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Kilomètres parcourus: 427 kms

Formalités douanières: police touristique

Le passage jordanien s'est révélé plus simple et rapide que son voisin syrien. Nous ne savions pas trop quelle file choisir, un officier nous fait signe d'avancer, il inspecte rapidement l'intérieur puis nous tend un papier signé. Puis, un autre douanier nous interpelle. Suivant ses instructions, nous garons le véhicule sous un hangar muni d'une sorte de fosse dans laquelle s'est glissé un policier. Pour la première fois, le dessous de la Roulotte est inspecté. Nous apercevons le bâtiment de la police touristique auquel nous nous rendons. «Are you the guide?» nous lance-t-on. Euhhh, non, nous ne sommes pas guides. «Where is your guide?» Nous n'en avons pas, nous sommes venus seuls. Ah. «Why are you coming to Jordan?» Pour visiter, tout simplement. «Welcome to Jordan!» Il nous attribue un de ses agents pour nous accompagner dans les démarches (obtention du visa et de l'assurance pour le camping-car). Du coup, tout se fait relativement vite. Nous passons de bureau en bureau, puis à la banque pour échanger des devises. En un rien de temps, nous voilà assurés pour 3 mois (132 euros). Nous nous acquittons des frais consulaires (environ 40 euros). Notre visa est valable un mois mais nous pourrons le prolonger sans soucis. «Welcome to Jordan!» - «Chocran»

Nous nous arrêtons dans la première ville, Ramtha, à quelques kilomètres de la frontière. Nous savourons un chawarma et cherchons un café internet. On nous en indique un à 200 mètres sur la droite. Nous n'avons plus que 2 ou 3 dinars en poche, mieux vaut se renseigner sur le prix. «It's free for you my friends.» Vraiment? Nous ne le connaissons ni d'Eve, ni d'Adam mais il tient absolument à nous laisser utiliser un ordinateur gratuitement. Nous nous fondons en remerciements avant de se rendre sur nos comptes emails pour savoir si nos amis d'Amman nous ont répondu. Oui, ils nous attendent jeudi soir comme convenu (nous sommes lundi). Ils ont même un garage privé, malheureusement nous doutons que la Roulotte rentre avec ses 2,70m de hauteur... à voir... Une fois terminé avec internet, nous questionnons le gérant, cherchant un guichet automatique. En moins de cinq minutes, il assigne à l'un de ses fils de nous accompagner, le petit frère se joint à nous. Incroyablement serviable cet homme! Merci beaucoup! Nous suivons les deux garçons à travers des rues commerçantes. Les étales sont bien achalandées, on y trouve de tout! Nous arrivons enfin à la banque, les deux jeunes semblent attendre notre signal pour repartir. Oui, nous retrouverons notre chemin, «chocran». Bon il est déjà 16h passée, nous partons vers Ajlun.

Château d'Ajlun: nos premières impressions sur la police touristique

Ajlun Nous traversons Ajlun pour emprunter la route qui grimpe jusqu'au château. La pente est raide et il fait nuit. Nous arrivons sur une petite plateforme mais pas de parking en vue. Nous nous plaçons sur le bas côté, un peu plus loin. Un homme en civil s'approche, sûrement le gardien. Il parle bien anglais, nous lui expliquons que nous souhaitons passer la nuit ici. Il sort son téléphone, sans doute pour transmettre notre requête à son supérieur... Deux autres hommes nous rejoignent,
l'un en tenue militaire, l'autre dans un uniforme de police bleu. Laurent arrête le moteur, «5 minutes» disent-ils. Ils prennent nos passeports et relèvent la plaque d'immatriculation. Ils nous invitent à s'installer dans leur bureau en attendant... Le tout prendra plus d'une heure! Après avoir donné nos identités et la description précise de notre véhicule une dizaine de fois par téléphone, on nous explique qu'une voiture de police va venir nous chercher pour nous escorter 200 mètres plus bas, au centre des visiteurs. Nous sommes passés devant pour venir ici, la barrière était fermée; Nous leur suggérons de s'y rendre puisque nous savons exactement où il se trouve. Non, la procédure veut que nous attendions l'escorte. Pour passer le temps nous discutons, deux d'entre eux étaient profs avant de rentrer dans la police. Ils ont changé de travail car les salaire étaient trop bas, entre 250 et 300 euros par mois. Ils sont sympathiques mais nous sommes épuisés et aimerions bien retrouver l'intimité réconfortante de notre Roulotte. Lorsque le 4x4 Chevrolet blanc et bleu débarque enfin, nous sommes heureux! L'un des officiers doit monter avec nous, ça fait également partie de la procédure. Ont-ils peur que nous nous échappions? Nous les suivons jusqu'à destination (3 minutes environ!). Le gardien du parking visiteur ouvre la barrière. Il y a sept policiers, nous devrions être en sécurité! Nous sommes surpris de ce comportement, nous aurions plus attendu ça en Syrie, or il n'en fut rien. Eux-mêmes disent qu'il n'y a aucun danger mais c'est comme ça, la police touristique doit veiller sur les étrangers. Le security manager, un peu gêné de nous avoir fait tant attendre, nous propose de nous offrir une visite guidée gratuite du château, le lendemain. Quel bonheur de pouvoir enfin se poser! Nous nous inquiétons déjà pour la suite, si c'est comme ça dans tout le pays, nous ne sommes pas au bout de nos peines!

