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Le Liban, un pays "instable"?

Qui n'a pas entendu parler du Liban? C'est assez tristement que ce pays a tant fait couler d'encre au cours des dernières décennies... Pendant notre séjour, nous avons entendu, écouté ou surpris toutes sortes de conversations et il n'est pas toujours facile de se frayer un chemin dans cette broussaille d'idées, de faits et d'opinions. Les militaires sont omniprésents (comme ailleurs dans la région soit dit en passant), et pour cause, nombreux sont ceux qui Beyrouth
qualifient ce charmant petit pays méditerranéen d'instable... Voici quelques bases pour comprendre ce qui se cache derrière cette "instabilité".

Étymologiquement, Liban signifie "blanc" ou "lait", en référence au manteau neigeux qui recouvre les montagnes libanaises en hiver... un paysage plus que singulier dans cette région aride et déficitaire en eau. En bordure de la mer Méditerranée, le Liban fut dès l'époque phénicienne un carrefour culturel et commercial. Sur son territoire, des communautés de confessions diverses ont coexisté dès les premiers siècles de l'ère chrétienne. Mais l'État libanais, tel qu'il existe aujourd'hui, a été créé (Grand-Liban) en 1920 par la France. Suite au démantèlement de l'empire ottoman, la France avait été mandatée par la Société des Nations (ancêtre de l'ONU) pour développer et moderniser ces territoires. C'est le haut commissaire français au Liban, à cette époque le général Gouraud, qui décida de la division du territoire ottoman dit de la «Grande Syrie». Puis, le Liban accéda à l'indépendance dès 1943. De son indépendance à la guerre civile qui le ravagea entre 1975 et 1990, le pays connut une période de relative prospérité économique et de stabilité politique. Le Liban était alors considéré comme le coffre fort du Levant, connu comme la "Suisse du Moyen-Orient". Le contexte régional en avait fait le refuge des capitaux qui fuyaient le dirigisme et les nationalisations des pays arabes. Au début des années 1970, Beyrouth grouillait d'une activité littéraire et artistique et on la surnommait même le "Paris du Moyen-Orient".

Du fait de sa composition pluriconfessionnelle, le Liban est doté d'un système politique fondé sur une répartition plus ou moins proportionnelle du pouvoir selon le poids de chaque communauté religieuse (ce que les spécialistes nomment le confessionalisme). Ainsi, l'article 95 de la constitution de 1943 stipule que la présidence de la république revient aux chrétiens maronites, la présidence de l'assemblée aux musulmans chiites et la présidence du conseil aux musulmans sunnites. Bien évidemment la composition démographique a évolué au fil du temps... Dès 1948, lors de la création de l'État d'Israël, la première vague de réfugiés palestiniens érode l'équilibre communautaire et politique. En 1967, l'installation de la résistance palestinienne ébranle la stabilité. Les chrétiens défendent la souveraineté de l'État tandis que les musulmans expriment leur mal aise face à un système privilégiant les maronites. La guerre éclate en 1975, ses causes et ses manifestations sont multiples. Sur le plan interne, on invoque les tensions entre les communautés, les partis et les leaderships politiques. Sur le plan externe, on y trouve l'expression du rapport de force entre la Syrie, Israël, le Liban et l'OLP (Organisation de Libération pour la Palestine). La plupart s'accorde à dire que la question palestinienne reste au centre. La présence palestinienne est effectivement venue se greffer au clivage communautaire interne à une société libanaise en crise. Le déchainement de la violence se poursuit jusqu'en 1990 avec différentes phases. Cette guerre complexe a constamment changé de forme, de protagonistes, d'alliances et d'enjeux...

La question de la naturalisation des réfugiés palestiniens est une source majeure de tensions intercommunautaires. Les chrétiens et chiites s'y sont toujours opposés tandis que les sunnites libanais ont toujours défendu la "cause" palestinienne. Les réfugiés sont répartis dans une quarantaine de camps et vivent dans des conditions très précaires. Ils ont un titre de séjour mais n'ont pas le droit de travailler, ce qui représente une main d'œuvre bon marché... Sans entrer dans plus de détails, il convient d'évoquer le mouvement politique chiite libanais possédant une branche armée,le Hezbollah (qui veut dire "parti de Dieu" en arabe). À l'origine, le Hezbollah fut créé en réaction à l'invasion israélienne de 1982. Les partisans du désarmement du Hezbollah craignent que ce dernier importe d’Iran l’idéologie islamique de la révolution iranienne pour former un croissant chiite dans la région (Téhéran a toujours soutenu ouvertement le Hezbollah). Il semblerait pourtant que ce risque soit minime et récemment, les médias s'accordaient à dire que le Hezbollah "se libanise".

