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| Kilomètres parcourus: 3295 kms |
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Chennai (Madras), nos premiers pas sur le territoire indien |
| Depuis l'avion, nous apercevons une ville d'apparence moderne avec des grands échangeurs routiers et quelques immeubles brillants se distinguant aisément dans ce vaste paysage urbain. À l'aéroport, il nous a fallu presque une heure pour récupérer quelques roupies! Le seul distributeur automatique disponible ne fonctionnait pas. Quant aux bureaux de change, plusieurs étaient inaccessibles parce que nous avions déjà franchi la sécurité, un autre nous a dit de s'adresser à celui situé un peu plus loin et ce dernier nous a demandé de repasser dans une demi heure car il était en "pause Buddha". Effectivement ça commençait à sentir l'encens un peu partout. Ce n'est pas si moderne que ça finalement! Bref. Nous avons également croisé Oken que nous avions rencontré au Sri Lanka quelques jours plus tôt, il repartait sur Delhi. La pause Bouddha achevée, nous réussissons enfin à changer 20 euros, largement assez pour se |
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payer le luxe d'un taxi qui nous dépose juste devant la porte de l'hôtel, pour à peine 6 euros. Les taxis de l’aéroport sont des vieilles voitures noir et jaune, avec des compteurs à l'extérieur. De Chennai, nous n'avons vu que l'aéroport, la route menant à Egmore et les rues de ce quartier que nous avons parcouru de nuit! Heureusement que nous avions pris soin de réserver une chambre car c'est un week-end de fête religieuse et tous les hôtels affichent complet. À peine avons-nous posé |
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| les bagages que nous repartons en quête d'une carte sim. Nous voulons absolument ouvrir une ligne téléphonique au plus vite afin d'être joignable pour recevoir la confirmation de la date d'arrivée du bateau qui transporte actuellement notre roulotte sur la mer d'Oman. Il nous aura fallu environ deux heures pour rassembler les papiers nécessaires à cette démarche! Le plus long a été de trouver un studio photo où Laurent s'est fait tirer le portrait. En plus d'une photo d'identité, il fallait quelques photocopies du passeport et visa, ainsi qu'une facture d'hôtel servant de justificatif pour l'adresse. Une fois la ligne ouverte, nous sommes allés manger puis nous nous sommes couchés. Le lendemain, nous avons pris nos sacs pour prendre un bus en partance pour Pondicherry. |
Pondicherry, la "French touch" de l'Inde |
| Pondicherry est à environ cinq heures de bus de Chenai, en longeant la côte, à travers des paysages verdoyants. En prévision du weekend et des festivités, nous y avions également réservé une chambre. La veille, il avait fallu passer pas mal de coups de fil avant de trouver de la place dans un ashram (sorte d’ermitage religieux) qui fait également hôtel. Nous étions juste à côté de la salle de méditation et nous entendions les “Um” 24h/24 (il s'agissait d'un enregistrement bien sur). Après deux nuits dans cet endroit plaisant du quartier ouest de la ville qui est traditionnellement indien, nous sommes comme qui dirait passé à l'Est, |
| dans la zone “française”. Nous nous sommes offert le luxe (ça restait très raisonnable) d'une vieille mansion coloniale, juste en face de l'Alliance française. Hibiscus est une guesthouse très agréable qui sert sans doute le meilleur petit déjeuner du coin (inclus)! Nous nous sommes goinfrés de fruits, oeufs, viennoiseries, pains, confitures maison et même du nutella! Le tout servi dans de la vaisselle raffinée aux fines dorures et aux motifs anciens. De plus, il y a le wifi, ce qui |
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| nous permet de rattraper un peu le retard, correspondance et mise à jour du site. La salle commune est joliment décorée de vieux meubles, boiseries et objets antiques, avec une hauteur de plafond à vous donner le vertige. Nous avons tout de même pris la chambre la moins chère, sur le toit avec une immense terrasse rien que pour nous! Notre hôte est extrêmement sympathique et serviable, il nous a bien rendu service en allant réserver nos billets de bus. Bref, nous ne regrettons pas cette dépense (qui plus est nous ne sommes même pas sorti du budget |
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journalier). Comme nous n'avons pas beaucoup de temps avant de rejoindre Bombay, nous avions prévu de rester deux jours seulement mais il fait bon vivre à Pondicherry et nous sommes restés plus longtemps! Nous sommes ravis de retrouver quelques saveurs françaises. Nous vagabondons dans les rues tranquilles de cet ancien comptoir français, admirant les façades colorées et s’arrêtant sur le bord de mer pour regarder les enfants faire du toboggan autour de la statue de |
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| Gandhi. Nous sommes allés voir quelques expositions de photo et de peinture. Nous prenons le temps de vivre quoi! La présence française est encore bien marquée. D'abord dans la toponymie, les noms de rues mais également les bâtiments ayant abrité des institutions telles que le “foyer des soldats” ou les “travaux publics”. Nous avons visité le lycée français, le plus ancien établissement scolaire français à l'étranger d'après ce qu'on nous dit. Nous avons pris plaisir à lire les |
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| panneaux d'information, observer des initiatives intéressantes comme le tri sélectif et découvrir des notes de services rappelant la France... Figurez-vous qu'ici aussi ils font grève! |
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| Nous avons également rencontré plusieurs français, de passage où habitant ici. La première fut Françoise, elle est là pour trois mois de bénévolat dans une école dont la directrice, Martine, vit ici depuis plus de 15 ans. Françoise nous a donc présenté à Martine. Nous avons rencontré son mari et deux de ses enfants, ils nous ont reçu chez eux à diner. Nous avons beaucoup parlé de l'école mais de tout plein d'autre chose. Notamment de voyages puisqu'ils ont eux même vécus plusieurs années de nomadisme. Ils ne se déplaçaient pas en Roulotte mais en bateau, avec leurs enfants. Ils nous ont éclaircis sur des tas de choses, nous expliquant par exemple le concept d'Auroville. Cette cité universelle et idéaliste est dédiée à une expérience sur l'unité humaine qui a commencé dans les années 60 (sous les auspices de l'UNESCO qui avait voté une résolution sur cette initiative unique en son genre). Ils nous ont expliqué le soutien du gouvernement indien (seule zone exemptée de taxes) et nous ont dressé un bref tableau de toutes les opinions divergentes sur ce sujet. Le lendemain, nous sommes allés visiter l'école qui est située à quelques kilomètres. C'est un internat qui recueille des enfants issus des classes les plus défavorisées. Elle a ouvert ses portes il y a un an à peine et cherche encore à mettre en place la pédagogie ABL (voir carnet pédagogique). Et puis, il y a eu Alain, une brève rencontre qui nous a marquée. L'histoire d'un homme d'affaire qui avait atteint le sommet, possédait des tas de voitures et de villas. Un jour, il a décidé de tout lâcher pour venir habiter ici, en quête de spiritualité. Loin du consumérisme ambiant et de la vie mondaine qu'il menait, il se “retrouve” enfin. Il a tout de même continué les affaires puisqu'il a ouvert un café-boulangerie. Ça marche tellement bien qu'il commence une chaine en ouvrant deux établissements franchisés dans deux autres villes indiennes. Outre sa vie et sa quête spirituelle, il nous a donc parlé de son business, les boulangers venus de Strasbourg pour former les indiens, les démarches bureaucratiques interminables, etc. Nous nous plaisons bien à Pondicherry mais il faut partir... |
Fort Kochi: héritage coloniale, traditions et "backwaters" |
| Après une nuit épuisante dans un vieux bus tout sale à essayer de fermer l'oeil entre deux soubresauts, nous arrivons à Ernakulam. Nous reprenons un autre bus pour Fort Kochi où nous trouvons refuge au Globetrotters Inn. Pendant quatre nuits, nous sommes les seuls clients. La chambre est spacieuse, propre, pas chère et nous avons même le wifi. Fort Kochi a appartenu aux portugais pendant 160 ans (XVI-XVIIème siècle), aux hollandais pendant 112 ans, puis aux anglais jusqu'à l'indépendance de l'Inde en 1947. Si bien qu'il y a toujours une importante communauté chrétienne, comme c'est le cas dans tout l'État du Kerala. Il existe également une synagogue construite en 1568, détruite par les portugais puis reconstruite par les hollandais en 1662. La communauté juive s'est depuis longtemps dispersée et il ne reste que peu de juifs dans la région. Nous avons rencontré une israélienne dont les grands-parents étaient originaires d'ici. Sinon, il y a de nombreux temples hindous, bouddhistes et plusieurs mosquées, comme partout en Inde. Le palais de Mattancherry, aussi appelé Dutch Palace, a été construit en 1557 par les portugais puis rénové plus tard par les hollandais. Les visiteurs se précipitent surtout pour admirer les peintures murales qui |
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retracent le Râmâyana. Le Râmâyana ou le “parcours de Rāma” est la plus courte des épopées mythologiques de langue sanskrite. C'est l'un des écrits fondamentaux de l'hindouisme et de la mythologie hindoue. En se promenant du côté du palais de Mattancherry et de la synagogue de Pardesi, nous sommes allés chiner chez les antiquaires pour découvrir de magnifiques objets et s'imaginer la maison de nos rêves. Fort Kochi est très touristique, on y trouve beaucoup d'auberges, de restaurants et de petites boutiques |
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vendant vêtements, bijoux et souvenirs. L'un des endroits que nous aimons fréquenter est le Tea Pot. Outre la carte de thés, ils proposent des crêpes et différentes sortes de gâteaux! L'un des charmes de Fort Kochi réside aussi dans son aspect “petit village de pêche”. Les grands filets installés le long de la mer sont inspirés d'une technique chinoise qu'auraient rapporter des marchands vers le XIVème siècle. À l'aube, les pêcheurs les relèvent. Puis ils vendent leurs poissons à la criée.
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Nous sommes allés une journée en excursion sur les Backwaters, un réseau de voies navigables à travers lacs, rivières et canaux, construits à l'origine pour irriguer les cultures et faciliter le transport des denrées. La grande attraction touristique du coin est de passer une nuit sur l'un de ces “bateaux-maison”. Sans doute plaisant mais ça coûte cher et ce n'est même pas un habitat traditionnel comme on pourrait le penser. Ces bateaux servaient à l'origine pour les longs |
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| voyages. En ce qui nous concerne, nous partageons notre embarcation avec un jeune couple israélien qui voyageait pour la première fois (ce qui nous a surpris). Notre guide est un homme curieux et ouvert parlant très bien anglais. Lorsque nous lui avons demandé sa religion, il nous a très fièrement répondu "je n'ai pas de religion, je suis communiste". Il posait plein de questions concernant le conflit israélo-palestinien, souvent de manière déplacée. Les indiens n'ont pas vraiment de retenue. Ils font et disent des choses qui nous paraissent tellement incorrectes et parfois même irrespectueuses. Bien sur nous sommes conscients que |
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leur perception du monde et de la vie est simplement différente de la notre et nous acceptons toutes ces choses, bien qu'elles nous semblent inappropriées. Nos deux compagnons israéliens se disaient pacifistes mais on sentait une certaine amertume, de la rancoeur et des sentiments mitigés envers les musulmans en général. Bref, dans ce flots d’échanges et d'incompréhensions, nous participions avec intérêt et diplomatie, apportant notamment des |
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| informations historiques que nous avons acquises au fil des six mois passés au Moyen Orient. Tout ça pour dire que la journée fut riche en discussions! Sinon, la ballade sur l'eau était agréable. Il était surtout intéressant de découvrir le quotidien des gens qui habitent sur ces îlots. De nombreuses femmes étaient de corvées. Immergées dans l'eau, elles battaient le linge contre des grosses pierres. D'autres étaient assises au bord de la rivière, elles vidaient les poissons pour les cuisiner. C'était parfois gênant de voler un peu de |
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leur intimité, certaines faisaient leur toilette. Vers 13h, nous avons déjeuné dans un village où nous avons rencontré plusieurs enfants aux sourires chaleureux et aux regards plein de curiosité. Sur une feuille de bananes, ont été déposées différentes préparations à base de légumes et de curry, le tout accompagné de riz. L'après-midi, nous sommes allés voir des femmes qui fabriquent des cordes à partir de fibres de noix de coco, elles nous ont montré comment elles procèdent. Puis nous sommes rentrés à Fort Kochi, dans notre auberge. |
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| Un soir nous sommes allés découvrir Le Kathakali, une forme de théâtre dansé originaire de l'État du Kerala. Cet art religieux trouve son origine dans les épopées hindoues, le Mahâbhârata, le Râmâyana et la vie de Krishna. C'est une combinaison de drame, de danse, de musique, de chant, de mouvements corporels, d'expressions du visage et des mains, le tout imprégné de rituel. À l'origine, les représentations, données à l'occasion de fêtes solennelles, duraient toute la nuit (de 22h jusqu'à l'aube). Nous n'avons vu qu'un tout petit extrait tiré d'un des nombreux poèmes épiques du Râmâyana. Le kathakali n'est joué que par des hommes, y compris les rôles féminins. Les formes et les couleurs du |
| maquillage sont toutes codées, selon l'interprétation du personnage. Cette performance est proposée aux touristes afin de leur faire partager cette tradition. Il était donc permis d'arriver une heure avant la représentation afin d'observer toute la préparation de ce rituel, ce que nous avons fait. L’élaboration des maquillages demande plusieurs heures. Ils sont réalisés à partir de pâtes de riz auxquelles sont ajoutés des pigments naturels extrait de différentes pierres frottées avec de l'huile de coco et produisant les |
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couleurs verte (dominante), jaune et rouge. Pour la collerette qui caractérise tant le Pachcha (veut dire “vert”), ils utilisent simplement du papier découpé et fixé à l'aide d'une sorte de résine naturelle extraite de plantes. Tout au long de cette préparation, il règne une atmosphère silencieuse, seuls quelque sons de méditation envahissent la pièce. Le travail de l'acteur de kathakali est très exigeant physiquement et il se maîtrise en employant les méthodes de concentration et d'énergie mises en œuvre dans l'entraînement du Kalarippayatt, l'art martial antique du Kerala. Les expressions du visage, les regards et les positions des |
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| mains (mudras) forment une grande partie du jeu des acteurs. Pendant que les personnages revêtent leurs costumes colorés, un homme allume des lampes à huile, brule quelques encens et décore le sol de petits dessins fait avec de la poudre de riz et des pochoirs. Tout ceci fait partit du rituel. Cet homme est un chanteur de kathakali. La troupe est habituellement composée de douze acteurs, quatre chanteurs et quatre percussionnistes. Pour cette courte performance, seul un chanteur, deux musiciens et deux acteurs étaient présents. Les chants nous ont beaucoup rappelé Nusrat Fateh Ali Khan (chanteur pakistanais de qawwalî, style |
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musical soufi). La percussion utilisée s'appelle chenda. Il faut de nombreuses années de formation pour intégrer une troupe de kathakali. Outre les expressions faciales et le mouvement du regard, les positions des mains sont porteuses de messages. Il existe tout un langage propre à cet art, le chanteur nous donne quelques exemples. Nous avons également droit à une démonstration de l'incroyable gymnastique faciale exercée par les acteurs. En résumé, Le Kathakali nous a bien plu. |
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Bangalore, entre deux trains |
| Nous sommes arrivés à Bangalore (Etat de Karnâtaka) par le train de nuit en provenance de Ernakulam (Etat du Kerala). Nous avons de suite décidé de réserver un autre train pour le soir même afin de nous rendre à Hospet. Malheureusement, il n'y avait plus de place dans le train express. Nous avons donc opté pour le train lent. Un trajet qui prendrait à peine deux heures en TGV peut prendre jusqu'à 18 heures ici! Départ prévu à 22h30, nous mettons les bagages en consigne et partons explorer Bangalore. Premier arrêt dans un restaurant pour un petit déjeuner, puis nous poursuivons notre errance dans les |
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rues animées de cette grande ville. Le trafic est dense, le bruit incessant des voitures et des klaxons nous agresse alors que nous sommes fatigués du voyage. Les trains couchettes sont pourtant plus confortables que les bus. Nous entreprenons de chercher une housse pour notre appareil photo que nous avons pris l'habitude d'enrouler dans un drap en guise de protection. Nous nous adressons à un jeune qui nous conseille de prendre un Rickshaw pour aller dans un mall. |
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C'est comme ça que nous nous retrouvons dans un grand centre commerciale moderne avec de nombreuses enseignes occidentales qui nous sont familières. Nous y trouvons exactement ce qu'il nous faut. Nous parcourons un peu les boutiques et flânons dans une librairie anglophone pour un moment. Au dernier étage, il y a un cinéma avec un film américain qui commence dans moins d'une demi heure, nous achetons deux tickets. Nous ne nous souvenons même plus du titre tant le film était mauvais mais nous ne regrettons pas l’expérience. Nous étions dans une salle de taille moyenne remplie de larges fauteuils ultra molletonné qui s'allonge quasiment à l'horizontale avec bien évidemment un repose-pied... tellement confortable!
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| En sortant, nous nous rendons dans une pâtisserie que nous avions repéré pour déguster une part de gâteau au chocolat. Déjà 16h mais nous avons encore quelques heures à tuer. Nous prenons un Rickshaw pour nous rendre au palais dont nous avons entrevu la photo sur un poster de promotion touristique en débarquant à la gare le matin même. Apparemment inspiré du château de Windsor, ce palais est habité par le raja. Il se visite à l'aide d'un audioguide pour la maudite somme de |
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cinq euros. Somme qui, dans notre nouvelle échelle de valeur, est bien trop élevée. Près du palais se trouvent des stands aménagés autour d'un terrain sur lequel se joue une partie de hockey. Refusant de payer pour cette visite, nous nous dirigeons vers l'animation. Très rapidement, deux hommes nous abordent, nous leur demandons qui joue ce match. Quelques minutes suffisent pour sympathiser, ils nous offrent une bière, nous proposent de nous asseoir et nous font apporter des petits beignets de viandes et de légumes. C'est ainsi que nous faisons la connaissance de tout un groupe de personnes issues d'une communauté qui se dit "anglo-indienne". Ils sont environ 3000 sur Bangalore, tous issus de familles dans lesquelles il y a eu des mariages mixtes entre colons anglais et indiens. Beaucoup vivent à l’étranger, en Angleterre mais également au Canada, aux Etats-Unis ou en Australie. Ils se retrouvent une fois par an pour ce petit festival qui dure quelques jours. Cette communauté nous a paru assez élitiste, tous ceux que nous avons rencontrés occupaient des bons postes. L'un d'eux nous propose de laisser tomber notre train et venir passer quelques jours chez lui pour rencontrer sa femme et ses enfants. Ça aurait été avec plaisir mais nous sommes encore loin de Bombay et la Roulotte arrive dans 3 ou 4 jours. Ces rencontres ont fait passer le temps très vite mais nous avons rejoint la gare à temps pour notre train, qui est arrivé avec presque une heure de retard.
