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Kilomètres parcourus: 2227 kms
Notre retour dans l'Union
Il y a quatre voitures immobilisées devant nous, la première subit une fouille totale et monopolise les deux seuls agents disponibles, alors nous patientons. Lorsqu'arrive enfin notre tour, deux minutes suffisent à franchir le contrôle macédonien. Côté grec, nous sommes à nouveau freinés par le même véhicule, qui décidément doit leur sembler suspect. La barrière de la file réservée aux ressortissants de la communauté européenne est fermée, nous sommes donc contraints d'attendre. Puis l'homme à la chevelure indisciplinée et aux moustaches grises regarde notre plaque. De suite, il nous fait des grands signes pour que nous passions, pas besoin de montrer pattes blanches, nous sommes de retour dans l'Union!
Quelques kilomètres plus loin, nous nous garons sur le parking d'un grand supermarché pour aller nous réapprovisionner. Les prix affichés sont en euros, plus besoin de convertir. Nous retrouvons beaucoup de produits familiers alors nous sommes comme deux gamins capricieux. Pris d'une excitation grandissante en parcourant les rayons («regarde ils ont même du crunch!»), nos papilles frétillent à l'idée de déguster ces petits plaisirs sucrés et salés auxquels nos palais sont habitués...
Les Météores sous la pluie
Nous passons notre première nuit grecque sur le bord de la route, à environ 70 kms de Kalambaka. Dans la plaine de Thessalie, les Météores constituent une des plus belles curiosités. Kalambaka est une petite ville nichée aux pieds de ces imposants pitons rocheux sur lesquels trônent des monastères. Nous nous y arrêtons pour faire une lessive. Il fait déjà nuit noire lorsque nous quittons la zone urbaine pour monter près du monastère de Megalou Meteorou. Au fur et à mesure de notre progression, la couche nuageuse s'épaissit et nous ne voyons plus rien. La route est étroite et sinueuse. Laurent reste très concentré mais ne cache pas son inquiétude, il a l'impression que cet enchaînement de virages ne finira jamais et il est impossible de faire marche arrière... Nous ne sommes pas à l'aise, peut-être aurait-il mieux valu passer la nuit en bas. Nous discernons une pancarte indiquant des chambres d'hôtes et un parking pour camping-car. Soulagés, nous tournons à droite avec l'intention de nous y installer mais les emplacements en question sont recouverts de boue et nous craignons que la Roulotte ne s'embourbe. Hésitant à redescendre vers la plaine, nous effectuons un demi-tour et décidons tout de même de poursuivre vers les sommets. Nous ne devons plus être loin et il devrait y avoir des parkings aménagés car c'est un site très touristique. Un véhicule nous a suivi, il fait demi-tour devant nous et prend à gauche pour redescendre. La pénombre et le brouillard rendent notre ascension très difficile et nous regrettons à nouveau notre choix. La voiture que nous avions vu repartir vers la plaine, nous a finalement suivis jusqu'en haut mais à peine sommes-nous arrêtés qu'elle repart. Nous nous interrogeons sur ce fait étrange, s'agit-il d'un agent de sécurité? La pluie est de plus en plus forte. Nous sommes complètement encerclés par cette fumée nébuleuse qui fait naître une certaine anxiété parce que nous n'avons pas la moindre idée de ce qui nous entoure. Nous nous garons juste devant un panneau "No camping" (comme ça personne ne le verra!). Nous sommes seuls. La nuit embrouillée nous empêche de voir le paysage que nous découvrirons au petit matin... Nous devinons quelques lumières lointaines, ça doit être celles du monastère... Les gouttes d'eau s'écrasant sur la carrosserie et le vent ont quelque peu perturbé notre sommeil. Le froid glacial s'est infiltré jusque sous notre couette. Au matin, nous restons dans notre refuge tandis qu'au dehors, des gens s'agitent sous la tempête. Des bus et des voitures déversent une foule venue admirer la beauté des lieux, malgré ces ondées incessantes. Entre les lamelles de store, nous distinguons à peine les parapluies...
Plus tard, nous sortons de notre cabane pour nous imprégner de cet endroit mystérieux. Nous parcourons la zone en Roulotte, enchaînant les pauses pour profiter des différents angles de vue. Megalou Meteorou est le seul des six monastères dans lequel nous pénétrons, les autres étant fermés à notre passage. Nous déplorons le mauvais temps qui rend la visite moins agréable. Nous aurions aimé rester quelques jours afin de profiter de la sérénité des lieux mais la rudesse de ce froid humide nous décide à reprendre la route du sud...
Rencontre avec Audrey, Vincent et … Andy!
Vers midi, aux Météores. Toc Toc Toc! Tiens, on a de la visite... Deux compatriotes sont venus frapper à notre porte que nous leur ouvrons avec joie. Comme il pleut, nous leur proposons d'entrer au sec et prendre un thé pour se réchauffer. Audrey et Vincent sont partis de Bourgogne 10 jours avant nous et ils ont fait à peu près le même parcours... étonnant que nous ne nous soyons pas croisés plus tôt! Andy, c'est le nom qu'ils ont donné à leur engin (en référence à la chanson car Andy semble capricieux et ne démarre
pas toujours au quart de tour...) La Roulotte est bien jeune à côté! Il s'agit d'une sorte de long van mercedes aménagé, de couleur jaune. Audrey et Vincent sont partis pour un an et la similarité de nos itinéraires s'arrête en Grèce puisqu'ils repartent ensuite vers le nord. Nous partageons nos impressions, les endroits qu'ils ont préférés ne sont pas nécessairement les mêmes que nous et vice versa. Nous voyageons de manière similaire mais ils font plus de visites touristiques que nous (d'ailleurs ils ont fait plus de kilomètres). Nous vivons des galères identiques: l'humidité s'infiltre partout, pas de chauffage, difficultés pour se laver, etc. Nous échangeons aussi quelques tuyaux. Ils nous parlent de leur lampe à gaz qui permet de chauffer un peu l'habitacle tout en l'éclairant. Du coup, convaincus que ça pourrait être bien (et puis dès qu'il fera beau nous pourrons l'utiliser en extérieur), nous en achetons une dès le lendemain et pensons à eux en l'allumant... Nous avons regretté de ne pas avoir convenu de nous revoir plus tard mais peut-être les recroiserons-nous...