Qu'est que l'identité libanaise? La fragmentation communautaire semble se durcir. Pourtant, l’entité libanaise ne trouve t-elle pas toute sa raison d’être dans l’expérience du dialogue des religions, au fil des siècles? L'écrivain libanais, Amin Maalouf, a fait de l'identité son thème de prédilection dans son essai intitulé “Les identités meurtrières”. Saviez-vous qu'il y a plus de libanais au Brésil qu'au Liban? Nous tenons cette info d'un Brésilien de Sao Paulo que nous avons rencontré. Ce dernier affirme qu'il y a plus de libanais dans sa ville que dans tout le Liban! Une chose est sûre, il y a plus de libanais à l'étranger que dans le pays. La diaspora, active et influente, conserve des liens privilégiés avec ses origines en injectant de l’argent et du savoir-faire. Nous avons lu quelque part que plus de 25% du PIB proviendrait des transferts étrangers. De plus, il y a une corrélation entre la destination et la religion: les chrétiens ont majoritairement émigré vers l’Europe, les États-Unis, ou le Brésil, tandis que les musulmans se regroupent plutôt en Afrique. En revanche, tous se retrouvent dans les pays du Golfe...

Beyrouth, la capitale la plus occidentalisée du monde arabe?

Beyrouth Le Liban étant relativement petit, on en fait vite le tour! Nombre de visiteurs restent basés sur la capitale depuis laquelle on peut atteindre n'importe quel point en quelques heures maximum... Nous avons passé plusieurs jours à Beyrouth, le tout sur trois périodes. À notre arrivée, nous avons eu du mal à trouver un lit en dortoir, dans l'un des quatre hôtels pas chers situés dans le charmant quartier de Gemmayzeh. Nous avons failli dormir sur le toit mais
finalement, le dernier hôtel où nous nous sommes présentés a réussi à nous libérer deux places. Première observation: le Liban (et particulièrement Beyrouth) n'est pas fait pour les petites bourses comme les nôtres! Même en augmentant notre per dime, nous allons dépasser le budget, c'est sûr... Les trois premières nuits furent bruyantes et chaudes mais pour 24$ la nuit, on ne pouvait pas avoir mieux.

Le cœur de Gemmayzeh s'oriente autour d'une rue commerçante nommée d'après ce fameux général français qui décida de la création du Liban, la rue Gouraud. Ce quartier ne manque pas de cachet. La journée, on s'y ballade pour découvrir des grandes demeures de style ottoman et oriental. Contrairement au centre ville tout en pierre et tellement chic, Gemmayzeh est plutôt coloré et diversifié. Le soir, les gens y viennent pour profiter de tous ses bars et ses clubs. C'est Gemmayzeh
un peu le quartier hype de Beyrouth. La capitale libanaise est réputée pour sa vie nocturne, l'un de ses principaux atouts d'après nombre de voyageurs qui sont très clairement venus ici pour faire la fête! D'autres sont venus pour se refaire la poitrine ou le nez... et oui, la chirurgie esthétique est monnaie courante au Liban, rien d'étonnant dans un pays où les apparences semblent compter (du moins dans les classes supérieures). Les libanais sont très coquets et ils aiment le luxe. Beyrouth regorge d'enseignes étrangères toutes aussi prestigieuses les unes que les autres. Plus du quart des opérations de chirurgie esthétique sont effectuées sur des étrangers, les prix sont sans doute plus intéressants ici qu'ailleurs... Il y a même des banques qui octroient des prêts pour ce genre de choses! Bref, Beyrouth est une ville où l'on peut s'offrir toutes sortes de plaisir, lorsqu'on en a les moyens...

Beyrouth En se dirigeant vers la grande mosquée au dôme bleue (Mohammad Al Amin), nous pénétrons dans le centre ville. Ce "downtown" n'est qu'à 10 minutes de marche de notre hôtel, bien que sous ce soleil de plomb 10 minutes semblent une éternité! Le centre a été complètement rénové. C'est un endroit très plaisant avec ses rues piétonnes, ses commerces, ses nombreuses terrasses de bars et restaurants, mais aussi l'architecture des bâtiments de pierre mis en valeur par l'éclairage publique à la nuit tombée, la place
de l'étoile sur laquelle trône la "tour-horloge Rollex", non loin la cathédrale grecque orthodoxe St Georges... En poursuivant vers l'Est, nous arrivons dans le quartier de Hamra où se situe le campus de l'Université Américaine dont le parc bien entretenu nous a servit de "refuge" à plusieurs reprises. Nous nous asseyons sur un banc pour manger un sandwich ou une crêpe au nutella, dans cette zone estudiantine. Un soir nous avons assisté à un concert gratuit de musique classique, dans l'église du campus.

Beyrouth
Beyrouth Nous avons également arpenté la fameuse corniche sans jamais approcher de très près la célèbre grotte aux pigeons dont le poster décore la réception de notre auberge... La corniche s'étend sur plusieurs kilomètres, les promeneurs et joggeurs s'y retrouvent à toute heure. En fin de journée, certains se baignent et profitent de la
brise marine pour se détendre autour d'un narguilé. Un dimanche, nous Beyrouth
sommes allés rendre visite à des amis avec qui Abir (notre amie libanaise de Paris) nous avait mis en contact. Ils habitent justement sur la corniche avec une vue imprenable sur la grande bleue. Ils nous ont servi un délicieux Qtayef (gâteau aux cheveux d'ange).