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Ce deuxième trajet en train est plus mémorable, sans doute parce qu'il a duré plus longtemps. Nous avons vu défiler pas mal de gens au fil des stations. Les wagons couchettes s'organisent en petits compartiments ouverts dans lesquels se trouvent six lits. Les couchettes supérieures restent en permanence tandis que les deux planches du dessous se rabattent pour former des banquettes. Au matin, les arrêts se multiplient et le train devient un transport quotidien pour la plupart des usagers. Laurent était resté dans la couchette supérieure tandis qu'Hélène s'était fait une place au milieu des passagers qui la dévisageaient. Une femme |
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| accompagnée de sa fille et de sa mère était surprise que je (Hélène) ne porte aucun bijou. Leurs cous, chevilles, poignets, doigts, nez et oreilles étaient couverts d'or et de pacotilles. Nous avons échangé un long moment, avec quelques paroles et beaucoup de gestes. J'ai sorti le petit atlas que je garde toujours dans mon sac pour leur montrer notre pays et la distance qui le sépare du leur. Nous étions toutes émues lorsqu'elles descendirent du train. La maman m'a demandé de la prendre en photo avec sa fille. Elles devaient |
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être de confession musulmane parce qu'en sortant, elles ont replacé leurs voiles sur leurs têtes. Il y avait des singes sur le quai et nous n'étions plus très loin de notre destination. Ensuite, je me suis retrouvée entourée d'hommes qui me fixaient du regard, si bien que je plongeais le nez dans mon bouquin ou dans les paysages qui défilaient, pour oublier la gêne. Ils ne se rendent pas compte que c'est désagréable d’être sans cesse regardée comme une bête curieuse... |
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Hampi, campagne et site archéologique |

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| Arrivés à la gare d'Hospet, nous avons opté pour un Rickshaw afin de parcourir la dizaine de kilomètres nous séparant du charmant village de Hampi, lieu hautement touristique. Éreintés par 18 heures de train, nous étions heureux de trouver une chambre pas chère dans laquelle se reposer avant d'entreprendre nos premières explorations. N'ayant pu obtenir de place pour le train en partance pour Goa deux jours plus tard, nous avons réservé un bus de nuit pour le lendemain. L'après-midi fut vite terminée et nous n'avions encore rien vu du site archéologique. Au petit matin, nous avalons un petit déjeuner et louons une |
| mobylette pour se promener à travers le site. Hampi est situé à l'intérieur de l'enceinte de la ville en ruine de Vijayanâgara, ancienne capitale du royaume portant le même nom. Le village est également un centre religieux actif, en particulier avec le temple de Virupaksha que nous apercevons depuis la terrasse de notre auberge. Vijayanâgara était autrefois la capitale d'un des plus grands empires hindous. Fondé par les princes télougou en 1336, cet empire atteignit son apogée au |
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XVIème siècle. En ce temps-là, la cité était très riche car l'empire contrôlait le commerce régional de coton et d'épices. La ville était entourée de sept enceintes fortifiées et couvrait une superficie de 43 km². Après la défaite de 1565 contre la coalition de sultanats musulmans du Deccan, l'empire s'effondra et la ville fut pillée et abandonnée, laissant un ensemble de bâtiments remarquables dans un paysage insolite et grandiose. Nous avons admiré d'innombrables sculptures qui ornent ces |
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| anciens palais et temples. Parmi les monuments, il y avait également des étables à éléphants dont la hauteur était bien évidemment impressionnante comparée aux écuries de nos contrées occidentales. La population s'est installée dans les maisons bordant la rue principale, faisant de Hampi Bazaar une bourgade animée et prospère. Le village vit principalement de l'agriculture, des retombées économiques des pèlerinages dans les lieux saints et du tourisme qui occupe une place de |
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| plus en plus importante. Nous avons adoré cette journée! Cheveux au vent, nous |
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avons parcouru les routes et chemins, s'éloignant parfois des monuments pour découvrir la vie des villages alentours et profiter d'une nature magnifique. Nous étions un peu déçu de ne pouvoir rester plus longtemps mais nous étions également excités à l'idée de rejoindre Bombay pour retrouver la Roulotte. C'est vraiment le genre d'endroit où nous aurions pu être bien installés, nous aurions trouvé un emplacement au bord de la rivière par exemple... |
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Héritage portugais de Panaji (Panjim) et région côtière de Goa |
Goa est le plus petit état de l'Inde. La région faisait partie des colonies portugaises d’Inde. Panaji, également appelé Panjim, est la capitale régionale. Après 450 ans de présence portugaise, Goa a été repris par les troupes indiennes sous Jawaharlal Nehru, le 19 décembre 1961. Puis Goa a acquis le statut d'État de l'Union le 30 mai 1987. La mer d'Arabie baigne les terres de l'État sur 101 km et le tourisme côtier est sa principale source de revenus. Outre les plages ensoleillées où se prélassent des touristes du monde entiers et de nombreux indiens, Goa possède un patrimoine religieux assez riche (églises, basiliques et cathédrales). Parmi les autres activités, on peut citer l'exploitation minière, la pêche, les conserveries et les distilleries d'alcool. L'agriculture donne encore du travail à une bonne partie de la population (majoritairement le riz).
Nous arrivons aux aurores, les auberges sont encore fermées. Nous trouvons un endroit pour prendre un petit-déjeuner et poser les sacs le temps d'aller prospecter pour une chambre à bon prix. Pas de juste milieu, nous optons pour une chambre vraiment pas attrayante mais qui a le mérite d’être ridiculement peu coûteuse, nous nous en accommoderons bien pour une nuit. Nous reprendrons un bus de nuit demain car il n'y avait plus de place dans le train pour Bombay. Après une petite sieste et une bonne douche, nous arpentons les rues du vieux quartier |
| dans lequel on retrouve l'architecture coloniale européenne. Pour être honnête, nous étions un peu déçus parce que plusieurs bâtisses ne sont pas entretenues. Nous sommes ensuite allés patrouiller dans les quartiers plus modernes où se trouvent tous les commerces. Nous avons acheté un gouter dans une boulangerie et fait réparer le sac de Laurent dont l'une des lanières était décousue. Après avoir dépensé ces quelques centimes d'euros, nous sommes rentrés dans notre |
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| chambrée pour un sommeil profond. Au matin, nous avons bouclé nos sacs que l'aubergiste acceptait de garder pour la journée moyennant un euro. Nous avions à peine marché quelques mètres qu'un homme nous proposa de louer sa moto. Ça tombe bien, nous en cherchons une! Son prix est presque deux fois moins chère que ce qu'on nous avait annoncé dans un magasin de location la veille. Le temps d'avaler un café puis nous voilà partis vers le Nord. Nous faisons un premier arrêt à Sinquerim où nous rencontrons deux suisses venus réaliser un reportage sur une communauté tibétaine vivant à quelques 200km d'ici, dans les terres. Ils revenaient de cet endroit étonnant qu'ils nous décrivent. Ils profitent de trois jours de repos avant de reprendre leur envol vers la Suisse. Nous sympathisons, ils proposent d'aller boire un verre pour poursuivre toutes ces conversations enrichissantes et c'est comme ça que la matinée s’écoule sans que nous nous en rendons compte! Après les avoir quittés, nous sommes allés jeter un coup d'oeil |
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au Fort Aguada. Il y avait beaucoup de monde, c'est dimanche. Puis, nous avons repris la route. Nous traversons Candolim, faisons quelques achats à Calangute avant de passer par Baga puis pénétrer les terres pour rejoindre Arpora. Nous apercevons les pancartes indiquant Vagator et Anjuna, deux lieux connus pour les rassemblements de Full Moon Party (musique éléctro et trance psychédélique les soirs de pleine lune). Arrivés vers Siolim, nous sommes arrêtés |
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| par la police. Heureusement nous avons le permis international, ils nous laissent partir. Deux autres étrangers en scooters semblaient en pleine négociation. Nous continuons notre virée vers Chopdem, Mandrem, Arambol, et enfin Querim où |
| nous montons sur un ferry gratuit qui permet de rejoindre Tirakol. Le fort de Tirakol a été aménagé en hôtel. À l’intérieur se trouve une jolie chapelle en rénovation. La vue sur la côte est agréable et l'endroit est extrêmement calme et apaisant, le genre d’hôtel que nous nous offririons volontiers si nous avions plus d'argent. L’après-midi est passé aussi vite que la matinée et il est temps de rentrer car la route est longue jusqu'à Panjim. Pour voir d'autres paysages, nous nous éloignons de la côte et prenons la direction de Pernem. |
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| Nous sillonnons l’arrière-pays, des rizières à perte de vue. Nous n'avons quasiment plus d'essence et il n'y a aucune habitation en vue. Nous commençons à nous demander si nous n'allons pas tomber en panne. Après quelques kilomètres, nous traversons un village. Sur le bord de la route, des bouteilles en plastique remplies d'un liquide jaunâtre sont disposées sur de petites étales, c'est de l'essence! Sauvés. Mine de rien nous avons rouler 150km environ! Nous ne pouvons pas nous empêcher d'imaginer ce que nous aurions été bien dans notre roulotte, à bivouaquer dans cette belle campagne. Demain, nous serons à Bombay, près d'elle... |
Huit jours pour sortir la Roulotte du port de Bombay: découverte des procédures indiennes |
Lundi. Sur les six dernières nuits, nous en avons passées deux en train et deux en bus. Si bien que nous débarquons à Bombay sur les rotules. Le bus de nuit devait arriver vers 8h mais ce n'est qu'à 12h que nous pûmes enfin nous dégourdir les jambes. Depuis 4-5 jours, nous passons de multiples coups de fil pour essayer d'obtenir la confirmation concernant l'arrivée du bateau. Hier, nous avons enfin parlé à un certain capitaine qui a affirmé qu'il venait d'amarrer et que nous pourrons commencer les démarches dès lundi, c'est-à-dire aujourd'hui. Hélène reste avec les sacs pendant que Laurent fait la tournée des hôtels pour trouver une chambre. Nous nous installons au Seashore, de loin le meilleur rapport qualité-prix. Bombay est deux à trois fois plus chère que le reste du pays. Une douche et nous voilà partis au siège de la compagnie maritime qui doit nous délivrer le “bon de livraison”, première étape de cette longue procédure. Notre hôtel est dans le quartier de Colaba, tout au sud de la ville et leurs bureaux sont situés dans la banlieue Nord, à Andheri. Plus d'une heure et demi de taxi pour y aller et un peu moins en train, pour revenir. Si bien qu'une fois ce précieux document récupéré (pour la modique somme de 45 euros soit-dit en passant!), nous n'avons plus le temps d'entreprendre d'autres démarches. Nous reprendrons demain. Nous tombons mal parce qu'en fin de semaine, commence le fameux Diwali ou la “fête des lumières” qui correspond plus ou moins à notre Noël chrétien, en terme d'importance. La semaine va donc être courte, vendredi est férié. De plus, nous apprenons par un journal local que le Président Obama arrive ce week-end et tout le quartier va être bloqué. L'article précise que sa visite va coûter 40 millions de dollars (aux contribuables américains sans doute). C'est inimaginable et presque surréaliste qu'une telle somme soit dépensée en moins de deux jours de visite alors qu'on pourrait faire vivre des milliers d'indiens toute une vie avec ça!
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Mardi. Nous avons décidé de faire le dédouanement nous même afin d'économiser les frais d'agent qui s'élèvent à près de 300 euros. On nous a fait comprendre qu'il y avait peu de chance que nous y parvenions seuls, qui plus est avant lundi prochain, mais nous relevons le défi! Par où commencer? Nous ne savons trop par quel miracle nous nous retrouvons dans le bureau du grand chef des douanes portuaires. Il nous offre un thé et s'intéresse à notre cas. Il allait justement se |
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| rendre au port. Il nous propose de se joindre à lui, voiture avec chauffeur, ça commence plutôt bien! Grace à Monsieur Marthur, nous pénétrons l'enceinte sécurisée sans aucune difficulté. Nous arrivons directement au bon endroit, le UB center. Sur les recommandations du patron, on nous explique la procédure. Ce premier pas est essentiel. Pour la suite, il s'agit avant tout d’être patients! Comme ils n'ont pas l'habitude de gérer ce genre de dossier, qui plus est sans agent de clearance (qui connait toute la procédure sur le bout des doigts), il y a pas mal de choses à éclaircir. Personne ne semble vraiment connaître la marche à suivre. L'avantage d’être arrivés avec le patron est qu'ils sont tous prêts à nous aider! Du coup, ils s'activent et se renseignent à droite et à gauche. Le manque d'organisation et l’inefficacité du système saute aux yeux mais il faut reconnaître que les employés se montrent tous serviables et disponibles. Il n'y a pas de doute, ils font de leur mieux. Rien n'est informatisé, d'ailleurs il n'y a jamais d'ordinateur dans les bureaux, seulement des montagnes de dossiers empilés un peu partout et des tas de gens assis à travers, que des hommes. Ils discutent, boivent du thé ou encore lisent le journal. Quelques thés et bonnes paroles plus tard, nous connaissons plus ou moins les documents à collecter et les institutions à solliciter. Cela ne veut pas dire que ça va aller vite, car chaque document nécessite des déplacements et souvent pas mal d'attente, mais au moins nous savons quoi faire. Le gros avantage, par rapport à l'expérience jordanienne, est que la paperasse n'est pas en arabe mais en anglais, ce qui simplifie bien les choses pour nous! Cette deuxième journée fut plus productive que nous l'avions espérée. Nous nous sommes rendus dans le quartier de Churchgate pour obtenir le certificat de l'automobile club Indien confirmant l'authenticité de notre carnet de passage en douane et se portant garant des taxes qui devraient être payées si nous ne sortons pas le véhicule du pays d'ici 6 mois (ça correspond aux 3200 euros de caution laissés à Paris). Pour faire avancer les choses, nous avons eu la bonne idée de téléphoner directement en France. Fort heureusement car la fameuse Monique à qui le correspondant indien s'adressait par email est en vacances, nous aurions donc pu attendre plusieurs jours! Nous avons également souscrit à une assurance: 50 euros pour l'année (au tiers) et elle est valable dans six pays dont l'Inde, le Nepal et le Bangladesh qui nous intéressent. Dans la foulée, nous avons ouvert une nouvelle ligne téléphonique (la précédente ne fonctionnait plus pour d'obscures raisons). Et nous avons également investi dans une clef 3G qui nous permettra d'avoir internet dans la Roulotte (enfin, si ça marche aussi bien que le vendeur prétend). Tout ça pour une bouchée de pain (30 euros avec un mois d'internet illimité puis 10 euros par mois supplémentaire). La journée se termine déjà, nous reprendrons la course demain. En attendant, nous profitons de notre agréable chambre à 14 euros la nuit, la moins chère qu'on est trouvée, salle de bain commune. Equipée de la TV satellite, pas de chaines françaises mais de nombreuses chaines anglaises et américaines.
Mercredi. Plus patients que jamais, nous poursuivons la procédure, faisant des va et vient entre les bureaux du port et ceux situés à l'extérieur, dans la New Custom House. On nous dit toujours avec un grand sourire “one minute”... “two minutes”... ou encore “five minutes”. Oui, mais les minutes indiennes semblent correspondre aux heures françaises...
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| Jeudi. Ça avance, doucement mais surement! Nous commençons à connaître tout le monde. Aussi incroyable que cela puisse paraître, ils n'ont toujours pas localisé la Roulotte. Nous avons bien essayé de l'apercevoir en marchant aux alentours mais en vain. Le port est immense. Hier, on nous a dit que nous pourrions la sortir aujourd'hui, nous essayons d'y croire. Nous attendons, une photocopie par ci, une signature par là, tiens un petit tampon, “vous reprendrez bien un petit thé”, “oui volontiers” quelques paroles échangées et les aiguilles continuent de tourner, la terre aussi d'ailleurs... Nous faisons preuve de patience, rien ne sert de s’énerver ou prendre les gens de haut. Laurent a quasiment finit le bouquin qu'il a commencé lundi. Pour faire bouger les choses, nous passons quelques coups de fil afin de découvrir nous-mêmes où la Roulotte a été garée après le déchargement du cargo. Nous parvenons enfin à la localiser, semble-t-il... Vers 16h, nous partons avec l'inspecteur des douanes qui doit examiner le véhicule, l'une des dernières étapes. Le coeur battant, nous marchons sous un soleil encore brulant. C'est là que les choses se compliquent. Nous parcourons le parking sans la voir, l'inquiétude nous gagne un peu. Une fois encore, nous prenons les choses en mains parce que les trois hommes qui nous accompagnent ne semblent pas trop savoir quoi faire. Nous rappelons la personne qui nous avait envoyés ici. Quelques sonneries de téléphone plus tard, une voiture vient nous chercher pour nous emmener enfin à la Roulotte. Nous l'apercevons de loin, un premier soulagement. Elle semble intacte, nous soufflons... “Tiens? un lanterneau est ouvert, c'est étrange”... Ce n'est que lorsque nous ouvrons la porte que nous |
| découvrons le désastre. Nous sommes à présent sous le choc. Tout est sans dessus-dessous. L'un des stores est arraché, ainsi que la table. Très vite nous comprenons que des intrus ont réussi à forcer la fenêtre et cambrioler notre maisonnette. Il manque plein de choses mais on ne nous laisse pas le temps de faire l'inventaire. Il faut quitter les lieux parce que les femmes sont interdites sur le port après 17h30. La mine déconfite, nous reprenons nos esprits pour noter le nom et numéro |
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| de téléphone de la personne qui a retrouvé la Roulotte. Il faut toujours tout noter, nous avons déjà gribouillé pas mal de pages depuis notre arrivée à Bombay. Nous suivons les cinq hommes vers la sortie. Tous les employés se précipitent aux portes, sourires aux lèvres, la fête de Diwali commence. On nous dit que les bureaux sont fermés vendredi et dimanche mais la plupart seront ouverts samedi.
Vendredi. Un mélange de tristesse, de frustration et d’excitation. Nous essayons de nous convaincre, “ce n'est pas si grave”. Nous nous réconfortons, “elle a démarré au quart de tour, l'aventure va enfin reprendre”. Laurent plaisante, “nous commencions à manquer de place, voilà qui est réglé!” C'est férié, inutile de se précipiter au port, nous ne pouvons rien faire pour la Roulotte aujourd'hui. Nous nous promenons dans la ville. Les feux d'artifices éclatent un peu partout. Joyeux Diwali à tous!
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| Samedi. Nous ne pouvons accéder au port que par la “Blue Gate”. Tous les jours c'est la même chose. Nous devons fournir les copies de nos passeports, de notre bon de livraison et remplir des formulaires pour obtenir un passe. C'est toujours le même homme, il nous reconnaît, mais chaque jour nous devons lui redonner les mêmes photocopies et remplir le même formulaire. D'ailleurs, ce n'est pas le seul à vouloir des photocopies. Nous ne les avons pas comptées mais depuis que nous avons entamé les démarches, il doit y avoir une bonne trentaine de copies de nos passeports qui circulent dans le port de Bombay! Les bureaux sont sensés ouvrir vers 8h mais la plupart des employés n'arrivent pas avant 10h30 ou 11h. Vers 13h ou 13h30, c'est la pause déjeuner. Vers 16h30 ou 17h, la journée se termine pour beaucoup... Nous sommes venus de bonne heure pour aller dans notre Roulotte constater l'ampleur des dégâts et commencer à remettre de l'ordre. Tous les outils ont été volés, il est donc difficile de remonter le porte-vélo et la roue de secours que nous avions mis à l'intérieur. Et puis ils ont même pris les boulons et les visses. Nous n'avons qu'une envie, sortir la Roulotte d'ici et reprendre la route. Vers 10h30, nous nous rendons au UB center, le coeur lourd du constat de notre naïveté et d'un brin de rancoeur envers les employés de |
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la compagnie maritime et du port. Il n'y avait pas d'endroit plus parfait pour qu'il lui arrive quelque chose à notre précieuse Roulotte. Isolée, coincée entre des gros engins, en plein sur les quais. Normalement elle aurait du être dans la zone Gamaria, le parking clôturé et surveillé sur lequel nous l'avions cherchée deux jours plus tôt. Évidemment, tout le monde se rejette la faute. Nous vous épargnons plus de détails procéduraux mais nous n'étions pas au bout de nos peines. |
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| Grosso-modo, les autorités portuaires voulaient nous faire signer une sorte de décharge stipulant que nous ne les tenons pas pour responsables de ce qui est arrivé, que nous n'irons pas porter plainte et n'engagerons aucunes poursuites. Pour dire vrai, nous n’avions aucunement l'intention de faire tout ça mais de là à être obligés de signer une telle déclaration... Nous refusons de signer. Ils ne veulent pas nous laisser sortir la Roulotte. La seule option qu'il nous offre est d'aller porter plainte à la police. Par fierté, par dignité ou par principe, nous sommes donc allés porter plainte. D'un point de vue personnel, ça ne change rien. Au contraire, ça nous fait perdre du temps et de l'argent. Pendant ce temps là, la facture monte, frais d'entreposage au port pour la Roulotte et hôtel pour nous. Nous ne nous faisons aucune illusion malgré les mots de l'inspecteur de police qui se veut rassurant “we'll find them”. Nous voilà donc embringués dans une nouvelle procédure interminable, à la “Yellow Gate Police Station”. En y repensant, c'était assez drôle. Les flics étaient sympas et par la suite, ils nous ont bien rendu service. Tandis que Laurent part sur les “lieux du crime” accompagné de trois hommes, Hélène se retrouve à taper la déposition elle-même sur ce qui semble être le seul ordinateur du commissariat. Quelques heures plus tard, vers 20h30, nous pouvons enfin rejoindre notre hôtel de Colaba. Nous rentrons à pied pour prendre l'air, nous restons un moment près de la Indian Gate à contempler les éclairs qui annoncent des averses nocturnes. Avec tout ça, nous avons encore oublié de manger. Nous passons au petit stand du coin ou nous avons déjà nos habitudes, jus de fruits frais et sandwich...