On the road
Nous ne sommes restés qu'une seule nuit aux Météores à cause du climat mais sur la route, nous traversons bien pire encore... Nous revivons la lutte embrumée de la veille. Il fait froid, le vent souffle et la pluie a remplacé les flocons qui ont déjà teinté le panorama de blanc. Pour arriver à Lami, nous passons par des petites montagnes enneigées autour desquelles la nébuleuse stagne... La route est dangereuse (bien que plus large que celle des Météores) parce qu'elle est assez
fréquentée, en médiocre état et le mélange neige-pluie rend la chaussée extrêmement glissante. Après une autre nuit glaciale, nous continuons notre quête de soleil en poursuivant vers le sud... Nous nous arrêtons au Pirée (port d'Athènes) pour nous renseigner sur les ferries en direction de Chypre, afin de réserver si besoin est. Parcourant le port, nous démarchons auprès des différentes compagnies mais très vite, nous comprenons qu'il n'y a aucun bateau pour Chypre. Du coup, nous nous renseignons pour la Turquie car de là-bas nous trouverons... Finalement il n'est pas nécessaire de réserver à l'avance, nous décidons donc de partir pour le Péloponnèse.
Rongés par le remord
Nous passons notre quatrième nuit grecque sur le parking d'un hôtel situé à quelques mètres du canal de Corinthe, que nous sommes allés voir rapidement ce matin avant de reprendre la route de Nafplio. Il est plus de midi, nous avons encore passé la matinée à bouquiner alors que cette pluie incessante nous retenait sous les couvertures. Nous roulions sur la voie d'insertion qui nous ramenait sur l'autoroute quittée la veille au soir, lorsque nous aperçûmes un jeune couple tenant une pancarte en carton sur laquelle était inscrite une destination, qui restera à jamais un mystère puisque nous n'avons pu la localiser sur notre carte...
Tout est arrivé si vite, le temps d'échanger un regard interrogatif et quelques paroles hésitantes, nous avions déjà dépassé les deux autostoppeurs qui nous regardaient pourtant avec tant d'espoir... Notre indécision nous empêcha de leur venir en aide (si ça se trouve ils n'allaient pas du tout dans notre direction mais nous aurions toujours pu les avancer un peu). Rongés par le remord, nous nous imaginons à leur place, ayant vécu ce genre de situation auparavant. La pluie s'abat sur le pare-brise avec une force croissante et nous nous en voulions plus encore...
Un dimanche idéal dans le séduisant village de Nafplio
Le vent a enfin réussi à chasser les gros nuages qui empêchaient le soleil de nous effleurer depuis plusieurs jours. Le ciel bleu est embelli de quelques nuées blanches qui flottent au loin, au dessus des montagnes. Nous sommes arrivés la veille sous une poussière d'eau aujourd'hui balayée. Nous sommes installés au bord de la mer avec une vue d'ensemble sur la vielle ville nichée aux pieds des remparts, eux mêmes dominés par une immense forteresse sur un promontoire plus haut encore.
Vers 8h, les plus matinaux sont déjà sortis. Plusieurs cloches retentirent et les croyants sortant des églises envahissent petit à petit les rues. Il y a des pécheurs dispersés sur la jetée, près du port ou en mer, sur des petites embarcations. Au fil de la matinée, les nombreuses terrasses se remplissent. Certains préfèrent les bancs publics pour lire tranquillement le journal. Le port et les ruelles pavées s'emplissent tandis que d'autres se promènent sur l'allée aménagée à flanc de falaise autour de la vieille cité. La roche est recouverte de cactus et certains cueillent les quelques figues de barbarie qui n'ont pas encore été ramassées par les passants. Une bonne dizaine de baigneurs bravent la fraîcheur des eaux de cette mi-décembre. Les gens se regroupent pour partager un moment, il y a beaucoup de rires. Les enfants jouent et l'approche des vacances de Noël se fait sentir. Chacun semble se faire plaisir à sa manière, c'est comme si les petits soucis des uns et des autres étaient enfouis aux oubliettes par cette belle journée ensoleillée. Bref, c'est un dimanche idéal.
Mystras: imaginons l'époque Byzantine
Après trois agréables nuits à Nafplio, nous arrivons à Sparte... Je me souviens de ce nom mentionné maintes fois dans les écrits de Thucydides sur la guerre du Péloponnèse, l'un des premiers ouvrages qu'on m'a demandé de lire à New-York, lorsque j'étudiais les relations internationales... Aujourd'hui, il ne reste rien de ce passé tragique. Cette petite ville moderne est agréable et bien loin des dépravations qu'elle a connues dans l'antiquité... Nous nous y arrêtons pour laver du linge. Pendant que les machines tournent, nous allons boire un verre dans un troquet en face. Une mère et sa fille nous accueillent chaleureusement. Elles sont ukrainiennes, elle nous montrent des photos de la ville dont elles sont originaires (près de la frontière polonaise) et précisent les nombreuses ressemblances avec Paris (notamment l'opéra qu'elles affirment être considéré comme le deuxième plus beau d'Europe). Les consommations n'y sont pas chères comparées à ce que nous connaissons pour l'instant de la Grèce. Il semblerait que les prix varient beaucoup par ici! Par exemple, l'essence coûte entre 0.85 et 1.05 euros le litre! Cette rencontre inattendue nous touche, nous ressortons sourire aux lèvres.
Nous passons deux nuits calmes à Mystras, village situé à 6 kms de Sparte. Sur le site de l'ancienne cité, fondée en 1262 sur une colline, nous plongeons dans l'époque Byzantine. Il faut au moins deux heures pour parcourir ce champ de ruines surplombant la plaine. Les églises et monastères ont été complètement rénovés à l'extérieur et l'on discerne encore les peintures qui recouvraient les intérieurs. Les palaces sont en cours de rénovation. Il y a de nombreux panneaux
explicatifs le long des sentiers, ce qui permet d'apprendre comment on vivait à cette époque (système de canalisation et irrigation, rues étroites, peu ou pas de grandes places publiques pour éviter les rassemblements, artisanat, agriculture, vie culturelle, apparition des tavernes, rôle administratif et liens avec Constantinople, etc.). Le temps est au crachin mais quelques trouées ensoleillées adoucissent notre promenade. Nous sommes les seuls visiteurs sur le site et c'est fort appréciable! Nous laissons notre imagination nous emmener à cette époque moyen-âgeuse de Byzance...