Au matin, le bruit d'un gigantesque drapeau flottant au vent résonne au dessus de nos têtes. Dehors, l'agitation s'accentue. Des bus déversent des foules de visiteurs de toutes nationalités. Laurent n'a aucune envie d'aller voir le château. Il y a trois énormes 4x4 aménagés pour transporter les gens jusqu'au château (capacité de 15 personnes environ). Laurent ouvre le capot pour se pencher à nouveau sur notre problème de jauge. Très vite, plusieurs hommes intrigués nous questionnent «do you have a problem?». Nous leur montrons, les paroles fusent mais aucuns ne parle suffisamment anglais. Finalement, tous sont d'accord, nous pouvons toujours rouler. Petit à petit, ils s'en désintéressent, sauf l'un d'eux. Khaled semble particulièrement décidé à nous venir en aide, il a bien compris que nous souhaitons être à même de vérifier le niveau d'huile. Il revient quelques minutes plus tard avec une ingénieuse idée. Se penchant sur notre boite à outils posée au sol, il fait comprendre à Laurent qu'il faut des pinces coupantes. Puis il l'emmène un peu plus loin sur le parking, près d'un grillage métallique. Posant son index sur sa bouche pour acheter son silence, il affiche un sourire malicieux... Tous deux coupent un mètre de tige de fer. Elle est parfaite car suffisamment épaisse et souple à la fois. Tels des gamins ayant fait une bêtise, ils reviennent à la Roulotte où Hélène les attend. Voilà une solution d'appoint satisfaisante en attendant de pouvoir remplacer la jauge! Merci Khaled!
Comme nous avons sympathisé, Hélène lui demande de la déposer au château avec son prochain convoi de touristes. Il la fait monter devant, le guide du groupe en question les rejoint. Ce dernier parle français. Coup de chance, Hélène est tombée sur un groupe de Français, une dizaine de médecins. Elle fait brièvement connaissance. Ils ne voient pas d'inconvénients à ce qu'elle se joigne à la visite, si bien qu'elle profite des explications. Malheureusement, le ciel Château d'Ajlun
est trop couvert pour apercevoir le lac Tibérade (Israël) et la terre sainte, Hélène ne regrette plus d'avoir oublier les jumelles. Mercredi est le jour de sortie pour les garçons, les lieux sont envahis par plusieurs groupes scolaires. Hélène redescend, dit au revoir au groupe et rejoint Laurent. Nous reprenons la route.

Réserve naturelle de Dibbin

En quête de nature et de quiétude, nous optons pour la réserve forestière de Dibbin. Le Routard stipule que l'on peut y camper. En route, nous sommes contrôlés par la police. A l'entrée du parc naturel, nous nous acquittons des 2JD, en échange desquels l'officier nous tend un sac poubelle. Bonne nouvelle, il ne devrait pas y avoir de déchets si ils distribuent des sacs. Nous nous réjouissions un peu trop vite de cette initiative. Vraisemblablement, certains n'ont pas saisi le concept car il y a des restes de pique-nique ici et là. Nous nous enfonçons dans cette pinède qui recouvre une colline pour trouver un bon spot. A part les morceaux de verres éparpillés, notre campement est plaisant. On entend les oiseaux chanter. La nuit est paisible. Le lendemain, nous bouquinons, écrivons et profitons des lieux. Vers 19h, alors que nous nous mettions à table, trois hommes viennent frapper à notre porte. Ils sont habillés en civil mais nous présentent leur carte de police... oh non! Ils veulent que nous bougions, prétendant des dangers tels que des loups ou des lions! Bah voyons! On nous avait déjà fait le coup des loups à Ajlun mais les lions, c'est un peu gros quand même... Ils insistent. Nous négocions pour prendre notre repas pendant qu'il est chaud et déplacer la Roulotte après... Évidement, ça gâche le plaisir! Il faut se rhabiller (nous étions en pyjamas), manger rapidement et ramasser toutes nos affaires... Bref, nous arrivons sur un parking goudronné (beaucoup moins de charme), qui plus est en pente... Trois hommes sont là, pas les mêmes qu'une heure plus tôt. Aucun ne parle anglais et nous avons du mal à leur faire comprendre que nous voulons être le plus à plat possible. Finalement, après diverses manœuvres, nous voilà garés juste devant leur maison en béton. D'humeur irritable, nous acceptons tout de même de nous asseoir un moment et boire un thé. La conversation reste très limitée. L'un d'eux appelle un ami qui parle anglais et nous tend le téléphone. Ce dernier explique à Laurent que la forêt est gérée par Jordan Dubai Capital qui investi dans la région. Ce projet de développement comprend la création d'un complexe touristique, tout en préservant l'environnement disent-ils... Espérons, inchalah! Dibbin est l'une des plus grandes forêts du pays qui ne compte que 1% de zone forestière! Il raconte que des arbres devraient être replantés, jusqu'à Irbid (deuxième ville du pays). Nous allons nous coucher, à moins d'un mètre des trois hommes qui discutent, sans oublier la lumière artificielle qui s'infiltre à travers les stores et les lanterneaux. Le lendemain, à 6h du mat, ça frappe! Ils nous demandent de nous déplacer car leur boss va arriver. Il faut à nouveau ranger tout ce qui traîne. Laurent démarre, irrité. L'un des hommes est près de sa fenêtre, proposant du café. Non, nous partons «khalas!» (assez!). Nous nous posons plus loin dans la forêt, pour finir notre nuit. A peine sommes-nous recouchés qu'un bruit retentit! Un camion de construction faisant fonctionner un engin duquel s'échappe de grosses fumées noires... Bon, nous nous munissons de boules quiès et plongeons dans nos lectures, impossible de dormir... Vers 8h, nous sommes à bout, la machine est toujours en marche. «khalas!» Allons-y! Au moment où nous démarrons, les ouvriers l'arrêtent enfin! Il y a des jours comme ça... Nous sommes jeudi, nous allons rejoindre nos amis à Amman.