Dimanche. Jour de repos, les bureaux sont fermés. Diwali se poursuit et personne ne semble se lasser des feux d'artifices et des pétards, à part nous peut-être... c'est que c'est bruyant toutes ces explosions! On nous propose d'aller faire de la figuration pour un film Bollywood. Payé huit euros par personne pour la journée (de 8h à 22h), les frais de transport jusqu'aux studios et nourriture sont pris en charge. C'est tentant mais il est 7h40, nous venons de nous réveiller et sommes déjà épuisés, un peu dur... L'expérience nous aurait surement plu mais avec les évènements de ces derniers jours, le coeur n'y est pas. Nous avons encore plein de chose à régler. Tant pis.
Lundi. Tiens, encore un lundi et la Roulotte est toujours au port! La course reprend. Persuadés que cette fois-ci c'est la bonne, nous payons l'hôtel et nous nous rendons au port avec nos bagages. Arrivés à la Blue Gate, une demi heure pour obtenir les passes puis on nous empêche de rentrer sans faire une déclaration douanière de tout ce que nous transportons. Pour ça, il faut se rendre à la Yellow Gate, un kilomètre plus loin. Il est encore tôt mais la chaleur monte vite. En plein cagnard, dans la poussière et la pollution nous parcourons cette distance avec nos gros sacs sur le dos. Avec cette histoire de plainte, nous nous sommes mis tous les gens des douanes et du port à dos et nous ne serions pas surpris qu'ils nous fassent languir davantage... C'est repartit pour plus de paperasse. Les photocopies de la plainte se multiplient et nous devons maintenant rédiger et signer de nouvelles déclarations, expliquant notamment ce qu'est un camping-car. Bref. On ne nous offre plus le thé et les sourires se font rares. Vers 19h, nous touchons enfin au but mais un dernier petit détail perturbe l'un des agents. Du coup, un autre s'en va. Cinq minutes plus tard, on nous dit que c'est bon. Oui mais l'inspecteur des douanes qui doit impérativement nous accompagner à la porte du port avec la Roulotte vient juste de partir. Nous l'appelons sur son portable. Il est à cinq minutes à peine mais refuse de faire demi-tour (alors qu'il attendait depuis presque trois heures pour nous) et nous impose de revenir le lendemain. Il est 19h30, nous n'avons plus d’hôtel, nous prenons le premier qui se présente, près du port. Plus cher et beaucoup moins agréable que l'autre.
Mardi. Le cauchemar bureaucratique continue, c'est comme un mauvais rêve qui revient sans cesse. Nous nous étions acquittés de tous les frais portuaires la veille mais la Roulotte vient de passer une nuit supplémentaire, nous devons repayer 400 roupies et repasser par des tas de bureaux pour obtenir de nouveaux tampons avec la date d'aujourd'hui. C'est Laurent qui s'y colle. Hélène est restée avec les bagages à la réception de l’hôtel, pas la peine de s'infliger la même galère que le jour précédent. C'est compliqué d'entrer dans le port avec des sacs mais apparemment pas d'en sortir vu tout ce qu'ils nous ont piqué! Après quelques tampons et signatures supplémentaires, on dit enfin à Laurent que c'est terminé, il ne reste plus qu'à sortir la Roulotte en compagnie de l'agent des douanes. Laurent: "Arrivés aux portes du port, l'inspecteur qui m'accompagne tend des papiers à l'officier des douanes tandis que j'en donne d'autres à l'agent du port. Ils vérifient à tour de rôle, le numéro de châssis, ajoutent leurs signatures et semblent me faire signe d'y aller. Après tout ce que nous venons d'endurer ces huit derniers jours, je n'y crois plus. J'hésite. J'avance tout doucement, me retournant régulièrement pour vérifier que je ne sois pas en train de faire une bêtise. Les trois hommes sont en pleine discussion, ils ne prêtent plus aucune attention à la Roulotte. Je franchi enfin les portes. J'appelle immédiatement Hélène pour qu'elle me rejoigne au croisement comme convenu. Ce n'est qu'à ce moment seulement que je réalise enfin que le calvaire est fini. Je suis au volant de notre Roulotte, Hélène monte. Nous nous regardons, soulagés et heureux." |
Cambriolage: cinq jours pour remettre de l'ordre, dans la Roulotte et dans nos esprits |
| En y réfléchissant, il serait presque indécent de se morfondre dans des considérations matérialistes dans un pays où tant de gens survivent dans la misère. Nous ne sommes vraiment pas à plaindre mais ce serait mentir que d'affirmer que nous ne ressentons aucune amertume. Même s'il faut reconnaitre (j'en suis la première surprise) que nous avons pris la chose très sereinement. Cette épreuve n'a été source d'aucunes tensions. Nous avons encaissé et relativisé. Cette première année de voyage nous a déjà beaucoup transformés, intérieurement. Nous sommes plus forts, individuellement et ensemble. L'un comme l'autre, nous ne rêvons que d'une chose, tourner la page et aller de l'avant. Seulement voilà, ce n'est pas si simple! Ce n'est pas tant la valeur monétaire qui nous a laissé ce goût amer mais l'aspect pratique. Parmi les choses volées, il y a le convertisseur sans lequel nous n'avons plus d’électricité, le détecteur de monoxyde de carbone qui se voulait rassurant et que nous ne remplacerons sans doute jamais, le rideau fait sur mesure avec une bande velcro qui nous permettait de faire une séparation entre la cabine de pilotage et l'habitacle pour créer notre intimité, le GPS et la boussole qui étaient tout de même pratiques, tous nos outils et nos visses sans lesquels on ne peut rien réparer, toutes les réserves de produits d'hygiène et de soin (des produits que l'on ne trouve pas ici), la trousse à pharmacie, tout le matériel à dessin, nos palmes, et même nos chaussures de rando et de villes (il ne nous reste que des tongues!). C'est simple, ils ont pris tout ce qu'ils pouvaient, même des choses sans grande valeur: des vieilles assiettes en plastique, des bouteilles de shampoing à moitié vide, un pot de nutella entamé, des vêtements usagers, et même des livres en français que nous venions tout juste d'acquérir (seraient-ils polyglottes ces voleurs?). Et puis, il y a aussi quelques dégâts: un store bousillé, la table arrachée et pas mal d’égratignures. Pour Hélène, il y a également la valeur sentimentale de certains objets. Oui c'est stupide, je vous l'accorde. Au-delà de leur fonctionnalité, ces objets représentaient toute une histoire, ils étaient liés à des personnes chères ou à des moments de ma vie d'une importance particulière. Ils trouvaient leur place dans la Roulotte car il s'en dégageait quelque chose de réconfortant. Certains psychologues affirment que les sentiments générés par un cambriolage s'apparentent à ceux ressentis après un viol. Nous n'irons pas jusqu'à comparer l'incomparable mais le fait est que notre intimité a bel et bien été violée. Et puis certaines choses nous dépassent. Par exemple, ils ont pris toutes les clefs mais ont laissé les cadenas à vélo. Bref.
Il nous aura fallu cinq jours pour remettre de l'ordre et rendre la Roulotte à nouveau habitable. Nous remercions l'inspecteur de police Sakujam qui nous a permis de nous garer au commissariat le temps des travaux et qui nous a mis en contact avec Sanjav. Sanjav et son compère nous ont aidés à réparer la table, installer des barres de fer aux fenêtres, remplacer le convertisseur (merci à Shakir également) et faire tout un tas d'autres choses comme racheter quelques outils, installer un nouveau klaxon, changer les essuie-glaces, etc. Il va nous falloir encore quelques temps avant de retrouver tout le confort que nous avions auparavant mais l'essentiel est fait et nous sommes tellement heureux de rentrer enfin chez nous! Le plus dur dans tout ça est que nous culpabilisons de ne pas avoir été plus vigilants. On croit toujours que ça n'arrive qu'aux autres! Nous payons le prix de notre naïveté. Pour autant, nous ne voulons pas tomber dans la méfiance et la paranoïa. Ces choses la arrivent partout dans le monde et nous n'accusons personne. Nous supposons que ça s'est passé sur le port de Bombay parce qu'il y avait des traces de terres humides et donc récentes. Et puis il est inconcevable que cette terre foncée et gorgée d'eau vienne d'Aqaba ou Dubai (zones désertiques et sèches où l'on ne trouve que du sable). Lorsque nous avons installé les planches pour bloquer le passage entre la cabine de pilotage et l'habitacle, nous aurions du en mettre également aux fenêtres. Cela n'aurait couté que quelques euros, pris quelques minutes et nous aurait évité toutes ces tracasseries. Mais les regrets ne servent à rien, nous avons appris quelque chose. Comme on dit, c'est en forgeant qu'on devient forgeron, nous ferons mieux au prochain cargo! En attendant, l'aventure reprend! |
Bombay (Mumbai), une ville agréable |
| Bombay est la ville d'Inde la plus peuplée, environ 12 millions d'habitants et presque 23 millions pour l'agglomération (soit plus d'un tiers de la population française!). Capitale commerciale, il paraît qu'elle génère 70 % des transactions de capitaux de l'économie indienne. C'est aussi la capitale du divertissement puisqu'elle abrite la plupart des studios de film et de télévision indiens, le célèbre Bollywood. Son importance économique et son haut niveau de vie en comparaison avec le reste du pays attirent des migrants venus de partout, si bien qu'il y a une grande diversité sociale et culturelle. Dans notre course effrénée, nous n'avons |
| pas pris le temps de visiter quoique ce soit en particulier mais nos divers déplacements nous ont amenés aux quatre coins de la ville. Malgré le calvaire bureaucratique, nous garderons de Bombay un doux souvenir. En parcourant ses entrailles, à pied ou en taxi, nous avons admiré plusieurs temples, des immeubles d'architecture moderne, des parcs et de nombreux bâtiments édifiés par les anglais au XIXème siècle, comme la gare Chhatrapati Shivaji ou le siège de la haute |
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cour de Mumbai. Les sept premières nuits, nous logions à Colaba, quartier majoritairement musulman. Nous étions à cinq minutes du magnifique hôtel Taj Mahal qui fait face à la Gateway of India, un arc en basalte jaune au bord de l'eau. À Colaba, nous retrouvions des saveurs orientales telles que le kebab et les grillades en général. Il était facile d'y manger de la viande, contrairement à bien d'autres endroits parce que les hindous sont souvent végétariens. Un soir, un grand tapi rouge était déroulé devant un hôtel et des tas |
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| de gens se pressaient pour accueillir un personnage important, un iman venu d'Arabie Saoudite. Un autre soir, il y avait un mariage, la fille d'un grand politicien nous dit-on. Ils avaient aménagé tout un espace décoré de milliers de fleurs et de |
| lumières. Dans le quartier de Churchgate, nous aimions traverser les Meadows (grandes pelouses) où se retrouvent les joueurs de criquets et de football. Nous avons roulé à maintes reprises sur Marine Drive, longeant la côte et passant devant la jolie plage de sable fin de Chowpathy. Nous sommes passés plusieurs fois devant les fameux jardins suspendus sans jamais nous y arrêter. Également connu sous le nom de jardins de Ferozeshah Mehta, ces terrasses sont perchées au-dessus de la colline de Malabar. Ce parc fut |
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| construit en 1881 au dessus du plus grand réservoir de la ville. Certains disent que l'objectif premier était de protéger l'eau des éventuelles contaminations dues à la proximité des tours de silence servant au rite funéraire parsi (communauté originaire de Perse). Selon leur religion, les cadavres sont considérés comme des objets impurs qu'on ne peut mettre en terre, jeter au feu ou à l'eau sans souiller un de ces trois éléments. Du temps de la Perse, seul le cadavre du roi était divin et avait un tombeau. Les autres corps sont le plus souvent exposés dans de larges tours ouvertes (appelées tours du silence) pour y être dévorés par les rapaces. Cette pratique est en perdition mais nous avons ouï-dire que de nouvelles techniques sont utilisées, notamment parce qu'il n'y a plus beaucoup d'oiseaux de proie dans le ciel de Bombay! L'Inde serait le seul pays au monde où la religion de Zoroastre (père fondateur de la religion Perse) est encore pratiquée. En poursuivant vers le Nord, on peut admirer la vieille mosquée Haji Ali qui se dresse au milieu de la mer. Encore plus loin, on voit des pêcheurs sur leurs petites |
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barques avec en fond, la “Skyline”. Bombay est un mélange surprenant d'héritage historique, de modernité et de traditions. À travers toutes ces belles bâtisses se glissent également de nombreux bidonvilles. Nous en avons découvert plusieurs, souvent dressés sur des petites collines ici et là, parfois tout en longueur sur un banc de terre que les promoteurs immobiliers n'ont pas encore investi. Comme dans toutes les grosses agglomérations, l’explosion démographique pèse énormément sur les équipements, |
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| les infrastructures et les transports. Il paraît que la moitié de la population vit dans un bidonville. Celui de Dharavi serait le deuxième plus peuplé d'Asie, entre 700 000 et plus d'1 million d'habitants! Nous avons également logé cinq nuits à Fort, près du port. Nous aimions l'animation des rues commerçantes, l'activité de ces nombreux négoces mélangée à l'ambiance créée par les marins et les dockers fréquentant les bars et les gargotes. Peut-être aurions-nous pris plus le temps d'explorer si nous n'avions pas eu toutes ces tracasseries. En tout cas, nous gardons l'image d'une ville agréable. |
Devka Beach (Daman): nous tournons enfin la page! |
| Il reste encore des petites choses à régler. Le convertisseur indien prend beaucoup plus de place que celui que nous avions avant et il a donc fallu lui trouver un autre emplacement. Sanjav voulait faire venir un charpentier pour réaménager notre installation. Mais nous voulons surtout quitter Bombay, nous éloigner pour tourner enfin la page. Tout prend beaucoup trop de temps et nous n'en pouvons plus d’être dans l'attente, sans cesse. Sur un coup de tête, nous appelons Sanjav pour lui dire de ne plus chercher quoique ce soit, nous arrangerons le reste en chemin. Nous réglons l’hôtel, remercions les policiers qui gardaient la Roulotte, et nous partons. En ce samedi après-midi, le trafic est relativement faible dans le centre mais sortir de l'agglomération est une autre paire de manches. Dans la banlieue Nord, il y a des travaux et ça bouchonne. Nous n'avons pas trouvé le klaxon au bruit de paquebot que Laurent souhaitait mais notre nouveau klaxon fait 120 décibels avec un son assez grave et il en impose! C'est essentiel pour la conduite indienne. Laurent s'adapte |
| incroyablement vite, un vrai pilote! Nous croisons toutes sortes de véhicules, surchargés de coton, de foin ou de monde. La nuit tombe, nous nous arrêtons sur le bord de la route, dans une station service qui accueille quelques camionneurs. Au petit matin, nous reprenons la direction de Daman où nous projetons de nous poser quelques jours. Nous quittons l'autoroute et traversons Wapi par une route cabossée. La signalétique est nulle si bien que nous roulons au hasard, espérant tomber |
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| sur un coin sympa. Nous passons enfin devant le fort de Daman, un ancien comptoir portugais et une enclave dans l'état du Gujarat où la vente d'alcool est interdite. Si bien que beaucoup de gens viennent ici uniquement pour picoler! Il y a beaucoup d'échoppes de liqueurs et de bars. Nous continuons en direction de Jampore, une plage publique bordée de palmiers sous lesquels s'entassent des dizaines de voitures et des familles venues pique-niquer en ce dimanche ensoleillé. À peine garés, on nous accoste. Nous nous retrouvons vite entourés |

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d'une joyeuse troupe qui célèbre l'anniversaire de mariage d'un couple. On nous sert du gâteau, ils nous prennent en photo sous tous les angles puis allument quelques feux de Bengale. Nous nous amusons de cet accueil mais ce n'est vraisemblablement pas ici que nous trouverons la tranquillité que nous recherchons. Plus tard nous repartons en direction de Devka, de l'autre coté du fort. Nous n'avons pas trop le choix, nous nous garons sur le parking du Miramar, importante station balnéaire. La mer se retire loin, laissant apparaître une plage rocailleuse et grise, paysage qui dégage quelque chose de désolant. Nous buvons un verre en profitant du coucher de soleil.