Monemvasia, une cité cachée
Depuis notre arrivée au Péloponnèse, les orangers et les oliviers dominent le paysage. La récolte des oranges commence à peine par ici et nous remarquons qu'il y a pas mal de travailleurs immigrés œuvrant sur les parcelles. Sur la côte, les températures sont clémentes (20° en moyenne, plus encore au soleil) mais les sommets montagneux sont enneigés. Le contraste est saisissant entre le blanc éternel et les couleurs vives et chaleureuses des agrumes (il y a aussi quelques citronniers ici et là). Nous alternons entre la côte et la montagne et le changement d'atmosphère est parfois radical, passant d'un ciel bleu à un brouillard épais empêchant de voir à plus de 10 m!
Je me souviens avoir lu quelque chose sur Monemvasia, située à 99 km au sud de Sparte. En arrivant à Gefyra (ville voisine), nous nous demandons ce qui peut bien attiré les gens par ici car c'est une petite commune au bord de la mer qui, à première vue, n'a rien d'exceptionnelle... Nous suivons les panneaux, traversons une route construite sur une sorte de digue reliant le continent à cet espèce d'énorme rocher sortant de la mer, mais nous ne voyons toujours rien... La route se poursuit sur 1 km, formant une courbe autour du monticule; puis nous apercevons des remparts et l'entrée d'un petit tunnel uniquement accessible aux
piétons. Il y a quelques véhicules garés et nous pensons qu'il s'agit encore d'un champ de ruines comme nous on en avons vu ailleurs. Lorsque nous franchissons le tunnel, nous ne nous attendons pas à trouver ce petit village aux ruelles pavées... La ville basse a été reconstruite en grande partie (encore pas mal de travaux en cours) et l'on y trouve quelques hôtels, des bars-restaurants et des boutiques d'artisanat. La ville haute que l'on avait aperçue au loin, est un champ de ruines sur un petit plateau surplombant la mer et le reste de la cité, on y trouve une église en état juste après la porte des murs fortifiés, mais le reste est recouvert par la végétation.
Apparemment, la ville aurait été séparée du continent par un tremblement de terre en l'an 375... Ce qui est fabuleux, c'est qu'on ne soupçonne absolument pas son existence depuis la côte. Comme nous ne savions pas trop à quoi nous attendre, nous fûmes réellement surpris de découvrir cette magnifique cité cachée...
Rencontres avec d'autres camping-caristes...
Nous sommes restés trois nuits à Monemvasia et dès la première heure nous fîmes connaissance avec un couple de retraités hollandais qui voyagent environ sept mois par an à bord de leur incroyable camping-car "tout terrain". Nous n'avons même pas échangé nos prénoms alors qu'à deux reprises durant notre séjour, nous avons dialogué longuement. Le premier échange eut lieu sur la place de la vieille cité et en langue française qu'ils maitrisent bien tous les deux. Le second (en
anglais) eut lieu le lendemain, non loin du port de Gefyra, sur le continent... A travers eux, nous rencontrâmes également une jeune allemande, Johana, qui voyage seule dans un engin aussi vieux que le nôtre. Avec elle, nous partageâmes plusieurs moments. Nous campions au même endroit une nuit et je passai une soirée dans sa charmante maisonnette à bavarder entre filles, aux lueurs des bougies... Le lendemain, nous étions sortis lorsqu'elle mit les voiles. En rentrant de notre promenade, nous fûmes touchés de trouver le petit sac accroché au rétroviseur, dans lequel elle avait glissé un petit mot, un morceau de pain frais et un petit pot de confiture de figues de barbarie qu'elle a dû concocter elle-même...
Calme insulaire à Elafonissos
Sur les conseils de Johana et des hollandais, nous partons à Punta prendre le ferry pour rejoindre la charmante petite île d'Elafonissos, encore peu peuplée et très peu fréquentée par les touristes en cette fin décembre. Tandis que nous étions sous le soleil depuis plusieurs jours, nous bravons à nouveau la fraîcheur dans le brouillard nuageux des montagnes. La route est étroite et sinueuse. D'un versant à l'autre le climat varie beaucoup. Depuis quelques minutes déjà, nos regards se crispent en observant la jauge. Nous sommes bientôt à sec et rien ne laisse envisager une station service dans cette zone... Trois fois nous calons, c'est mauvais signe! Le silence s'installe. Je me prépare psychologiquement à la panne mais vraiment, ce ne serait pas l'endroit idéal pour que ça nous arrive... Laurent, de son côté, use de toutes les bonnes techniques de conducteur expérimenté, ralentissant, limitant les changements de vitesse, etc. Nous poursuivons ainsi sur une vingtaine de kilomètres. Progressivement, nous redescendons vers une vallée, Laurent laisse la roulotte glisser sur la pente. Enfin, nous apercevons une grande route, puis un panneau indiquant une station à 10km, ouf! Au moins nous saurons vers où aller si le réservoir se vide avant! Maintenant, nous y sommes presque. Quel ne fut pas notre soulagement lorsque nous vîmes enfin les pompes à essence... sauvés! Du coup, on fait le plus grand plein qu'on ait jamais fait et comme on ne peut pas payer par carte en Grèce, nous sortons nos billets, sans penser une seconde qu'il ne nous en restait pas tant...