Une semaine de confort et de plaisir chez Irène et Alex, à Amman

Vers 10h, nous passons devant une boutique de luminaires. Il nous faut une ampoule led 12V. A défaut de trouver ce que nous cherchons, nous nous faisons trois amis! Impossible de trouver ce genre d'ampoule en Jordanie, au moins nous sommes fixés. On nous propose un café et nous voilà lancés dans d'interminables discussions sur des sujets aussi variés que le football, le pèlerinage à La Mecque, une histoire sur Robert Hue ayant refusé une bouteille de vin du Golan qui lui était offerte par un ministre israélien, la cause palestinienne, etc. Ils sont tous les trois d'origine palestinienne. Ala et Nidal sont frères. Ils ont tous vécu aux Etats-Unis (et en Australie pour Nidal). Ils sont très cultivés, ouverts d'esprit et nous apprennent plein de choses. Nous utilisons leur ordinateur pour vérifier nos emails et Nidal nous prête son portable pour que
Alexandre nous appelions nos amis. Alexandre n'est pas sur Amman (travail de terrain), il sera de retour dans l'après-midi. Nidal nous emmènent dans une boutique quelques mètres plus loin pour nous aider à acheter une carte sim afin d'avoir un numéro local. Bref, plusieurs heures s'écoulent jusqu'à ce que nous décidions de rejoindre le quartier où vivent Alex et Irène. Au lieu de nous expliquer comment y aller, il nous propose de le suivre. Grâce à lui, nous arrivons sans difficultés
au deuxième cercle (Amman s'organise autour de huit ronds-points) où nous attendent Irène et Alex (quartier de Jabal Amman)... good timing!

Depuis une semaine, notre Roulotte est en stand-by. Nous logeons dans un appartement avec tout le confort moderne! Nous profitons d'être ici pour laver tout notre linge, faire quelques achats, etc. Irène et Alex nous font découvrir la ville, nous enchainons les petits restos, goutant aux saveurs locales. Ils nous emmènent déguster de succulentes pâtisseries down town. Nous rencontrons plusieurs de leurs amis. Nous passons également une soirée en compagnie de Nidal avec qui nous restons en contact. En quelques Amman
Irène mots, nous retrouvons une vie sociale proche de ce que nous avons connu lorsque nous étions sédentaires. Irène travaille pour la coopération allemande, sur un projet lié à une réserve d'eau sérieusement menacée. Alex travaillera dans la même équipe lorsqu'il prendra officiellement ses fonctions dans une quinzaine de jours (par le biais de l'ambassade de France). En attendant, il participe aux missions de terrain de temps en temps. Sinon, il prend des cours d'anglais. Tous deux ont pris des cours d'arabe, ils se débrouillent mieux que nous! Les journées défilent. Nous sommes si bien accueillis qu'il est difficil de se motiver à reprendre notre
nomadisme! Nous avons également profité de leur connexion internet pour nos recherches et prises de contact. Nous partons demain pour la mer morte avant de mettre le cap vers Aqaba pour rejoindre un campement bédouin du Wadi Rum (désert) où nous pensons séjourner pour trois semaines...

Weekend à Petra

Trois invités débarquent d'Allemagne, nous décidons de reprendre la route pour faire un peu de place dans l'appartement! Alex, Irène et deux de leurs amis nous rejoindront demain à Petra pour passer le weekend. Nous nous garons sur le parking du site. Tiens il y a un autre camping-car, c'est Michel et Chantal, le couple de retraités français que nous avions rencontré en Syrie... Nous sommes ravis de les revoir et passons un moment à échanger des nouvelles.

Little Petra

Le site de Petra est vaste, il y a de quoi explorer! Hélène l'a visité il y a trois ans mais les prix ont sacrément augmenté depuis! Et oui, maintenant que c'est
officiellement l'une des sept merveilles du monde, ça attire encore plus de monde... Les bus ne cessent de déverser des masses de touristes venus admirer cette merveille. Vu le prix, nous préférons nous abstenir pour ce weekend. Nous manquons de temps et il y a beaucoup de visiteurs (c'est Pâques, les européens sont en vacances!). Du coup, nous nous séparons de nos amis et prenons les vélos pour parcourir 10 km de «up and down» jusqu'au «petit Petra» dont l'entrée est gratuite. En route vers Little Petra
Little Petra Comme c'est le weekend, nous croisons plein de familles jordaniennes en train de pique-niquer à l'ombre des rochers. Les enfants courent vers nous, hurlant «Hello! Hello!», il y en a qui essayent nos vélos. La pédale de Laurent est cassée et nous sommes fatigués, pas facile de gravir les sommets en plein cagnard! Bref, nous avouons avoir triché un peu. Au retour, quatre jeunes dans un pickup (pratique pour mettre les vélos) nous prennent en stop, puis nous invitent à prendre le thé dans leur village. Le plus gros de la montée est passé, ensuite ce ne sont que des descentes... un vrai délice!

Le soir, nous retrouvons nos amis pour prendre quelques verres en terrasse avant de diner au resto. Irène et Alex ont une surprise pour nous. Nous avons été reçu chaleureusement une semaine et en plus ils nous font des cadeaux! Ils nous offrent un coussin recouvert d'une housse magnifiquement brodée à la main et dont les couleurs se marient parfaitement avec notre déco dans la Roulotte (nous soupçonnons Irène d'avoir choisi!). C'est pour que l'on pense à eux... mais même sans ça, nous penserons fort à eux, Petra
même après avoir quitté la Jordanie! Alors qu'ils repartent dans leur hôtel, nous retrouvons notre Roulotte. Le lendemain, nous les retrouvons pour le petit dej' avant de prendre la route de Quwayrat où nous sommes attendus vers 12h...

C'est officiel, nous sommes devenus wwoofers!!!