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| Au fil des jours et de nos besoins, la liste des objets volés s'allonge... “Tiens ils ont aussi pris ça... et ça... et ça... et même ça! ...” Pas facile de tourner la page dans ces conditions! L'amertume remonte parfois mais le plus gros est déjà derrière nous. Et puis, nous faisons face à une nouvelle épreuve: l'Inde du Nord en camping-car! Ceux qui l'ont faite sont tous d'accord. Au sud, pas de soucis, on arrive à bivouaquer, à se poser dans la nature et les gens ne sont pas trop envahissants. Le Nord, en revanche, est surpeuplé. La Roulotte est toujours entourée et certains peuvent rester immobilisés des heures à nous observer! Du |
| coup, c'est un peu oppressant. En choisissant un parking privé, ça limite un peu mais nous avons tout de même vu passer une bonne centaine de curieux! Et puis, il n'est pas évident de trouver des endroits “nature”. Si bien que l'on risque souvent de se retrouver sur des parkings, en bordure de route, bercés par les klaxons et autres vacarmes, comme c'est un peu le cas ici. Malgré cela, nous restons trois nuits au Miramar. Il nous reste deux mois pour rejoindre le Nepal, nous scrutons la |
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| carte et feuilletons le Lonely afin de tracer un semblant d’itinéraire. Nous optons pour un détour dans l'état moins touristique du Gujarat avant de longer la frontière pakistanaise pour atteindre le désert de Thar et découvrir (pour Hélène) ou redécouvrir (pour Laurent qui est venu il y a dix ans) les beautés du Rajasthan. Pour les jours à venir, nous opterons pour les parcs nationaux et les côtes peu fréquentées (on espère!) de la péninsule de Kathiavar. |
Velavadar, entre tranquillité et déception |
| Les kilomètres défilent et le soleil se couche déjà. Nous sortons de l'autoroute à Anand, ville de taille modeste dans laquelle nous nous arrêtons pour manger notre unique repas de la journée. Nous sommes dans une sorte de boulangerie-snack 100% pur végétarien sans oeufs. Les employés sont sympas et deux d'entre eux, des frangins, parlent bien anglais. Ils semblent ravis de rencontrer des étrangers. Leur soeur vit en Californie et l'un d'eux s’apprête à rejoindre Dubai l'an prochain, sans doute en quête d'une vie meilleure. Ils nous offrent un succulent rouleau aux légumes, nous commandons des mini pizzas. Ils nous font gouter des tas de biscuits différents et nous repartons un sac rempli de réserves. Ils nous invitent chez eux mais il leur reste encore quelques heures de travail et puis, d’après ce que nous comprenons, ils vivent en plein centre ville et nous ne voulons pas laisser la Roulotte n'importe où. Nous déclinons poliment leur invitation et reprenons la route à la recherche d'un campement pour la nuit. Au hasard, nous nous éloignons des habitations. En bordure de la ville nous tombons sur un grand cinema un peu isolé et muni d'un immense parking, ça fera l'affaire. Nous nous garons le plus loin possible de la route, dans une zone non éclairée. Ravis d'avoir trouvé si facilement un endroit calme, nous nous installons et tombons rapidement dans un sommeil lourd bientôt interrompu par deux gardes qui frappent violemment à la porte. Nous hurlons pour qu'ils cessent de taper si fort. “Coming! Just a minute!” Malgré nos voix et notre agitation qu'ils doivent entendre, ils continuent à frapper comme des brutes. Il est 1h du mat et nous dormions à poings fermés. Laurent descend, il est toujours plus sage que ce soit “d'homme à homme”. Bien que les deux hommes ne comprennent pas bien l'anglais, Laurent réussit à leur expliquer qu'il veut passer la nuit et repartir au matin. Les deux gardiens lui demandent si il est seul et comme ils n'ont pas l'air très décidé à nous laisser dormir ici, Laurent préfère mentir et ne pas mentionner Hélène. Souvent les femmes sont interdites ou du moins leur présence est mal vue. Enfin ils acceptent. Nous les entendons roder autour pendant un long moment, ils discutent et jouent avec leurs téléphones. C'est un peu dérangeant de sentir leur présence, si proche. Nous luttons pour retrouver Morphée. À peine 7h et les voilà de retour, ils tapent de plus belle sur la carrosserie comme pour nous signaler “debout, il faut partir”. Ce réveil un peu rude a pour seul mérite de nous imposer de prendre la route de bonne heure et éviter ainsi le trafic. Nous nous préparons à la hâte, remettons tout en place et démarrons. Ils découvrent Hélène mais ne font aucune remarque, l'un d'eux lui adresse même un “Good morning Madame”. Nous n'avons qu'une carte peu détaillée, plus de GPS, plus de boussole, seule la position du soleil nous permet de nous diriger vers l'Ouest. Nous |
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demandons notre direction, souvent sans grand succès. Le problème avec les indiens est qu'ils ne sont pas de nature contrariante si bien qu'ils préfèrent vous inventer une direction plutôt que de vous avouer qu'ils ne savent pas. Nous roulons à travers les campagnes, rencontrant de plus en plus de charrettes, tirées par des boeufs, des chevaux, des ânes et bientôt des dromadaires. Sur les routes, il y a toujours de nombreuses vaches et beaucoup de chiens, vivants ou morts. Dans les champs, nous discernons des têtes, |
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| les cueilleurs de cotons. Plus loin, des femmes battent le foins. Elles le rassemblent en petit tas qu'elles transportent ensuite entourer d'un pagne sur leur tête. Il en est de même pour les fardeaux de bois. Curieusement, ce sont toujours les femmes qui exercent les travaux de force. Sur le bord des routes, nous les voyons transporter des bassines de terre ou des grosses pierres, toujours sur leur tête. Dans la région, ils fabriquent également des briques rouges qui sont rangées en monticule sur le bord des chemins. Non sans détour, nous arrivons enfin à destination, le parc national de Velavadar. |

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Même à quelques kilomètres du parc, les gens ne connaissent pas son existence. Arrivés à un croisement, un vieil homme nous fait signe d'aller à droite. C'est ainsi que nous nous retrouvons au Blackbuck Lodge. Nous comprenons vite que l'entrée du parc est plus loin mais cet endroit semble parfait pour ce que nous recherchons vainement, un peu de tranquillité. Il y a un étang au milieu d'une grande étendue d'herbe sèche. Plusieurs maisons sont éparpillées à travers le terrain, des cottages. Nous rencontrons le propriétaire, un homme charmant qui parle parfaitement anglais. Nous lui demandons si il est possible de se garer dans son établissement moyennant des repas que nous prendrons dans leur restaurant. Nous souhaitons également utiliser leur service de laverie. Il est d'accord et nous propose dors et déjà de nous sustenter, nous acceptons. Très vite nous sommes informés des tarifs, 300 roupies par personne pour le déjeuner et 400 pour le diner, soit 4 fois plus cher que ce que nous avons l'habitude de dépenser. Nous avons déjà accepté le diner mais nous nous limiterons a un seul repas les jours suivants. Nous sommes prêts à payer ce prix pour profiter du calme des lieux. Trois jours se passent, nous faisons la connaissance d'un couple anglais passionné d'oiseaux. Ils ont vécu leur part d'aventure il y a de cela trente ans. Notre hôte est agréable et nous prenons plaisir à converser avec lui. Après trois nuits reposantes, nous décidons enfin d'aller passer la journée dans le parc pour admirer les différents animaux et oiseaux dont nous entendons tant parler depuis notre arrivée. La particularité de ce parc est le blackbuck ou antilope cervicapre, qui se nourrit presque exclusivement de cette herbe haute et épineuse qui recouvre la zone. Au moment de régler notre note, nous avons la |
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| mauvaise surprise d'y voir inclues 1000 roupies par nuit pour le parking, soit autant que l’hôtel le plus cher que nous n'ayons jamais payé en Inde! Nous expliquons à notre hôte le malentendu parce qu'il n'avait jamais mentionné ces frais. Nous pensions qu'il était entendu que nous obtenions notre droit de parking en consommant dans le restaurant. Un peu gêné sans doute, il consent à réduire considérablement la facture, passant de 3000 à 500 roupies. Nous payons et partons, non sans un brin de déception. Nous connaissions les tarifs exorbitants du parc mais avions tout de même envie de l'explorer. Seulement voilà, ils ne veulent pas nous laisser entrer sans guide, qui plus est nous devons payer chacun une entrée en plus du véhicule (ce qui n'est pas clair dans leur brochure), sans oublier le prix à payer pour y prendre des photos. Le montant total s’élève à 120 dollars! Même en Europe ou aux Etats-Unis, on ne vous demandera jamais une telle somme. Ils ne veulent rien savoir, nous sommes étrangers et ils sont bien décidés à nous soutirer le maximum d'argent (les indiens payent 10 à 20 fois moins cher). Même si nous consentions à dépenser cette somme, nous n'avons pas autant sur nous. L'idée d'y aller à pied avec un seul appareil nous a bien effleuré l'esprit mais nous n'avons pas les chaussures adéquates. Il est fortement conseillé de porter des chaussures fermées parce que ça grouille de serpents et les herbes sont rêches. Hors, vous vous en souvenez peut-être, nos chaussures ont été volées. Nous rêvions de cette visite depuis trois jours et voilà que tout tombe à l'eau. Extrêmement déçus, nous reprenons la route en direction de Palitana. |
De Velavadar à Diu: comment démêler ce noeud de sentiments? |
| Nous traversons plusieurs villages, il semblerait que les astres soient propices aux mariages en ce lundi parce que nous croisons plusieurs processions. La foule entourent les mariés assis sous une ombrelle dressée sur une planche de bois soulevée par des porteurs. Hommes et femmes sont souvent séparés bien que ensemble. À chaque musique sa danse, souvent accompagnée de gestuels ayant des significations que nous ne saisissons pas. Non Loin de Velavadar, nous nous arrêtons dans une petite épicerie pour acheter de l'eau minérale. Ils n'en vendent pas mais insistent pour nous offrir le thé. Nous pénétrons dans la courette où vit |
| cette famille accueillante. La mère nous apporte de l'eau filtrée, elle prépare le thé et nous invite à nous asseoir sur les deux seules chaises disponibles. Trois des enfants, qui ont largement atteint l'age adulte, parle un bon anglais et nous pouvons ainsi converser un moment. La fille de 17 ans est très belle. Elle aide sa mère à nous servir. On nous apporte également des choses à grignoter. Notre présence a quelque peu détourné l'attention portée à la célébration du mariage dans |
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cette petite bourgade. Des villageois de tout âge se précipitent dans la cour pour nous observer. La jeune fille nous fait remarquer que nous avons beaucoup de spectateurs. Nous lui sourions en répondant qu'en Inde nous sommes un peu comme des stars de cinema. Elle rigole mais très vite la famille semble agacée par cette intrusion dans leur intimité. Très vite, ils renvoient tout le monde et ferment la porte pour qu'ils ne restent pas agglutiner. Nous sommes heureux que des |
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| locaux partagent enfin avec nous ce sentiment pesant. C'est oppressant tous ces regards indiscrets qui ne nous quittent jamais. Ce moment de partage nous émeu et les déceptions du matin s'effacent peu à peu. Ils nous auraient bien gardés la journée et la nuit mais nous voulons reprendre la route. Nous les remercions pour leur hospitalité et ils nous accompagnent tous à la Roulotte. Presque tout le village est là, nous faisant signe en hurlant des “Goodbye!”. Il suffit de peu de chose pour contrebalancer les déceptions et les frustrations parfois ressenties... Nous n'avons jamais autant roulé que depuis que nous avons récupéré la Roulotte à Bombay! Le compteur tourne.
Arrivés à Palitana, nous sommes d'un coup immergés dans la foule. Commerçants et pèlerins se bousculent un peu partout. Il est quasiment impossible de s’arrêter pour faire quelques achats car il n'y a de place nulle part, à moins de bloquer la route. Quand enfin nous trouvons un emplacement, à peine avions nous ralenti que des dizaines d'hommes et d'enfants se précipitent, cherchant à voir à l'intérieur à tout prix, soulevant la bâche à vélo. Bref, c'est assez déroutant et pour ne rien vous cacher pas toujours très rassurant. Nous ne craignons pas pour nos vies bien sur mais nous n'avons pas envie de laisser notre Roulotte dans ce chaos. Ce qui nous est arrivé à Bombay nous aurait-il rendus un peu méfiant? Sans doute. Du coup, nous repartons rapidement. Aucunes indications. Nous demandons la direction des temples jaïn, en vain. Nous nous retrouvons dans un cul-de-sac, devant un grand temple que nous ne prenons pas la peine d'aller visiter parce que nous ne pouvons pas vraiment nous garer. Déjà des dizaines de personnes sont collées aux fenêtres pour nous réclamer de l'argent. Nous cherchons un hôtel avec un parking, sans succès. Nous sommes venus ici pour admirer la vue sur cette “mer de collines” aux 863 temples, décrite par tous les guides mais nous ne savons pas comment y accéder. La ville est plate, rien ne laisse supposer qu'un tel décor puisse se trouver proche. La seule possibilité semble être cette grande colline que nous apercevons au loin, derrière laquelle nous imaginons le paysage entrevu sur une photo. Malgré tous nos efforts nous ne parvenons pas à nous diriger vers elle. Nous traversons quatre fois le centre congestionné de la ville qui ne nous inspire rien de bon. Nous baissons les bras, un panneau (enfin!) indique Talaja qui se trouve sur la côte, nous nous éloignons en direction de la mer. L’après-midi est déjà bien avancée, nous aimerions bivouaquer dans la campagne. Il y a pas mal de chemins suffisamment larges pour la Roulotte. Nous faisons quelques essais peu probants. Aussi incroyable que cela puisse paraître, où que nous allions, même si il n'y absolument aucune trace de vie autour, il suffit que nous nous arrêtions pour que des gens se précipitent vers nous. Aucun répit. À un moment, nous hésitons, les quelques jeunes venus scruter semblent sympathiques. Nous descendons à leur rencontre mais aucun ne parle anglais. Nous marchons à travers champs, plusieurs d'entre eux nous suivent, d'autres passent des coups de fil sur leur portable et de plus en plus de monde se regroupe autour de la Roulotte. Nous apprécions toutes ces rencontres et ces échanges mais nous avons aussi un grand besoin d'intimité. Notre Roulotte n'est plus le refuge qu'elle était autrefois parce que les gens d'ici ne connaissent pas les limites auxquelles nous, occidentaux, sommes habitués. Si la porte est entrouverte, ils ne se gênent pas pour l'ouvrir et passer la tête, de même avec les lamelles de store qu'ils écartent sans scrupule pour voir à l'intérieur. Nous ne pouvons pas vivre enfermés, surtout qu'il fait chaud. Quand bien même nous nous “cachons” à l'intérieur, ils sont tout autour. Ce bruit, cette agitation, ces frôlements sur la taule, sont comme une intrusion. De déception en déception, de frustration en frustration, nous essayons de démêler ce noeud de sentiments mitigés. Les difficultés se succèdent sans que nous trouvions suffisamment de joies, de sourires et surtout de tranquillité pour équilibrer notre bien-être. Nous poursuivons la route jusqu'à ce que le soleil atteigne l'horizon. Nous décidons de nous arrêter dans une station service pour la nuit. |
Comme libérés d'un poids |
| Par chance, nous tombons sur une petite station peu fréquentée, un peu en retrait d'une route où il n'y a pas trop de passage. À peine sommes nous garés qu'il se met à pleuvoir. Par intermittence, les averses se font plus une moins violentes, ce pendant 36 heures environ. 36 heures que nous passons enfermés dans notre Roulotte, recevant de temps à autre la visite des clients intrigués par ce drôle de véhicule jaune et vert. Notre porte donne sur un haut mur de pierre |
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sur lequel des barbelées donnent l'impression d’être dans l'enceinte d'une prison. Derrière ce mur, nous distinguons plusieurs bâtisses abandonnées. Une atmosphère étrange se dégage des lieux. Parfois, un oiseau coloré ou un petit écureuil viennent égailler ce décor sombre, nous les observons depuis notre maisonnette. Nous |
| bouquinons et jouons au Go. La journée passe vite, |
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| nos amis de la station nous donnent de l'eau filtrée avec laquelle nous cuisinons. Nous faisons les fonds de placards, un sachet de purée en flocons de Bosnie, une boite de thon de Grèce, un paquet de pâtes et une sauce tomate de Jordanie. Au matin, quelques rayons lumineux percent enfin les gros nuages. Comme si la pluie avait lavé les |
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taches de suspicions qui s'étaient incrustées sur nos peaux depuis l'incident de Bombay. Comme si l'hospitalité simple et sincère de ces deux hommes de la station service avait su effacer toutes les déceptions des jours précédents. Comme si les sourires échangés en chemin nous redonnaient enfin le goût des rencontres que nous avions plutôt cherchées à éviter ces derniers temps. Le ciel est encore tacheté de nébuleuses mais le bleu jaillit et la brise fait peu à peu disparaître les nuances |
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| grisées qui n'arrangeaient rien à notre état de désolation. Ce matin là, nous ne serions trop dire pourquoi, nous repartions le coeur léger. |
Diu Première Partie: la quiétude enfin trouvée |
| Nous ne sommes qu'à 80km de notre prochaine destination. Nous partons vers |
| 11h, pensant mettre moins de deux heures pour atteindre Diu, petite île qui a longtemps appartenu aux portugais. La route est tellement mauvaise qu'il nous aura fallu presque six heures pour y arriver! Sur 60 kilomètres environ, c'est une succession de bosses et de creux complètement souillés par les pluies torrentielles de la veille. Nous avions lavé la Roulotte mais elle est vite recouverte de boue. Avec une moyenne de 10km/h, nous avons largement le temps d'admirer |
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les paysages. Tout ce vert nous apaise. Nous apercevons de nombreux oiseaux dont les couleurs jaillissent telles des étincelles. Le ciel est en perpétuel mouvement. Nous traversons des villages dans lesquels paysans et artisans sont à l'oeuvre. Ça et là des petits temples très colorés viennent égailler les groupes d'habitations souvent sommaires, faites de bambous et de de feuilles de palmes séchées lorsqu'elles n'ont pas encore été remplacées par des murs en béton.
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| Nous arrivons enfin à Una que nous traversons pour rejoindre Diu. Nous sommes immédiatement surpris par le calme qui règne dans cette petite ville. Nous nous rendons au fort que nous prenons le temps d'arpenter sous un crépuscule naissant. Nous entendons un groupe de touristes qui parlent français. Nous suivons ensuite les panneaux indiquant Nagoa Beach. Cette plage de sable est plus animée que nous le supposions. Nous la longeons jusqu'à ce qu'un jeune nous demande 50 roupies de parking, |
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| pour se garer sous les palmiers. Nous ne sommes pas sûrs que ce soit l'endroit idéal pour dormir mais le soleil se couche et il va bien falloir se poser quelque part. La piste sablonneuse se poursuit, nous décidons d'aller voir plus loin. Nous sommes arrêtés par deux occidentaux, deux français dont un d'origine indienne qui est né à Madagascar. C'est comme ça que nous rencontrons Claude, un jeune retraité parisien qui voyage depuis plus de trente ans en Inde et dans toute l'Asie qu'il connait très bien. Il a reconnu la plaque d'immatriculation et commence à nous questionner. Quelques minutes plus tard, une femme accompagnée de deux enfants sur un scooter s’arrête à son tour, également des français... à croire qu'il y a une petite colonie française par ici! Nous sommes d'autant plus surpris que ça fait plusieurs semaines que nous n'avons pas rencontré d'occidentaux. Anne se |
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présente et nous indique l’hôtel où ils sont installés. Elle précise que c'est reculé, paisible et qu'il y a de la place pour se garer. Nous terminons la conversation avec Claude que nous retrouverons plusieurs fois dans les jours qui suivirent. Puis nous nous rendons à l’hôtel Palms pour faire connaissance avec Anne, son mari Éric et leurs trois enfants, Gaspard, Felix et Malo. L’hôtel accepte que nous nous garons pour 100 roupies la nuit, avec accès aux toilettes et à un point d'eau. |
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| Le Palms est en face d'une petite plage semi-privée, nichée dans une baie entourée d'herbe que broutent des dizaines de vaches et de chèvres. Nous ne pouvions pas espérer mieux, l'endroit est parfait pour se reposer. Nous sympathisons rapidement avec la famille Bentolila, eux sont en Inde pour quatre mois. Au fil des jours nous nous découvrons. Du coup, c'est un peu comme si nous avions des voisins. Nous nous rendons service, échangeons des conseils, s'empruntant et se prêtant diverses choses comme des livres, des |
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cartes routières ou des jeux. Les occasions ne manquent pas de nous retrouver autour d'un verre pour discuter. Un jour, nous apprenons que c'est l'anniversaire de Anne. Nous décidons d'aller acheter de quoi faire des crêpes au nutella (elle est un peu bretonne), les enfants sont ravis. Gaspard, l'ainé, a préparé une interview filmée pour parler de nous dans leur blog. Il travaille ensuite sur le montage avec Laurent. Anne et Éric sont tous les deux instits, ils ont longtemps vécu à Paris avant |
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| de s'installer à Grenoble. Ils ont également habité deux ans à Alexandrie en Egypte, avec leurs enfants. Anne a aussi enseigné au Maroc et au Rwanda. En un mot, des gens intéressants et ouverts avec qui nous prenons plaisir à dialoguer. Passer du temps avec eux nous ramène un peu au monde que nous avons quitté mais qui est toujours en nous, la société française. Avant de venir à Diu, ils ont passé plusieurs semaines à Dehradun pour travailler, en famille, sur un projet |
associatif de soutien scolaire aux enfants défavorisés d'un bidonville. C'est la première fois que nous rencontrons une famille. Nous aimerions bien poursuivre l'aventure avec des enfants, dans quelques années. Gaspard, Felix et Malo semblent s’être bien adaptés à ce nouveau rythme de vie. Ils font l'école tous les matins, avec vue sur la mer d'Oman. Ils écrivent eux mêmes les articles du blog. Vivre ce genre de périple en famille est quelque chose que nous espérons expérimenter, un jour...