Nous avions également fait le plein d'eau et de provisions mais nous n'avions pas réussi à trouver un distributeur... Du coup, nous sommes à court d'euros et après avoir payé le bateau, nous n'avons plus que 17,50 € en poche.... or, ça nous a coûté 19,50... ah, il faudra donc marchander pour le retour! De plus, nous sommes peinés car parmi les précieux conseils prodigués par nos amis, figurait une épicerie qui vend du bon pain à l'idée duquel nos papilles avaient frémi... Cette
boulangerie est tenue par une femme d'origine canadienne, nous irons tout de même à sa rencontre... Comme c'est touristique (en été), nous explorons le petit village avec une lueur d'espoir, il doit bien y avoir un distributeur... Finalement, nous pénétrons dans la boulangerie pour poser la question. La dame nous affirme que le plus proche est à Néapoli, sur le continent, à environ 30 km au sud de Punta. Mince! En lui exposant notre problème, elle nous propose de suite de nous donner les deux euros manquants pour la traversée. Son geste nous touche énormément et nous regrettons de ne pouvoir lui acheter une miche de pain. Un peu gênés tout de même, nous lui exprimons toute notre reconnaissance avec de larges sourires et nous décidons de nous enfoncer pour explorer l'île... Tant pis pour le bon pain! Les quelques maisons éparpillées sont pour la plupart inhabitées en cette saison, il y a plusieurs constructions en cours, laissant présager un développement qui enlèvera un peu de la tranquillité qui règne encore en maître...
Nous passons les deux premières nuits au sud-ouest. La côte y est plus rocailleuse. La première journée, Laurent plonge dans les eaux fraîches pour scruter les fonds marins, muni de ses palmes, son masque et son tuba que nous avions inaugurés dans les calanques marseillaises. Pendant ce temps, Je cherche des coquillages sur la plage et ramasse des galets pour écrire un message sur le sable. Le lendemain, nous arpentons la montagne, couverte de petites touffes épineuses rendant notre ascension difficile et
parfois douloureuse! Après quelques égratignures et quelques échardes, nous arrivons enfin à une altitude qui espace naturellement la végétation, moins résistante. Nous pouvons ainsi nous frayer un chemin aisément et la ballade devient plus agréable. De la haut, nous voyons l'autre partie de l'île, celle qui nous avait été vivement suggérée. C'est décidé, nous y allons! Pour rejoindre le sud-est où nous passerons les deux nuits suivantes, nous devons faire le tour complet, en
repassant par le village située à la pointe Nord. Au pied du versant opposé, le décor est bien différent. Nous sommes garés sur le sable, derrière des dunes boisées, à l'abri du vent (ce qui nous fait gagner 8°C en température nocturne!). Il y a un petit passage juste devant notre porte qui nous amène directement sur cette magnifique plage de sable fin dont la blancheur doit ressortir en période estivale, lorsqu'il est sec et dépourvu des débris que le ressac incessant de la mer dépose sur le
rivage. Nous n'y rencontrons personne. Nous nous laissons envahir par le calme insulaire...
Au cinquième jour, nous avons épuisé nos derniers litres d'eau et il ne reste guère plus que quelques paquets de pâtes sans rien pour les agrémenter. Il est temps de repartir. Le 24 décembre vers 9h, nous quittons Elafonissos.
Notre Noël à Gytheo
Tout en nous dirigeant vers Gytheo, nous cherchons un point d'eau pour remplir notre réserve. Cela fait pratiquement six mois que nous vivons dans notre roulotte (à l'exception de trois semaines en septembre), nous avons pris de l'assurance. Nous trouvons de plus en plus facilement, nous savons où chercher et nous n'hésitons pas à demander. Nous effectuons un arrêt prolongé dans un supermarché pour acheter notre nourriture, ainsi que des sucreries chocolatées, une bouteille de vin rouge pour moi et quelques bières pour Laurent, c'est Nöel après tout! Cette année, point de dinde aux marrons ou autres mets festifs. Au menu: riz, émincés de volaille cuits avec des oignons et des poivrons, le tout baignant dans une sauce crème fraîche et purée de tomates épicée. Arrivés à Gytheo, nous partons en quête d'un accès wifi afin de pouvoir communiquer avec nos familles. C'est important, pour qu'ils n'oublient pas que nous pensons très fort à eux! C'est au café La Bohême que nous trouvons enfin... Vers 19h, nous partons à la recherche d'un endroit tranquille pour notre réveillon.
Cette veillée de Noël, nous la passons à 4 kms au Nord du petit village de pêcheurs, à Mavrovouni. Il fait déjà nuit lorsque nous nous installons et nous sommes tellement heureux d'avoir réussi à trouver ce campement idéal, directement sur la plage, au calme. Les températures sont douces et il n'y a pas de vent. Nous sortons notre table de camping. C'est la première fois que nous fêtons Noël au grand air, sous cette chaleur. Nous repensons alors aux images d'une France enneigée vues sur le net et nous apprécions davantage notre chance. A la lueur de notre lampe à gaz, nous nous enivrons tout en partageant des tas de souvenirs. Nous sommes assis sur le sable et le va-et-vient de la mer nous berce. Cette sensation de bien-être nous plonge dans une douce ivresse qui facilite ensuite nos épopées au pays des rêves...
Le 25 décembre, nous repartons au village prendre un verre à La Bohême, afin de profiter d'internet. Via Skype, nous passons plusieurs moments avec nos familles. Bien sûr ce n'est pas aussi bien que de les voir en vrai, mais c'est déjà pas mal! Le soir, nous dormons à nouveau sur cette longue plage que nous parcourons entièrement le 26, avant de reprendre la route.
La péninsule du Magne, "troisième doigt du Péloponnèse"
Le Magne est connu pour ses maisons traditionnelles de forme carrée, souvent dotée d'une sorte de tour. Elles sont construites avec les pierres que l'on trouve sur la péninsule. Cette pierre est souvent de nuances grises mais toujours égaillée de quelques taches marron-orangé rappelant la couleur de la terre. Sur la côte et surtout vers le sud, c'est cette couleur ocre qui domine. Dans tous les cas, les habitations se fondent parfaitement dans leur environnement. Le littoral est magnifiquement découpé, donnant naissance à d'innombrables baies. La partie centrale est montagneuse et l'on y voit beaucoup de moutons dans des pâtures très vertes, envahies par les rochers. Plus on descend vers le sud, plus la péninsule se rétrécit jusqu'à la pointe qui constitue le point le plus au sud du continent européen. Les quelques villages que nous traversons semblent désertés (surement pas l'été) et de nombreuses bâtisses en ruine n'ont pas encore été réhabilitées mais ça ne saurait tarder parce que l'attrait touristique est grandissant. La route est étroite et nous imaginons l'encombrement en période estivale... Il n'y a pas de parking, nous décidons d'élire Porto Kagio pour une autre nuit paisible au bord de l'eau. Nous sommes surpris de voir un restaurant ouvert dans cette toute petite bourgade coincée sur une fine bande littorale formant un cercle presque complet. Au petit matin, la Roulotte se retrouve entourée de chats et nous apercevons un voilier rouge qui pénètre dans la baie. Deux drapeaux flottent sur son mat, Grèce et Australie. L'homme jette son ancre à plusieurs mètres du rivage, sans doute parce que la profondeur ne lui permet pas de s'approcher davantage. Nous allons nous promener à pied pour explorer les alentours puis nous remontons vers le Nord pour aller nous poser dans le pittoresque village de Kardamilli. Notre derrière arrêt dans la région du Magne sera Kalamata, grande ville dans laquelle nous espérons trouver du gaz, en vain. Nous ne ferons qu'y passer brièvement, puis nous continuons la route.