Avez-vous déjà entendu parlé du wwoofing? Non? C'est pourtant un concept fort sympathique dont la pratique est en plein essor parmi les routards. En bref, ça a commencé en Angleterre dans les années 70, suivant la vague écologique et humaniste du moment. Le principe est simple: de l'huile de coude contre un hébergement. Les expressions wwoofer et wwoofing viennent de WWOOF, nom de l'organisation gérant ce réseau d'échanges. Faire du wwoofing, c'est partager la vie d'une famille ou d'une communauté et apprendre des tas de choses sur leur travail, leur langue, leur culture, etc. Tout a fait le genre d'expérience que nous recherchons! WWOOF a également pour but de promouvoir le développement durable et l'agriculture biologique.

Pour la petite histoire, WWOOF signifiait à l'origine: Working Weekends On Organic Farms, c'est-à-dire "weekend de travail sur une ferme biologique". L'initiatrice est une secrétaire londonienne qui avait grandit à la campagne. La nature lui manquant, elle eut l'idée d'organiser un weekend à la ferme en proposant de donner un coup de mains à ses hôtes. En automne 1971, elle passa une annonce dans le magazine Time Out, à laquelle 15 personnes répondirent. Trois d'entre elles l'accompagnèrent pour ce premier weekend de bénévolat à la ferme qui fut un succès. Petit à petit, le mouvement a cru et WWOOF s'est développé rapidement dans tout le Royaume Uni. Au fil des années, le wwoofing s'est adapté aux besoins des uns et des autres. Il y avait de plus en plus de demandes pour des périodes plus longues qu'un simple weekend, alors la signification du sigle a été modifié: Willing Workers On Organic Farms, autrement dit "travailleur bénévole sur des fermes biologiques". Aujourd'hui, le concept s'est encore élargi et l'on trouve des organisations autonomes dans une cinquantaine de pays tandis que les hôtes des pays qui ne sont pas encore organisés au niveau national (généralement car il y a encore peu d'opportunités dans cette cinquantaine d'autres pays) sont listés sous WWOOF Independents (c'est le cas de la Jordanie). Ayant acquis une dimension internationale, l'organisation a opté pour une nouvelle signification en 2000: World Wide Opportunities On Organic Farms.

Moyennant une souscription annuelle (25 euros pour deux pour la liste des WWOOF Independents), vous pouvez accéder aux détails des annonces et contacter les hôtes chez qui vous aimeriez séjourner... C'est officiel, nous avons rejoint le cercle des wwoofers!

Al Jalilah: quelques semaines en plein désert

Généralités: le Wadi Rum

Le wadi rum

Le camp Al Jalilah Le camp où nous nous apprêtons à passer quelques semaines se trouve en plein désert, à 5 km environ de la petite ville de Quwayrat, elle-même située à une cinquantaine de kilomètres au Nord de Aqaba. Al Jalilah est sur les franges d'une région appelée le Wadi rum (wadi signifie vallée en arabe). Depuis 1980, le Wadi Rum est classé réserve naturelle et la garde a été confiée aux Haoueitates. On raconte que les responsables jordaniens ont (au-delà des
préoccupations écologiques) cherché à sédentariser cette tribu bédouine. Puis le boom touristique incontrôlé est devenu menaçant pour cet environnement fragile. Du coup, de nouvelles réglementations ont été mises en place depuis un an. Cela complique la vie des bédouins voulant exploiter le filon touristique car ils doivent dorénavant être agréés pour circuler dans la partie soumise à cette nouvelle régulation. Al jalilah est en dehors de cette zone protégée (qui ne s'étant pas sur tout le Wadi rum), mais les paysages n'en sont pas moins surprenants. Il ne s'agit pas d'un désert plat et monotone. Au contraire, le relief fait la beauté des lieux. Le Wadi Rum se compose de falaises aux tons ocres, rouges et violets (que l'on trouve également à Petra). Il y a des pics rocheux et des dunes de sable. C’est ici qu’a débuté, en 1916, la grande révolte arabe contre l’occupation ottomane, avec l’appui des Anglais. Lawrence d’Arabie décrivait certains de ces rochers comme étant d'une "écrasante grandeur". Les inscriptions mystérieuses fourmillent et témoignent de l'importance de la région. De tout temps le Wadi Rum fut un point de passage des nomades et des commerçants entre l’Arabie du Sud, pourvoyeuse d’épices, et la Méditerranée consommatrice. Dès notre arrivée à Al Jalilah, nos
hôtes nous montrent des inscriptions sur le rocher au pied duquel a été installé le campement. Le nom, Al Jalilah, fait référence à la forme d'une femme qui apparaît certaine nuit, en fonction de la position de la lune. Nos hôtes, Brenda et son fils Jon, nous font découvrir le camp. Jon préfère appelé l'endroit Musraq camp, Mursraq est le nom officiel de cette montagne rocheuse. Nous sommes logés dans des tentes vertes situées derrières les étables bordant les deux enclos dans lesquels sont regroupés les chevaux. D'autres tentes, plus spacieuses et mieux équipées (céramique et tapis au sol par exemple) servent à accueillir la clientèle. Al Jalilah

Nos hôtes: Brenda et Jon

Brenda Brenda et Jon sont originaires de Hollande. Comme beaucoup de leurs compatriotes, ils sont grands et leurs cheveux sont blonds comme les blés! Brenda vient dans la région depuis sept ans environ. Elle exerçait auparavant comme masseuse thérapeute, notamment spécialisée dans les techniques arabes de massage et de soins esthétiques. Elle ne souhaite plus exercer tous les jours mais organise encore des séjours de formation. Elle vend également des produits cosmétiques de la mer morte. Al Jalilah, c'est la concrétisation de son rêve. Elle raconte être tombée amoureuse de l'endroit, elle aime la vie dans le désert. Elle s'habille et mange comme les
locaux, respectant les traditions, essayant de se faire sa place. Son idée est de faire de ce camp un petit oasis paisible offrant la possibilité de séjourner dans le désert au moins une semaine ou dix jours. Tous les camps bédouins du Wadi Rum propose de passer une ou deux nuits. Brenda cherche un autre genre de clientèle, des gens qui voudraient s'immerger pour une durée plus longue. Elle propose toutes sortes d'activités comme la confection de bijoux, monter à cheval, des séances de massage et de soins, etc. Le projet étant à ses débuts, il y a pas mal de boulot en perspective et elle a besoin d'aide...

