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Kilomètres parcourus: 1811 kms

Allez, faut vraiment qu'on y aille maintenant!

Puisque nous empruntons les routes, c'est dans notre pays que nous écrivons les premières pages de ce carnet... Il nous aura fallu bien plus de temps que nous l'avions imaginé pour partir. D'abord bloqués par des imprévus en tout genre et quelques formalités indispensables, nous avions aussi envie de profiter plus longuement de nos proches avant le grand départ. C'est ensuite la douceur de vivre à la française et la beauté des paysages qui nous retenaient. Nous voulions profiter au maximum de tout cela, peut-être pour nous en imprégner et remplir nos baluchons de ces images La Roulotte à Paris
et de ces senteurs qui rejailliront ici et là, lorsque nous décrirons notre pays à l'étranger ou bien, lorsque nous serons envahis d'une légère nostalgie (oui, cela arrivera sûrement!). Nous avons déménagé de l'appartement que nous occupions à Paris le 10 juillet, date à laquelle nous étions officiellement domiciliés dans notre Roulotte nomade...

Après un petit détour en Normandie (Argentan et Alençon) pour rendre visite aux cousins et cousines, nous sommes allés profiter de la famille angevine avant de descendre profiter de la famille francilienne dans le Limousin. Nous avons ensuite pris la route du sud pour retrouver des amis en Provence. Après seulement débuta notre voyage initiatique en roulotte...

Voyage initiatique: un été dans le sud

Deux jours sur la côte d'Azur en pleine saison ont suffi à nous convaincre de nous en éloigner... trop de monde! En lisant le journal depuis une plage du Lavandou, nous avons appris que le festival d'Avignon se terminait bientôt alors nous nous y sommes vite rendus!

Bercés par l'atmosphère du festival d'Avignon

Avignon 28 juillet. Nous sommes assis dans la Roulotte, garés en plein cœur de la vieille ville d'Avignon, à 2 minutes de la cité des papes et non loin du fameux pont où l'on danse encore au fil des siècles... Il fait 34°, les gens s'agitent autour de nous. Des artistes arpentent inlassablement les ruelles, faisant la promotion de leur spectacle. Nous errons à notre tour pour observer quelques scènes peu ordinaires. Nous voilà soudainement bercés par la mélodie d'un piano tiré par un cycle
dont la roue avant est si grande qu'elle semble tout droit sortie de l'une de ces illustrations anciennes accompagnant de nombreux romans de Jules Verne. Chaque tournant est susceptible de nous offrir un nouveau décor. La nuit tombée, les artistes des rues entrent en piste. Du marionnettiste italien à la chanteuse d'opéra espagnole, en passant par la conteuse africaine, le jeune parolier français, les danseurs brésiliens ou l'insolite joueur de steelpan venu des Caraïbes pour adapter les plus grands compositeurs classiques européens...

Il y a aussi ce lieu agréable dans lequel a été installée une médiathèque. Une grande bâtisse d'origine religieuse. Des plafonds hauts à vous donner le vertige, des peintures, sculptures et dorures ornant chaque recoin. Nous y avons trouvé refuge pour mettre en ligne le site internet « temporaire ». Plusieurs personnes nous demandaient des renseignements sur les baluchons en lisant l'adresse du site inscrite à l'avant de notre véhicule et nous n'avions pas encore trouvé le temps de nous y coller. C'est ainsi qu'une semaine s'est écoulée sans que l'on s'en aperçoive, il faisait bon vivre à Avignon...