Pirgos et Olympe avant de rejoindre Nafplio
Nous échangeons des emails avec les français rencontrés il y a deux ou trois semaines aux Météores et décidons de nous rejoindre à Nafplio pour célébrer ensemble le nouvel an. Du coup, nous ne pouvons plus trop nous permettre de traîner. Nous n'avions encore fait aucune visite de site archéologique depuis notre arrivée en Grèce. Notre curiosité nous pousse vers Olympe...
Nous roulons vers Pirgos pour y faire des courses et passer la nuit sur la côte. C'est que nous nous sommes habitués à écouter la mer ces dernières semaines et elle a encore tant de choses à nous dire! Pirgos est à une vingtaine de kilomètres d'Olympe. Les petites routes que nous empruntons ralentissent notre rythme. A 40 ou 50 km de notre destination, nous apercevons deux autostoppeurs et repensons à cette fois où nous regrettions de ne pas en avoir pris. Du coup, aucune hésitation, nous les prenons. Ils vont jusqu'à Patras (90 km au Nord de Pirgos), nous les avancerons toujours un peu et ils sont ravis. Il s'agit de deux jeunes, un autrichien et une belge. Ils nous offrent des oranges qu'ils viennent de cueillir en guise de remerciement et complimentent notre Roulotte. Lorsque je leur ouvre la porte pour qu'ils s'installent avec leurs énormes sacs, ils s'exclament en cœur «ouaahhh! c'est le plus beau véhicule dans lequel nous ayons voyagé!» Nous sommes fiers et surtout heureux de partager ce bout de chemin avec eux. Ils nous racontent leur périple et nous racontons le nôtre. Ils vivent avec presque rien, dorment dehors et organisent parfois des spectacles de rue pour récupérer quelques pièces. Ils sont sur le chemin du retour et se rendent justement à Patras pour prendre le bateau en direction de l'Italie. Nous prenons soin de les déposer sur la grande route de Patras, espérant qu'ils soient chanceux. Je descends les aider à sortir leurs affaires et ils me prennent dans leurs bras chaleureusement. Nous nous souhaitons bonne chance et bonne route, puis chacun reprend son chemin.... Ces brèves rencontres sont parfois les plus attendrissantes.
Après quelques courses, nous nous éloignons de la ville pour atteindre la côte. Le GPS nous amène à nouveau dans des chemins de terre caillouteux plein de trous, nous roulons doucement et profitons d'un magnifique coucher de soleil. Finalement, il n'y a pas de place propice, loin des habitations, comme nous trouvions toujours depuis quelques temps... Nous sommes donc garés au bout d'une route qui donne directement sur la plage, le bruit des vagues nous apaise, bien qu'il y
ait un peu de passage ne rendant pas l'endroit si tranquille. Le lendemain, plusieurs voitures de police viennent scruter le coin. Du coup nous nous demandons s'il ne s'agit pas d'un lieu peu fréquentable. Dans la nuit, quelques crissements de pneus et des voix nous ont réveillés à plusieurs reprises mais nous nous sentions parfaitement en sécurité et nous nous sommes vite rendormis. Nous sommes maintenant habitués à vivre dans notre engin et savons faire abstraction du monde extérieur quand il convient.
Nous décollons plus tôt que d'habitude car le guide précise que le site ferme à 15h. Arrivés dans la petite ville moderne d'Olympe, nous remarquons une pancarte indiquant un accès wifi dans un café situé auprès du parking où nous laissons la Roulotte. Nous partons visiter le site et le musée. Une légère bruine s'écoule d'un ciel nuageux, ce qui ne nous empêche pas de parcourir toute l'étendue des trouvailles archéologiques témoignant de la vie antique. Nous essayons
difficilement d'imaginer à quoi ressemblait ce qui est aujourd'hui un champ de ruine. Un peu déçus car nous nous attendions à des monuments plus imposants mais c'est essentiellement des morceaux éparpillés. Si nous n'avions pas observé minutieusement la maquette du musée qui reconstitue ce qu'était Olympe, nous aurions eu du mal à deviner quoi que ce soit. Cette pause culturelle se terminant, nous allons au café avec nos ordis, prendre un chocolat chaud et surfer sur le net. Les heures filent et finalement nous restons pour la nuit, le parking est très calme.
