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| Kilomètres parcourus: 1930 kms |
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Frontière la plus paisible de notre périple |
| Rappelons brièvement que nous étions sur les routes indiennes depuis trois jours. Les derniers kilomètres furent les plus longs. Pour accéder à cette frontière, nous passons par une piste caillouteuse étroite qui conduit à un barrage construit du temps des anglais. Nous nous acquittons d'un péage auprès de la compagnie des eaux qui en a la charge puis nous attendons patiemment notre tour pour franchir cet ouvrage. Je voulais filmer mais on me fait signe que c'est interdit. Dommage. La largeur de ce pont doit faire à peine plus de deux mètres, autrement dit, il faut viser juste avec la Roulotte! Le soleil se couche, les couleurs s'assombrissent et les choses prennent une tournure étrange. Nous nous demandons quand est-ce que nous arriverons au Népal. De l'autre côté de cette énorme réserve d'eau se trouvent les douaniers indiens. Nous savons que la frontière ferme à 18h30, or, il est déjà 18h lorsque nous présentons nos passeports pour le tampon de sortie. Ahhh les procédures indiennes.... L'agent sort des registres sur lesquels il inscrit toutes les informations, puis nous partons vers un autre bureau pour gérer le passage de la Roulotte, ce qui prend généralement plus de temps. Que nous sommes médisants! Il a fallu moins d'une demi-heure pour régler la paperasse. Il fait nuit noire, nous poursuivons la piste caillouteuse sensée nous amener au Népal. Il s'agit là de la frontière la plus pittoresque que nous ayons traversée. Quelques vélos, beaucoup de piétons et des charrettes tirées par des tout petit chevaux. Nous arrivons alors à une barrière en bois. Un homme vient à notre rencontre et nous explique qu'il faut d’abord passer par le bureau de l'immigration pour le visa. Nous sommes passés devant sans le voir. Il nous accompagne. La bicoque en question est fermée et personne ne répond aux coups donnés sur la porte. Du coup, on nous laisse rentrer dans le pays sans aucun contrôle de passeport ou de véhicule. L'homme qui nous est venu en aide ne travaille même pas pour les douanes, il tient le bureau de change. Il nous propose de nous garer sur son immense parking pour la nuit. Nous prenons tout de même la peine de nous adresser au douanier qui nous sourit et confirme qu'il n'y a aucun soucis. Nous pouvons circuler à notre guise et revenir le lendemain régler les formalités. Nous nous étonnons de cette incroyable confiance. Si bien qu'officiellement sur notre passeport, nous étions dans le No man's land dans la nuit du 14 au 15 janvier 2011! Le lendemain, nous prenons un visa de trois mois, la Roulotte n'est pas plus inspectée que la veille. En quelques minutes, tout est réglé. Les népalais nous accueillent tous avec de joyeux Namasté. |
Trois jours près du parc national Sukla Phanta |
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| Nous nous installons prés de l'entrée du parc national Sukla Phanta, à environ six kilomètres de la petite ville de Mahendranagar. Pour atteindre le parc, nous traversons des champs sur une route non goudronnée. Près de notre campement, il y a un village. Nous passons trois nuits dans cet endroit paisible, utilisant les vélos pour nous déplacer. Nous profitons de la ville pour prendre nos marques, acheter une carte sim et découvrir les produits locaux. Nous profitons de la campagne pour nous reposer. Tous les enfants du village nous connaissent à présent. Ils sont tous venus roder autour de ce drôle d'engin jaune et vert qui a dû faire beaucoup parler les villageois. Nous les invitons à entrer afin de casser un peu le mystère. On se dit qu'ils se lasseront plus vite si nous leur dévoilons l'intrigue, mais ils sont simplement contents de rencontrer des étrangers. Les petites filles viennent frapper à la porte pour nous offrir un bouquet fraichement cueilli. Les garçons frappent et partent en courant se cacher, sans doute jouent-ils au “t'es pas cap”. Nous sortons l'appareil photo et ils sont ravis. Ils adorent être pris en photo et se voir ensuite. Du coup, nous passons un bon moment à mitrailler. Curieusement, ils ont toujours le sourire mais dès que l'objectif est braqué sur eux, ils deviennent extrêmement sérieux et prennent des airs un peu triste. Nous nous en amusons et ne cessons de leur répéter “smile! Smile!”. Laurent photographie, j'essaie de les faire rire en faisant des grimaces dans son dos. Les traits de leurs visages intimidés se relâchent enfin, ils rient à nouveaux. Nous leur proposons ensuite de sauter, de tirer la langue ou de faire quelques petites acrobaties. C'est l'explosion, nous ne les arrêtons plus, ils se mettent à courir partout. Habitués à notre présence, ils nous sollicitent moins, bien qu'ils restent très curieux. Nous reprenons nos activités. Le bureau du parc est fermé. D'après le guide, Sukla Phanta est similaire au parc de Bardia. Nous décidons de nous y rendre. |