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| Claude passe nous voir de temps en temps, il nous raconte des tas d'histoires. Nous examinons les cartes avec lui parce qu'il est bien informé des différentes liaisons maritimes autour de la Malaisie, l'Indonésie et tous ces archipels du Pacifique que nous aimerions tant découvrir, si la Roulotte réussit à se frayer un chemin. Nous faisons également la connaissance d'un couple de quarantenaires |
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new-yorkais avec qui nous passons quelques agréables moments, dont une soirée dans le resto le plus chic de Nagoa, où nous nous sommes régalés! Alanna et Oded ont laissé leur gigantesque appartement et leur vie mondaine pour voyager. À 46 ans, ils ne veulent plus travailler, ils veulent sortir de ce consumérisme auquel ils ont tant participé. Oded est d'origine israélienne, il est arrivé à New york à l'âge de 23 ans. Contrairement à certains de ses compatriotes, |
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| il adorerait visiter le Liban et la Syrie. Il est extrêmement curieux et pose toujours plein de questions. Alanna a une mère cubaine et un père anglais mais elle est née au Canada qu'elle a quitté à l'age de 5 ans, elle a la nationalité américaine. Avant d'attérir à Dehli, ils sont allés quelques jours à Paris. Le choc a été assez brutal, elle n'était jamais allée dans un pays dit “en voie de développement” ou la misère est présente partout. Cela fait trois mois qu'ils sont partis et ils ne savent pas pour combien de temps. Ils ont une vie bien différente de la notre, nous sommes désireux d'entendre leurs parcours et de connaître leurs perceptions. Nous repensons à toutes les rencontres déjà faites depuis le début de notre nomadisme. Nous croisons soit des jeunes de vingt ans qui baroudent après leurs études avant d'entrer dans la vie active, soit des gens de plus de quarante ans ou des retraités qui décident de prendre enfin le temps de vivre, mais rarement des trentenaires. |

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Pour moins de trois euros par jour, nous louons un scooter qui nous permet de nous balader à notre guise dans les environs. Chaque jour est l'occasion d'une petite virée. Souvent nous allons à Diu pour nous réapprovisionner, ou encore nous faire tailler des vêtements sur mesure dans des tissus achetés ici pour |
| trois francs six sous. Nous nous arrêtons souvent sur les plages de l'ile pour regarder la mer et nous laisser bercer par son ressac. Parfois nous |
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| passons par Gangaswar où nous visitons le temple et marchons autour des tours du silence, vous vous souvenez de l'histoire des parsis et de leur rite funéraire. Deux fois, nous sommes allés |
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scruter l'activité de Vanakbara, port de pêche assez important qui fournit une partie de l'Inde en poissons. Des gros blocs de glaces sont acheminés sur camions où rickshaw. La glace est pilée avant que le bateau parte en mer. Les pêcheurs aiment se faire prendre en photo et surtout leurs enfants qui se mettent volontairement devant l'objectif pour être pris. Leur plus grand plaisir est de voir la photo sur l'écran ensuite. Les embarcations sont de taille moyenne, en bois peint de plusieurs couleurs, comme au Sri |
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| Lanka. Il y a toujours des tas de drapeaux sur les mats et des colliers de fleurs donnés en offrande et laissés sur la proue. Nous parcourons également Goghla. C'est dommage qu'il y ait tant de détritus partout. Goghla est habitée par des vaches, des chèvres, des cochons, des canards et toutes sortes d'animaux qui se pressent sur la plage et autour des habitations, se nourrissant principalement d'ordures. Nous voyons encore plein de femmes habillées de leurs beaux saris colorés. Sur leur tête, elles portent |
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| de l'eau, du bois, du linge et des gros cailloux. Elles lavent les vêtements en les tapant sur une pierre avec une force impressionnante. Elles tissent, cuisinent et font toutes leurs taches quotidiennes à la vue de tous. Nous goutons quelques |
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| plats locaux. Laurent se fait même plaisir avec un homard pour 12 euros. Il faut dire que ce jour là nous avions quelque chose à célébrer car nous avons reçu le 2ème prix d'un concours “carnet de voyage”. Notre abonnement pour la clé 3G arrive à terme et nous avons beau faire tout notre possible pour le renouveler depuis Diu, il n'y a rien à faire. |
Escapade à Junagadh |
L'abonnement nous permettant d'avoir internet dans la Roulotte est terminé. Le vendeur de Bombay nous avait affirmé que nous pouvions le renouveler en ligne mais que nenni! De plus, l'Inde est un pays fédéral et chaque état a ses propres règles. Bien que ce soit la même compagnie, les abonnements proposés dans l'état du Maharashtra (Bombay) ne sont pas les mêmes que ceux disponibles dans le Gujarat où nous sommes actuellement. La solution la plus simple aurait été de changer carrément de type d'abonnement mais nous tenons à garder notre plan illimité. Après plusieurs coups de téléphone aux différents services-client, on nous suggère de nous rendre directement dans une boutique Vodaphone. Or la plus proche se trouve à 200 km, à Junagadh. La Roulotte est bien installée et nous n'avons pas l'intention de plier campement si rapidement. Nous décidons donc d'une petite escapade en bus qui sera l'occasion de découvrir ce haut lieu de pèlerinage hindou. Nous ne pensions pas nous y rendre en Roulotte car cela impliquait un grand détour, et vu l'état des routes, 200 km peuvent sembler une éternité! Nous sommes médisants parce que le bus n'a mis que cinq heures et nous n'avons été secoués que sur 60 km environ, le reste était convenable. Nous avons raté le bus de 7h à deux minutes près. Il a donc fallu attendre pour nous rendre à Una puis changer de bus, si bien que nous sommes arrivés plus tard que prévu mais comme le temps n'est plus un soucis pour nous... À peine débarqués à Junagadh, nous cherchons le magasin. En moins d'une demi-heure nous sommes dans la file d'attente. Pour faire court, il a fallu y retourner plus tard, puis encore le lendemain matin. Ça a pris des heures et nous avons bien cru ne jamais y arriver! Nous sommes maintenant rodés pour ce qui est des procédures indiennes et nous sommes armés de patience! Nous avons passé deux nuits dans cette charmante ville, nous voulions faire l'ascension du mont Girnar aux aurores comme le conseillent tous les gens du coin.
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Le premier jour nous n'avons rien fait de plus que de s'occuper de notre clé 3G et s'installer au Relief, un hôtel plutôt agréable et vraiment pas cher. Notre chambre colorée donne sur une courette derrière laquelle se trouve un minaret. Les chants du muezzin font remonter à la surface quelques doux souvenirs de nos mois passés au Moyen Orient. Le deuxième jour, nous poursuivons les démarches, puis nous allons au zoo. Nous préférons de loin voir les animaux en liberté mais |
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| le guide spécifiait que ce zoo valait la peine, surtout si nous n'avions pas l'intention de faire un safari au parc national de Sasan Gir. Or, vu le prix des safaris, nous serons bien obligés de nous contenter du zoo! Il était question d'une |
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| zone semi-ouverte dans laquelle on ne peut accéder qu'avec un véhicule. Le guide expliquait que les animaux y sont dans leur habitat naturel avec beaucoup d'espace. Mouais. Disons que les cages étaient plus grandes que dans l'autre partie du zoo mais ça n'avait vraiment rien de naturel à nos yeux et le spectacle nous a semblé plutôt désolant. Néanmoins, nous avons pu observer les fameux lions d'Asie, des léopards, des tigres, des crocodiles, des hippopotames, plusieurs sortes de daims, un ours blotti derrière ses barreaux, et de nombreux oiseaux qui chantent beaucoup moins lorsqu'ils sont privés de leur liberté. Nous quittons ensuite les groupes d'enfants surexcités pour nous rendre au fort. Nous |
| vagabondons dans son enceinte où l'on trouve quelques vestiges des siècles passés, comme un canon sur lequel nous remarquons des écritures arabes. Nous ne voulons pas payer pour visiter les grottes bouddhistes mais nous pénétrons gratuitement dans la mosquée Jama Masjid qui se dresse face au mont Girnar. Elle est complètement abandonnée. Plus tard, nous errons dans les rues commerçantes et animées. Les villes indiennes ne sont pas toujours adaptées pour la balade. Il n'y a pas de trottoirs, on marche souvent dans des |
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immondices indescriptibles (ordures et excréments) et on se prend toute la fumée des pots d'échappements mêlée à des nuages de poussière. Bon d'accord, ce n'est pas une description très attrayante mais à part ces détails sans grande importance, Junagadh est une bourgade sympa. Il y règne une ambiance tranquille. Nous allons jeter un coup d'œil au Mahabat Maqbada, un bel exemple d'architecture indo-islamique. C'est tout de |
| même dommage que cette impressionnante bâtisse ne soit pas entretenue et mise en |
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valeur, mais que voulez-vous? Nous européens, sommes tellement habitués à cette culture de préservation du patrimoine que l'on oublie parfois que cela coûte beaucoup d'argent et dans bien des pays, il va de soit que ça ne fait pas partie des priorités...
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| Au troisième jour, nous nous levons à 5h30 pour prendre un rickshaw et rejoindre le pied de cette colline sacrée. 10 000 marches à monter... et à redescendre ensuite! Oui parce que l'on s'imagine toujours que la montée est plus difficile. Certes elle requiert du souffle et une certaine force dans les jambes, mais la descente nous a paru bien plus pénible encore! Nous ne saurions vous dépeindre précisément le flux d'émotions qui nous a traversés tout au long de ces cinq ou six heures de marche. Ce n'est pas la dimension spirituelle des lieux qui a provoqué tant de bouleversements dans nos esprits, mais plutôt l'attitude des |
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nombreux pèlerins. En partant si tôt, nous pensions qu'il n'y aurait pas trop de monde, nous avions complètement occulté le fait que nous sommes dimanche. Et puis, quel que soit le jour, les hindous sont tellement friands de pèlerinages que ces lieux sont toujours très fréquentés. Ils étaient des milliers d'indiens au rendez-vous, même à 6h du mat! Nous n'avons pas rencontré un seul étranger. Les escaliers étaient parfois étroits et il fallait s'accommoder du rythme de |
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| chacun. Cela nous a rappelé l'ascension du Mont Sinaï en Égypte. Nous pouvions difficilement rester concentrés sur nos peines physiques parce que la plupart des gens nous fixaient d'un regard surpris, curieux ou clairement hébété. Certains voulaient absolument nous prendre en photo, avec ou sans notre accord. C'est à se demander ce qu'ils font de toutes ces photos d'occidentaux qu'ils prennent avec leur téléphone portable. Est-ce pour les montrer à leurs amis et prétendre à des histoires qui n'existent que dans leur imagination? Est-ce, comme le suggéraient Anne et Eric en plaisantant l'autre jour, pour mettre sur leur Facebook? Ou est-ce le même genre de motivation qui nous anime, lorsque nous aussi nous les prenons en photo (tenues vestimentaires, faciès et teintes de peau différents des nôtres, beauté de l'exotisme et curiosité)? Ils sont nombreux à nous adresser la parole avec les seuls mots anglais qu'ils connaissent “What country?” ou “What you name”. Le problème est qu'aucune conversation ne peut s'engager parce qu'ils ne parlent pas la langue. D'ailleurs ils ne prennent parfois même pas le temps d'écouter notre réponse. Ça les amuse de prononcer ces trois mots d'anglais. C'est comme un challenge et celui ou celle qui s'y colle reçoit les rires et commentaires de ses camarades. Vous reconnaitrez que lorsque l'on vous pose la même question toutes les dix secondes, c'est un peu agaçant à la longue. Nous n'y mettons pas de la mauvaise volonté, je vous assure. Le pire reste que tous ces groupes de jeunes qui ne peuvent s’empêcher de pouffer et ricaner en nous voyant. Nous savons bien qu'ils ne sont pas méchants et qu'il n'y a rien de mal dans cette attitude puérile mais il n’empêche que c'est irritant! Quelques gloussements et pouffements passent encore, mais imaginez-vous, multipliés par mille! Et puis, nous n'avons pas envie d’être pris en photo sans cesse, surtout avec des visages rouges, essoufflés et dégoulinant de sueur! Au risque de paraître intolérants, nous n'en pouvions plus! Plus nous prenions de l'altitude, plus nous étions excédés par ces regards et ces attitudes enfantines. Plus nous culpabilisions aussi de ressentir ces frustrations alors que nous recevions tant de sourires sincères. Il est difficile de retranscrire par des mots l'état émotionnel dans lequel nous étions plongés. C'était vraiment éprouvant. Au delà de l'agacement, nous nous demandions si nous ne nous laissions pas envahir, malgré nous, par des préjugés infondés qui trouvent une partie de leur origine dans les difficultés auxquelles nous faisons face depuis notre arrivée en Inde, du moins depuis que nous avons retrouvé notre Roulotte (à moitié vide et endommagée). Nous n'étions pas du tout dans le même état d'esprit lors des deux premières semaines, lorsque nous habitions à l’hôtel et que nous nous déplacions avec nos sac-à-dos. Nous pensions aisément surmonter tous les inconvénients que peut présenter la Roulotte dans le contexte indien mais ce n'est pas si simple. Il faut reconnaître que l'Inde n'est pas idéale en camping-car. Nous nous inquiétons, il faut nous ressaisir car l'Inde est peut-être le pays où nous allons passer le plus de temps! Qui plus est, c'est un pays fascinant et il serait vraiment regrettable de ne pas faire passer cette arrière-goût amer qui nous empêche d'apprécier pleinement toutes les incroyables saveurs qu'offre ce sous-continent. Oui parce que franchement, pays nous semble être un bien petit mot pour définir cette immensité et cette diversité. Contrairement à ce que certains croient, Laurent est bien plus positif que moi de nature. Mon optimisme n'a d'égal que mon besoin de voir les choses comme je voudrais qu'elles soient. C'est plutôt lui qui remonte le moral des troupes dans ce genre de situation. Peu avant que nous atteignions la |
| première plateforme, où se trouvent la majorité des temples, il se laisse porter par une belle rencontre. Il discute un long moment avec un jeune indien qui venait de passer deux mois en Angleterre et qui en était vraisemblablement revenu “bouleversé”. Disons qu'à son retour, il porte un regard nouveau sur son propre pays. Il confie à Laurent qu'en rentrant, il a été choqué par la saleté et le fait que les gens jettent leurs déchets n'importe où. Deux mois ont suffi à modifier sa perception de son |
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propre environnement, qu'il découvre sous une nouvelle lumière. C'est aussi ça le voyage. Comme le résume bien la citation de Lamartine qu'Helen a posté sur notre livre d'or: "Il n'y a d'homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie."
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| Voilà, Laurent a fait un premier pas. Nous nous efforçons d'ignorer un peu ce qui cause notre énervement. Nous poursuivons en essayant de jouer à nouveau le jeu des brefs échanges de paroles et de sourires. Je me laisse même prendre en photo par un groupe de jeunes. Les gens semblent contents de croiser nos regards, nous ne pouvons tout de même pas leur en vouloir. Plus haut, nous |
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faisons une pause, l'occasion d'une autre rencontre avec un jeune homme originaire d'ici mais qui vit depuis sept ans aux Etats-Unis. Il est venu seul et nous confie qu'il s'agit d'un voyage spirituel et très personnel, un retour aux sources de son enfance. Nous nous souhaitons mutuellement bonne chance et reprenons chacun nos chemins. Du haut du mont Girnar, presque sereinement, nous admirons les temples et la vue sur la plaine. Puis, nous redescendons pour récupérer nos affaires à l’hôtel avant 12h, heure du check out.
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| Conclusion de cette virée à Junagadh: cette épreuve, tant physique que mentale, nous a amené à réfléchir sur notre épopée indienne. Nous ne voulons pas nous refermer sur nous-même mais nous sommes humains et quand c'est trop... Pour ne rien vous cacher, nous sommes contents de rentrer à Diu. Il nous a fallu trois jours pour nous remettre de ce pèlerinage tant nos jambes ne sont plus habituées! Nous aurions sans doute évité quelques courbatures en nous laissant masser les mollets avec du baume ayurvedic, comme le proposaient des gens à l'entrée du chemin, mais nous avions un bus à prendre... |
Diu Deuxième Partie: petites habitudes, bon voisinage et des souris dans la Roulotte! |
| Vers 19h, un peu avant d'atteindre la gare routière, nous téléphonons à l'homme à qui nous avions loué un scooter la première semaine. Comme convenu, il est là à notre sortie du bus, avec le même scooter rouge. Si bien que nous l'enfourchons immédiatement pour parcourir la dizaine de kilomètres nous séparant de Nagoa où se trouve notre maisonnette. Nous nous arrêtons au Hoka pour diner, nous y avons déjà nos petites habitudes. C'est toujours plaisant de revenir dans un endroit qui nous est familier. Arrivés au Palms, nous entendons du bruit sur la terrasse, nos amis sont tous réunis autour d'un verre, Anne, Eric, Oded et Alanna. Nous allons les rejoindre un moment avant de nous écrouler de fatigue dans notre Roulotte. À peine couchés, nous entendons du bruit dans un placard. Mince, nous avions presque oublié cette histoire de souris! Ah oui, nous ne vous avions pas dit, depuis plusieurs jours, nous cohabitons avec ces petits rongeurs. La veille de notre départ à Junagadh, alors que nous venions tout juste de rentrer pour nous coucher (vers minuit), il y a eu une explosion derrière le frigo. Heureusement, Laurent a eu le réflexe d'éteindre le gaz, ce qui a étouffé la flamme. Nous avons vraiment eu peur! Il faut voir le bon côté des choses, au moins, c'est arrivé alors que nous étions là. Nous aurions pu retrouver notre Roulotte en cendre si ça c'était produit en notre absence! Nous avons ouvert la porte et toutes les fenêtres pour évacuer la fumée. Le temps de reprendre nos esprits et retrouver un rythme cardiaque normal puis nous avons déplacé le frigo |
| pour chercher la cause de cet incident. Nous avions vite compris en découvrant le trou dans le tuyau de gaz rongé. Aurions-nous à faire à des souris suicidaires ou incendiaires? Nous plaisantons mais nous avons pris conscience cette nuit là que la vie tient à bien peu de choses... Lors de notre séjour à Junagadh, nous avions bien entendu fermé le gaz. Nous avions également laissé du poison en espérant nous débarrasser de ces indésirables visiteuses mais elles sont si nombreuses... La flamme n'avait pas eu le temps de faire des dégâts, une simple tache noire derrière le frigo. Le lendemain de notre retour, nous partons donc à la recherche d'un |
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nouveau tuyau que nous ne remplacerons qu'une fois partis de Diu. Elles ont également grignoté deux serviettes de bains et un paquet de semoule. Mais surtout, elles laissent des crottes un peu partout et elles nous empêchent de dormir! Nous avons bouché quelques trous avec de la paille de verre, mis toutes nos réserves de nourriture à l'abri, nos affaires hors de portée et ajouté du poison. Deux jours plus tard, nous sommes enfin débarrassés.
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| Nous poursuivons notre vie paisible sur l'île de Diu. Nous nous y sentons bien et c'est agréable d'avoir une vie sociale. Nous partageons beaucoup de moments avec la famille Bentolila qui nous inspire l'envie d'un voyage en famille. Nous en parlons, peut-être écourterons nous cette aventure pour la reprendre dans quelques années avec des graines de baroudeurs... qui sait? Eux semblent inspirés par notre manière de voyager, avec un véhicule aménagé. Ils commencent déjà à faire des recherches pour acheter un camion. Tout ces projets alimentent pas mal nos discussions. Nous allons parfois diner avec Oded et Alanna. Et puis nous sommes parfois tous réunis. Une fois, nous nous sommes |
| tous retrouvés à l'église Saint Paul de Diu qui fêtait ses 400 ans. Anne et Eric avaient plus ou moins motivé les troupes. Finalement nous sommes tous arrivés en retard et avons passé la messe dehors à jacasser tandis que les chants s’élevaient derrière nous, dans une église remplie d'indiens vêtus de leurs plus beaux chemisiers satinés. Un autre jour, nous sommes tous partis en scooter pour manger des pizzas dans un resto qui se vente d'avoir les meilleures pizzas de Diu. Oui, sauf que ce jour-là il n'en faisait |
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| pas! Du coup, nous sommes allés au Dolce Vita, restaurant que nous fréquentons tous régulièrement et qui est connu de tous les occidentaux du coin (ils y servent entre autres, des crêpes au nutella!). Ce jour là, Gaspard, Felix et Malo avaient fabriqué des colliers avec des ficelles et, en guise de pendentifs, de jolies petits coquillages polis. Nous en avions tous reçus un en cadeau et nous le portions tous fièrement autour du cou. Si bien qu'on aurait cru appartenir à un clan! C'était assez amusant de se retrouver attablés avec tous nos amis du Palms dans un autre environnement. Nous avons passé une très bonne soirée. Les nuits commencent à être fraiches et ce soir-là particulièrement. Sur le chemin du retour (en scooter), peu avant d'arriver sur la plage de Nagoa, nous sommes tombés nez-à-nez avec toute une famille de daims, grands et majestueux. Il y en avait une quinzaine, ils broutaient paisiblement sur une étroite bande d'herbe, au bord de la mer, dans la pénombre des palmiers éclairés par la lune. Le spectacle était si étonnant que nous en avions presque oublié le froid qui nous étreignait.