Le lendemain, nous ne tardons pas à reprendre la route, nous sommes le 30 décembre et nous aimerions bien arriver à Nafplio dès ce soir pour nous reposer en prévision de la fête de demain... En quittant Olympe, nous faisons confiance au GPS qui connaît apparemment tous les sentiers. Nous voilà embringués sur un chemin agricole, nous traversons les champs d'oliviers et ne pouvons faire demi-tour. D'après le GPS nous allons retomber sur une route mais c'est à nouveau un chemin de terre rocailleux et boueux. Un cultivateur nous regarde passer avec surprise. Je suis obligée de descendre pour écarter les filets dans lesquels ont été récoltées les olives afin de ne pas rouler dessus. C'est de pire en pire et nous nous prenons quelques branches. Laurent sort à son tour, pour aller en repérage parce que si ça continue on ne passera plus et se refaire tout en marche arrière semble impossible tant nous avons déjà parcouru... Nous apercevons la route et pensons être enfin sortis du pétrin mais non, nous ne pouvons la rejoindre! Après 30 bonnes minutes nous parvenons à voir un bout d'asphalte, enfin! Sur plusieurs dizaines de kilomètres, une route qui semble abandonnée, il n'y a aucun panneau, nous conduisons dans la bonne direction mais en effectuant tellement de zigzags que nous désespérons d'arriver avant la
nuit.... Les paysages sont splendides. Nous faisons une pause à la sortie de Lagkadia où nous faisons connaissance avec un artisan qui sculpte le bois pour faire toutes sortes d'ustensiles de cuisine et des cannes. Son échoppe est au bord du chemin avec une vue imprenable sur le charmant village. Il est fier de nous montrer les photos de lui avec des touristes français qui ont dû lui envoyer à leur retour de vacances. Nous sommes un peu désolés de ne rien lui acheter mais nous n'avons besoin de
rien de ce qu'il propose, il comprend et n'insiste pas. Nous passons un agréable moment, puis nous reprenons la route. Quelques kilomètres avant d'arriver à Nafplio, alors que nous redescendons des montagnes pour rejoindre la côte dans une pénombre de clair de lune, nous tombons nez à nez avec des chasseurs, à la sortie d'un virage. Nous supposons qu'ils chassaient, ils étaient quatre hommes carabine en main et la scène avec quelque chose d'un peu surréaliste...
De retour à Nafplio: vie communautaire
Nous avions RDV le 31 décembre à 15h sur le grand parking à l'entrée du port. Lorsque nous pénétrons dans Nafplio le 30 décembre vers 19h, nous discernons Andy, le van de nos amis Audrey et Vincent, eux aussi sont en avance. Nous allons faire le plein d'eau au port puis nous hésitons à aller nous garer près d'eux parce que nous sommes épuisés et préférons garder notre énergie pour réveillonner le lendemain. Finalement, nous y allons. Alors que nous commençons à discuter, ils nous expliquent que le van d'à côté appartient à un allemand avec qui ils ont sympathisé. Et puis il y a également un américain qui vit sur un voilier au bout du parking, il les a invités à dîner. Justement, le voilà qui s'approche à vélo. Fred est originaire d'Alaska mais ça fait des années qu'il vit en Grèce. Il est artiste de rue. Les présentations faites, il nous convie tous sur son bateau car le dîner est servi! La planche menant chez lui ne nous inspire que moyennement confiance et nous avons peur de tomber à l'eau! Fred nous raconte plus tard qu'il est tombé il n'y a pas longtemps, ce qui nous fait bien rire sachant que l'un de ses nombreux talents est de marcher sur une corde! Ce même soir, nous rencontrons notre voisin allemand, que l'on surnomme Roberto et qui vit également en se donnant en spectacle dans les ruelles de Nafplio (il a vécu dans plein de pays). Nous dégustons le succulent repas que Fred a pris soin de préparer. Deux heures plus tard, un couple de polonais se pointe avec une bouteille de vodka de laquelle ils font «sortir le dragon»! Nous rigolons bien et nous nous quittons heureux d'avoir passé cette agréable soirée.
Le lendemain, nous sommes un peu fatigués, nous nous installons un moment avec Audrey et Vincent pour jouer aux cartes jusqu'à ce que le vent ne devienne trop fort. Puis chacun part faire ses trucs, nous nous mettons d'accord sur l'organisation du repas pour le réveillon et décidons de prévoir large. Dans la journée, nous croisons Fred et Roberto plusieurs fois. Puis nous faisons connaissance avec d'autres camping-caristes venus de Belgique, Marie-Hélène et Yvon, accompagnés de leur chienne
Jody. Nous passons du bon temps avec eux. Finalement, nous décidons d'aller nous garer de l'autre côté de la ville, au pied de la forteresse, pour être plus à l'abri du vent qui souffle de plus en plus fort. Alors que nous montions la pente, quelqu'un court après la Roulotte, c'est Johana, une allemande que nous avions rencontrée à Monemvasia 10 jours plus tôt. La joie de nous retrouver se manifeste par des grandes accolades, elle est avec une amie, Francesca dont nous ferons la connaissance plus tard lorsqu'elles nous rejoindront. Nous garons les trois camions en U pour bloquer le vent qui passe tout de même à travers les arbres, puis nous installons la table et les chaises. Les belges nous rejoignent, puis Roberto, Fred, les polonais.... Lorsque les feux d'artifice éclatent pour marquer le passage de la nouvelle année, nous sommes une dizaine. Bientôt nous sommes rejoints par un groupe qui squatte dans une baraque abandonnée plus bas, près de la plage. Deux allemands, un estonien, un autrichien et un espagnol viennent s'ajouter à la fête. Grâce à la stéréo de Roberto, nous avons un bon son et nous dansons sur les rythmes orientaux jusqu'au petit matin...
Depuis quelques jours, nous avons l'impression de faire partie d'une communauté. La journée, nous allons voir Fred et Roberto, les seuls à bosser! Le soir nous nous retrouvons tous. Le groupe évolue au fil du temps. Les polonais et les belges nous quittent, ainsi que Francesca et bientôt Johana. Il y a de nouvelles têtes dont deux français, Léa et Thomas, qui voyagent dans un super camion aménagé, avec un chat (Chips) et un chien (Gamin). Depuis leur arrivée, c'est généralement chez eux que l'on se retrouve car les
nuits se font trop fraîches pour rester dehors et ils sont les seuls à avoir suffisamment de place pour accueillir tout le monde (à part Fred mais comme nous ne sommes plus garés au port...).
Le même jour sont arrivés Maria et Felix, deux jeunes allemands sur les routes depuis trois mois à bord de leur voiture break dans laquelle ils dorment. Au fur et à mesure, passée l'euphorie du nouvel an, chacun reprend son rythme mais nous nous retrouvons toujours un moment dans la journée et surtout dans la soirée pour discuter. Jean et Nadège font bientôt leur apparition à bord de leur super camping-car acheté à bon prix en Allemagne, faut dire qu'ils sont Alsaciens alors ce n'était pas si loin. Eux sont en Grèce depuis deux mois déjà et ils reviennent à Nafplio rendre visite à Fred et Roberto qu'ils avaient rencontrés quelques semaines plus tôt. Du coup, nous sommes quatre couple français, une vraie petite colonie! Il y aura d'ailleurs une soirée exclusivement française sur la plage. Il y eut la soirée crêpes, le jam musical et bien d'autres bons moments. Il s'est ainsi écoulé plus de 10 jours! Mais petit à petit, chacun reprend sa route et nous serons les deniers à partir, à l'exception de Fred qui semble toutefois décidé à voguer vers l'Italie, à présent que sa belle est revenue...