Bardia et la douceur de vivre népalaise |
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D'un parc national à un autre, nous arrivons à Bardia en fin d’après-midi. Un jeune homme nommé Pardeep nous montre la route en moto, nous invitant à jeter un oeil au Bardia Adventure lodge où il travaille et dont il nous vante les mérites. Il nous offre un thé, ravi de pratiquer le peu de français qu'il connait. Nous voulons tout de même voir ailleurs car l'emplacement pour la Roulotte ne nous convient qu'à moitié. Le temps de faire la tournée des lodges et le soleil se couche |
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| déjà. Non sans difficultés (parce qu'il est tellement gentil), nous avouons à Pardeep que nous allons nous installer au Forest Hideaway, juste à côté. La déception se lit sur son visage mais aucune rancune, nous le recroisons quelques jours plus tard au village, sourire aux lèvres. Pour arriver près du village de Thakurdwara où se trouve l'écovillage touristique, il faut parcourir une quinzaine de kilomètres sur des chemins caillouteux, depuis Ambasa. La Roulotte a traversé sa première rivière népalaise (sans pont) et peut-être pas la dernière... Nous roulons au pas pour éviter que les soubresauts n'endommagent notre maison. Nous traversons la forêt parsemée de petits villages et hameaux. 12 jours s’écoulent alors que nous découvrons la douceur de vivre népalaise... |
Nos rencontres |
| Nous faisons de belles rencontres, parfois très brèves car la plupart des voyageurs ne s'attardent pas plus de deux nuits dans cet endroit qui nous semble pourtant si paradisiaque. C'est majoritairement à travers le Forest Hideaway que nous rencontrons tous ces personnages. D'abord il y a toute la sympathique équipe qui oeuvre au bon fonctionnement de cet hôtel qui, comme tous les autres, propose d'organiser toutes sortes d’activités, safari à dos d’éléphant ou en jeep, rafting, pêche, randos, bref, tout ce qui a trait à la nature environnante composée essentiellement de forêts et de rivières. Il y a une quinzaine de personnes qui travaillent ici, que des hommes. S'ajoutent les nombreux ouvriers que nous avons vus défiler au fil des jours, des villageois venus aider à refaire les toits de chaume, aménager de nouveaux espaces dans le jardin, etc. La plupart des travailleurs du Forest Hideaway sont agréés par le parc national, ils font office de guides. Nous ne retenons pas le nom de tous mais plutôt leurs histoires. Ils sont tous du coin et, au fil des jours, nous sommes amenés à rencontrer leurs enfants, plus rarement leurs épouses. Parfois, nous en croisons un par hasard, au centre du village ou dans la campagne alentour. Ils sont tous très agréables et parlent suffisamment bien anglais pour que nous conversions. |
Le plus vieux nous conte des souvenirs d'enfance, du temps où les gens ne se déplaçaient qu'en charrette tirée par des buffles (il y en a encore beaucoup). Contrairement aux autres, il n'est pas né ici mais il avait à peine un an lorsque ses parents sont venus s'installer dans cette plaine fertile, descendus des montagnes où les conditions devenaient trop difficiles. Il se souvient de l'apparition des premiers vélos, un peu comme nos parents ont pu nous raconter l'arrivée de la télévision... une révolution! Il se souvient que les hommes du village jouaient souvent aux cartes (ça n'a pas changé), l'un d'eux avait un vélo. Il s'approchait discrètement, lui chipait et partait faire un tour avec! Bien entendu il le lui ramenait. C'est comme ça qu'il a appris à faire du vélo. Plus nous les connaissons, plus ils se confient. Indra nous parle des ses deux fils de 14 et 16 ans et de la possibilité d'envoyer l'ainé à l'université. Il évoque les concessions que la famille doit faire pour permettre à son fils de poursuivre ses études. Le Forest Hideaway marche plutôt bien et ses employés sont privilégiés comparé à bien d'autres mais tout de même. Le Népal est plus pauvre que l'Inde. Au fil des discussions et des observations, nous apprenons le mode de vie des habitants de ces petits villages isolés. Chacun y va de sa petite anecdote.