Lors de nos séjours à Beyrouth, nous avons apprécié les petits déjeuners à la française chez "Paul". Nous avons aimé les mets et l'ambiance du resto "LeChef" qui propose des plats traditionnels libanais pour un prix dérisoire, dans une atmosphère "vieille cantine" (exclusivement ouvert le midi). Nous nous sommes souvent imaginés vivre ici, parce que Beyrouth est avant tout une ville à vivre et mieux vaut avoir plus d'argent en poche que nous n'en avions. Un jour, nous nous sommes même arrêtés dans une agence immobilière, prétendant être de potentiels acheteurs afin de voir les tarifs pratiqués... selon les quartiers, il faut compter entre 2000 et 4000 euros du mètre carré (beaucoup moins qu'à Paris!) En bon franchouillard que nous sommes, nous admettons apprécier la place privilégiée que la francophonie occupe encore, bien que l'anglais prenne le dessus avec les nouvelles générations... Peut-être reviendrons-nous un jour, dans d'autres conditions, qui sait?

Byblos, le plus vieux village du monde?

Byblos

Byblos Les premières traces de peuplement du Liban remontent à plus de 7000 ans (5000 av J.C). À Byblos, les archéologues ont découvert des restes de huttes préhistoriques, des armes primitives, ainsi que plusieurs jarres d'argile, qui semblent dater des époques Néolithique et Chalcolithique. Certains considèrent Byblos comme le plus vieux village du monde. Au delà de cette dimension archéologique, Byblos est une charmante petite bourgade (du moins la vieille ville, autour du port)
à une quarantaine de kilomètres au nord de Beyrouth, ce qui en fait une destination idéale pour une escapade, alors que nous commencions à nous lasser du brouhaha de la capitale.

L'un de nos plus gros soucis reste la chaleur, rendant chaque visite pénible à certaines heures... A l'origine nous devions venir en juin. Nous aurions dû être au frais dans les montagnes de l'Est de la Turquie à l'heure qu'il est, si le refus à la frontière syrienne n'avait pas bouleversé nos plans... Bon, courage, nous nous protégeons au mieux et cherchons l'ombre vainement, surtout Byblos
Byblos lors de la visite du site archéologique complètement
dépourvu d'arbres ou de bâtiments. Du coup, nous restons un long moment dans le château des croisés qui abrite un musée dans lequel nous avons appris à écrire nos prénoms en phénicien. Nous regrettons de ne pas avoir pris nos maillots de bain. Depuis les hauteurs, nous apercevons une belle plage. Pour déjeuner, nous optons pour
un petit restaurant près de la vieille mosquée. Nous nous rafraichissons d'un délicieux thé glacé à la pêche (fait maison) en dégustant un mezze et du chich taouk... Nous déambulons à travers les ruelles, en s'arrêtant pour admirer quelques toiles (festival artistique). Puis, nous rejoigons le port avant de remonter vers l'église de Saint-Jean-Marc qui date de l’époque des croisades. En fin de journée, nous marchons jusqu'à l'autoroute où nous prenons un bus pour rentrer à Beyrouth. Byblos

L'écovillage, une expérience que nous aurions souhaité plus longue

La rivière L'écovillage est situé à une cinquantaine de kilomètres de Beyrouth, dans la région de Chouf. Sur la route de Beiteddine, il faut s'arrêter à Dmit puis descendre tout au fond de la vallée sur une piste chaotique pour arriver dans ce petit coin de paradis. Les principaux lieux de vie se situent près de la rivière dont l'eau clair et limpide invite à la baignade! Tout est écolo (ou presque). Par exemple, les toilettes sont écologiques. Les "pipis" tombent d'un côté, les "caca" d'un autre et l'on recouvre ces derniers de sciure de bois. Les maisons sont faites de bois, de terre et toutes sortes de matériaux de récupération comme des fenêtres et des portes. Certains bungalows sont entièrement construit en bambous. Il y a quelques grandes tentes bédouines qui ressemblent à celles de Al Jalilah (dans le désert jordanien). Lorsque nous sommes partis, ils étaient encore en train de travailler sur une énorme cabane suspendue dans les arbres, avec plusieurs étages et une passerelle. Notre cahute à nous ressemble à un petit chalet de montagne. Nous sommes juste à côté de la salle de yoga et de la cuisine récemment inaugurée pour les bénévoles. Sinon, il y a un gigantesque jardin où poussent toutes sortes de légumes et herbes aromatiques, il y a des citronniers et des chèvres. Il est difficile d'évaluer la grandeur de la propriété. Ils ont récemment investi dans une zone plus en aval de la rivière, où ils construisent plus de cabanons. Karim est à l'origine de ce projet et figurez-vous qu'il vit entre le Liban et la France où il travaille sur un projet "similaire" en Normandie! Somme toute assez différent puisque le décor et le climat ne sont pas les mêmes! Apparemment il s'agit d'un corps de ferme du XVIIIème avec des maisons en colombage. Là-bas, il s'occupe uniquement de la partie énergétique (il a évoqué les complications bureaucratiques... welcome to France!)