Nous profitons également de ce séjour pour une baignade, la visite de la forteresse et de nombreuses tâches telles que la recharge de notre bonbonne de gaz, lavage de tous nos vêtements ainsi que les couettes et les housses. Nous nous approvisionnons au marché qui a lieu trois fois par semaine. Pour à peine plus de trois euros, notre panier est plein de carottes, pommes de terres, poireaux, oignons, poivrons, champignons, tomates et concombre! Le jour où nous quittions
Nafplio, nous allions encore faire connaissance avec un couple de retraités anglais en admiration devant notre Roulotte. Ils avaient eux-mêmes "trafiqué" une vieille caravane montée sur un châssis de véhicule récent donnant à leur maisonnette une allure tout aussi originale! Il y eut également un couple de retraités français voyageant dans le grand luxe d'un magnifique Voyager (fabriqué à Angers!). Bref, ce fut difficile de partir et ce n'est qu'en fin d'après-midi que
nous parcourûmes les 30 kms nous séparant de Mycène où nous allions passer la nuit.
The Fred's show
En route vers Le Pirée
Cette première nuit loin de Nafplio nous sembla calme et triste d'une certaine manière parce que nous nous étions habitués à vivre au milieu de tous ces nouveaux amis. D'un autre côté, nous étions excités de reprendre notre vagabondage vers des horizons inconnus et de reprendre nos lectures que nous avions un peu délaissées...
Il faut savoir que le dimanche, tous les sites sont gratuits en Grèce, c'est pourquoi nous en profitons pour visiter Mycène. Sur place, nous retrouvâmes le couple français rencontré la veille à Nafplio. Après cette agréable pause culturelle, nous roulons vers le site ancien de Corinthe pour jeter un œil à d'autres ruines antiques... Le simple fait de nous imaginer ce qu'ont pu être ces cités il y a des siècles, est captivant mais nous ne sommes ni experts en archéologie, ni spécialistes
de cette époque historique... si bien que nous nous lassons un peu, tellement ce pays est pourvu de vestiges...
Nous décidons de poursuivre afin d'arriver au Pirée avant la tombée de la nuit, espérant trouver un bateau qui nous emmènera en Crête. Arrivés au port d'Athènes, nous commençons à démarcher auprès des compagnies ayant des guichets ouverts (car l'activité n'y est pas bouillonnante le dimanche!). Finalement, nous retombons sur la même agence qui nous avait renseignés quelques semaines plus tôt. Le ferry pour la Crête est bien trop cher, d'autant plus que nous serions obligés
de repasser par le Pirée pour essayer ensuite de rejoindre la Turquie. Après avoir passé en revue toutes nos options, nous discutons. Il serait moins onéreux d'entrer en territoire turc par les terres, en remontant toute la Grèce pour atteindre Istanbul. Nous connaissons tous deux la Turquie et nous savons, de source sûre, que l'essence y est très chère. De plus, nous ne voulons pas traverser les neiges du Nord... Nous optons donc pour un aller simple sur l'île grecque de Chios d'où nous espérons trouver un transfert pour Cezme (apparemment, il n'y a eu aucun bateau la semaine dernière, croisons les doigts!). Le départ est prévu le lendemain soir et nous choisissons la facilité, dormir sur le parking du port... Nous arpentons les quais afin de repérer celui où nous embarquerons. Baignés par cette ambiance portuaire, nous nous réconfortons de n'avoir pu prendre le large vers la Crête. Nous changerons bientôt de pays, de retour en terre musulmane. L'excitation balaye vite les regrets et nous sommes heureux.
Le jour suivant, alors que nous flemmardions à l'abri des regards dans notre Roulotte, nous entendons un klaxon... Audrey et Vincent sont ici! Pour la forme, ils vont prospecter comme nous l'avions fait la veille mais reviennent vite avec le même ticket que nous! Nous partagerons donc la traversée!
Nous nous retrouvons donc quelques heures plus tard pour l'embarquement qui ne fut pas aussi simple que nous l'aurions souhaité... Nous vous épargnons trop de détails mais brièvement, il nous a été demandé de payer un supplément parce que la longueur excédait cinq mètres, ce qui est vrai avec les vélos que nous avions prévu d'enlever au besoin, ce que nous fîmes. Sans les vélos, nous faisions pile cinq mètres mais les deux employés incroyablement désagréables et méprisants à qui nous avons à faire en avaient décidé autrement... Pendant plus d'une heure, nous négociâmes. Il fallu mesurer à plusieurs reprises, devant témoins, et chaque fois ils laissaient leur ruban gradué lâche, de manière à augmenter la longueur. Alors, nous le tendions et là, ils le tenaient à des hauteurs différentes, ce qui revenait au même et augmentait d'une dizaine de centimètres... Il y eut même un agent de police qui vint s'en mêler tant nous étions bruyants. Il semblerait qu'il était plutôt d'accord avec nous mais ne voulut
pas se mouiller et s'éloigna rapidement... Ils trouvèrent ensuite une nouvelle stratégie en racontant que nous avions payé pour quatre mètres au lieu de cinq. Comment pouvions-nous vérifier puisque nous ne lisons pas le cyrillique! Mais nous savions pertinemment que c'était faux puisque Audrey et Vincent avaient payé la même somme pour une longueur identique. Puis, ce fut une histoire lié à l'agence ayant émit le ticket (Audrey et Vincent l'avaient acheté directement au
guichet de la compagnie), puis c'est soudainement la hauteur qui n'allait pas. Bref, nous finîmes par payer les 17 euros pour le mètre supplémentaire parce que le pont des passagers avait déjà fermé ces portes et le ferry serait sans doute parti sans nous! Nous avons continué à exprimer notre mécontentement auprès d'un autre employé, parlant bien anglais et se montrant courtois. Puis nous avons fini par ravaler notre colère pour aller profiter de la vue sur le pont, après quoi nous
partîmes à la recherche de nos amis qui avaient fini par embarquer avant nous...