L'un d'eux, que nous surnommons le chauffeur, nous explique le système d'assurance népalais et le prix exorbitant d'un permis de conduire, justifiant ainsi que bien des gens conduisent sans. Il s’intéresse de près à notre Roulotte (que tous ont visitée bien évidemment). Il se montre curieux et pose des questions. Au début, je le trouvais un peu froid et peu souriant, on sentait beaucoup de frustrations en lui. Quand il nous a confié sa situation familiale et ses angoisses, j'ai compris ce qui le tracassait, éprouvant de la compassion. Nous prenons plaisir à dialoguer avec lui. Il est le premier qui exprime son ressenti par rapport à notre petite maison sur roues et la vie que nous nous sommes choisis. Il ne nous envie pas, au contraire. Il dit qu'il ne pourrait pas vivre comme ça car exercer son droit de propriété est son obsession. Effectivement, sa principale préoccupation du moment est d'acheter un terrain pour construire une maison. Posséder un bout de terre est essentiel pour lui et il ne conçoit pas vivre autrement. Il faut dire que sa situation est délicate. À travers son histoire, nous apprenons que le Népal possède le même système de caste que l'Inde. Lui fait partie des Brahma (caste importante). Son épouse est d'origine Tharu et, bien que les moeurs changent et que les népalais ne soient pas aussi “puriste” que les indiens dans leur pratique de l'hindouisme (peu sont végétariens et quasiment tous boivent de l'alcool), leur union est mal vue de sa famille et de sa caste. Ils se sont tout de même mariés et vivaient dans sa famille comme la tradition le prévoit. À la naissance de son fils, les choses se sont compliquées. Le bébé pleurait sans cesse, sa mère ne supportait pas le vacarme et accusait plus ou moins sa belle-fille de ne pas savoir s'y prendre. Lui était absent quasiment tout le temps (il travaillait) et sa pauvre épouse n'en pouvait plus d’être méprisée pas sa belle-famille. Au bout de deux semaines, ils ont donc décidé de quitter sa famille pour s'installer chez ses parents à elle, en attendant de pouvoir construire leur propre maison. Cela fait déjà 27 mois qu'ils y vivent et ça commence à faire long. Ses beaux-parents sont gentils mais il ne se sent pas vraiment chez lui et puis quelque part, il a un peu honte, il culpabilise, la pression est énorme. Tout ça le rend un peu aigri alors qu'au fond, il n'aspire qu'au bonheur, comme tout un chacun. De plus, il a déjà raté deux offres d'achat de terrain et les prix ne cessent d'augmenter. |
| Le manager s'appelle Mohan, un joyeux bonhomme pris d'un très léger bégaiement lorsqu'il s'exprime en anglais. C'est le seul qui soit un peu bedonnant, peut-être à cause des verres de roxie (alcool de riz local) ou des grogs (rhum et eau chaude) qu'il aime déguster chaque soir autour du feu. Il est amical, un peu |
| paternaliste envers ses employés, ce qui donne parfois l'impression d'une grande famille. La plupart sont ici depuis plus de quinze ans, fidèles au poste, ou peut-être n'ont-ils pas beaucoup d'autres options... Mohan supervise les travaux en cours et s'en remet volontiers à ses employés pour s'occuper des clients. Il est souvent pendu à son téléphone portable et fort heureusement nous adorons sa sonnerie qui est le chant d'un oiseau du coin. |