Son fils Jon est âgé de 20 ans. Ici depuis 8 ou 9 mois, il gère généralement la ferme. Brenda est souvent au village car elle a besoin d'électricité et d'une connexion internet pour développer son site, s'occuper de la promotion et de tout un tas de démarches administratives ou commerciales. C'est donc avec Jon que nous passons le plus de temps. Il n'y connaissait pas grand chose avant d'arriver, il a appris sur le tas et se débrouille pas mal. Il est doué avec les chevaux pour lesquels il déborde Jon
d'affection. C'est un jeune homme intéressant avec qui nous sympathisons rapidement. Souvent, il prend l'une de ses trois guitares et nous aimons l'écouter jouer. Chaque jour, nous nous connaissons un peu plus. Les choses se font assez naturellement. Brenda et Jon font tout pour que nous nous sentions chez nous, et ça marche! Nous prenons plaisir à nous investir pour accomplir les différentes tâches, l'ambiance est familiale et chaleureuse.

Les pensionnaires animaliers

Wolfy, Pixie, Cat et les dromadaires Nous vivons ici avec huit chevaux (enfin, il n'y en avait que sept lorsque nous sommes arrivés...), deux chiens (Wolfy et Pixie), un chat (Cat), des milliers de mouches et autres insectes en tout genre, sans oublier les visites régulières de la centaine de dromadaires qui vivent aux alentours.

Au fil des jours, puis des semaines, nous apprenons à connaître chaque cheval. Ils ont leurs caractères et la lutte pour le pouvoir sévit dans ce petit haras! Les relations évoluent entre les
chevaux mais également entre eux et nous. Nous ressentons de plus en plus d'affection. Nous commençons à anticiper leurs réactions, sachant ce qu'ils apprécient et ce qu'ils n'aiment pas (brosser la crinière de Rim par exemple, etc.)

Sahim, le Roi
Il n'y a que des étalons mais Sahim semble s'être établi comme chef. Il a un poil marron clair, assorti à sa magnifique crinière. Il sait s'imposer et est de loin celui que nous craignons le plus! Il est assez grand pour un cheval arabe et sa posture est majestueuse. Lorsqu'il manifeste son mécontentement, mieux vaut ne pas se trouver trop près! Il n'en est pas moins agréable à monter (surtout pour Hélène) car il ne se mets pas au galop ou au trot sans qu'on le lui demande (ce que font tous les autres!) Sahim

Malou, le détrôné
Malou Malou est l'autre étalon d'age adulte. Sa teinte est plus foncée. Il était le premier pensionnaire de Al Jalilah mais il a passé plusieurs mois à Aqaba. Nous ne connaissons pas les détails mais il est apparemment revenu affaibli de son séjour, avec pas mal de blessures... Sahim avait pris sa place et Malou ne cherche pas tant à la reprendre. Il a tendance à s'isoler du groupe où peut-être les autres le maintiennent-ils un peu à l'écart? Il est extrêmement docile et prévisible, ce qui nous a
rapidement mis en confiance. C'est un plaisir de s'occuper de lui car il ne ferait pas de mal à une mouche. Une fois, il a même protéger Laurent contre les autres qui se montraient un peu trop pressants tandis qu'il sortait d'une étable avec de la nourriture.

Sarah, l'impétueuse
Sarah est grise. Jon la monte tous les jours car elle a vraiment besoin d'être dressée si elle doit un jour être chevauchée par des touristes novices. Elle n'en fait qu'à sa tête, c'est pourquoi Jon est obligé de la faire travailler plus que les autres. Sarah est la mère de Musraq. Il a fallu les séparer car ce dernier essaie toujours de boire du lait (il est trop grand pour ça). Du coup, Sarah est la seule que l'on attache à une corde, afin qu'elle soit hors d'atteinte pour son poulain. N'ayant pas accès à l'abreuvoir, nous allons régulièrement la détacher pour l'emmener boire. Contrairement à Malou, Sarah est plutôt imprévisible et difficile à cerner. A vrai dire, Jon Sarah
s'en occupe souvent, du coup nous passons moins de temps avec elle. Le fait qu'elle soit attachée limite ses interactions avec les autres, ce qui réduit nos possibilités d'observations et de jugements. Elle reste plus mystérieuse à nos yeux.

Sharouq, la nonchalante
Sharouq Sharouq est grise au crin roux. Lorsque nous sommes arrivés, Sharouq était enceinte et elle trainait le pas sans cesse. Elle ne lève jamais la tête et sa démarche est nonchalante. Au début, nous pensions que c'était dû à sa grossesse qui n'en finissait plus, mais Jon a confirmé qu'elle était toujours comme ça. Elle semblait fatiguée et victime de sauts d'humeur qui reflétaient plus son état du moment qu'un réel trait de caractère. Comme les femmes, les juments sont susceptibles
de se montrer lunatique dans ces périodes... Nous savions que l'accouchement pouvait avoir lieu à n'importe quel moment (lire plus bas)... Maintenant qu'elle est mère, elle développe de nouveaux instincts. Elle garde sa nonchalance mais est capable de réagir avec efficacité pour protéger sa petite.