Villages pittoresques et bains de foule saisonniers

Malgré l'afflux touristique, nous nous laissons charmer par les villages pittoresques de Gordes et Vénasque, classés parmi les plus beaux de France. Depuis le début, nous avions décidé de passer par les gorges du Verdon. Comme nous n'avons apporté aucun guide, nous regardons la carte et choisissons Moustiers-Sainte-Marie comme point de départ pour explorer ce magnifique panorama. Il n'y a pas de secret, les sites qui attirent le plus de monde ont souvent beaucoup à offrir! L'idéal Gordes
est de pouvoir les visiter hors saison mais nous sommes là et comptons bien en profiter malgré tout... À notre arrivée, nous sommes ralentis par un embouteillage! Cet adorable village n'a pas été conçu pour recevoir autant de véhicules à la fois mais il faut bien s'en accommoder. De toute façon, la pente est raide et nous n'aurions pas avancé beaucoup plus vite! Arrivés tout en haut, nous trouvons l'emplacement idéal. Un petit parking caché surplombant tout le village (près du terrain de pétanque) et duquel part le sentier botanique qui offre de belles vues sur l'ensemble des gorges... Surpris qu'il y ait autant de places libres, nous cherchons en vain le panneau indiquant l'interdiction de stationner. Non asphalté, nous apprécions le cadre naturel. Le soir venu, nous sommes seuls et sortons la table pour dîner à la belle étoile. Tard dans la soirée, le village a retrouvé le calme qui le caractérise sûrement le reste de l'année. Réveillés par les oiseaux, nous nous réjouissons de l'instant, mais vers 11h, deux agents municipaux viennent nous signaler que ce parking est réservé aux voitures et que nous devons rejoindre l'aire de camping-car à l'entrée de village (ou plutôt en dehors du village). Nous ne sommes pas aussi longs que les autres camping-cars, nous ne dépassons généralement pas des marquages prévus pour les voitures. De plus, il est écrit nulle part que nous ne sommes pas autorisés à stationner... impossible de négocier, ils nous regardent en souriant, ils font leur travail, nous leur promettons donc de partir dès que nous aurons terminé de prendre notre petit déjeuner. À contre cœur, nous redescendons la montagne dans laquelle Moustiers-Sainte-Marie semble incrustée. Nous voilà maintenant au milieu de nos « semblables » et l'impression amère d'être dans une concession de camping-cars nous gagne.... Certains nous lancent des regards curieux, nous avons le plus vieux mais aussi le plus coloré de tous!

Quelques heures à flâner puis un retour précipité en prévision de l'averse qui déferla quelques minutes plus tard... L'orage s'accompagne de pluies torrentielles, nous remarquons une fuite dans la Roulotte, une bassine fera l'affaire en attendant l'accalmie... Plongés dans la pénombre, nous nous installons devant un film (nous avons apporté une vidéothèque qui tient dans un petit disque dur externe, c'est beau la technologie!). Vers 21h, on frappe à la porte pour la collecte des 6 euros à payer pour la nuit, nous ne répondons pas... plus tard, nous déplaçons à nouveau notre Roulotte. Le lendemain, nous randonnons sur les sentiers à proximité, nous montons à la chapelle puis nous partons explorer les gorges à bord de notre Ford... c'est à ce moment que nous regrettons le plus de ne pas avoir pris de vélos...

Comps Comps n'a pas le charme de Moustiers-Sainte-Marie mais cette bourgade a le mérite d'être largement moins fréquentée. Il y a une aire de camping-car gratuite et très bien conçue, avec des emplacements individuels entourés d'espaces verts sur lesquels il y a des tables de pique-nique en bois. En cette fin de journée, nous optons pour quelques heures de terrasse à siroter des demis tout en jouant aux dés, jeu qui nous amène la sympathie de nos voisins de table, des
trentenaires du coin avec qui nous conversons un brin... Lendemain, journée relaxe et nous voilà repartis en direction Gap...

Quiétude dans les Alpes du sud

Rien de tel que la montagne en été! Après nous être mêlés à la foule nous nous rendons dans les Alpes du sud, en quête de quiétude... Notre premier arrêt, Tallard rappelle à Laurent son stage de parachutisme. Nous nous renseignons sur les prix des sauts mais ils sont bien au-dessus de nos moyens... Nous y passons une nuit agréable, profitons quelques heures d'une connexion internet gratuite (bibliothèque), achetons de délicieux fruits et légumes (pas chers) sur la place du marché et Glaise
arpentons les ruelles étroites du vieux centre. Nous rejoignons Gap puis Veynes où nous trouvons un bon campement près du plan d'eau où nous nous baignons. En ville, il y a une aire de service complètement gratuite (y compris l'eau). Nous y restons deux jours puis nous commençons la montée vers le hameau de Glaise (1200m d'altitude) où nous trouvons enfin notre bonheur...