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Outre les histoires personnelles, chacun y va de sa petite anecdote sur les deux thèmes privilégiés que sont le voyage et la vie sauvage du parc. Certaines anecdotes sont devenues célèbres dans toute la région. Santa a eu la chance de rencontrer cinq tigres d'un coup (exceptionnellement rare). La photo qu'il a prise est encadrée dans la salle de restaurant et nous la retrouvons un peu partout dans le village car elle a servi au mois de janvier du calendrier 2011 publié par le parc, accroché dans plusieurs maisons, échoppes ou bureaux. Nos amis du Forest Hideaway partagent volontiers les histoires d'autres voyageurs qui sont passés par là (reste à savoir combien de transformations ont subi ces récits lorsqu'on nous les restitue!). On nous informe que les suisses que nous avions croisés sur les routes indiennes sont restés ici plusieurs jours. Parmi les nombreuses histoires, j'ai retenu celle des deux allemands qui devaient absolument passer la frontière indienne car leur visa expirait mais ils étaient bloqués à cause des manifestations maoïstes (en 2003). Aucun véhicule ne pouvait circuler, le climat de violence immobilisait toutes les infrastructures. Finalement, ils ont fini par acheter deux vélos neufs et ils ont pédalé jusqu'à Népalganj! Indra (du Forest Hideaway) les a accompagnés sur ces 100 km de pistes chaotiques, avec son vieux vélo, une aventure qu'il n'est pas prêt d'oublier! Puis il les a aidés à revendre les vélos avant qu'ils ne passent la frontière. Ceci nous amène à un autre sujet que nous avons abordé à plusieurs reprises avec nos amis, la politique! Nous sommes arrivés ici avec peu de connaissances sur la situation politique du pays. À peine arrivés, nous apprenons que le Népal a actuellement un gouvernement provisoire, ce depuis plusieurs mois. Le temps des violences et des conflits n'est pas si loin mais suffisamment pour que les gens ne s'en inquiètent plus. Tous s'accordent à dire que la situation géopolitique de leur pays est délicate et peu avantageuse. Pour reprendre l'expression de Mohan, qui nous a beaucoup amusés, le Népal est comme une “mashed potatoe”, autrement dit, une pomme de terre écrasée en purée! Et oui, si vous regardez la carte, vous comprendrez vite ce qu'il a voulu dire car le Népal est coincé entre l'Inde et la Chine, deux puissances grandissantes qui se disputent le marché dans la région. De plus, les népalais se sentent pris au piège avec les indiens car le pays avait signé des accords au moment de l'indépendance indienne. Ces derniers stipulent, entre autre, que le Népal s'engage à acheter ce qu'il ne peut pas produire à l'Inde. Les népalais sont donc dépendants de l'Inde, ce qui représenterait, d’après nos amis, plus de 90% de leurs importations! Ils dépendent notamment d'eux pour le sel et le gaz, deux ressources nécessaires dont le Népal est complètement dépourvu. Sans entrer dans les détails, la Chine a bien l'intention d'augmenter les échanges commerciaux et les népalais s'en réjouissent. Il est prévu que quatre frontières soient ouvertes d'ici peu (ils sont en train de construire les routes). De plus, l'ouverture sur le Tibet permettrait aux népalais d'exporter car il serait beaucoup moins cher pour les tibétains d'importer depuis le Népal. Lors de notre visite du parc, nous avons également évoqué l'Inde. Si de nombreuses espèces sont en voie d’extinction, c'est dû en grande partie au fait que le Népal était un grand terrain de chasse pour les aristocrates indiens et les colons britanniques. Parfois, ils tuaient jusqu'à 100 tigres en une seule chasse! Pas étonnant qu'il en reste moins d'une trentaine aujourd'hui! L'autre pays qui revient souvent dans ses interminables, et non moins riches, débats politiques, ce sont les États-Unis (ah ces américains, ils savent faire parler d'eux!). Apparemment, les américains s’inquiètent un peu du pouvoir que l'Inde exerce sur le Népal et donc ils investissent, ils aident au développement à travers divers projets (sans doute quelques intérêts économiques derrières) et ils aimeraient bien construire quelques bases militaires aussi... Mais nos amis ne sont pas dupes... Raj nous a carrément dit qu'il préférerait avoir moins à manger dans son assiette et se sentir libre. Enfin voilà, après trois mois en Inde, nous plongeons dans un tout autre univers, une autre vision du monde...