L'écovillage

Les lieux inspire à la sérénité mais en fin de semaine, l'écovillage s'anime. De nombreux clients viennent pour la journée ou le week-end (louant un bungalow ou plantant leur tente). Alors nous profitons des délicieux petits plats que concoctent Kumari, une femme originaire du Sri Lanka qui sait parfaitement accommoder les végétaux organiques qui poussent ici! Bon, le reste du temps il faut cuisiner mais à vrai dire, c'est surtout Mary et Robert qui s'y collent! Originaires d'Angleterre, ils ont passés un an au Moyen Orient (entre Damas et Beyrouth) pour pratiquer l'arabe qu'ils parlent plutôt bien. Il y a aussi Roddy le Brésilien et Maran le Croate qui ne sont restés que deux jours. Parmi l'aide que nous avons pu apporter, en tant que bénévoles, nous avons débarrassé la rivière d'une dizaine de sacs poubelle plein de déchets plastiques et métalliques en tout genre. Nous avons enlevé beaucoup de mauvaises herbes, récolter des haricots, aider à nettoyer les tentes et bungalows après le weekend, creuser et cimenter un canal.

Nous avons décidé de partir en même temps que Mary et Rob parce qu'il n'y avait plus vraiment de travail pour nous. Nous avons adoré cet endroit et si nous avions pu venir en juin comme prévu, nous serions sans doute resté plus longtemps, pour cette deuxième expérience woofing au Moyen Orient. Les taches les plus simples paraissent bien plus difficiles sous le cagnard. Le projet prioritaire du moment est la construction du canal afin de créer du courant permettant de générer de l'énergie électrique à l'aide d'une petite hydrolienne. Ces travaux nécessitaient plus de forces et de compétences que nous ne pouvions offrir, du moins sur une longue Le canal
durée (Laurent y a participé mais son dos était cassé au bout de deux jours). Le ramadan a commencé et nous ne pouvons qu'admirer davantage l'effort fourni par les ouvriers d'origine syrienne. Celui qui dirige les travaux s'appelle Eric, il est originaire des Philippines et c'est un bosseur! Il a énormément participé à cet ecovillage. C'est lui qui a conceptualisé et réalisé le plus grand nombre des maisons, il est un peu l'homme à tout faire. Il connait la plomberie, l'électricité, la construction, etc. Le dernier jour, il nous a emmené faire un tour dans son pickup et nous a montré sa dernière réalisation, une magnifique bâtisse en bois avec un toit végétal, un chemin et une terrasse en pierre. Au départ, c'est Johanna qui coordonnait les bénévoles mais lorsqu'elle est partie, Eric a pris la relève. La communication n'a pas toujours été simple parce nous n'avions pas la même conception du bénévolat. Finalement, nous sommes partis avant que l'expérience ne tourne à quelque chose que nous ne souhaitions pas. C'est mieux comme ça, nous restons sur toutes ces merveilleuses impressions. Nous remercions toute l'équipe de leur accueil et leur souhaitons bonne continuation dans ce fabuleux projet. Par ailleurs, nous vous conseillons vivement d'y passer si vous avez un jour l'occasion de vous rendre au Liban...

Excursion à Baalbek

Nous avons fait l'aller-retour dans la journée depuis Beyrouth. Au final, nous avons passé trois fois plus de temps dans le bus que sur ce magnifique site archéologique! Baalbek est une ville antique située dans le nord de la plaine de la Békaa. Elle est composée de ruines de l’époque gréco-romaine, avec des traces plus anciennes de l’époque sémitique. Le site figure sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Au delà des ruines, la ville moderne est reconnue comme étant le berceau du Hezbolllah. D'ailleurs, à peine étions-nous descendus du bus, que l'on essayait de nous vendre des Tee-shirts à l'effigie du Hezbollah. La ville a été bombardée à plusieurs reprises, y compris en 2005-2006 lors des derniers affrontements violents. Nous ne sommes qu'à quelques kilomètres de la frontière syrienne et de nombreux habitants sont allés y trouver refuge pendant les périodes de trouble. Nous ne nous sommes pas aventurés au delà du quartier marchand à proximité du site.