Glaise Nous nous garons sur un emplacement minutieusement aménagé à cet effet, près d'une table de pique-nique en bois non loin de laquelle sont disposés des pots de fleurs multicolores, une vieille charrette peinte de couleurs vives et une carte topographique pour randonneurs affichée sur un panneau muni d'un petit toit. Il y a même un point d'eau gratuit et des toilettes publiques quelques mètres plus loin. Dès le premier matin, un habitant vient nous demander gentiment si
nous sommes bien installés, cherchant à savoir si la lumière du lampadaire nous avait dérangé (sûrement la source d'une longue discussion au dernier conseil municipal!). Un autre passe et repasse sur son vieux tracteur, chaque fois il nous fait un signe amical. Trois jours durant, nous marchons pour en explorer les alentours montagneux, atteignant le sommet au troisième jour. Le Mont Charajaille, à 1813m d'altitude, nous offre une vue splendide sur toute la région. Nous partons tôt le matin et revenons dans l'après-midi, profitant du reste de la journée pour nous reposer et bouquiner.

Six familles vivent à Glaise toute l'année et les habitants ont rénové eux-mêmes la jolie chapelle construite au XVIIIe siècle. D'après les informations récoltées dans l'historique qui y est exposé, il y avait 17 familles en 1753. Le hameau, qui dépend aujourd'hui de la municipalité de Veynes, fut électrifié en 1930 et la route qui y mène fut goudronnée en 1970. Le plus intéressant fut de lire les récits des instituteurs et institutrices qui exercèrent dans la petite école qui a définitivement fermé ses portes en 1961 avec deux élèves!

Une petite vidéo de nos randos à Glaise:

Sport et loisir: Via Ferrata de La Motte du Caire

Après cet échauffement (trois jours de grande rando), nous sommes prêts à gravir d'autres sommets, des sommets rocheux nécessitant un effort physique plus dense. À défaut de pouvoir nous payer un saut en parachute, l'office du tourisme de Tallard nous avait renseignés sur une «Via Ferrata», l'entrée s'élève à 18 euros par personne, location de matériel compris. Nous partons donc à la recherche de la Motte du Caire. Recherche car ce n'est pas sans mal que nous Via Ferrata
l'avons trouvé! À croire que le GPS ne voulait pas nous y conduire, nous finissions toujours dans des culs-de-sac... Rien de tel que les locaux pour être bien renseignés, la technologie a ses limites!

Savez-vous ce qu'est une Via Ferrata? La première génération aurait débuté en Autriche en 1843. En Italie elles sont apparues dans le massif des Dolomites vers 1914 et ont une origine stratégique. En effet, ce sont les militaires italiens qui avaient équipé d'immenses parois de câbles et d'échelles pour faciliter le déplacement de leurs troupes alpines. Par la suite, ces voies ont été exploitées et entretenues par les communes à des fins touristiques et sportives. Certains de ces sentiers servent pour la randonnée, simplement panoramiques et accessibles sans le moindre matériel. À côté, il existe des circuits aménagés où se succèdent câbles, passerelles, ponts népalais (sur un fil), échelons métalliques et autres pièces de ferraille permettant de surmonter des parois infranchissables en apparence, ou encore de se lancer dans les airs à l’aide de tyroliennes. En France, ces parcours ludiques seraient apparus dans le sud (Hautes-Alpes) vers 1989.

Via Ferrata La Via Ferrata de la Motte du Caire est classée dans les « difficiles à très difficiles », c'est dire que nous avions vu grand! La dame charmante qui tient l'accueil me rassure (Laurent en avait moins besoin), il y a des alternatives possibles à deux endroits du parcours, si c'est trop dur il suffit de prendre l'un des échappatoires... Elle nous équipe, nous explique brièvement comment ça fonctionne, nous montre comment utiliser la tyrolienne en nous faisant faire un essai sur un petit câble prévu
à cet effet. Nous observons la carte avec elle en écoutant attentivement ses conseils, elle vérifie que nous avons des lunettes de soleil et suffisamment d'eau. C'est bon, nous pouvons prendre le sentier qui nous conduit au début du parcours. Ce dernier est court mais très raide et nous sommes essoufflés avant même d'arriver au pied de l'énorme rocher que nous allons escalader! Après des débuts difficiles et quelques frayeurs, nous prenons confiance et progressons de plus en plus vite. Certains passages sont en devers et requiert beaucoup de force dans les bras. Il nous a fallu deux heures et demie environ pour atteindre le sommet. Nous redescendons le versant opposé sur plusieurs mètres (ce n'est pas plus facile de descendre que de monter!) avant d'entamer la traversée d'une passerelle suspendue de 60m de long. Laurent était devant. Lorsque j'arrive au bout de la passerelle, je lis l'écriteau placé à côté du signe indiquant la direction du dernier échappatoire: « La partie qui suit nécessite Force, Mental et
Équilibre ». Je préfère garder le peu d'énergie restant pour la descente, Laurent fait demi-tour pour la suivre. Tant pis pour le pont népalais. De toute façon, nous devons accélérer car ils vont bientôt fermer (nous n'avons pas l'heure mais nous devenons de plus en plus forts à estimer le temps par rapport à la position du soleil!). Les trois tyroliennes (159, 135 et 220m de long) sont un vrai délice, nous arrivons en bas en sueur, avec plus d'une heure de retard. Nous nous excusons Via Ferrata
mais l'homme qui attend pour récupérer le matériel et fermer les bureaux affiche un large sourire: «si vous avez passé un bon moment, c'est l'essentiel». Merci.