La traversée durait presque 8 heures mais nous paru brève parce que nous étions en plein tournoi de UNO! L'arrivée vers 4h du matin fut tout de même appréciée car la fatigue nous gagnait tous. Nous trouvâmes deux places côte à côte sur un parking du port, près de l'embarcadère pour la Turquie...
Chios: le tour de l'île en trois jours
Après avoir prospecté pour un départ en Turquie, nous décidons de visiter l'île et clore ainsi notre séjour grec... Une française vivant sur place depuis 30 ans nous renseigne, elle nous fournit un petit guide et une carte, nous indiquant les lieux les plus intéressants. Tout comme Audrey et Vincent, nous passons la première journée au calme... la pluie aidant, chacun reste dans son petit cocon. Nous visitons la ville rapidement en parcourant les rues. Le lendemain, nous prenons la route du sud.
Le premier jour, nous arpentons les venelles et ruelles de trois charmants villages ayant chacun leurs particularités. Toute cette région est connue pour sa production de résine aromatique utilisée à divers fins, notamment dans les cosmétiques. Ces arbres à "mastique" ressemblent fortement aux oliviers et toutes les collines que nous foulons en sont parsemées. Sachant que nous quitterons bientôt la Grèce, nous observons minutieusement les choses auxquelles nous nous sommes habitués depuis plus d'un mois. Par exemple, les petites
chapelles que l'on voit partout, le long des routes... Il y en a de toutes sortes, allant de la modeste boîte métallique ornée d'une croix au véritable petit sanctuaire ressemblant à une église miniature. Toutes sont aménagées de la même manière avec une ou plusieurs icônes et des bougies. Parfois il y a une photo de la personne décédé en l'honneur de laquelle elle a été édifiée. Souvent il y a également une petite bouteille contenant sans doute de l'huile. Nous en avons tellement vues que nous n'y prêtions plus trop attention.
Pirgi se distingue par son architecture ou plutôt les décorations ornant ses habitations. Cette technique nommée "xista" consiste à enduire la façade de blanc puis tracer les figures avant de gratter avec une fourchette l'enduit, laissant apparaître les formes, de couleur grise pour la plupart. Les motifs sont variés, les figures s'apparentent souvent à des frises avec de nombreuses formes géométriques mais l'on aperçoit aussi quelques fleurs ou animaux.
Nous quittons cette bourgade pour en rejoindre une autre moins touristique, Olimbi. Ici aussi, l'atmosphère est paisible et la moyenne d'âge semble élevée. Des hommes et des femmes sont installés à trier des graines, soit sur leur palier, soit dans des sortes d'ateliers dont les portes ouvertes donnent sur la rue. Nous rencontrons une dame souriante qui est ravie de s'exprimer en anglais parce qu'elle a vécu sept années en Angleterre dans sa jeunesse et elle nous raconte
cela avec des yeux nostalgiques. Sans doute un peu déçue que nous soyons français mais toute fois enchantée que nous comprenions la langue de Shakespeare. Elle nous indique la place du village qui paraît presque déserté. Nous terminons cette balade puis rejoignons la Roulotte qui nous emmène à Mesta.
Mesta est très touristique en saison. Il s'agit d'un village médiéval bien préservé, aux ruelles et venelles pavées. Les maisons de pierre sont accolées les unes aux autres et forment une véritable forteresse! Malgré l'étroitesse des voies, les habitants possèdent quasiment tous des longs pickups américains, pratiques pour leurs activités agricoles. Aucun véhicule ne pénètre au cœur du village mais quelques rues sont accessibles autour et nous assistons à une scène peu citoyenne... Un
homme voulant passer, et ne pouvant à cause d'une voiture garée, a carrément forcé et cassé sans remord les feux arrières de celui qui le gênait! Nous achetons des œufs pour faire des crêpes et partons quelques kilomètres plus loin pour nous installer au bord de l'eau, à Agia Irini.
Le jour suivant, nous nous arrêtons à Avgonyma, puis à Anavatos, deux villages pratiquement déserts mais non dépourvus de charme. Nous mettons le cap vers Volissos que nous visitons rapidement avant d'aller nous poser sur la côte, à Managros. Le lendemain, nous roulons à travers les montagnes pour rejoindre le Nord-Est de l'île réputé pour la pêche. Nous marchons une heure sur la promenade qui longe le petit port de Kardamila (Marmaro) puis nous
retournons à Chios tranquillement pour acheter des tickets afin de quitter la Grèce dès le lendemain... Nous espérions retrouver Audrey et Vincent mais ils ne sont pas là, nous les retrouverons sans doute en Turquie...
Frontières terrestres: 1 228 km Littoral: 13 676 km Point culminant: Mont Olympe
Pays frontaliers:
Albanie (282 km)
Bulgarie (494 km)
Turquie (206 km)
Macédoine (246 km)
Type de gouvernement: République parlementaire Constitution: Juin 1975, amendements 1986 et 2001
Fête nationale: 25 Mars
Elle commémore l'insurrection contre les Turcs qui partit du Péloponnèse (Patras), le 25 mars 1821 et marque le début d'une guerre d'indépendance qui s'acheva en 1830.
Force de travail:
Agriculture: 12.4%
Industrie: 22.4%
Services: 65.1%
Espérance de vie: 79.66 ans
Homme: 77.11 ans
Femme: 82.37 ans
Population au dessous du seuil de pauvreté: ND
Source: CIA World Fact Book 2009
Monnaie: euro Distributeurs: pas toujours facile à trouver. Paiement par visa/mastercard:peu accepté (sauf supermarché).
Prix moyen litre de diesel:de 0,85 € à 1,05 € bouteille eau minérale (1.5L): 0,45 € un café: 1,50 € un demi: 3 €
Indicatif téléphonique: 30 Indicatif internet: .gr Fuseau horaire: +2 UTC et +1h du dernier dimanche de Mars au dernier dimanche d'octobre
Mobilité: Aéroports: 81 Routes: 117 533 km Voix ferroviaires: 2 548 km Voix navigables: 6 km (canal de Corynthe)