Les journées restent ensoleillées mais il y a de plus en plus de vent. Nous ne comprenons rien au mouvement des marées sur cette île. La mer se retire à des heures complètement différentes d'un jour sur l'autre, et puis elle se retire de plus en plus loin, dévoilant son tapis rocailleux. Au grand étonnement de Gaspard, Felix et Malo qui se baignent tous les jours avec beaucoup d'enthousiasme, nous avons à peine mis nos pieds dans l'eau. Nous ne ressentons aucune envie de nous plonger dans ces eaux un peu trouble. La plage est belle et la présence de la mer d'Oman nous apaise, cela suffit à nous combler.
Samedi arrive. Anne, Eric, Gaspard, Félix et Malo s'en vont au petit matin. L’hôtel Palms paraît bien triste sans eux. Oded et Alanna partiront mercredi. Alanna est malade depuis plusieurs jours. Nous dinons au Radhika avec Oded, pour notre dernière soirée. Le lendemain, nous reprenons la route, nous ne voulons surtout pas être les derniers à partir. Mieux vaut rester sur le souvenir d'un séjour rendu très agréable par ces belles rencontres plutôt que d'attendre d’être las. Au matin, nous garons la Roulotte devant le Dolce Vita pour un dernier petit déj dans ce resto où nous sommes venus chaque jour depuis plus de deux semaines. Un homme entre dans le jardin où sont dressées les quelques tables. Il semble chercher quelque chose et mon instinct me dit qu'il veut s'adresser aux propriétaires du véhicule jaune et vert garé juste devant. Je me dirige vers lui. Bingo! C'est un policier habillé en civil, il nous montre sa plaque et veut voir nos papiers qui sont restés dans la Roulotte. Je vais les chercher pendant que Laurent commence à répondre à toutes ses questions. Nos plats arrivent, nous avalons nos oeufs assez rapidement. Entre deux bouchées, nous répondons à l'agent qui prend note de toutes nos coordonnées et de tous nos projets... Nous terminons en même temps que lui, le temps de régler la note et nous voilà à nouveau sur les routes. |
Ashram Hanumân |
| C'est Claude qui nous avait parlé de cet ashram. Bien évidemment le bout de papier sur lequel étaient inscrites toutes les précieuses informations pour s'y rendre est perdu. Nous savons que nous sommes tout près mais rien ne ressemble à la description dont nous nous souvenons. Nous cherchons désespérément les singes sur le toit. Impossible de se souvenir du nom pour demander à quelqu'un. C'était pourtant pas bien compliqué, l'indice était clair. Il |
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s'agit de l'ashram Hanumân. Hanumân est un personnage important de la mythologie hindoue. Vous l'aurez peut-être deviné, c'est un singe! C'est l'un des héros du Rāmāyana. À l'origine Hanumân était le gardien des propriétés et tout fondateur d'un nouveau village se devait d'ériger sa statue. Les singes hanumân (ou "grandes mâchoires") seraient ses descendants. Ils sont respectés et protégés par les populations hindoues, malgré les nombreux saccages qu'ils commettent. Après la vache et le serpent, ils sont les animaux les plus sacrés en Inde. Faute de pouvoir trouver à l'aide des quelques indications que nos mémoires ont bien voulu |
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| retenir, nous décidons de passer un coup de fil à Claude. Il ne répond pas. La nuit tombe, nous nous arrêtons dans un champ avant qu'il fasse complètement noir. Surtout que nous n'avons plus de feux arrières, tous deux ont disparu avec les soubresauts que nous imposent les routes indiennes. Notre pauvre Roulotte est mise à rude épreuve! Nous prenons un chemin en contre-bas de l'axe principal, dans l'idée de nous camoufler derrière un grand talus de terre, pensant que la pénombre et la campagne environnante nous offrirait la tranquillité pour la nuit... mais les indiens ne cesseront pas de nous surprendre! Nous roulons sur un champ d'épines, et déjà plusieurs torches se dirigent dans notre direction, nous sommes repérés! Munis de nos lampes frontales, nous déblayons toutes les branches épineuses. Nous sortons une pince pour extraire toutes-celles qui se sont enfoncées dans nos pneus que nous ne serions pas surpris de retrouver à plat le lendemain (il n'en fût rien)... Mince, quelle galère! Entre temps, Claude nous rappelle, nous donnant les pièces manquantes du puzzle. Un vieil homme nous éblouit avec sa torche puissante. Il est suivi d'un petit garçon. Tous deux sont déjà en train de mettre le nez dans la Roulotte. Le paysan hurle dans nos oreilles, des mots que nous ne comprenons pas. Nous ne saurions même pas distinguer s'il |
| parle Hindi ou Gujarati, probablement la seconde. Nous sommes furieux de nous être fourrés dans ce pétrin. On y voit plus rien. Malgré la nuit, nous décidons de retourner sur nos pas pour trouver cet ashram. Il est environ 19h lorsque nous pénétrons pour la première fois dans l'enceinte du ashram Hanumân, par une petite porte en bois elle-même découpée dans une grande porte. Il n'y a aucun bruit, nous avançons tout doucement pour découvrir une pièce où quelques personnes sont en pleine |
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méditation. Seule la lueur d'une bougie accompagne leur silence. Nous patientons. Sortis de leur recueillement, ils nous convient à nous joindre à eux pour le dîner. Dans une grande salle carrelée complètement vide, on installe des longs tapis sur lesquels nous nous asseyons en tailleur pour manger riz, légumes et chapatis (pain indien). La maitresse des lieux, Mataji, nous propose ensuite de garer la Roulotte dans l'immense jardin, derrière. Un homme nous montre le chemin.
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| Au matin, nous découvrons le ashram au grand jour. Commençons par esquisser le tableau de ce lieu paisible et de ce personnage qui nous a inspirés. Mataji veut dire “mère” en hindi, c'est ainsi que tout le monde l'appelle et nous ne connaissons pas son nom de baptême. Oui, parce qu'elle est issue d'une famille chrétienne française. D'ailleurs, l'une de ses peintures préférées est l'Angelus de Millet. Elle porte bien ce nom puisqu'elle agit effectivement comme une mère attentionnée. Elle nourrit, elle éduque, elle soigne et elle donne même du travail rémunéré à ceux qui en ont besoin. Mataji doit avoir la soixantaine bien qu'elle ne les fasse pas. Nous |
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| ne lui posons aucune question, ce qui ne nous empêche pas de murir quelques hypothèses à son sujet, l'esprit est ainsi fait. Cette femme nous intrigue. Dès les premiers échanges, elle nous inspire confiance, respect et sagesse. Elle est toujours très sollicitée. Au fil des jours, elle se rend disponible pour nous renseigner sur les bases de la philosophie indienne et nous raconter quelques brides de son parcours. Elle est arrivée en Inde il y a environ 38 ans et cela fait 35 ans qu'elle a fondé cet ashram. Au début, elle vivait dans une petite cahute, au milieu des villageois avec lesquels elle a choisi de partager peines et souffrances. Et puis un jour, les autorités locales lui ont proposé de construire en lui octroyant ce grand terrain. Elle a été témoin de l’évolution de la société indienne à travers ce petit village qu'elle n'a plus quitté. Elle s'est battue pour convaincre les paysans de ne pas troquer leurs récipients en bronze et en terre pour du plastique. Elle s'indigne devant l'utilisation d'engrais en achetant que des produits biologiques. Elle se révolte de voir une entreprise américaine distribuer gratuitement des graines de cotons transgéniques. La suite est prévisible. Ces semences permettent certes de produire plus mais elles ont le désavantage de n'offrir qu'une seule récolte si bien qu'il faut en racheter chaque année sans compter qu'elles affectent les sols. Une fois que les paysans seront habitués, ils deviendront dépendants et ils en achèteront, quitte à s'endetter lorsque les prix augmenteront. Mataji supporte difficilement de voir les téléphones portables et les télévisions envahirent les maisons alors que les gens vivent encore dans la pauvreté et l'insalubrité. Comme elle dit, les indiens n'imitent des occidentaux que les “mauvaises” choses. Elle prône l’éducation et l’école a été l'une de ses premières priorités. Au début, elle faisait l’école au ashram, à l'ombre des palmiers, puis un don très généreux lui a permis de construire une vrai école, situé de l'autre coté de la route. Autour de l’école que nous avons également visitée, il y a un immense potager bien garni. Elle regrette le temps où la route goudronnée n’était qu'un petit chemin de terre. Elle s'inquiète aussi de voir de plus en plus d'habitations. Récemment, elle s'est rangée aux côtés des villageois lorsqu'ils ont décidé d'une grève de la fin qui a duré presque 80 jours. Il s'agissait |
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de mettre fin à l'exploitation illégale de la pierre dans les carrières qui se sont formées tout autour du village. Jour et nuit depuis trois ans, le bruit des machines résonnent dans toutes les demeures. Mataji s'intéresse beaucoup au développement des énergies alternatives. Toutefois, elle trouve que l'emplacement des dizaines d'éoliennes plantées tout le long de la côte n'a pas été réfléchi. Ces éoliennes ont été installées sans prendre en considération la pollution sonore engendrée.
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| Le principe du ashram est assez similaire à celui du monastère. Il s'agit d'un ermitage religieux. N'importe qui peut s'y présenter et décider d'y rester un moment. La règle est de partager les taches de la communauté, dès le premier jour ou après trois jours comme c'est le cas ici. C'est ainsi que chacun apporte sa petite pierre à l'édifice. Petit à petit, ce grand terrain se transforme, les jardins s'embellissent et de nouvelles bâtisses permettent d’accueillir plus de gens. Le coeur du ashram se situe près de l'entrée principale, sur une grande esplanade faite de terre et de bouses séchées. C'est là que Mataji s’assoit pour enseigner la philosophie hindoue, pour discuter avec les villageois afin de résoudre les problèmes, ou encore pour consulter les blessés et les malades. Chaque jour en fin de matinée, les enfants de l’école viennent s'installer pour exercer la |
| méditation et les Aum (ou Om). Mataji corrige leur posture. Elle les interroge également en anglais et les récompense avec des biscuits ou autres sucreries. En fin d'après-midi, les villageois viennent s'asseoir face à elle, hommes d'un coté, femmes de l'autre. Chacun attend patiemment son tour pour une consultation. Mataji n'a aucune formation médicale, elle a appris sur le tas. Elle a quelques médicaments, de quoi désinfecter les plaies mais surtout elle prescrit (et fournit |
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| gratuitement) des plantes médicinales, des pilules homéopathiques et des crèmes. Un jour, elle nous a demandé de regarder une blessure et nous avons été obligés de détourner le regard. Elle ne pouvait pas compter sur nous pour l'aider dans ce domaine. Elle fait aussi beaucoup de prévention en conseillant une hygiène de vie et certaines précautions qui nous semblent tellement évidentes à nous mais qui ne le sont absolument pas pour la majorité des indiens. Il y a pourtant dans l'hindouisme une grande conscience du bien-être et le corps est au centre de nombreuses pratiques tel que le yoga, la connaissance des centres d’énergie, les traitements ayurvedic, etc. Tout autour de cette esplanade centrale, il y a des bâtiments recouverts de mosaïque en faïence, avec des arcs formant des sortes de patios. Nous sommes à quelques mètres de la mer. L'air iodé et les périodes de moussons ravagent les murs. Chaque année, il fallait repeindre. C'est pour cela que Mataji récupère de la faïence gratuitement pour tout recouvrir, petit à petit. En plus d’être pratiques et peu onéreux, ces assemblages sont esthétiquement jolis. L'un des cotés de l'esplanade plus ou moins rectangulaire, est planté d'arbres. Il y a des plantes médicinales, plusieurs espaces aménagés pour la |
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méditation avec des sortes de petits sanctuaires honorant tel ou tel personnage important, comme Shiva. Mataji aime les vieilles pierres et on lui en rapporte régulièrement. On trouve donc toutes sortes de pierres sculptées à travers ce somptueux jardin. D'ailleurs, l'ashram a été construit sur un ancien village enfouie. Et puis, le ressac de la mer ramène parfois des vestiges de temples anciens. On se promène dans des allées étroites et bien entretenues pour découvrir tous ces petits détails |
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| qui font le charme des lieux. C'est un endroit extrêmement agréable et paisible. Plus loin, se trouvent d'autres bâtiments, des chambres pour les membres de la communauté, majoritairement des sādhus. “Le sādhu est celui qui a renoncé à la société pour se consacrer au but ultime de toute vie, selon l'hindouisme, qui est la moksha, la libération de l'illusion (māyā), l'arrêt du cycle des renaissances et la dissolution dans le divin, la fusion avec la conscience cosmique.” En tant que |
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| renonçants, ils coupent tout lien avec leur famille, ne possèdent rien, s'habillent d'un longhi (sorte de drap qu'il s'enroule autour du corps) de couleur orange pour les shivaistes. Ils n'ont pas de toit et passent leur vie à se déplacer sur les routes de l'Inde et du Népal, se nourrissant des dons des dévots. Certains se posent pour plusieurs années, voir tout une vie, comme c'est le cas d'un homme qui est au côté de Mataji depuis plus de trente ans. En 35 ans, Mataji en a vu défiler des sādhus mais elle reste lucide. Au-delà de la recherche spirituelle, les raisons qui poussent à choisir la vie de sādhu peuvent être diverses. Il peut s'agir de fuir sa caste, d'échapper à une situation familiale pénible, à une situation économique calamiteuse, mais aussi pour une femme à l'infamie du veuvage. Il n'y avait que des hommes lors de notre visite.
L'immense jardin est entouré d'un mur qui sera prochainement rehaussé afin de protéger complétement les lieux des regards extérieurs et d’éventuels intrusions. Pendant 25 ans, Mataji est restée là, sans retourner en Europe. Depuis dix ans elle rentre en France chaque année. Elle en profite pour faire un tour en Angleterre. Elle est connue de la communauté hindoue londonienne. Dans l'une de nos nombreuses mais brèves conversations, elle a laissé entendre que la réputation grandissante du ashram l'avait conduite à s'exiler régulièrement, pour trouver la quiétude. Même après toutes ces années, elle reconnaît volontiers son besoin primordial d'intimité et de solitude. Elle nous conseille de poser nos limites avec les indiens. Elle-même prend ses repas seule, après tout le monde. Elle ne supporte plus d’être interrompue et de se sentir observée sans cesse. Elle nous est apparue très humble. Un jour, l'un des anciens du village, portant la tenue traditionnelle, regardait un album photo. Il s'agissait de l'enterrement du maitre spirituel de Mataji, un homme très important qui avait formé plus de 850 disciples. Elle fut élue par ces derniers pour reprendre le flambeau mais elle a refusé. Ça ne l'intéresse pas d’être au devant de la scène. Elle préfère la discrétion. D'ailleurs avant que nous partions, elle nous a demandé de ne pas lui faire de publicité, ou seulement auprès des gens qui nous semblent adaptés. Elle a reçu plusieurs étrangers qui ne se sont pas toujours montrés respectueux des us et coutumes. |
| Elle nous a également confié les déceptions qu'elle avait ressenties en retrouvant ses camarades soixante-huitards qui ont parfaitement oublié les idéaux qui les animaient à l’époque où elle les a quittés. Elle ne porte pas de jugement, elle s’étonne simplement que l'on puisse vivre si loin de principes pour lesquels on s'est tant battu. Ils ont sombré dans le confort matérialiste et consumériste. Elle est heureuse de voir les progrès en matière d'agriculture biologique et de conscience environnementale. Elle se souvient que dans sa jeunesse, ils arrivaient à obtenir une miche de pain par semaine qui était issue de l'agriculture biologique. Il fallait se déplacer loin mais beaucoup de ses camarades concédaient à cet effort. Aujourd'hui qu'ils peuvent en trouver partout, ils n'en achètent plus. La première fois que nous l'avons vue, nous aurions pu croire qu'il s'agissait d'une hippie restée en Inde depuis les années 70, comme on en croise de temps en temps. Elle porte des dreadlocks mais ça n'a rien d'un effet de mode à l'occidental! Parmi les sādhus et les sadhvis (hommes et femmes pratiquant l'ascèse), les dreadlocks sont sacrées. Elles sont “l'expression de leur négligence envers la vanité et la manifestation d'un acquis spirituel où les apparences physiques n'ont point d'importance”. En Inde, les dreadlocks sont généralement |
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réservées aux personnes de foi. Dans l'épisode où le dieu Shiva capture et contrôle le Gange (parce que ses descendants auraient provoqué un déluge dans le monde), il le fait avec ses locks! Au-delà des apparences, Mataji n'a rien d'une soixante-huitarde illuminée, elle a la tête bien sur les épaules. Elle tient un discours sur le monde qui est cohérent et humaniste. Elle ne considère pas l’hindouisme comme une religion mais comme une philosophie de vie, une vie qui se veut avant tout spirituel et non matériel. Pendant notre séjour, elle nous a donné accès à sa bibliothèque, ce qui nous a permis de nous documenter un peu. |
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| L’hindouisme trouve ses origines dans la civilisation de l'Indus. C'est l'une des plus vieilles religions encore pratiquée. Ses premières manifestations remontraient aux environs du IIIe millénaire avant Jésus-Christ. Il y aurait près d'un milliard de fidèles, ce qui en fait la troisième religion la plus répandue dans le monde, après le christianisme et l'islam. La particularité de l'hindouisme est de n'avoir ni prophètes ni dogmes centraux. Elle se présente plutôt comme un ensemble de concepts philosophiques. Cette religion a évolué au cours du temps en assimilant des croyances venues des nombreuses conquêtes et invasions qui se sont déroulées sur le sous-continent indien. Plus qu'une religion, l'hindouisme est un ensemble culturel de traditions, un mode de vie ou de pensée.