Baalbek

L’histoire de Baalbek remonte au moins à la fin du IIIe millénaire av. J.C.. À cette époque , les phéniciens célébraient le culte de Baal, le dieu de l'orage et de la pluie. Pendant les périodes hellénistique et romaine, la ville fut appelée Héliopolis, ce qui signifie "ville du soleil". Les vestiges visibles aujourd'hui
Temple de Bacchus à Baalbek remontent surtout à l’époque romaine. La ville fut conçue sur un plan classique avec des rues en damier sur la base de deux grandes artères, le decumanus et le cardo. Le site comporte trois sanctuaires principaux : ceux de Jupiter, de Bacchus et de Vénus, bâtis par les empereurs Néron, Trajan, Hadrien et Antonin le Pieux. À ces trois temples s'ajoute une grande cour très étendue correspondant à un complexe religieux qui a connu différentes formes au fil des âges. Cette cour des sacrifices mesure 134m sur
112m. Le temple de Bacchus est le mieux conservé et, de ce fait, le plus impressionnant. Il fut construit au IIe siècle et on y pénètre par un grand escalier. Le temple de Jupiter, le plus ancien, fut construit en plusieurs étapes. Il était déjà bien avancé sous Néron, mais l’ensemble ne fut achevé et inauguré qu’au IIIe siècle. On y accède par un propylée, c'est-à-dire un escalier monumental. Du temple de Jupiter, il ne reste que six colonnes de granite qui se dresse majestueusement devant nous, sur un fond de ciel bleu foudroyant. Le temple de Vénus se caractérise par l’originalité de son plan circulaire.

Temple de Jupiter à Baalbek
Baalbek Lors de notre visite, des ouvriers étaient en train de démonter la scène et les gradins du festival qui venait juste de se terminer. Le Festival international de Baalbek est un grand événement culturel, organisé chaque été depuis 1956. Il a acquis une renommée internationale et les artistes du monde entier viennent s'y produire. Il fut toutefois interrompu entre 1975 et 1997 (guerre civile). Après la visite du site, nous déambulons un moment dans les ruelles pavées où règne la tranquillité. Nous nous arrêtons manger un sandwich puis nous nous rendons à l'hôtel Palmyra pour jeter un coup d'œil curieux. Cet établissement ancien a
reçu des personnalités telles que le général De Gaulle (chambre numéro 30), Mustafa Kemal (souvenez-vous, le fameux Ataturk, "père des Turcs") ou encore Jean Cocteau dont plusieurs dessins ornent encore les murs, ainsi qu'une lettre de remerciement rédigée de sa main, encadrée près de la réception... L'endroit est un peu vieillot, comme si le temps s'y était arrêté. De nombreuses photos de ce passé glorieux sont accrochées au mur, se mêlant à quelques Hôtel Palmyra de Baalbek
tapisseries perses. La journée se termine, nous quittons les lieux pour monter dans le premier bus en partance pour Beyrouth.

Escapade à Tyr (Sour) et Saida (Sidon)

Souk de Saida De retour à Beyrouth, nous retrouvons nos habitudes. Le lendemain, nous décidons d'aller voir ce qui se passe dans le sud. A Saida, nous errons dans l'interminable labyrinthe que représente le vieux souk. Nous nous arrêtons déguster des pâtisseries. Notre préférée est une sorte de petite crêpe pliée et fourrée. Il y en avait au fromage mais celles que nous avons adoré sont celles qui contenaient des noix engluées d'une substance sucrée et absolument divine! En vagabondant dans les venelles,
nous tombons sur le musée du savon dont plusieurs voyageurs nous ont parlé. L'entrée est gratuite et la vieille bâtisse qui abrite cette exposition est étonnante. Il y a une flèche indiquant une direction face à laquelle se trouve un mur. Nous comprenons qu'il faut emprunter le petit escalier qui mène à une grande porte par laquelle nous pénétrons cette grande pièce en pierre composée d'une succession de voûtes. Nous lisons attentivement les explications et observons les différents matériaux et outils servant à la confection artisanal de ces savons aux huiles d'olive et de laurier. Une fois cette exploration terminée, nous nous dirigeons Le musée du savon de Saida
vers la rue commerçante menant à la station de bus. Aux abords du vieux souk, la circulation est dense et ça fourmille de toute part.

Tyr Ensuite, nous nous rendons 35km au sud. Si la plupart des visiteurs se rendent à Tyr pour admirer les ruines antiques (classées au patrimoine mondial de l'UNESCO), sachez que nous n'en avons rien fait! Nous ne sommes pas allés sur les sites archéologiques. Nous nous contentons de roder dans les ruelles des vieux quartiers, sur la petite péninsule. Il y a très longtemps, ce banc de terre était une île, maintenant relié au continent. Les enfants jouent
dans ce dédale de maisons rafistolées. Des milliers de câbles se croisent et s'entrecroisent dans cette amoncellement de piraterie et de bricolage. Tyr a beaucoup souffert de la guerre et sa proximité avec Israël en fait, aujourd'hui encore, une zone particulièrement sensible. Nous repérons un véhicule de l'ONU en arrivant, ainsi que des militaires. Pourtant, perdus dans cet enchevêtrement de vie, la brise qui nous effleure n'inspire que la sérénité. Nous longeons le petit port de pêche qui donne l'impression d'être dans un petit village. Nous arrivons
dans le quartier chrétien, aussi calme que le reste en cette période de ramadan et de grosse chaleur. Nous franchissons une porte, un homme dors tranquillement sur un banc, à l'ombre d'une voute constituant l'accès à un monastère... Plus loin, nous découvrons le vieux phare, nous nous laissons éblouir par le bleu somptueux de la Méditerranée. Nous poursuivons jusqu'à ce que nous retombions plus ou moins sur nos pas, près du souk. Nous reprenons un bus pour Saida.