Au delà de l'aspect sportif, cette expérience nous a obligés à nous surpasser pour réussir ce qui paraissait irréalisable. Quelques jours plus tard, je découvrais dans l'une de mes lectures, une citation de Sénèque qui me rappela cette journée : « Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles. »

Séjour marseillais avant de remonter sur Angers et Paris

Les Calanques marseillaise Nous repassons à Gap pour laver du linge (nous avions repéré un lavomatique!) puis nous prenons la route du sud pour rejoindre Marseille où nous fûmes chaleureusement accueillis par Alain et Aurélie. Une semaine de confort, à découvrir les fameuses calanques, à flâner dans les rues des différents quartiers autour du vieux port, à nous promener à vélo le long de la corniche... Il nous fallait ensuite commencer notre remontée pour être à Angers dès le 1er septembre. Nous passons
par le parc des Cévennes, nous arrêtant à Florac pour explorer les gorges du Tarn. Une nuit paisible dans la ville historique de Figeac fut suivie d'une agréable soirée en compagnie des Gourdonnais, jeux de fléchettes et conversations autour de quelques verres. Un petit arrêt de quelques heures à Sarlat l'incontournable avant de nous poser dans le village tranquille de Amand-Saint-Coly qui fut notre dernière étape avant de retrouver à nouveau la famille. Trois semaines entre Paris et Angers à nous activer pour gérer les derniers préparatifs et nous libérer des dernières formalités et nous voilà repartis!

Ce que nous avons appris au cours de ces premières semaines

Au cours de ces premières semaines, nous avons affronté les préoccupations propre à notre nouvelle vie. Où trouver de l'eau? Du gaz? De l'essence? Où vider nos eaux usées? Nos poubelles? C'est à Gordes que nous avons compris à quoi pouvaient servir les grosses cales (généralement jaunes) que nous avions aperçues sous les pneus de certains camping-cars... D'abord, c'est plus agréable pour dormir et vaquer à nos occupations (imaginez, vivre dans une maison en pente!) mais surtout, dans notre cas, c'est indispensable pour le bon fonctionnement du réfrigérateur! Eh oui, il ne fonctionne que si nous sommes à plat! Du coup, nous nous sommes empressés d'acheter une paire de ces fameuses cales et nous avons même investi dans un petit niveau pour être précis...

Au fur et à mesure, nous réorganisons les placards afin que les choses les plus utilisées restent facilement accessibles. Et puis, nous évaluons nos besoins énergétiques. Nous découvrons le fonctionnement de chaque branchement, analysons la capacité de stockage et la rapidité de chargement des batteries reliées au panneau solaire. Conséquemment, nous développons des stratégies afin de maximiser son utilisation. Pas facile de choisir entre l'ombre des arbres qui nous permet de conserver un minimum de fraicheur et l'orientation plein Est pour optimiser notre énergie dès les premières lueurs du jour! C'est à Avignon que nous avons compris comment adapter notre utilisation au convertisseur 220V que nous avons installé. Nous n'avions aucun souci avec les chargeurs de batteries pour appareil photo mais nous n'arrivions pas à recharger nos ordinateurs. En fait, il suffit de brancher le chargeur et attendre qu'il régule le courant avant de le connecter au portable. Il faut le mettre à l'oreille et rester attentif au bruit alterné qui devient continu par la suite...Nous avons acheté une douche solaire, le principe est simple, l'eau est enfermée dans une sorte de sac plastique noir qui absorbe la chaleur du soleil. Il y a même un avertissement stipulant que les températures peuvent monter jusqu'à 50°C mais en ce qui nous concerne, l'eau n'a jamais été plus que tiède...