À l’exception du premier soir où nous sommes arrivés trop tard, nous avons participé à l'arti (probablement un mot hindi, nous ne savons pas trop comment l'écrire). Il y en a deux par jour, à l'aube et au coucher du soleil. Mataji nous a expliqué l'enchainement des différents rituels constituant cet office en stipulant qu'il s'agit de commencer par communier avec son environnement avant de se retrouver à l’intérieur de soi, progressivement. Cela vous paraît peut-être abstrait mais en lisant la description que nous allons tentée de vous faire, vous comprendrez peut-être ce qu'elle a voulu dire. Nous sommes avertis du début de l'arti par le son des cloches et des timbales qui résonnent jusqu'au fond du jardin où nous sommes installés. L'endroit a un coté mystique qui s'accentue à cette heure crépusculaire. Nous nous avançons pour rejoindre les sādhus et autres participants occasionnels. Nous nous tenons debout, face au petit temple Hanumân. De chaque côté se trouvent trois colonnes anciennes sculptées supportant une longue pierre horizontale sur laquelle sont fixées les cloches et les timbales. La grosse percussion qui orchestre le rythme est frappée d'une sorte de baguette souple. La lumière se tamise tout naturellement, le soleil se couche. Nous entendons les oiseaux, percevons le mouvement des feuillages et nous nous laissons envahir par cette sensation d'harmonie avec la nature. Le rythme s’accélère, le son des instruments est de plus en plus fort. Le feu éternel est alors déposé sur un petit poêle qui est déplacé, autour du temple puis dans les jardins, autour des différents petits sanctuaires aménagés. Dans la pénombre, nous pouvons suivre du regard la trace de fumée qui se glisse dans la nuit, conférant aux lieux toute son atmosphère magique. Les rythmes s’arrêtent et chacun de nous fait le tour du temple avant de venir s'agenouiller devant la flamme éternelle. Les cendres et l'eau sont des éléments de purification dans les rites hindous (surtout chez les shivaistes). Nous recevons dans le creux de la main une gorgée d'eau dont nous nous humectons les lèvres avant de nous asperger du reste. Nous pénétrons ensuite dans la salle de prière et méditation. Nous sommes tous assis en tailleur sur des tapis, autour d'une bougie. Les chants s’élèvent, nous nous laissons porter par ces voix, sublimes et harmonieuses. Au moment où j’écris ces lignes, la mélodie résonne encore dans ma tête. Nous ne comprenons pas les paroles mais nous reconnaissons les noms de certains personnages comme Shiva, Krishna et Rhama. Les chants sont suivis des Aum (ou Om) qui est le mantra universel par excellence (un mantra est une phrase sacrée). Mataji nous a expliqué qu'ils n’étaient pas vraiment un son mais plutôt une vibration. Om est un des symboles sacrés de l'hindouisme. “C'est le son primordial qui surgit du chaos avant la Création et il est la source de l'existence.” Il est associé aux mantras et à toute prière hindoue. Nous ne nous sommes pas essayés au Om mais nous pouvions sentir comme des vibrations dans la pièce. Mataji est capable de tenir le Om très longtemps, c'est impressionnant! L'arti se termine par un temps de méditation. Le silence est bien évidement de rigueur mais il n'a pas été évident pour les novices que nous sommes de faire abstraction des bruits extérieurs, si nombreux. Novices au sens “peu expérimentés” et certainement pas néophyte car, nous vous rassurons, nous ne sommes pas convertis! Les moteurs, les klaxons, les chiens, parfois des gens qui parlent, le gargouillis du ventre de Laurent qui m'a complètement déconcentrée le premier soir, le portable d'un visiteur qui était venu se joindre au groupe le deuxième soir, etc. Cet homme avait qui plus est gâché les chants et les Om avec son timbre vocal non maitrisé. Nous avons vraiment apprécié ces moments, bien que nous n'ayons jamais eu le courage de nous lever à 4h pour l'arti du matin. Nous sommes très reconnaissants à Mataji de nous avoir enseigné quelques bases et surtout d'avoir partagé sa pensée. Avant de partir, elle nous a donné des herbes médicinales contre le froid, un gros paquet. Elle ne voulait pas prendre le billet que nous tenions à laisser pour l'ashram, un don qui nous faisait sincèrement plaisir. Elle nous a remerciés, ce qui nous a un peu surpris. Il semblerait qu'elle est appréciée notre présence et le fait que nous nous soyons adaptés aux us et coutumes de cette charmante communauté sans jamais poser de questions ou agir irrespectueusement. Voilà une expérience que nous ne sommes pas prêts d'oublier. Ses dernières paroles ont été “...si vous avez un jour l'occasion de repasser, avec des enfants...” Une chose est sure c'est que si l'occasion se présente, avec ou sans enfants d'ailleurs, nous n'hésiterons pas. |
Dans les venelles animées de Dwarka |
| Pour rejoindre Dwarka, nous passons par Porbandar, ville natale de Ghandi. Nous ne nous arrêtons pas pour visiter sa maison. Il aurait fallu s'enfoncer dans un trafic dense et nous n'avons aucune envie de perdre des heures dans cette grande ville polluée qui, d'après Claude, n'a vraiment rien d'intéressant. À part justement la maison de Ghandi mais c'est somme toute très symbolique. Nous |
| faisons donc une brève pause, près d'une étendue d'eau sur laquelle se reflètent des maisons. Ç'était notre manière à nous de rendre hommage à ce personnage étonnant qui a voué sa vie à la non-violence, en luttant pacifiquement pour l'indépendance de l'Inde. Claude est vraiment super, il nous appelle régulièrement et nous donne plein de conseils. Ayant pris la même route que nous, il avait repéré des lieux où nous pouvons garer la Roulotte. Dommage qu'il ne suive pas |
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| exactement notre itinéraire parce que c'est très pratique! Dwarka est le dernier lieu commun que nous visiterons. Comme il nous l'a suggéré, nous sommes |
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installés dans le jardin de l’hôtel Toran, près du phare. Nous ne payons rien, nous avons de l'eau à volonté et nous pouvons nous sustenter dans leur restaurant qui propose un thali à volonté pour 35 roupies seulement, soit à peine plus de 50 centimes d'euro. Un thali est un repas indien dont la composition diffère d'une région à l'autre. Il s'agit d'un assortiment servis dans des petits récipients en métal généralement disposés sur un plateau rond. Au Toran, le thali se compose de |
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trois écuelles, dal (lentilles), légumes et soupe, le tout accompagné de riz et de rotis (pain indien). Il y a des variantes, lentilles noires ou jaunes, pomme de terre, choux-fleurs, petits pois, etc. C'est simple, c'est bon, c'est saint et c'est pas cher. Que demander de plus?
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| Nous sommes arrivés à Dwarka dans l'après-midi. Nous avons été immédiatement séduits par ce haut lieu de pèlerinage hindou. Le temple Dwarkanath est au coeur de cette bourgade qui s'apparente à un village. Les venelles qui l'entourent sont remplies de petites boutiques. S'y promener est très agréable. Entre 13h et 16h, tout le monde fait la sieste, les échoppes sont fermées et les ruelles abandonnées. L’afflux de pèlerins en fait un lieu idéal pour |
| observer les rituels et admirer ce festival permanent de couleurs, de senteurs et de joies. Chaque jour est sujet à diverses processions, mariages et autres occasions, qui donnent lieu à des danses, des chants, des costumes magnifiques, des couronnes de fleurs, des encens parfumés, des saupoudrages colorés... Nous n'y échappons pas et il n'est pas rare de se retourver avec de la poudre rouge sur le front. Il y a toujours quelques animaux qui participent, ici il |
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s'agit souvent de dromadaires. Tout semblait parfait, nous étions décidés à passer quelques jours pour s'adonner à un passe-temps qui nous passionne de plus en plus, la photo. Le premier soir, nous faisons un petit tour pour repérer les lieux. Au matin, nous partons, équipés de notre appareil bridge, acheté il y a un an et dont nous commençons à peine à utiliser les nombreuses fonctionnalités. En pleine procession, alors que Laurent s'amusait à photographier un jeune qui |
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| lui-même nous photographiait, l'écran devint tout blanc... Après avoir tout essayé pour trouver la cause du problème et fait quelques recherches sur internet, nous comprenons que le capteur est cassé. Il revient plus cher de le remplacer que de racheter un nouvel appareil. Dommage, la garantie vient juste de se terminer, quelle poisse! Nous attendrons sans doute la Malaisie ou la Thaïlande pour racheter un appareil, il y aura plus de choix. En attendant, nous devrons nous contenter du seul |
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appareil qu'il nous reste (on s'en est fait voler un aussi), un très bon compact. Chagrinés par cette histoire, nous perdons un peu l'enthousiasme et préférons les longues promenades le long de la mer, là où les gens se réunissent pour admirer le coucher du soleil. Nous en oublions même la mission que nous nous étions fixés, celle de retrouver l'artiste qui a dessiné Mataji (photo de l'article précédent). Nous avons vu un de ses tableaux au ashram et nous aurions voulu le |
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| rencontrer. Un soir, nous sortons la carte routière, feuilletons le Lonely, discutons avec Claude au téléphone. Après mûre réflexion, nous choisissons de ne pas nous rendre dans la région du Kutch, près de la frontière pakistanaise. Nous aurions pourtant aimé découvrir Bhuj, les villages alentours, le désert de sel, les maisons traditionnelles ornées de petits dessins et les incroyables parures de bijoux que portent les femmes vêtues de tuniques cousues en patchwork avec des broderies. Mais nous nous sommes renseignés, le bus met plus de dix heures pour se rendre à Bhuj, soit deux jours en Roulotte et ça nous éloigne de notre destination prochaine. Notre visa se termine le 15 janvier, date à laquelle nous devons impérativement passer la frontière népalaise. Et puis, c'est bientôt Noël. La famille Bentolila sera à Pushkar, ils nous avaient proposé de les rejoindre si nous étions dans les parages. Nous avons encore tellement de route jusqu'au Nepal, il est vraiment temps de remonter vers le Nord. Nous décidons de rejoindre les Bentolila pour Noël, ça nous permet de nous fixer un objectif et nous serons contents de les revoir. Nous avons donc quatre jours pour parcourir plus de 1000 kilomètres. |
Quatre jours sur les routes pour rejoindre Pushkar |
| Le premier jour, nous prenons la direction de Jamnagar, puis de Rajkot. Nous passons la nuit à une vingtaine de kilomètres de cette dernière qui est la seconde ville de l'état du Gujarat. Un jeune couple en moto fait le plein d'essence puis se dirige vers nous. Ils sont heureux de rencontrer des étrangers et insistent pour que nous allions chez eux, à 25 km environ. Laurent a conduit toute la journée, le soleil est déjà couché, nous avons encore beaucoup de route demain, nous sommes |
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| déjà installés et nos papilles frétillent à l'idée de se faire des pâtes au fromage (ça nous changera du riz!). En un mot, nous ne sommes pas du tout motivés, d'autant plus que les échanges restent limités à cause de la langue. Le jeune homme est curieux, il veut connaître le prix de notre vieux Ford. 2500 euros représentent environ 150 000 roupies, soit minimum 3 ans de salaire pour bien des indiens... Nous avons presque honte de lui annoncer cette somme. Sa réaction était prévisible, yeux écarquillés, il s’exclame “wouah!”. Nous les remercions tout en refusant poliment leur invitation avant de leur dire au revoir. Au matin, nous repartons. Dans la banlieue de Rajkot, nous tombons sur un grand supermarché où nous nous arrêtons faire quelques provisions. Nous en profitons pour nous acheter chacun une paire de chaussures en toile car il commence à faire froid et nous n'avons plus que des sandales ouvertes. Nous suivons ensuite la direction d'Ahmedabad, capitale administrative du Gujarat. Le deuxième soir, nous trouvons une station service quelque part entre Ahmedabad et Udaipur, à environ 150km de cette dernière. |

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| Laurent: “Ce matin en écoutant les oiseaux, je me suis rappelé mon enfance. J'associai toujours le chant des oiseaux aux beaux jours qui revenaient après un rude hiver, aux floraisons printanières.” Ici, surtout depuis que nous sommes dans l'état du Gujarat, nous entendons toutes sortes de sifflotements et de piaillements à longueur de journée et parfois même à la nuit tombée. C'est pourtant l'hiver qui approche. Lorsque nous étions au parc national de Velavadar, on nous avait parlé des migrations. Au début de l'automne, beaucoup d'oiseaux migrent sur de longues distances, principalement depuis les zones tempérées, vers le sud. En plus des nombreuses espèces présentes dans le Nord de l'Inde, nous profitons du spectacle que nous offrent ces oiseaux migrateurs qui se déplacent souvent en chevron, haut dans le ciel. Nous ne nous lassons pas de les regarder voler et de les écouter chanter. Espérons qu'il y en aura tout autant dans le Rajasthan, car aujourd'hui, nous changeons d'état. Les paysages changent, nous voyons |
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apparaître des collines, des étendues plus vertes et moins sèches. Un panneau nous indique bientôt que nous entrons au Rajasthan. La conduite se faisant à gauche, Laurent a régulièrement besoin de mes yeux. Et puis, vu les conditions, on est pas trop de deux! J'avoue m’être cramponnée au siège! Ne vous méprenez pas, j'ai entièrement confiance en Laurent. Il ne prend jamais de risques inutiles. Il reste vigilant et concentré. Non, ce sont les autres qui me font peur, tellement stupides, |
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téméraires voir complètement inconscients. Les dangers sont partout! Les gens doublent n'importe quand et n'importe comment. En plein virage, avant une intersection, à droite, à gauche, en même temps que d'autres usagers. Rien ne les arrêtent, ils foncent même si quelqu'un arrive en face, c'est aberrant. Aucune règle, aucune discipline, une complète insouciance ou inconscience. Tout le monde déboule sur les routes sans regarder, sans se soucier de la vitesse et des distances. Lorsque le soleil se couche, nous ne sommes plus qu'à une cinquantaine de kilomètres d'Ajmer et vous l'aurez peut-être deviné, nous passons la nuit dans une station service! C'est pas génial mais ça a le mérite de simplifier les choses. Nous ne nous écartons pas de l'itinéraire, on y trouve de l'eau et on arrive généralement à cacher la Roulotte derrière un gros camion, ce qui évite de provoquer des attroupements!
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| Quatre jours sur les routes nous donne l'occasion de vous parler un peu plus de la conduite indienne. D'abord il y a les usagers, majoritairement des camions et des deux ou trois roues, pas mal de bus et quelques voitures particulières mais très peu comparées au reste, ou alors des 4x4 servant de taxi collectif dans lesquels ils s'entassent à 20 ou plus. Dans ces contrées agricoles, il y a souvent des tracteurs ou des charrettes tirées pas des boeufs ou des dromadaires. Il y a des hommes à vélo et surtout des |
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| femmes à pied, marchant avec leurs gros fardeaux sur la tête. Quasiment tous les véhicules, quels qu'ils soient et quoi qu'ils transportent (marchandises ou personnes), sont surchargés. Nous apercevons au loin un énorme tas. Nous nous rapprochons pour découvrir des cargaisons de cotons, de paille, de pierres, de briques, de bois ou encore de gens! C'est incroyable, il y en a toujours bien plus que ce que vous pourriez imaginer en mettre! Sur les routes indiennes, il faut également composer avec la gente animale. Vaches, buffles, chèvres, moutons, cochons, chiens et dromadaires (dans le Nord-Ouest), peuvent surgirent à tout bout de champs! Le plus surprenant reste les vaches, à croire qu'elles sont parfaitement conscientes de leur statut sacré et qu'elles se sentent invincibles. Elles avancent nonchalamment, elles se dandinent en plein milieu de la chaussée sans aucune réaction aux vacarmes des klaxons et des crissements de pneus qu'elles provoquent. En ce qui concerne l'état des routes, les grands axes sont convenables mais on est souvent obligé d'en sortir et puis surtout, il y a beaucoup de travaux sur ces pseudo-autoroutes que nous avons empruntées. Nous avons passé plusieurs péages dont certains où nous n'avons pas payé parce qu'une simple poignée de main semblait les contenter, heureux de découvrir des étrangers dans ce drôle de véhicule. Plusieurs fois, on a voulu nous faire payer le prix des camions et une fois on nous a carrément demander des dollars, genre pour le plaisir de distribuer de l'argent. Les travaux donnent lieu à toute sortes d'illogismes, par exemple des déviations ridicules et dangereuses qui sont rarement signalées. Ce qui nous amène à un autre détail important, la signalétique est quasi inexistante. Autre curiosité du réseau routier indien, les autoroutes sont parfois entrecoupés de ronds-points et elles traversent régulièrement des villages ou peut-être que se sont les villages qui se sont construits autour, qui sait? En tout cas, la vitesse moyenne est bien inférieure à ce que nous connaissons en Europe, et pour cause, il y a toujours des tas de raison de ralentir, voir même de s’arrêter. Il y a tellement de vitesses différentes selon les usagers qu'il est presque impossible d’espérer dépasser les 50 ou 60km/h, même sur une bonne route. Certaines routes sont couvertes de nids de poule. Parfois il y en a tellement que Laurent ne sait plus par où prendre la route pour les éviter. Quand ce ne sont pas les nids de poules, les soubresauts peuvent provenir des dos d’âne, ça aussi ils aiment bien les indiens! Leur spécialité est le triple dos d’âne pour une sensation trois fois plus forte! Ah ça, la Roulotte est mise à rude épreuve. En quatre jours sur les routes, nous avons vu une bonne vingtaine de chiens écrasés, une quinzaine d'accidents, une quarantaine de dromadaires, plusieurs dizaines de chèvres et de moutons et bien entendu des centaines de vaches et des milliers d'indiens! Nous avons également respiré des tonnes de poussières et de CO2. |
Noël et jour de l'an à Pushkar |
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Par chance, nous rencontrons Shuto en entrant dans Pushkar. Il est en moto et nous propose de le suivre pour jeter un oeil à son jardin où nous pourrions nous garer pour 100 roupies la nuit, avec eau et électricité disponibles. Nous prenons un chemin de terre qui traverse des champs et arrivons dans sa ferme qui nous apparaît comme un petit coin de paradis, exactement le genre d'endroit que nous cherchions! Il nous présente sa tribu. Il vit ici avec sa femme, ses trois enfants et l'un de ses frères qui parle un peu |
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| français. Ses parents sont régulièrement dans les parages. Dès le premier jour, nous nous sentons bien au milieu de cette adorable famille. Il y a six vaches, quatre chiens et trois chiots. Tous ont des noms mais nous avons du mal à les retenir... Peu après notre installation, nous téléphonons à la famille Bentolila pour leur annoncer notre arrivée. Nous avons encore un peu de bricolage à faire. L'un de nos hôtes vient nous donner un coup de main avec sa scie. Nous allons ensuite faire un tour en ville pour prendre nos marques. La légende raconte que les dieux lâchèrent un cygne avec un lotus dans le bec. Il devait laisser tomber ce lotus à l'endroit où Brahma devait procéder à un yagna (rituel hindou). Vous l'aurez deviné, c'est à Pushkar qu'il fit tomber ce lotus et c'est pour cela que Pushkar est un important lieu de pèlerinage. La ville est également connue pour sa foire aux chameaux qui a lieu en Novembre. Très rapidement, nous découvrons qu'il s'agit aussi d'un important lieu de pèlerinage hippie! Comme dit Laurent en plaisantant “la mode est aux cheveux longs par ici!”. Remarquez, avec notre Roulotte colorée, nous nous intégrons bien dans le décor. Il y a le lac sacré, quelques temples et |
| une interminable rue commerçante bordée d’échoppes vendant des vêtements, majoritairement de style hippie. Aux tailleurs se mêlent des restaurateurs, des épiciers, des artisans comme celui qui sculpte le bois pour faire des tampons ou ceux qui travaillent le cuir (peau de dromadaire essentiellement), il y a aussi des vendeurs de cartes postales et de souvenirs, des libraires et quelques artistes dont les petites galeries proposent de nombreuses peintures sur soie. Flâner dans cette rue en regardant tout ce que l'on y propose est l'une |
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des principales activités à Pushkar! (du moins pour les non-hindous que nous sommes)
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Le premier soir, nous dinons à la ferme, installés dans ce qui s'apparente à une étable, faite de bois, de feuillages séchés et de bâches en plastique. Nous sommes auprès d'un feu, entourés des vaches. La grand-mère est assise avec les deux plus jeunes. La mère est en train de cuire les chapatis au fur et à mesure que nous les mangeons. Le menu est simple, des légumes en sauce et du pain (chapatis). L'atmosphère est chaleureuse et tellement peu commune pour les |
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| citadins occidentaux que nous sommes. L'Inde a parfois des airs moyenâgeux, nous reconnaissons des descriptions littéraires datant du XIXème siècle, comme l'utilisation des bouses et des urines de vaches pour diverses choses, ou encore les outils agricoles comme les charrues tirées par les boeufs. Nous avons parfois l'impression de remonter le temps, un côté simple et rustique qui n'est pas pour nous déplaire. C'était Noël avant l'heure, on se serait cru dans la crèche!