Rim, la coquine
Physiquement, Rim ressemble à Sharouq, poil gris et crinière rousse. Rim n'est pas si évidente à cerner. De manière générale, elle est agréable et docile mais c'est une coquine! Lorsque nous l'observons au milieu des autres chevaux, nous sommes parfois surpris de ses réactions. Sous ses airs tranquilles, elle ne se laisse pas faire! Sarah étant tenue un peu à l'écart et Sharouq venant d'accoucher, Rim est un peu la courtisane! Même les jeunes poulains en ont après elle, essayant d'imiter les grands sans doute... Rim

Nadjim, le rongeur de cordes
Nadjim C'est simple, Nadjim est le nom le plus souvent prononcé! Il fait tellement de bêtises que nous en avons tous toujours après lui! Il n'est pas très grand de taille mais peut-être gagnera-t-il encore quelques centimètres (il n'a qu'un an et demi). Il est un peu plus gros que les autres, hargneux et malicieux. Son plus grand plaisir lorsque nous devons l'attacher pour le brosser est de ronger les cordes! D'ailleurs il mordille tout ce qui traîne. Parfois, son regard est celui d'un fou furieux! C'est aussi pour toutes ces raisons que nous l'aimons bien. Il est différent et attachant, à sa façon.

Musraq, le poulain qui voulait devenir cheval
Musraq était le petit dernier, jusqu'à l'arrivée de la pouliche. La première fois que nous l'avons vu, nous avons eu ce sentiment affectueux et exagéré que l'on ressent souvent avec les jeunes enfants («oh, il est mignon!»). Hélène adorait s'en occuper car son poil est doux et il est suffisamment petit pour être pris dans nos bras... Mais son attitude a terriblement changé depuis notre arrivée! Comme les enfants qui ont envie d'être considérés comme des grands, l'histoire de Musraq est celle du poulain qui voulait devenir cheval... C'est le premier né à Al Jalilah, c'est pour cela qu'il a été nommé d'après le rocher au pied duquel il a vu le jour. Musraq
Lorsque nous l'avons rencontré, il venait tout juste d'être séparé de sa mère et se faisait toujours charrié par Nadjim qui n'avait de cesse de le mordre. Aujourd'hui, il commence à se défendre et parfois même, c'est lui qui va embêter Nadjim! Il ne se laisse plus faire et lui et Nadjim font la paire!

La pouliche
La pouliche Que vous dire sur la petite pouliche? Elle est née le 17 avril, quelques jours avant que nous partions pour l'Egypte (nous la retrouverons bientôt). Elle n'a pas encore de nom, alors en attendant, nous la désignons par "the baby". Elle est marron, une nuance entre Sahim et Malou, ce qui ne nous aide pas à savoir qui est le père... oui, nous spéculons à trois contre un! Brenda est la seule à penser que Malou a enfanté Sharouq. En tout cas Sahim a une attitude très protectrice
envers la pouliche qui s'est un peu fait bousculer par tous les autres le premier jour (lire plus bas)...

Volontaires et invités

Au cours de notre séjour, nous recevons des visites et faisons connaissance avec d'autres volontaires qui apportent un peu de changement, c'est agréable. C'est comme ça que nous rencontrons Oyama et Florian. Oyama est une femme d'âge mûre originaire de Tokyo. Elle était venue pour participer à une conférence en Palestine mais on lui a refusé l'entrée, du coup elle se promène en jordanie avant de rejoindre sa fille de 16 ans qui est restée au Japon. C'est Florian qui lui a parlé de Al Jalilah, lui même en avait Oyama et Florian
entendu parlé par une française, à Damas (Syrie)... Ahhhh, rien de tel que le bouche-à-oreille! Florian est un trentenaire allemand qui voyage depuis un bout de temps, nous avons pas mal en commun. Tous deux nous ont beaucoup touchés, par leurs histoires, leurs expériences et leur humanisme. Ce fut un réel plaisir de les avoir pour quelques jours à Al jalilah.

Une journée typique

Bien que chaque jour soit différent, nous entrons vite dans une routine avec les tâches quotidiennes indispensables, liées majoritairement aux chevaux. Voici comment nous décririons une journée typique. Nous vivons au rythme du soleil. Le réveil se fait naturellement vers 6h30. À peine levés, nous pénétrons dans l'enclos pour saluer les chevaux. Notre tente est juste à côté et nous les entendons régulièrement hennir ou se déplacer. Avec le temps, nous arrivons même à reconnaître leurs pas et leurs actes («Tiens Sahim essaye encore de
Al Jalilah passer de l'autre côté pour retrouver Rim!»). Notre premier labeur n'est pas des plus existants, nous ramassons le crottin! A l'aide d'une brouette, une pelle et un râteau, nous allons de crotte en crotte. Parfois s'ajoute les excréments des dromadaires venus pendant la nuit... La roue de la brouette étant cassée et le sable rendant son utilisation très difficile, nous la portons à bout de bras. Généralement elle est bien pleine lorsque nous la transportons jusqu'au champ pour y étaler
cette substance qui fait un excellent fumier et dont les oiseaux raffolent... Parfois, des dizaines de pigeons picorent. A notre approche ils décollent, précipitamment mais harmonieusement. Ils s'envolent tous dans la même direction, puis tournent pour rejoindre l'ombre des rochers. Le décor est splendide et nous ne nous lassons pas de ce fabuleux spectacle! Une fois cette besogne accomplie, c'est l'heure de l'exercice physique pour les chevaux (qui sont destinés à être monté par des touristes)... Nadjim et Musraq sont encore trop jeunes et Sharouq est en congé maternité. Du coup, seuls Sahim, Malou, Rim et Sarah doivent être
chevauchés. Hélène ne se sentant pas en confiance au début, elle restait au camp tandis que Laurent, Jon et Brenda partaient galoper à travers le désert... Il faut dire qu'ils ne sont pas dressés comme les chevaux que l'on a l'habitude de monter par chez nous. Leur éducation est en cours et ils sont plus libres de faire ce qu'ils veulent. De retour de promenade, nous nourrissons les chevaux avec de l'herbe séchée que nous trempons dans l'eau et servons dans des filets. Ces Al jalilah
derniers permettent de ralentir l'ingurgitation, et ainsi faciliter la digestion. Ils évitent également à l'herbe de se mélanger au sable (et oui, nous somme dans le désert!). Nous préparons ensuite le petit-déjeuner: tomates, concombres, hummos, fromage et œufs (parfois dures, parfois brouillés ou en omelette). Assis sur de fins matelas, à même le sol, nous utilisons le pain comme assiette, couvert et accompagnement. Nous savons maintenant préparer le thé comme les bédouins (avec trois tonnes de sucre!)