Dès le premier jour, nous rencontrons également deux népalais qui semblent faire partie du décor du Forest Hideaway mais qui ne sont là que pour quelques jours. Ils comptent les oiseaux migrateurs! Nous sympathisons surtout avec l'un d'eux nommé Raj. Raj a vécu et travaillé ici plusieurs années, il fait un peu partie de la maison. Il aime Bardia, d'ailleurs il a acheté un terrain qu'il compte transformer en lodge dans trois ou quatre ans lorsqu'il aura suffisamment d'argent et que le tourisme aura pris son essor dans cette région encore peu visitée. Il nous montre sa propriété lors d'une virée à vélo. Elle est très bien située, près de la rivière, non loin de la grande ferme aux éléphants. Il vit avec son frère à Katmandu, ville qu'il n'affectionne pas du tout et qu'il nous décrit comme surpeuplée, polluée et souffrant gravement de pénuries d'eau (si bien qu'il profite d’être ici pour laver tout son linge!). Il y vit uniquement parce que c'est là qu'arrivent la majorité des touristes (seul aéroport international du pays) et c'est son business. Il est guide dans les montagnes (et parfois dans les plaines). Il a également vécu en Inde quelques années. Divorcé avec un fils de 8 ans qui vit chez ses parents dans le Chitwan, il a le même âge que Laurent. Il parle très bien anglais et s’intéresse à plein de choses. Nous passons de très bons moments en sa compagnie, notamment autour du feu qui est allumé chaque soir. Certaines soirées sont enchantées par le son d'une percussion, d'une guitare ou d'une flute en bambou. Un jour, Raj nous propose de nous accompagner à vélo, il nous fait passer par des tas de petits chemins que nous n'aurions jamais pris sans lui, une magnifique balade. |
| Au Forest Hideaway, nous rencontrons également d'autres étrangers, des voyageurs. Sophie et David, deux australiens qui voyagent à vélos (courageux!), sont arrivés le même jour que nous, au Népal et au Forest Hideaway. Ils ont passé la même frontière quelques heures plus tôt et ont reçu un accueil en fanfare. Effectivement, le ministère du tourisme népalais avait décidé d'offrir quelques festivités aux premiers étrangers passant cette frontière peu fréquentée pour la nouvelle année 2011. C'est ainsi qu'ils se sont retrouvés chacun assis sur un éléphant, traversant la foule au rythme de la musique. Nourriture, danses, petits cadeaux et tout le tralala. Si nous étions arrivés quelques heures plus tôt, nous aurions été les premiers! Mince! Cela nous amuse d'y penser. David et Sophie ne restent que deux nuits et reprennent leur route. Le jour de leur départ sont arrivés deux brésiliens, pas vraiment des touristes puisqu'ils travaillent pour Record, une des chaines nationales la plus importante nous disent-ils. Ils réalisent un documentaire sur le Népal, s’intéressant à la nature et à différentes peuplades |
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dont les Tharu qui vivent à Bardia. Du coup, Mohan leur demande s'ils sont d'accord pour que nous les accompagnions à un cérémonial dans l'un des villages Tharu. Ils acceptent et c'est comme ça que nous passons une excellente soirée au milieu de tous ces gens. Au programme, musique, chants et danses traditionnelles. Pour nous c'est un double spectacle. Nous découvrons les coutumes des Tharu tout en observant la manière de procéder de nos deux amis reporters brésiliens. |
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| Marcos se glisse partout, armé de sa camera de six kilos et de son petit halogène (heureusement car il y avait une coupure d'électricité ce soir là, comme souvent). Pendant ce temps, Tatiana, équipée d'un micro invisible, se pose ici et là en débitant des explications en portugais que la musique recouvre. Tout le village est venu regarder les danseurs (et les étrangers). Les enfants rigolent lorsque Tatiana revient avec une tenue traditionnelle Tharu. On nous sert du roxie à volonté. Quasiment toute |
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| l’équipe du Forest Hideaway est venue. Nous nous introduisons ensuite dans une des maisons en terre, un petit feu a été allumé au milieu de la pièce. On nous apporte des paillasses pour s'asseoir autour. Finalement, l’étroitesse ne permet pas d'accueillir tout le monde et on nous propose de nous installer dehors pour |
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déguster le diner que nos hôtes ont préparé. Ils nous apportent des dizaines (chacun) de petits récipients fabriqués avec des feuilles de bananiers. Dans chaque écuelle verte se trouve un met différent, à base de légumes, d’épices, de canard, de poulet, il y aussi des petits crabes de rivières, des escargots et, tenez-vous bien, du rat! Vient ensuite le riz et le fameux dal bat (purée de lentilles), le tout arrosé de roxie. Le chemin du retour est laborieux. Il fait froid. Nous sommes huit, assis dans une jeep ouverte. La brume, la |
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| pénombre d'une lune à demi pleine et la buée sur le pare brise réduisent considérablement la visibilité de Raj qui est au volant. Heureusement que Laurent ouvre l'oeil car on a bien failli se retrouver dans un talus! Marcos et Tatiana repartent le lendemain et deux américains arrivent, puis trois allemands dont Philip qui est en fait américain mais vit en Allemagne. Nous n'avons pas eu le temps d’échanger beaucoup avec Philipp mais suffisamment pour le trouver fort sympathique et nous garderons sans doute le contact. Tous repartent après deux nuits. Puis deux paysagistes anglais de l'ile de Jersey, Jeremy et Patrick, débarquent pour plusieurs jours. Nous bavardons au diner, autour du feu et lors d'une journée rando dans la jungle que nous partageons. Patrick a déjà beaucoup randonné au Népal où il vient pour la troisième fois et il est de bon conseil. Deux jours plus tard arrive celui que l'on surnomme Mister René, un oto-rhino-laryngologiste hollandais d'un soixantaine d'année, qui vient au Népal pour la seizième fois depuis 1983! Il a vu les changements opérés et regrette le temps où le Népal était encore partout comme ici à Bardia. D’après lui, l'authenticité et l'hospitalité sont encore ici comme elles étaient partout ailleurs avant le développement du tourisme et l'arrivée des télécommunications qui ont bouleversé les traditions autour de Pokhara et Katmandu, les deux principaux centres touristiques. |
Nos occupations |