Notre séjour de 3 semaines entre Paris et Angers nous a permis d'apporter des améliorations. Nous avons réparé quelques fuites, renforcer l'étanchéité autour des lanterneaux, fait renforcer la porte et ajouter deux serrures de sécurité supplémentaires. Nous avons également investi dans un porte vélos et un vélo (nous n'en avions qu'un), nous avons aménagé une boîte à chaussures derrière laquelle nous pouvons caler des briques de lait ou des bouteilles d'eau, ainsi qu'une boîte pour contenir les magazines, journaux ou livres que nous voulons garder à portée de main.

Tant que nous étions à Paris, confortablement installés dans un spacieux appartement au pied de la Tour Eiffel, nous ne nous rendions pas bien compte... Absorbés par notre routine, immergés dans nos responsabilités d'enseignants, nous ne pouvions imaginer ce que ça allait être... Nous en parlions, nous en rêvions. Petit à petit, nous apprenons à gérer ce nouveau quotidien, celui de deux nomades en partance pour des horizons lointains.

Fin septembre: grand départ vers... l'Auvergne!

Collonges-La-Rouge 19 septembre. Cette fois-ci, c'est le grand départ! Bon allez, encore deux petits arrêts chez nos frères et sœurs (c'est sur le chemin!), à Poitiers puis à Boisseuil (près de Limoges), l'occasion de voir les premiers pas de Charlotte, la plus jeune de nos neveux et nièces... et c'est parti!

En quittant Limoges, nous prenons la direction de Collonges-La-Rouge où nous passons une agréable nuit. Ce petit village porte bien son

nom puisque il est tout de rouge vêtu. Il y règne une atmosphère de fin de saison touristique et nous prenons plaisir à arpenter ses ruelles dans lesquelles nous croisons essentiellement des retraités en villégiature...

     La douceur du climat nous retient en Auvergne où nous explorons les volcans et la gastronomie, heureux de reprendre la route et retrouver notre roulotte que nous affectons de plus en plus malgré son exiguïté. Quelques jours suffirent pour nous
Ballade en VTT
remettre dans le bain. Parmi les améliorations apportées depuis notre voyage initiatique, nous sommes pressés d'étrenner le VTT acheté d'occasion à Limoges. Sur la carte, le nom « La Bourboule » sonne familier sans trop savoir pourquoi, allons-y! La Bourboule a dû connaître ses moments de gloire à une époque où le peuple français découvrait de nouveaux plaisirs, cures thermales et loisirs extérieurs... les débuts des congés payés... Cette petite ville nous est apparue paisible et les bâtiments abritant les bains thermaux ont bien vieilli. Il y règne toutefois une ambiance agréable. Nous prenons la télécabine pour monter sur le plateau de Chalanne (massif du Sancy) avec nos vélos. La promenade à travers bois (avec quelques pentes bien raides) s'achève par les 12 kms de descente pour rentrer, que du bonheur! Le lendemain, nous nous chaussons pour atteindre le Mont Dore à pied (point culminant du centre de la France). Nous traversons des
Les vaches de Salers pâtures foulées par de belles vaches brunes (Salers) dont chaque mouvement fait retentir les cloches qu'elles portent autour du cou. Tous les équipements hivernaux sont là, remontés mécaniques et télésièges s'intègrent dans le vert d'un paysage que l'on essaie de s'imaginer recouvert de blanc... Nous rencontrons un couple qui descend tranquillement. C'est l'homme qui nous accoste pour nous donner leurs tickets de télécabines. Ils avaient pris un aller-retour mais la
splendeur de cette journée ensoleillée les motiva pour redescendre à pied. Son épouse arrive lentement, en souriant. Nous échangeons quelques banalités. La seule réplique que nous retenons est celle du mari, assis sur un rocher, attendant patiemment sourire aux lèvres « ça fait 50 ans que je l'attends! ». Un bref échange qui nous toucha. Nous en concluons qu'ils doivent avoir au moins 70 ans. Serons-nous en si belle forme à leur âge?

Nous voulions apercevoir les cratères, comme celui de Volvic, rendu célèbre par la publicité. L'office du tourisme de La Bourboule nous conseille le Puy de Dôme pour une vue d'ensemble. Nous fûmes un peu déçus. La vue y est très belle mais arriver sur un grand parking avec une sorte de complexe touristique après avoir accomplis une ascension sur un chemin complètement aménagé où l'on ne cesse de croiser des gens n'avait pas autant de charme que cette randonnée au Mont Dore...

