléchissant, il serait presque indécent de se morfondre dans des considérations matérialistes dans un pays où tant de gens survivent dans la misère. Nous ne sommes vraiment pas à plaindre mais ce serait mentir que d'affirmer que nous ne ressentons aucune amertume. Même s'il faut reconnaitre que nous avons pris la chose très sereinement. Cette épreuve n'a été source d'aucunes tensions. Nous avons encaissé et relativisé. Cette première année de voyage nous a déjà beaucoup transformé, intérieurement. Nous sommes plus forts, individuellement et ensemble. L'un comme l'autre, nous ne rêvons que d'une chose, tourner la page et aller de l'avant. Seulement voilà, ce n'est pas si simple! (…) Il nous aura fallu cinq jours pour remettre de l'ordre et rendre la Roulotte à nouveau habitable. (...) Il va nous falloir encore quelques temps avant de retrouver tout le confort que nous avions auparavant mais l'essentiel est fait et nous sommes tellement heureux de rentrer enfin chez nous! (…) Nous payons le prix de notre naïveté. Pour autant, nous ne voulons pas tomber dans la méfiance et la paranoïa. (…) Lire plus...

Bombay (Mumbai), une ville agréable

Bombay est la ville d'Inde la plus peuplée, presque 23 millions pour l'agglomération, soit plus d'un tiers de la population française! (…) Dans notre course effrénée, nous n'avons pas pris le temps de visiter quoique ce soit en particulier mais nos divers déplacements nous ont amené aux quatre coins de cette mégalopole. Malgré le calvaire bureaucratique, nous garderons de Bombay un doux souvenir. En parcourant ses entrailles, à pied ou en taxi, nous avons admiré plusieurs temples, des immeubles d'architecture moderne, des parcs et

de nombreux bâtiments édifiés par les anglais au XIXème siècle. (…) Les sept premières nuits, nous logions à Colaba, quartier majoritairement musulman. (…) Il était facile d'y manger de la viande, contrairement à bien d'autres endroits parce que les hindous sont souvent végétariens. (...) Dans le quartier de Churchgate, Bombay nous aimions traverser les Meadows (grandes pelouses) où se retrouvent les joueurs de criquets et de football. Nous avons roulé à maintes reprises sur Marine Drive, longeant la côte et passant devant la jolie plage de sable fin de Chowpathy. Nous sommes passés plusieurs fois devant les fameux jardins suspendues

sans jamais nous y arrêter. (…) En poursuivant vers le Nord, on peut admirer la vieille mosquée Haji Ali qui se dresse au milieu de la mer. Encore plus loin, on voit des pêcheurs sur leurs petites barques avec en décor de fond, la “Skyline”. Bombay est un mélange surprenant d'héritage historique, de modernité et de traditions. À travers toutes ces belles bâtisses se glissent également de nombreux bidonvilles. (…) Lire plus...

Devka Beach (Daman): nous tournons enfin la page!



Devka Beach (Daman) (...) Nous passons devant le fort de Daman, un ancien comptoir portugais et une enclave dans l'état du Gujarat (seul endroit ou la vente d'alcool est autorisée). (...) À peine garés, nous nous retrouvons vite entourés d'une joyeuse troupe qui célèbre l'anniversaire de mariage d'un couple. On nous sert du gâteau, ils nous prennent en photos sous tous les angles puis allument quelques feux de Bengale. Nous nous amusons de cet accueil mais ce n'est vraisemblablement pas ici que nous trouverons la tranquillité que nous recherchons. Plus tard nous repartons en direction de Devka, pour se poser sur le parking du Miramar, importante station balnéaire. (…) Au fil des jours et de nos besoins, la liste des objets volés s'allonge... “Tiens ils ont aussi pris ça... et ça... et ça... et même ça! ...” Pas facile de tourner la page dans ces conditions! L'amertume remonte parfois mais le plus gros est déjà derrière nous. (…) Lire plus...

Velavadar, entre tranquillité et déception



(…) Même à quelques kilomètres du parc national de Velavadar, les gens ne connaissent pas son existence. Arrivés à un croisement, un vieil homme nous fait signe d'aller à droite. C'est ainsi que nous nous retrouvons au Blackbuck Lodge. (…) Il y a un étang au milieu d'une grande étendue d'herbe sèche. Plusieurs maisons sont éparpillées à travers le terrain, des cottages. Nous rencontrons le propriétaire, un homme charmant qui parle parfaitement anglais. Nous lui demandons si il est possible de se garer dans son établissement moyennant des repas que nous prendrons dans leur restaurant. (…) Trois jours se passent tranquillement, nous faisons la connaissance d'un couple anglais passionné d'oiseaux qui ont vécus leur part Devka Beach (Daman)
d'aventure il y a de cela trente ans. (…) Après trois nuits reposantes, nous décidons enfin d'aller passer la journée dans le parc pour admirer les différents animaux et oiseaux dont nous entendons tant parlé depuis notre arrivée. (…) Seulement voilà, ils ne veulent pas nous laisser entrer sans guide, qui plus est nous devons payer chacun une entrée en plus du véhicule (ce qui n'est pas clair dans leur brochure), sans oublier le prix à payer pour prendre des photos. Le montant s’élève à 120 dollars! (...) Même si nous consentions à dépenser cette somme exorbitante, nous n'avons pas autant sur nous. (…) Extrêmement déçus, nous reprenons la route en direction de Palitana. Lire plus...