Al jalilah Ensuite, Hélène fait la vaisselle, effectue quelques taches ménagères, et souvent nourrit les chiens. Pendant ce temps, Jon et Laurent s'adonnent à d'autres tâches (réparer les cordes, remplir les abreuvoir, etc.) Ayant réussit avec succès à emmener notre Roulotte à travers sable, Laurent a acquis la réputation d'as du volant! Du coup, il se tape toutes les corvées d'eau! Grosso-modo, il faut 1h30 aller-retour à bord d'un vieux tracteur trainant une citerne de 2m³
environ... Alimenter les réserves d'eau du camp implique de déplacer sans cesse la pompe à eau, remplir les différents réservoirs, utiliser le fond de la citerne pour arroser le champ, etc. En début d'après-midi, nous remplissons à nouveau les filets d'herbes humidifiées pour les chevaux. Nous déjeunons, puis nous allons les brosser et les cajoler. Jon monte parfois l'un d'eux. Il nous faut ensuite préparer leur diner qui consiste en un mélange de graines, d'avoine et de paille auquel Al jalilah
nous ajoutons de l'eau (Malou a aussi droit à du maïs de temps en temps car il doit récupérer des forces). En fin de journée, nous ramassons à nouveau le crottin. Vous n'avez pas idée de la quantité d'engrais produit chaque jour à Al Jalilah!

Al jalilah Selon les besoins, d'autres tâches s'ajoutent aux soins des chevaux. Par exemple, nous arrosons les petites pousses d'oliviers, lavons le linge de maison, remontons les tentes après une tempête de sable, etc. La chasse aux dromadaires fait également parti de notre routine! C'est amusant les premiers jours mais à la longue, on se lasse! Un matin, Hélène en a retrouvé 14 en train de fouiner les poubelles à 6h du mat! Elle aurait préféré commencer la journée autrement!
Enfin! Ce problème sera résolu dès que la barrière sera terminée... Oui, nous essayons d'installer un grillage tout autour pour les empêcher de venir. Lorsque Florian et Oyama étaient là, nous avons travailler sur ce projet, profitant de la main d'œuvre! Nous avons arrêté depuis car nous manquons de matériel et d'outillages. Le générateur électrique ne fonctionne plus et nous devons percer dans la roche pour tendre les fils de fer sur lesquels sera fixé le grillage. Nous avons cimenté tous les poteaux que nous avions sous la main. Creuser des trous dans le sable n'est pas chose facile, c'est même décourageant... Plus on élargit le trou, plus les grains Al jalilah
retombent dedans... Comme disent toujours Brenda et Jon, «little by little, step by step»... Chaque tâche nécessite plus de temps et plus d'effort, c'est aussi ça la vie dans le désert... Il est plus pénible de se déplacer dans le sable que sur un terrain dur, surtout sous un soleil hardant!

Distractions: soirées autour du feu et journées de congé à Aqaba

Al Jalilah

L'un des plaisirs que nous offre la vie à Al Jalilah consiste à veiller autour d'un feu. Les bédouins ont toujours utilisés les flammes, que ce soit pour se réchauffer (les nuits sont fraiches), pour cuisiner ou préparer le traditionnel thé sucré avec des herbes aux vertus thérapeutiques. Brenda aime faire des feux. Cela veut dire que nous allons manger du poulet (sinon, nous ne mangeons que des fruits et légumes). Parfois, nous utilisons la technique de cuisson traditionnelle. Un grand bidon en métal est enfoncé dans le sable, on y allume un feu. Puis on y place les aliments, du poulet et des légumes (pommes de terre, poivrons, oignons, piments, tomates, aubergines, ail, etc.). On referme et on utilise le sable pour boucher les trous afin qu'aucunes fumées ne s'échappent. On allume un autre feu sur le couvercle qui s'éteindra progressivement. On laisse cuire pendant une heure environ. La nourriture est ensuite placée sur un large plateau autour duquel nous nous asseyons pour partager le repas. Parfois, nous utilisons un petit barbecue pour faire griller du poulet (plus rapide!) et éventuellement faire bouillir de l'eau pour le thé. Souvent, nous sommes rejoints par des amis de Brenda. Généralement nous buvons une bière, rafraichie dans l'abreuvoir des chevaux!. Il en faut peu pour être heureux! Ce sont toujours des soirées très agréables.

Lorsque nous prenons notre journée, nous allons à Aqaba. Brenda nous conduit au village en 4x4 et nous attendons qu'un bus passe. Cela peut prendre quelques minutes ou quelques heures (au moins deux ou trois!) Heureusement, nous sommes souvent chanceux. Ces moments sont amusants, nous nous sentons un peu intégrer à la vie locale (aucun touriste ne vient à Quwayrat). Le trajet dure moins d'une heure. Aqaba étant une zone exemptée de taxes, il faut passer par un contrôle de police douanière. Généralement, tous les hommes descendent du mini-bus tandis que les femmes et les enfants restent à l'intérieur. Il semble commun pour ces derniers de choisir les places du fond tandis que la gente masculine occupe plutôt les places de devant. Une fois, Hélène était la seule femme à bord. D'autres fois, le bus est envahi d'étudiants ou de femmes ayant fait leur shopping. Lorsque nous repartons d'Aqaba, tous les chauffeurs de bus nous interpellent «Amman?», «Petra?», nous répondons fièrement «La. Quwayrat!» (la veut dire non en arabe) tout en se dirigeant vers la zone où se gare les véhicules faisant cette liaison. C'est une sensation étrange de se mêler à l'ambiance occidentale qu'offre Aqaba (Mc Do et compagnie sont partout) alors que nous nous sommes réveillés en plein désert et que nous savons que nous allons nous y rendormir...