| Réveillés à l'aube, nous restons au chaud sous la couette pour bouquiner. Vers 9 ou 10 h nous nous mettons en marche. De nombreuses corvées de linge (tous nos draps, housses, tais, torchons, serviettes, etc.) Quelle formidable invention est la machine à laver! Il y a un lavoir dans le fond du jardin, près du potager, avec des cordes qui sont en plein soleil toute la journée. L'eau est manuellement pompée du puits, encore faut-il connaître la technique. L'endroit est très plaisant et nous prenons goût à frotter notre linge à la main, comme dans l'ancien temps. Ensuite, nous travaillons un peu sur le site puis l'un de nous prend son vélo pour aller au |
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| village chercher de quoi se faire un bon brunch que nous prenons vers 12 ou 13h. L’après-midi, nous partons souvent en ballade, à pied ou à vélo. Nous ne nous |
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lassons pas de nous promener à travers champs, d'observer la vie des villageois. Selon l'heure de la journée, les activités varient. Les hommes coupent du bois dans la forêt, refont les toitures ou jouent aux cartes autour d'un thé. Les femmes battent le linge au bord de la rivière, nettoient la cour avec leur touffe de paille servant de balai, transportent sur leur tête de l'eau ou des ingrédients pour préparer les repas. Les uns et les autres se réunissent pour prendre des décisions communautaires. Au |
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| petit matin ou en début de soirée, la fumée se dégage de tous les foyers. Le feu sert à se chauffer mais aussi à cuisiner. Toutes les taches s'effectuent à l'aide d’ingénieux systèmes. Par exemple, une toile de jute suspendue par quatre cordes à un long bambou posé sur les épaules de deux hommes, un à chaque extrémité, sert à transporter de lourdes charges. Ils ont très peu d'outils mais plein de combines. Des culs de bouteilles en plastique coupées servent souvent de récipients ou de pelles. Certains récoltent dans les parcelles de taille modeste, séparées de petits talus de terre sur lesquels tous marchent et courent en parfait équilibre. À cette saison, on trouve essentiellement du blé, des fleurs de moutarde, quelques lentilles et des pois. La moutarde sert à faire l'huile utilisée pour cuisiner. Dans l'un des villages nous avons vu une grande presse servant à l'extraction. En période de mousson ils planteront du riz partout. Chacun a |
| également un petit potager garni d'herbes aromatiques, tomates, choux fleurs, radis, courgettes, pomme de terre, etc. Les maisons sont faites de bambous et de terre sèche. Le tout recouvert de pailles. Sur ces toits de chaumes, certains font pousser des énormes courges ou des citrouilles, d'autres y étalent les piments pour les faire sécher. Il y a des bergers et des bergères de tout âge qui errent sur les pâtures avec leurs petits troupeaux. Quelques vaches, buffles et chèvres fournissent |
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le lait, des poules pour les oeufs, des cochons et des canards pour la viande. Tout le monde participe aux nombreuses taches, même les écoliers que nous croisons souvent dans leurs petits uniformes bleus. Les enfants jouent aux billes et s'inventent toutes sortes de jeux, se fabricant par exemple un ballon de foot avec des vieux chiffons mis en boule et ficelés avec de la corde. Ils adorent nous saluer et leurs sourires nous emplissent de joie. |
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Au quatrième jour, nous décidons d'aller visiter le musée Tharu situé à l'entrée du parc. Il s'agit d'une grande pièce dans laquelle sont exposés divers objets de la vie quotidienne, essentiellement des outils traditionnels et des vêtements, ainsi que quelques bijoux. Des écriteaux racontent les us et coutumes Tharu, rien de bien transcendant après notre expérience au village l'autre soir. Le même ticket inclus la visite du centre des crocodiles. Bien que les voir en cage n'est guère réjouissant, nous sommes heureux d'y découvrir les Gharial, une espèce en voie d'extinction. Ils sont plus petits et leur gueule est très fine. Ils ne se nourrissent que de poisson. Nous restons un moment à les observer. |
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| Un autre jour nous avons longé l'une des rivières. En chemin, nous tombons nez à nez avec quatre jeunes filles portant du linge sur leur tête. Elles gloussent, nous lancent un timide Namasté et se retournent pour dire quelque chose à un jeune garçon qui apparaît avec un gros tas d'herbes fraiches dans les bras. Les jeunes filles poursuivent leur route mais le garçon se montre curieux et voit en nous l'opportunité de pratiquer son anglais. Il semble un peu gêné, comme s'il avait été pris en flagrant délit car il a coupé cette herbe à l'intérieur de la zone protégée du parc, nous l'avons vu passer la barrière. Il nous explique que c'est pour nourrir le cheval de son oncle chez qui il habite. Il a quinze ans. Il nous demande où nous allons et s'il peut nous accompagner, nous tentons de lui faire comprendre que nous marchons sans but, juste pour respirer l'air frais, écouter les oiseaux et humer toutes les odeurs de cette nature généreuse. Nous l'invitons à se joindre à la ballade. Il marche à nos cotés pendant presque une heure, nous racontant des tas de choses. Les crocodiles, très nombreux en cette saison, peuvent manger les enfants qui se baignent, nous alarme-t-il. En période de mousson, tout cette zone est inondée, l'eau recouvre complètement le chemin sur lequel nous progressons. Toutes les watchtowers (tour d'observation) que nous remarquons ne sont pas là pour décorer ou permettre aux touristes de voir les léopards (comme on nous a proposé une fois). Chaque nuit, il y a des hommes qui montent la garde car les rhinocéros et les éléphants sauvages ravagent les cultures. Il nous montre du doigt des oiseaux, des singes puis nous propose de poursuivre jusqu'à la ferme des éléphants que nous atteignons enfin vers 15h30. |
| Sans doute la meilleure heure puisque les éléphants domestiqués (uniquement des femelles qui s'accouplent avec des mâles sauvages) reviennent de leur promenade quotidienne dans la jungle, portant des gros morceaux de bois pour que leur maitre puisse faire du feu. Eblouis par tant de beauté et sérénité, nous ne nous apercevons même pas que notre jeune ami a filé. Sans doute a-t-il réalisé que son oncle devait toujours attendre le tas d'herbe fraiche qu'il avait dissimulé derrière un arbre pour nous accompagner. |
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| Nous ne connaitrons jamais son nom, nous ne l'avons jamais revu mais nous avons beaucoup apprécié sa compagnie. Nous contemplons le spectacle, deux rivières se rejoignent, une barque creusée dans un tronc sert de “ferry” pour les paysans qui reviennent eux aussi de la jungle...