Tyr
Le caravansérail de Saida Le bus nous dépose juste devant le caravansérail des français (en arabe "Khân al-Franj"). A l'entrée, un homme en uniforme nous demande ce que nous voulons, «juste jeter un coup d'œil» - «vous êtes français?» - «oui» - «alors allez-y». Étrange, c'est à croire que nous n'aurions pas pu entrer si nous avions été japonais! Ils sont en train d'installer une scène pour un festival de musique qui va durer trois semaines. Nous faisons rapidement le tour pour
admirer les différents angles de vue de cette imposant bâtiment construit au XVIIème siècle. C'est l’émir Fakhr al-Dîn (1572-1635), seigneur du Liban, qui ordonna sa construction afin de le mettre à la disposition des marchands français. En sortant, nous remercions les gardiens qui nous donnent le programme des festivités. Nous traversons la route qui longe la côte afin de profiter du panorama, le château sur la mer. Il y a des jeunes qui pêchent. Nous cherchons Saida
désespérément un peu d'ombre. Il est temps de reprendre la route, allons nous reposer dans notre dortoir climatisé et relativement calme de Beyrouth (oui parce que nous ne sommes pas retournés au même hôtel que la première fois!)

Nord du Liban: la vallée de Qadisha ou la vallée des Saints

Nous dépensons bien plus que nous le souhaitions, et ce, sans faire grand chose... Sans notre roulotte, nous ne nous sentons pas aussi libres, nous avions oublié les aléas du voyage sacs-à-dos. Nous sommes dépendants des transports en commun et s'il ne sont pas chers, ils ne nous permettent pas de nous rendre partout où nous le souhaitons... Nous aurions aimé visiter une propriété viticole, comme celle de Ksara, mais c'est beaucoup trop cher car il faudrait payé un taxi. Bref, nous sommes un peu coincé, et puis il fait beaucoup trop chaud... Nous commençons à rêver de l'Asie, de ces grandes coulées vertes à perte de vue, de ces averses incessantes en période de mousson... Nous prenons donc la décision
d'avancer notre retour à Amman de quelques jours afin de régler au plus vite cette histoire de cargo pour l'Inde et s'envoler vers de nouveaux horizons... Une fois le billet changé, nous n'avons plus le temps de nous rendre dans tous les endroits que l'on nous a suggéré. Nous choisissons de passer les trois derniers jours dans le nord, plus précisément dans la vallée de Qadisha, aussi appelée la vallée des Saints ou la vallée aux milles couvents.

La vallée de Qadisha
Forêt des cèdres Nous avons réservé deux lits en dortoir, dans le séduisant village de Bcharré, lieu de naissance du célèbre poète, peintre et sculpteur Khalil Gibran (connu notamment pour "Le Prophète"). Cette adorable bourgade est située dans les montagnes à 1400 m d'altitude, au bord de la vallée de Qadisha. Elle est à proximité de la forêt des cèdres millénaires que nous allons admirer dès le premier jour. Nous apercevons des remontées mécaniques et deux écoles de ski. En
allant aux cèdres nous nous arrêtons pour voir la grotte de Qadisha et observer le travail minutieux des gouttes d'eau sur la pierre. Ici, comme dans le reste de la vallée, nous n'avons pas vu un seul minaret. Ce sont les clochés qui dominent le paysage dans cette région chrétienne maronite. Dans l'antiquité Bcharré était une ville phénicienne où l'on exploitait le bois du cèdre. Dès le VIIe siècle de notre ère, les chrétiens maronites qui fuyaient la persécution grandissante à leur égard, Grotte de Qadisha
Bcharré