Nous avons convenu avec Anne et Eric de dîner ensemble pour le réveillon, nous n'avons pas repéré de restaurant couvert, ce qui est un peu embêtant car les soirées sont fraiches. Nous nous donnons rendez-vous au Raju où nous nous étions retrouvés pour prendre un thé dans l’après-midi. La maman d'Anne les a rejoints et les enfants sont heureux d'avoir leur grand-mère. Pushkar étant un lieu sacré hindou, on y trouve ni alcool, ni viande, ni oeufs. Du coup, nous avons réveillonné avec du riz et des légumes, le tout arrosé de thé aux épices pour nous réchauffer. Nous ne nous plaignons pas, nous étions heureux de retrouver nos amis. Gaspard, Felix et Malo semblaient tout excités en nous tendant un paquet cadeau. Ils nous ont offert des foulards en coton que nous nous empressons de mettre, nous avons même dormi avec! Nous leur avions apporté un pot de Nutella et ils semblaient tout aussi ravis, ils l'ont d'ailleurs entamé pour le dessert, avec des chapatis. La soirée fut courte mais agréable. Il faisait froid et nous nous sommes un peu enrhumés. Les premiers jours, nous passons du temps avec les Bentolila, profitant de leur présence. Un jour, il nous propose de nous joindre à eux pour aller visiter Ajmer, ville située à une quinzaine de kilomètres, de l'autre coté de la colline. Finalement nous n'avons pas pu nous y rendre parce qu'il y avait des grèves et le gouvernement avait expressément demandé aux habitants de rester chez eux et de fermer leurs commerces, si bien que les rues étaient quasiment vides. Si nous avons bien compris, il s'agit d'une caste pauvre et peu éduquée qui revendique depuis des années son quota de postes gouvernementaux. Il y a trois ans, il y avait eu de graves affrontements, surtout à Agra. Les militaires étaient intervenus et il y avait eu une centaine de morts, d'où les nombreuses précautions prises cette fois-ci. Tant pis, nous nous retrouvons pour déjeuner et bavarder autour d'un thé. Le jour de leur départ, nous avons senti comme un petit pincement au coeur. Ils partent pour Agra, bientôt ils reprendront l'avion pour Paris. C'est sûr, nous ne les recroiserons pas de si tôt! Encore une belle rencontre... |
| Il n'y a vraiment pas grand chose à faire à Pushkar mais on s'y sent bien. Les températures nocturnes descendent à 1°C. Le matin, le soleil ne se montre pas avant 8h30, à cause de la montagne. Lorsqu'il surgit enfin, on voit l'eau s’évaporer instantanément, c'est comme si la Roulotte était en feu! Un voile blanc s'en dégage, comme de la fumée. Les feuillages s'illuminent du reflet des rayons solaires au contact de toutes ces goutelettes qui se sont formées pendant la nuit, c'est très joli. Il y a toujours des oiseaux pour parfaire ce spectacle. La journée, les températures peuvent atteindre 30°dans la Roulotte, un peu moins à l'extérieur |
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| parce qu'il y a comme une brise permanente qui rafraichit l'air. Nous nous plaisons à la ferme, c'est calme et l'ambiance y est simple et chaleureuse. Comme à Diu, nous avons pris nos petites habitudes. Les deux restaurants que nous fréquentons le plus souvent sont le Raju et le Moon Dance. Coïncidence, nous apprenons plus tard que les proprios du second sont cousins avec nos hôtes... Au Moon Dance, nous avons sympathisé avec le serveur d'origine népalaise et le fils du proprio, un ado qui va dans une école anglophone à Ajmer. Du coup, nous sommes invités le soir du nouvel an. Ils organisent une grande fête avec un buffet, de la musique, des danseuses et des fleurs partout. Avant de nous y rendre, nous passons un moment à la ferme, autour du feu avec la famille et deux italiens sympathiques avec qui nous communiquons en espagnol. Shuto traduit ce que sa femme vient de lui murmurer en hindi, elle souhaite me faire un cadeau. À peine a-t-il prononcé ces paroles qu'elle revient déjà avec quelque chose dans les mains. Elle ne parle pas anglais mais nous communiquons beaucoup par des sourires et de joyeux “Namasté” que nous nous adressons chaque fois que nos regards se croisent. Elle m'offre une paire de boucles d'oreille dorées avec des perles noires. Je suis émue et lui propose d'un geste de m'aider à les mettre. Dans la journée, nous avions également rencontré quatre français à qui nous avions proposé de nous rejoindre à la fête du Moon Dance. Il y a Philippe qui est en Inde depuis plusieurs mois et qui a travaillé pour une ONG dans le sud. Et puis il y a Philippe, Stéphane et Laurent qui sont là pour deux semaines. Philippe est pharmacien, il a apporté un grand sac rempli de brosses à dents, biberons et pansements. Il n'a pas trouvé l'occasion de le donner dans un dispensaire ou autre établissement qui en fera bon usage. Il nous propose de nous le laisser et nous lui promettons de le distribuer aux plus nécessiteux. Après nous être sustentés au buffet et avoir profité un peu de cette ambiance, nous allons prendre un thé dans un restaurant. Philippe, Stéphane et Laurent nous quittent vers 23h car ils ont un train à prendre. Nous restons encore un moment à discuter avec l'autre Philippe qui reprend la route le lendemain. Il fait froid. Alors que nous arpentons le chemin de terre nous ramenant à notre Roulotte, nous entendons au loin le décompte des secondes “five...four...three...two... Happy New Year!”. Quelques feux d'artifices éclatent, la musique résonne dans la campagne environnante. Pour la première fois depuis bien longtemps, nous commençons l'année sobrement, pas une goutte d'alcool! Comme toujours, nous sommes heureux de retrouver notre chez nous, aussi petit soit-il. Nous nous blottissons sous les couvertures pour remédier au froid glacial... |
Jodhpur, la ville bleue |

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Trop compliqué en Roulotte, nous décidons d'une petite escapade depuis Pushkar. Trois jours dont une bonne dizaine d'heures dans le bus. Nous avons beaucoup aimé Jodhpur. Communément surnommée la ville bleue, les maisons de la vieille ville sont traditionnellement peintes de cette couleur. À l'origine, le bleu indiquait que ces maisons appartenaient à des membres de la caste des brahmanes. L'indigo offre aussi l'avantage de protéger de la chaleur et de repousser les insectes, |
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| notamment les moustiques. Nous trouvons une chambre spacieuse et agréable, pour à peine plus de trois euros. Il faut passer par une sorte de cour, puis des escaliers étroits conduisent à une porte en bois, sculptée et décorée de gros clous en fer alignés. À l’intérieur, il y a des peintures murales représentant des scènes de vie, un autre élément traditionnel des habitations de Jodhpur. Nous avons vu sur la forteresse. Le seul hic est que nous n'avons pas d'eau chaude pour nous doucher, bien qu'on nous avait soutenu le contraire. Le premier matin, Laurent a dû les assister pour allumer le feu d'une vieille chaudière qui nous a permit d'obtenir une eau à peine tiède. L'une des premières choses que nous avons faite est de manger, devinez quoi, des oeufs! Se passer de viande ne nous pose pas tant de problèmes car même lorsque nous en trouvons, elle est rarement appétissante mais les oeufs nous manquent. L'avantage est que notre taux de cholestérol a dû considérablement baisser! Nous sommes allés au Yogi qui, à l'instar de tous les autres restos touristiques du coin, a une grande terrasse sur le toit, avec une vue splendide sur le fort et la vieille ville. Il est très agréable d'y admirer le coucher du soleil derrière la colline, les teintes orangers se mêlant au |
teintes bleutés. Au matin, nous prenons plaisir à observer toute l'animation qu'offre les toits de la cité. Des femmes étendant leur linge, des enfants qui jouent, des hommes réunis autour d'un thé. Il y a plein de petits oiseaux qui voltigent d'un point à un autre. Laurent: “En se concentrant, on entend également le brouhaha des rues qui s’éveillent. Les artisans s'activent et l'on distingue toute sorte de bruits, des frottements, des martèlements, des chuchotements, de l'eau qui coule.”
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| Nous avons aussi passé plusieurs heures dans l'enceinte de Mehrangarh, la forteresse du clan Rathore. Vue de la vielle ville, elle est extrêmement impressionnante. Jonchée sur cette énorme rocher avec des murs d'une hauteur vertigineuse, il nous paraît impossible d'attaquer un tel édifice. Grace à l'audio-tour, nous avons appris plein de choses sur le fort, la ville et sur la vie indienne des quelques siècles passés. Jodhpur fut fondée en 1459 par Rao Jodha, chef du clan Rathore. Il conquit les territoires avoisinants pour fonder |
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| un état dont le nom était Marwar et dont la capitale initiale fut Mandore. La ville de Jodhpur était stratégique pour le clan, notamment pour le commerce de l'opium, du café et de nombreuses épices. L'État du Marwar a ensuite établit des alliances avec l'empire Moghol, notamment en leur fournissant de puissants chefs de guerre. Jodhpur connut alors une période d'ouverture sur le monde, de renouveau architectural et culturel. Parmi les objets que nous avons observés dans le palais, il y avait des armes et des palanquins dont certains montraient cette influence moghole. Dès le début du XVIIIème siècle, l'empire Moghol déclina, et Jodhpur également. Vient ensuite une intervention des Marathes, qui supplantèrent les Moghols dans la région. Les Marathes sont une caste indienne de guerriers et de seigneurs faisant partie des Kshatriyas. Comme son nom l'indique, cette caste trouve son origine dans la région qui forme maintenant l'État du Maharashtra (où se situe Bombay). L'Empire marathe se définit comme un sursaut hindouiste contre le pouvoir des Moghols. Malheureusement pour Jodhpur, ce changement de régime n'assura ni la paix ni la prospérité. Il s'ensuivit 50 années de guerre et de traités divers. Le Marwar fut finalement soumis aux règles de l'empire britannique dès 1818, puis intégré à l'Etat du Rajasthan d'une Inde indépendante en 1949. |

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Outre cette visite, nous avons vagabondé dans les venelles, s’arrêtant de temps à autre pour admirer le travail des artisans. Poteries, confection de paniers et de mobilier en paille, teinture, couture, etc. Nous sommes allés déguster un thali au Priya, l'un des incontournables de la ville, d'après ce que les gens disent. Nous avons fait quelques petites emplettes. Nous aurions pu facilement passer une semaine, juste à flâner inlassablement dans les ruelles, rencontrant divers personnages. Mais notre Roulotte nous manque déjà! Et puis, bientôt nous devrons prendre la route du Népal car notre visa arrive à sa fin... |
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Virée en moto: Ajmer et sa campagne environnante |

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| De retour à Pushkar, nous reprenons nos petites habitudes. Un matin, Laurent s'en va, accompagné de Shuto, pour trouver un scooter à louer pour la journée. Il revient chevauchant une belle moto bleue toute neuve, une semi-automatique m'informe t-il. Un euro de plus que le scoot et nous avons fière allure sur cette bécane! Nous entreprenons de nous rendre à Ajmer pour faire des emplettes. Nous sommes arrêtés par un agent de police qui nous avertit que le port du casque est obligatoire en ville. Il nous laisse repartir sans amende et avec un grand sourire. Plus tard, nous remarquons que les motards ont effectivement des casques, chose rarissime en Inde! Du moins en dehors des grandes villes car nous avions déjà remarqué ce fait à Jodhpur. À peine sortis de la ville, ils enlèvent leur casque, préférant le porter sur le bras plutôt que de l'avoir sur la tête! Impossible de trouver des feux arrières à la bonne taille pour notre Roulotte. Nous faisons le plein de denrées non-périssables dans un petit supermarché (tout aussi rare que les casques!) que nous avions repéré en chemin. Il y a, parait-il, des monuments à visiter mais nous n'avons ni guide, ni plan, ni nom. Bref, rien qui puisse nous |
| orienter vers une direction plutôt qu'une autre. Et puis, la densité du trafic nous donne envie de fuir. Nous franchissons à nouveau la colline pour rejoindre Pushkar où nous déposons nos provisions avant de partir explorer la campagne environnante. Les paysages sont sublimes, nous traversons des villages. Les enfants sautillent et nous font des grands signes en criant de joyeux “Namasté”. Nous roulons jusqu'au soleil couchant. C'était notre dernière journée à Pushkar. |
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Sur la route du Népal |
| Le lendemain, nous prenons la route du Népal. Il nous reste quatre jours avant l'expiration du visa et nous avons environ 800 km à parcourir. Le premier jour, nous prenons l'autoroute en direction de Delhi, relativement aisé. Nous remarquons qu'il y a de plus en plus de voitures particulières et de moins en moins de vaches, au fur et à mesure que nous nous rapprochons de la capitale politique de l'Inde. Le deuxième jour, nous traversons Delhi sous un ciel laiteux laissant flotter une atmosphère mélancolique. Nous nous imaginions bien pire. À part quelques ralentissements et un demi-tour car nous avions pris la mauvaise direction, ce fut plutôt “tranquille” (tout est relatif). Finalement, c'est le dernier tronçon qui fut le plus éprouvant au niveau de la conduite. C'était également le plus agréable en terme de paysages. La route se rétrécit et nous traversons des champs de colza mais surtout de canne à sucre. D'énormes camions transportent la canne entassée à une hauteur qui devait bien atteindre six mètres! La route étroite et bordée de grands arbres est incurvée sur les côtés, les chauffeurs roulent en plein milieu. Au premier camion, nous ne saisissons pas pourquoi il reste planté au milieu et restons quelques secondes à nous regarder sans bouger. Nous cédons. Nous comprenons ensuite qu'il ne pouvait pas faire autrement car il risquait de se renverser ou encore perdre la moitié de son chargement, s'il penchait un peu trop. Si bien qu'à chaque camion nous devions nous ranger tant bien que mal sur le bas coté. Nous poursuivons, ne sachant toujours pas si nous allions passer la nuit en Inde ou au Nepal. Aucune indication mais une seule route. Nous demandons tout de même à plusieurs reprises pour nous rassurer. D'après nos calculs, nous ne devrions plus être très loin maintenant... Nous arrivons à la frontière vers 18h, la plus épique que nous ayons traversée... |
L'Inde, un pays qui éveille les sens |

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| Nous quittons l'Inde et déjà une petite lueur de nostalgie se mêle à l’excitation de découvrir un nouveau pays.... En Inde, tous nos sens sont en éveil. Il existe dans ce pays une diversité incommensurable de couleurs, d'odeurs, de bruits, d'épices, d'étoffes et de matières. Le principal soucis est que d'avoir les cinq sens en alerte en permanence requiert énormément d’énergie, si bien que nous sommes à bout de souffle! Nous sommes ravis d'avoir baroudé dans cette nation insolite, source de tant d’émerveillement. Il nous en est arrivé beaucoup de choses, une étape incontestablement importante dans notre périple. Peut-être aurions nous ressenti les choses différemment si nous ne voyagions pas à bord de la Roulotte. Disons-le, l'Inde n'est vraiment pas adaptée pour le voyage en camping-car.
Beaucoup de gens s'accordent à dire que le plus frappant est la misère. Peut-être est-ce particulièrement marquant du fait de la surpopulation, c'est la misère de masse. Pourtant, nous n'avons pas été aussi choqués que nos lectures ou les récits d'autres voyageurs nous avaient laissé présager. Cette misère est effectivement très présente, et elle nous rappelle chaque jour la chance que nous avons d’être nés en France. Certes, nous nous donnons les moyens d'entreprendre ce grand voyage, mais le contexte dans lequel nous sommes venus au monde y a été favorable, et ce malgré nous. Le mérite que nous nous accordons volontiers auprès de nos semblables, qui soulignent parfois notre bravoure, perd ici toute signification. Oui, nous avons fait le choix d'abandonner le confort moderne avec tous les risques que certains entrevoient. Mais face aux gens qui survivent dans la pauvreté et l'insalubrité, qui plus est avec le sourire la plupart du temps, nous sommes simplement chanceux. Nous n'avons aucun mérite parce que même si ils voulaient faire comme nous, ils ne le pourraient pas. L'égalité des chances dont on parle facilement en France n'a même pas lieu d’être mentionnée ici car les citoyens indiens ne naissent pas égaux.
Durant ces trois mois, nous avons observé beaucoup de choses. La main-d’œuvre bon marché nous a été utile pour nous faire faire des vêtements, faire des réparations diverses dans notre Roulotte et manger pour trois fois rien. Mais si nous prenons un peu de recul et réfléchissons à ce que représente cette main d'oeuvre pas chère dans une économie globale capitaliste, les idéaux altermondialistes prennent alors tout leur sens. Pour que nous puissions vivre dans le consumérisme qui caractérise notre société, des millions de gens vivent (ou survivent) dans la précarité. Que dis-je, c'est pire que la précarité. Que ce soit la récolte du coton, la fabrication des teintures, la confection de vêtements, etc. Tous travaillent pour une bouché de pain dans des conditions extrêmement difficiles, tout ça pour nous offrir des prix défiants toute concurrence. Au fil de ces procédures industrielles, des gens s'enrichissent démesurément tandis que les fourmis travailleuses finissent écrasées par le poids de l'injustice. Il y a vraiment quelque chose qui cloche sur cette planète. Enfin.
Pour sure, l'Inde ne peut laisser personne indifférent. C'est une relation d'amour mais parfois aussi de haine que nous entretenons avec elle. Toujours dans les extrêmes. Nous pouvons être dans la pire galère et soudainement tout s'arrange, c'est ce que notre ami Claude appelle le “miracle indien”! De manière générale, les indiens sont joyeux et hospitaliers. Leur gentillesse est parfois brutale et nous désarçonne. Nous les avons trouvés un peu envahissant mais nous ne pouvons leur en vouloir de se montrer curieux. Nous nous sommes amusés de leurs mimiques, leur naturel et l'absence de pudeur nous ont surpris mais au fil du temps, nous y avons pris goût. Comme dit Laurent, ce sous-continent connait un développement à multi-vitesse et les contrastes sont saisissants. Vous pouvez être assis dans un bus remplis de gens, tous très différents. Un jeune homme sort son ordinateur et se connecte sur internet via bluetooth à partir de son téléphone portable, à coté de lui, un paysan en guenille apporte son sac de patates pour le vendre au marché. Il est des endroits où nous nous serions crus à une autre époque, comme si nous avions remonté le temps. Pourtant, Bombay est une ville moderne qui ressemble à bien des villes de nos pays dit industrialisés. Ce qui fait de l'Inde un pays étonnant est cette incroyable agitation. Chacun s'invente un métier, se crée une échoppe de deux mètres carrés sur le bord d'une route et vous parle fièrement de sa “boutique”. Ce flot continuel de gens, de bruits, d'odeurs, de couleurs, de fleurs, de vaches, de religions, de saveurs, etc. Tout cela éveille nos sens. Nous reviendrons dans trois mois... |
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Superficie: 3 287 263 km²
Population: 1 173 108 018
Population urbaine: 29%
Capitale: New Delhi
Frontières terrestres: 14 103 km
Littoral: 7 000 km
Point culminant: Kanchenjunga, 8 598 m
Pays frontaliers:
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Bangladesh (4 052 km)
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Bhoutan (605 km)
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Birmanie/Myanmar (1 463 km)
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Chine (3 380 km)
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Népal (1 690 km)
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Pakistan (2 912 km)
Type de gouvernement: République
Constitution: 26 janvier 1950 + amendements
Fête nationale: 26 janvier
Elle commémore la proclamation de la république, trois années après la déclaration d'indépendance.
Force de travail:
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Agriculture: 52 %
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Industrie: 14%
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Services: 34%
Espérance de vie: 66.46 ans
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Homme: 65.46 ans
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Femme: 67.57 ans
Population au dessous du seuil de pauvreté: 25%
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| Source: CIA World Fact Book 2010 |
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Monnaie: Roupie indienne (INR)
Distributeurs: répandus
Paiement par visa/mastercard: possible dans les grands magazins
Prix moyen
litre de diesel: 0,70€
bouteille eau minérale (1.5L): 0,40€
un café: 0,30€
un demi: 1€
Indicatif téléphonique: 91
Indicatif internet: .in
Fuseau horaire: UTC +5h30
Mobilité:
Aéroports: 349
Routes: 3 320 410 km
Voix ferroviaires: 64 015 km
Voix navigables: 14 500 km |
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