17 avril 2010: une journée pas comme les autres...

Le 17 avril 2010 mérite d'être marqué dans nos calendriers, ce fut une journée très spéciale pour tous les pensionnaires de Al Jalilah... Laurent pense que s'était l'une de ses plus belles journées dans le désert et nous avons tous ressenti beaucoup d'émotions. Tout a commencé au petit matin. Hélène a pris l'habitude de se lever la première parce qu'elle a du mal à démarrer sans avoir humé l'odeur si familière du café (elle tient ça de sa mère!). Si bien qu'elle préfère rejoindre la cuisine dès l'aube afin de prendre le temps de siroter sa dose de caféine avant que Jon et Laurent se lèvent à leur tour et que nous commencions la corvée du ramassage de crottin. Ce matin là, elle était passée devant l'enclos sans faire vraiment attention car le silence régnait en maître. Ce n'est que lorsqu'elle entendit Jon hurler «Mooooomm!» qu'elle réalisa que quelque
Al jalilah chose de très important allait embellir cette journée... Et oui, alors qu'elle rejoignit Jon dans l'enclos, elle découvrit à ses côtés une petite pouliche qui se tenait sans assurance sur ses quatre pattes. Nous la surnommons brièvement Bambi car elle avait exactement la même attitude que ce petit faon de Disney qui a bercé notre enfance... Alors que nous nous émerveillions devant cette petite, elle se glissa sous les jambes de Malou qui, pris d'une certaine panique, se mit à
gesticuler brusquement. Bambi perdit l'équilibre et se retrouva par terre. Nadjim s'avança et tous s'agitaient sans précaution autour de ce petit être fragile. Curieusement, Sharouq ne bougea pas d'un poil pour protéger son bébé. Brenda nous avait rejoint et la décision fut prise de faire sortir tous les chevaux de l'enclos et donner à manger à Sharouq qui venait de donner la vie dans la plus
grande discrétion. Tout c'était passé dans la nuit sans que personne n'entende quoi que ce soit. La pouliche était déjà toute propre. Le placenta était resté au milieu du paddock. A peine libérés, les chevaux se mirent à galoper comme des fous! Laurent était encore endormi mais le bruit le sortit rapidement de son sommeil. Ils couraient autour de la tente, passant à un mètre seulement de sa tête... Hésitant quelques minutes, de peur de se faire écraser par ces colosses incontrôlables de quatre cents kilos chacun, Laurent finit par sortir. Al jalilah

Al Jalilah

Nous sommes restés un long moment à observer la petite nouvelle, elle est trop mignonne! Puis nous nous sommes inquiétés qu'elle soit rejetée par sa mère qui ne semblait pas décidée à s'en occuper. Brenda et Jon essayaient désespérément de guider la pouliche vers les mamelles de Sharouq qui avait tendance à s'en éloigner. Quelques heures plus tard, tout rentrait dans l'ordre. Sharouq est une jeune maman (elle a seulement 3 ans) mais elle développe rapidement l'instinct maternel. Voyant tous ces débordements d'énergie, Brenda décida après le petit déjeuner d'emmener les chevaux en dehors du camp. Au départ, Sarah et Malou étaient tirés par la voiture, Sahim monté à cru par Jon et les autres en totale liberté. C'était incroyable de les voir se défouler en plein désert, sans personne pour leur imposer quoi que ce soit, ils s'amusaient en toute liberté! De retour au camp, chacun vaqua à ses occupations. L'arrivée de la pouliche avait vraiment perturbé notre routine. En fin d'après-midi, Laurent est parti marcher une heure ou deux dans le désert pour prendre des photos. Brenda s'était mise aux fourneaux, elle a fait un gâteau et des crêpes dont nous nous sommes tous quatre goinfrés pour le diner!

Les Baluchons sur les routes de Jordanie:

 

Superficie: 89 342 km²
Population: 6 269 285
Population urbaine: 78%
Capitale: Amman

Frontières terrestres: 1 635 km
Littoral: 26 km
Point culminant: Jabal Umm ad Dami, 1854m

Pays frontaliers:
  • Irak (181 km)
  • Israël (76 km)
  • Arabie Saoudite (744 km)
  • Syrie (375 km)
  • Palestine (97 km)

Type de gouvernement: Monarchie Constitutionnelle
Constitution: 1er janvier 1952 + plusieurs amendements

Fête nationale: 25 mai
Elle commémore l'indépendance acquise en 1946.

Force de travail:
  • Agriculture: 2.7%
  • Industrie: 20%
  • Services: 77.4%
Espérance de vie: 79.85 ans
  • Homme: 78.6 ans
  • Femme: 81.18 ans
Population au dessous du seuil de pauvreté: 14.2%
 
Source: CIA World Fact Book 2009
 

Monnaie: Dinar Jordanien (JOD)
Distributeurs: répandus
Paiement par visa/mastercard: peu répandus sauf grands magazins

Prix moyen
litre de diesel: 0,50 €
bouteille eau minérale (1.5L): 0,50 €
un café:ND
un demi: 2,50 €

Indicatif téléphonique: 962
Indicatif internet: .jo
Fuseau horaire: +2 UTC et +1h du dernier jeudi de Mars au dernier vendredi de septembre

Mobilité:
Aéroports: 17
Routes: 8 002 km
Voix ferroviaires: 507 km
Voix navigables: ND

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