ont été attirés par ses terrains montagneux et accidentés difficiles d'accès. Les croisés l'appelèrent Buissera, et elle devint le centre spirituel des maronites. Jusqu'à récemment, les Bcharriotes parlaient l'araméen (vous savez, la langue du christ) qui est par ailleurs la langue liturgique maronite. Hélène avait visité quelques villages en Syrie où l'on parle et enseigne encore cette langue.
Durant la guerre civile libanaise, Bcharré était le bastion de la résistance chrétienne. Comment vous décrire un ressenti sans risquer de mauvaises interprétations? L'ambiance est simplement différente par ici. L'accueil est chaleureux. On nous a rapidement signalé que le stop fonctionne très bien dans le coin. Même sans ça, les gens s'arrêtent si ils vous voient marcher sur le bord de la route. Le second jour, nous entreprenons de randonner dans la vallée pour découvrir quelques uns des monastères. Pour tout vous avouer, la journée a mal commencé... nous avons opté pour un chemin très accidenté qui ne correspond pas à celui que l'on nous avait suggéré. A peine 10h et il fait déjà 40°! Finalement, nous remontons sur la route et prenons un bus pour rejoindre l'autre côté d'où il existe une route qui descend dans la vallée. Nous effectuons un premier tronçon dans la voiture d'un agent de police fort sympathique qui s'est arrêté pour offrir son carrosse. Il ne parlait ni anglais ni français et était persuadé que Laurent était arabe donc il lui parlait sans que ce dernier ne
comprenne grand chose (c'est pas faute d'avoir essayé!). Hélène était assise derrière, elle écoutait cet échange avec amusement et profitait des magnifiques paysages qui défilaient sous nos yeux. Nous passons devant le monastère de Lichaa, puis poursuivons. Peu après se trouve le poste de police où notre ami se rendait. Il y a quelques restaurants pour que les pélerins se ravitaillent et se reposent avant de continuer sur un chemin poussiéreux entouré de verdure. Plus Le monastère de Lichaa
Vallée de Qadisha

loin, nous trouvons une fontaine où nous nous rafraichissons. Autour, il y a quelques parcelles cultivées par des ermites qui vivent encore dans cette fascinante vallée. Le soleil n'est jamais très loin de son zénith au Moyen Orient et nous suons à grosses goutes! Nous n'avons pas la moindre idée du nombre de kilomètres restants. Un véhicule se présente enfin, nous faisons un signe et le jeune homme nous conduit un peu plus loin, là où s'arrête la piste. Plus qu'une vingtaine de minutes avant de rejoindre la prochaine étape
mais ça grimpe dure. Arrivés aux portes du monastère de Qannoubine, nous sommes essoufflés. Nous y retrouvons un père et son fils adolescent que nous avions rencontrés le matin même sur le premier sentier que nous avions entrepris de suivre. Libanais d'origine, ils vivent à San Francisco et parlent aussi bien français que anglais. Nous passons un moment à admirer la vue, le temps de reprendre notre souffle et quelques forces avec le sandwich que nous nous Le monastère de Qannoubine
étions préparé. Nous rencontrons une autre famille, le père nous accoste. Il a repéré que nous sommes français et il est si fier de nous annoncer que sa fille vit en France et qu'elle vient tout juste de se faire naturaliser. Il nous présente la chair de sa chair quelques minutes plus tard. Elle vit à Grenoble mais déménage prochainement à Reims. Elle aussi semble heureuse de devenir citoyenne française. Il nous parle d'un autre monastère que peu de gens visite. On y trouve un moine Colombien qui, tenez-vous bien, a pour nom Escobar... ça ne vous dit rien? Oui, il est apparenté au fameux Pablo Escobar, le cartel de Medellín qui nous a tant intrigué... C'est curieux, c'est la deuxième fois en trois jours que nous parlons de Pablo Escobar! À Beyrouth, l'un des frangins du proprio de l'hôtel a vécu 21 ans en Colombie dont 17 à Medellín. Nous avons longuement conversé en espagnol sur la beauté de ce pays et l'ambiance chaleureuse de Medellin (que nous aimons beaucoup). Nous voilà maintenant au beau milieu de la nature, loin de toutes habitations, et nous apprenons qu'un Escobar vit ici! Après ces morceaux de vie partagés, nous nous séparons en nous souhaitant bonne route. C'est décidé, nous partons à la recherche de ce moine Escobar!

Vallée de Qadisha Bon, nous ne savons toujours pas comment, car il nous a semblé suivre le seul sentier possible, mais nous n'avons pas atteint notre destination! La ballade n'en fut pas moins plaisante, bien que nous commencions à fatiguer. Nos réserves d'eau avaient sérieusement diminué lorsque nous tombions nez-à-nez avec un âne. Nous levons les yeux vers ce qui semble être un petit village complètement isolé, nous sommes sauvés! Nous allons demander de l'eau à l'un des habitants qui nous régale généreusement de toute
une carafe fraiche. Il nous indique que nous sommes à Fradis, plus loin et à l'opposé de ce que nous pensions. Le prochain village où nous pourrions reprendre un bus est à une heure et demi à pieds (ce qui peut être beaucoup plus car les gens d'ici n'ont vraisemblablement pas la notion du temps!). Nous le remercions et reprenons la marche en espérant trouver une voiture. Après avoir parcouru un tiers du chemin, un véhicule nous prend en stop. Il s'agit de deux jeunes qui n'ont même pas l'air en âge légal pour conduire. Ils nous déposent deux kilomètres plus bas, devant un salon de coiffure où les attend un ami. Nous sommes à Fradis
présent dans un village plus important et deux minutes suffisent à trouver un camionneur qui accepte de nous emmener. La marche est haute, c'est un gros camion tout neuf. Il ne parle qu'en arabe, nous comprenons qu'il va à Tripoli. Nous arrivons à un barrage militaire, c'est ici que nos routes se séparent. Nous descendons, le remercions et nous éloignons un peu des soldats avant d'entreprendre à nouveau de faire un signe avec deux doigts (ce n'est pas le pouce en l'air comme par chez nous). Finalement, un bus s'arrête, ça va nous coûter trois euros mais nous sommes sûrs d'arriver à destination avant la nuit! Nous sommes exténués et affamés. Au village de Bsharre, les restaurants ne sont pas encore ouverts, nous achetons deux barres chocolatées et remontons à l'auberge. La Tiger House est située sur les hauteurs, c'est un endroit convivial. Après une bonne douche et un peu de lecture nous repartons en quête de nourriture. Nous savourons un sandwich dans un jardin publique en face de la cathédrale. Les températures sont douces à cette heure-ci, à 1400m d'altitude. Nous avons le dortoir rien que pour nous cette nuit là. Nous avons dormi d'un sommeil lourd et profond.