Un matin vers 7h30, une voie timide lance un “good morning” derrière la porte de la Roulotte sur laquelle il n'ose pas frapper. Nous répondons. L'un des employé du Forest Hideaway est venu nous prévenir qu'il y a un leopard non loin. Laurent lui demande où. D'un geste évasif, ce dernier lui indique une direction puis repart. Nous nous empressons d'enfiler quelque chose de chaud pour aller scruter l'animal que nous cherchons désespérément des yeux sans succès. Le jeune venu nous avertir a disparu et nous sommes comme deux imbéciles, frustrés d’être sortis de sous la couette pour rien. Nous rentrons à la Roulotte pour nous blottir à nouveau et poursuivre nos lectures. À peine installés qu'on nous interpelle à nouveau. Cette fois-ci, il s'agit d'Indra, il est plus précis que l'autre. Le léopard a été repéré près d'une maison à environ 300 mètres (nous pouvions toujours chercher!). Plus ou moins encerclé par les villageois et effaré, il y est toujours là-bas. Indra tient son téléphone en main, son ami vient juste de l'appeler pour confirmer. “Take the bikes” ajoute-t-il. Rebelote, on s'empresse d'enfiler un pantalon et des chaussures et de défaire les cadenas des vélos. Mais lorsque nous arrivons enfin à destination, une vingtaine de villageois s’éparpillent déjà, chacun retournant à ses occupations parce que le léopard a fini par prendre la poudre d'escampette! Tant pis! |
Sur les traces du tigre |
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Au neuvième jour (ce qui ne manque pas d'intriguer nos hôtes), nous décidons enfin d'aller explorer la zone protégée du parc national (la vérité est que ça coûte cher pour notre petite bourse). C'est Indra qui nous sert de guide. Nos amis anglais, Patrick et Jeremy, sont accompagnés de Santa et nous passons une bonne partie de la journée tous ensemble. À 6h30, nous avalons un petit dej. À 7h nous sommes en route. Le soleil se lève à peine, colorant légèrement le ciel d'une |
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| nuance rose. La plaine est recouverte d'une brume qui ne tarde pas à se dissiper avec la brise et les rayons lumineux qui percent progressivement. Nous signons le registre à l'entrée du parc et commençons notre quête, sur les traces du tigre... Bien que nous connaissons peu l'Afrique, le paysage nous évoque la savane des documentaires animaliers que nous avons pus voir à la télé, de hautes herbes sèches sur une étendue plane ponctuée de grands arbres dont les feuillages s’étendent en largeur. Nous étions à peine entrés |
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dans le parc lorsque Santa, Patrick et Jeremy, à une quinzaine de mètres devant nous, s’arrêtent net, ne faisant plus un bruit. Nous comprenons qu'ils ont vu quelque chose. Patrick se tourne vers nous en faisant de grands gestes, un bras à l'horizontal et l'autre centré à la verticale, formant la lettre T. Peut-être parce que nous étions mal réveillés, il nous a bien fallu une minute pour comprendre ce que notre compère voulait dire... T pour Tiger (ou Tigre) bien sûr! Tous immobilisés, maitrisant au mieux notre respiration pour éviter d’être repérés, nous attendons quelques minutes mais le tigre est déjà loin. Nous rejoignons nos amis, ils sont excités mais un peu déçus de n'avoir aperçu que les pattes arrières et la queue. Nous grimpons tous sur un tronc d'arbre mort, espérant le voir à travers les hautes herbes. Nos guides se consultent en népalais, mettant sans doute au point une stratégie pour remonter sa trace. La journée s'annonce prometteuse et nous sommes déjà au comble de l’excitation. Nous nous divisons pour une heure ou deux, chacun avec son guide. Nous quittons les pistes pour emprunter un chemin étroit à travers la végétation dense. Laurent s’arrête soudainement, nous entendons le tigre. Il est tout prêt. Je suis tétanisée, j'ai envie de voir la bête mais j'avoue être envahie d'une angoisse incontrôlable. Indra nous fait signe de le suivre doucement, nous nous baissons légèrement pour ne pas être vus. Nous montons à nouveau sur un tronc d'arbre couché et là, je l’aperçois, à quelques mètres à peine! Il avance rapidement, ayant senti notre présence. Je n'entrevois que son oreille droite, son dos et un petit morceau de sa queue. Mon coeur bat si vite que je peux à peine respirer. Cela se passe en quelques secondes seulement. Laurent, qui avait joué les galants en m'aidant à grimper sur l'arbre, est arrivé trop tard pour admirer cette forme, floue mais somptueuse, orange rayée de noir et de blanc. De sa démarche souple, le tigre se faufile à travers la jungle.
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| Nous poursuivons notre marche, espérant le recroiser. En chemin, nous contemplons la beauté d'une nature sauvage où vivent encore quelques espèces en voie d'extinction. Nous retrouvons nos amis British plus loin et poursuivons la route ensemble. On leur raconte notre histoire. De leur coté, ils ont entendu trois fois le tigre. Ils ont trouvé des excréments qui dataient de moins d'une demi-heure, de même que des traces mais il n'ont pas revu le félin... Les tigres sont incontestablement l'attraction principale de Bardia mais il y a plein d'autres animaux, et nous sommes chanceux. Alors que nous arpentons le lit d'une rivière |
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sèche, nous tombons nez à nez avec un rhinocéros femelle et son bébé. C'est Indra qui les a repérés, nous étions tous passés devant sans les voir. Lorsqu'il attrape mon bras pour m'alerter, je panique instantanément (repensant au tigre) et m’apprête à courir bêtement dans la direction opposée. Laurent m'encercle immédiatement de ses bras, m’empêchant de faire des gestes brusques pouvant provoquer la bête. Indra nous fait signe de le suivre. Nous nous plaçons sur la |
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rive d'en face, afin de pouvoir grimper le talus, au cas où le rhino déciderait de nous charger. Décidément, je suis une bien piètre aventurière, la vie sauvage m'effraie! Petit à petit je me détend (prenant tout de même la précaution de choisir la direction que je prendrais en cas d'attaque). Quelques heures plus tard, nous recroisons la maman rhino et son petit, nous passons un long moment à les observer, cette fois-ci en toute sérénité, perchés sur une sorte de petite îlot.