De Velavadar à Diu: comment démêler ce noeud de sentiments?



De Velavadar à Diu (…) Non Loin de Veladar, nous nous arrêtons dans une petite épicerie pour acheter de l'eau minérale. Ils n'en vendent pas mais insistent pour nous offrir le thé. Nous pénétrons dans la courette où vit cette famille accueillante. (…) Notre présence a quelque peu détourner l'attention portée à la célébration du mariage dans cette petite bourgade. Des villageois de tout âge se précipitent dans la cour pour nous observer. (…) Ce moment de partage nous émeu et les déceptions du matin s'effacent peu à peu. (…) Nous les remercions pour leur hospitalité et ils nous accompagnent tous à la Roulotte. Presque tout le village est là, nous faisant signe en hurlant des “Goodbye!” (…) Arrivés à Palitana, nous sommes d'un coup immergés dans la foule. Commerçants et pèlerins se bousculent un peu partout. (…) Nous traversons quatre fois le centre congestionné de cette ville sans jamais trouver le chemin de la colline aux temples. (…) De déception en déception, de
frustration en frustration, nous essayons de démêler ce noeud de sentiments mitigés. Les difficultés se succèdent sans que nous trouvions suffisamment de joies, de sourires et surtout de tranquillité pour équilibrer notre bien-être. (…) Lire plus...

Comme libérés d'un poids



Par chance, nous tombons sur une petite station peu fréquentée, un peu en retrait d'une route où il n'y a pas

trop de passage. À peine sommes nous garés qu'il se met à pleuvoir. (…) Au matin, quelques rayons lumineux percent enfin les gros nuages. Comme si la pluie avait lavé les taches de suspicions qui s'étaient incrustés sur nos peaux depuis l'incident de Bombay. Comme si l'hospitalité simple et sincère des deux La station service hommes de la station service avait su effacé toutes les déceptions des jours précédents. Comme si les sourires échangés en chemin nous redonnaient enfin le goût des rencontres que nous avions plutôt cherché à éviter ces derniers temps. Le ciel est encore tacheté de nébuleuses mais le bleu jaillit et la brise fait

peu à peu disparaître les nuances grisées qui n'arrangeaient rien à notre état de désolation. Ce matin là, nous ne serions trop dire pourquoi, nous repartions le coeur léger. Lire plus...

Île de Diu: quiétude enfin trouvée



Sur la route vers l'île de Diu (…) Nous ne sommes qu'à 80km de Diu mais la route est tellement mauvaise qu'il nous aura fallu presque six heures pour y arriver! C'est une succession de bosses et de creux complètement souillés par les pluies torrentielles de la veille. (…) Avec une moyenne de 10km/h, nous avons largement le temps d'admirer les paysages. Tout ce vert nous apaise. (…) Nous traversons des Sur la route vers l'île de Diu
villages dans lesquels paysans et artisans sont à l'oeuvre. Ça et là des petits temples très colorés viennent égailler les groupes d'habitations souvent sommaires, faites de bambous et de de feuilles de palmes séchées lorsqu'elles n'ont pas encore été remplacées par des murs en béton. (…) La piste sablonneuse se poursuit, nous décidons d'aller Hotel Palms, Diu voir plus loin. (…) C'est comme ça que nous rencontrons Claude, un jeune retraité parisien qui voyage depuis plus de trente ans en Inde et dans toute l'Asie qu'il connait très bien.(...) Au Palms Hotel, nous faisons connaissance avec Anne, Eric et leurs trois enfants. (…) Nous sympathisons rapidement avec la famille Bentolila-Coville. Du coup, c'est
La famille Bentolila-Coville un peu comme si nous avions des voisins. Nous nous rendons service, échangeons des conseils, s'empruntant et se prêtant diverses choses (…) Les occasions ne manquent pas de nous retrouver autour d'un verre pour discuter. (…) C'est la première fois que nous rencontrons une famille. Gaspard, Felix et Malo semblent s’être bien Alanna et Oded
adaptés à ce nouveau rythme de vie. (…) Claude passe nous voir de temps en temps, il nous raconte des tas d'histoires sur ses précédents voyages. (…) Nous sympathisons également avec un couple de quarantenaires new-yorkais avec qui nous passons quelques agréables moments, leur parcours nous intrigue (…) Pour moins de trois Diu euros par jour, nous louons un scooter qui nous permet de nous balader à notre guise dans les environs. Chaque jour est l'occasion d'une petite virée: le fort et la vieille ville de Diu, le temple et les tours du silence de Gangaswar, le port de pêche de Vanakbara ou encore le village tranquille de Ghogla. (…) Lire plus...
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