Le lendemain, nous partons vers 11h en direction de Tripoli où nous voulons jeter un coup d'œil au souk. Arrivés à destination, les choses nous paraissent compliquées, à moins d'y mettre le prix en se déplaçant en taxi. Il fait chaud et nous ne sommes pas d'humeur à affronter la foule, d'autant plus que c'est vendredi. Tripoli est la seconde ville du pays et nous ne rêvons que d'une chose: s'allonger dans l'air conditionné!!! Tant pis, nous rentrons à Beyrouth, il y a justement un bus qui passe.

Nous quittons déjà le Liban

De retour dans la capitale, nous retrouvons les pensionnaires de l'hôtel Talal et négocions dur pour obtenir un dortoir avec la clim comme nous l'avions spécifié lors de la réservation faite trois fois (vraisemblablement en vain). Nous obtenons deux places au quatrième étage où une douzaine de lits se partagent une salle de bain avec toilettes (ce qui signifie que pendant que les autres se lavent, on ne peut même pas allé au petit coin!). C'est notre dernière nuit, à 6h demain matin nous chercherons un bus ou un taxi pour rejoindre l'aéroport... Difficile de se reposer car ça jacasse dans le dortoir. Les lits sont répartis sur un enchevêtrement de trois pièces ouvertes et nous ne sommes même pas ensemble. Longue attente pour la salle de bain. Une fois propres, nous partons manger. Nous avons très faim et choisissons de retourner dans un diner américain du centre ville où nous étions déjà allés. Les prix sont corrects (il ne nous reste plus grand chose dans le porte monnaie) et les portions généreuses. Grossière erreur! Nous tombons malades tous les deux. Nous n'avons pas fermé l'œil de la nuit, se croisant lors de nos nombreux aller-retour vers les toilettes... Le voyage fut une réelle souffrance... Malgré cette fin malheureuse, nous gardons un doux souvenir de notre court séjour au Liban (à peine plus de deux semaines). Nous y avons fait quelques belles rencontres... Good bye Lebanon!
 

Superficie: 10 400 km²
Population: 4 017 095
Population urbaine: 87%
Capitale: Beyrouth

Frontières terrestres: 454 km
Littoral: 255 km
Point culminant: Qurnat as Sauda, 3088m

Pays frontaliers:
  • Israël (79 km)
  • Syrie (375 km)

Type de gouvernement: République
Constitution: Mai 1926 + amendements

Fête nationale: 22 Novembre
Elle commémore l’indépendance du Liban (ancienne colonie française). Le 22 Novembre 1943, le chrétien maronite Béchara El Khoury est relâché de prison. Défenseur de l’indépendance, il avait été élu président de la République. Bien que théoriquement libre d’exercer son pouvoir, l’armée française resta en place. Il parvint à un accord avec le musulman sunnite Riad Solh, base du pacte national de 1947.

Force de travail:
  • Agriculture: ND
  • Industrie: ND
  • Services: ND
Espérance de vie: 73.66 ans
  • Homme: 71.15 ans
  • Femme: 76.31 ans
Population au dessous du seuil de pauvreté: 28%
 
Source: CIA World Fact Book 2009
 

Monnaie: Livre libanaise (LBP)
Distributeurs: répandus
Paiement par visa/mastercard: ND

Prix moyen
litre de diesel: 1€
bouteille eau minérale (1.5L): 0,50€
un café: ND
un demi: 2,50€

Indicatif téléphonique: 961
Indicatif internet: .lb
Fuseau horaire: +2 UTC et +1h du dernier dimanche de Mars au dernier dimanche d'octobre

Mobilité:
Aéroports: 7
Routes: 6 970 km (dont 170 km d'autoroutes)
Voix ferroviaires: 401 km
Voix navigables: ND

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