Nous quittons la France...

Nous passons par la Camargue, le temps de photographier quelques flamands roses. Une nuit au Grau-du Roi puis une autre à Nice où nous arrivons enfin à commander une courroie de distribution (elle a été changé avant de partir mais mieux vaut en avoir une de rechange) qui arrive le lendemain. Nous décidons de faire un détour par Peira Cava, village situé à environ 1600 m d'altitude pour essayer l'acrobranche. Nous arrivons de nuit pour découvrir au petit matin une Grau-du-Roi
Peira Cava fuite. Laurent ouvre le capot et s'aperçoit de suite qu'il s'agit d'une durite par laquelle s'échappe le liquide de refroidissement. Ne sachant trop que faire, nous allons dans le seul bar ouvert au village. Cinq ou six hommes d'un certain âge sont attablés, nous leur demandons où se trouve le garage le plus proche mais il semblerait que nous en sommes bien loin... Deux d'entre eux s'intéressent à notre cas et viennent diagnostiquer le problème. L'un est mécanicien à la retraite et
suggère aussitôt de couper la durite au couteau de cuisine. Par chance, la fissure est sur l'une des extrémités, pourquoi n'y avons nous pas pensé! Laurent s'exécute comme un chef, sous l'oeil vigilant de ce personnage qui parle avec un petit accent italien (nous ne sommes pas loin!). Trop tard pour l'aventure dans les arbres, nous partons à la recherche d'un garage Ford car il y a également un voyant indiquant la dépression des freins qui s'est allumé mystérieusement. Le trajet est une succession de lacets bien serrés. Le silence s'est installé. Notre inquiétude ne s'effacera que trois jours après, c'est le week-end et nous devons attendre lundi pour voir un garagiste. Et enfin c'est par Menton que nous passerons en Italie parce que nous devons y récupérer une carte bleue que nous avons faite livrer dans une agence. Voilà, nous allons finalement quitter la France...

Nous avons encore du mal à réaliser que l'aventure, dans laquelle nous nous projetons depuis un an et demi environ, commence là... Lorsque l'on emprunte les voies aériennes, la notion de distance perd de son sens. Le dépaysement est presque instantané, il s'amorce parfois dès que l'on pénètre dans l'avion que nous partageons avec des passagers venus de tous les horizons. Mais lorsque l'on emprunte les terres et que l'on avance doucement vers ces contrées lointaines, lorsque l'on ne s'est fixé aucune date de retour et aucun itinéraire préétabli, alors les sensations ne sont plus du tout les mêmes. Finalement, nous n'avons pas l'impression de partir à l'autre bout du monde. Plus qu'un voyage, c'est un choix de vie, une vie nomade...

 

Superficie: 551 500 km²
Population: 62 150 775
Population urbaine: 77%
Capitale: Paris

Frontières terrestres: 2 889 km
Littoral: 3 427 km
Point culminant: Mont Blanc, 4 807 m

Pays frontaliers:
  • Andorre (56,6 km)
  • Belgique (620 km)
  • Allemagne (451 km)
  • Italie (488 km)
  • Luxembourg (73 km)
  • Monaco (4,4 km)
  • Espagne (623 km)
  • Suisse (573 km)

Type de gouvernement: République
Constitution: 1958 + nombreux amendements

Fête nationale: 14 juillet
Elle commémore la fête de la fédération de 1790 qui marque le premier anniversaire de la prise de la Bastille et la fin de la monarchie absolue.

Force de travail:
  • Agriculture: 3,8%
  • Industrie: 24,3%
  • Services: 71,8%
Espérance de vie: 80.98 ans
  • Homme: 77.79 ans
  • Femme: 84.33 ans

Population au dessous du seuil de pauvreté: 6,2%

 
Source: CIA World Fact Book 2009
 

Monnaie: euro
Distributeurs: faciles à trouver, partout
Paiement par visa/mastercard: acceptés

Prix moyen
litre de diesel: 0,98€
bouteille eau minérale (1.5L): 0.30€
un café: 2€
un demi: 3€

Indicatif téléphonique: 33
Indicatif internet: .fr
Fuseau horaire: +1 UTC et +1h du dernier dimanche de Mars au dernier dimanche d'octobre

Mobilité:
Aéroports: 475
Routes: 951 500 km dont 10 950 km d'autoroutes
Voix ferroviaires: 29 213 km
Voix navigables: 8 501 km

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