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| Nous avons également rencontré un crocodile tout jaune. Indra nous explique que l'eau de la rivière est chargée en fer, on remarque des nappes de mousses de couleur ocre et rouge, d'où l'étrange couleur de notre ami crocodile. Nous faisons une pause dans une tour d'observation. Nous sommes bientôt rejoint par un islandais, accompagné d'un guide népalais. Il plaisante en annonçant fièrement qu'il est bien plus rare de croiser un islandais qu'un tigre. C'est sa deuxième |
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| journée dans la jungle et la veille il en a vu deux. Nous échangeons nos “trophées” (j'ai vu ceci, j'ai vu cela) puis nous repartons tous ensemble pour |
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rendre visite aux pitons (Indian Rock Piton) mesurant plusieurs mètres de long et vivant dans des énormes troncs d'arbres morts autour desquels ils ont sans doute élaboré un réseau de tunnels. Nous en découvrons à deux emplacements différents, peu éloignés. Le second est au milieu des herbes, nous l'observons depuis un tronc couché sur lequel nous sommes tous montés. Je suis entourée de sept hommes, tous confiants tandis que je ne me sens pas très rassurée (je me cache bien de leur dire). Puis, le piton se glisse |
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| dans la jungle. Les plus inconscients (l'islandais et Patrick) décident d'aller voir de plus prés malgré les avertissements des trois guides, mais rien ne se passe, ouf! Indra nous raconte qu'un piton avait mangé un homme du village, il y a une cinquantaine d'année. Le pauvre homme était tranquillement installé sur un lit de paille, il dormait. Le piton n'en a fait qu'une bouchée! Ceux qui ont lu le Petit Prince de Saint-Exupery savent sûrement que les boas peuvent avaler des animaux de taille considérable (bien que je ne sois pas convaincue qu'ils puissent manger un éléphant...). Ils mettent environ six mois à les digérer! Et bien c'est pareil pour les pitons. En regardant ce gros serpent, on se demande tout de même comment il arrive à s'enfiler tout un homme. Indra en a vu un manger un daim une fois, c'est leur principale source de nourriture à Bardia. C'était très |
| impressionnant nous précise-t-il. Les daims (ou cerfs) ne manquent pas ici, il en existe de plusieurs sortes. Au fil de la journée, nous en croisons des dizaines si bien qu'à force, on ne s'extasie plus autant qu'au début mais c'est toujours plaisant de les rencontrer. Ils sont magnifiques, parfois majestueux (ceux qui ont des grands bois surtout), toujours farouches et extrêmement gracieux. Nous sommes les seuls à ne pas être munis de jumelles. On nous en prête régulièrement, ce qui est drôlement pratique, notamment pour observer les |
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oiseaux. Sur la rivière, nous sommes ébahis par des canards sauvages (oiseaux migrateurs) dont le vol plané à ras de l'eau est d'une beauté indescriptible. Nous avons vu deux sortes de Kingfishers dont un d'un bleu sublime. Nous avons également vu un aigle et bien d'autres oiseaux dont nous n'avons pas retenu les noms. Plus commun mais non moins drôle à examiner, des dizaines de singes nous ont surpris, tombant des arbres au moment où l'on s'y attend le moins. |
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| Toute la journée, nous gardons l'oeil ouvert, repérant les empruntes et les excréments (maintenant, nous savons parfaitement distinguer une crotte de rhino d'une crotte d’éléphant!). Malgré les conseils du guide, je panique tandis que Laurent reste zen comme à son habitude. Ce n'est pas faute d'avoir été attentive aux conseils prodigués. Si vous croisez un tigre, le mieux est de rester calme et de s'éclipser en reculant tranquillement. À priori, ils n'attaquent pas les hommes. Toutefois, s'ils sont accompagnés de leurs petits et qu'ils se sentent menacés, ils peuvent se montrer agressifs. Saviez-vous que les tigres mâles sont capables de manger leur propre progéniture, cruelle nature... Quant aux rhinos (mon autre source d'angoisse), ils n'attaquent pas plus, sauf s'ils se sentent menacés. Si vous vous faites charger, la solution est de grimper, sur un arbre ou un talus. Raj nous a raconté qu'une dame de soixante-dix ans avait été tuée par un rhino il y a trois semaines, alors qu'elle coupait de l'herbe pour nourrir ses chèvres. La femelle |
| rhino était accompagnée de son petit, peut-être est-ce elle que nous avons croisée... Au retour, nous traversons des pâtures brulées, quelques troncs sont encore enflammés. Les fumées s’élèvent tandis que le vent transporte des particules noires, les cendres. Indra nous explique qu'ils brulent volontairement ces herbes trop sèches afin qu'une herbe fraiche repousse, pour les animaux. Ce paysage de désolation n'est pas déplaisant. Nous arrivons au lodge vers 18h, épuisés par cette incroyable journée, riche en émotions. Merci Indra. |
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Good-bye Bardia |
| Nous serions bien restés quelques jours de plus mais nous n'avons plus d'argent et la banque la plus proche est située à 105 km, un peu loin pour faire l'aller-retour en vélo. Nous décidons de partir, non sans un brin de tristesse, comme toujours accompagnés de l'enthousiasme des nouvelles découvertes qui nous attendent. Nous sommes prêts à poursuivre notre épopée népalaise... Good-bye Bardia! |
Six jours à Lumbini |
Sur les traces de Siddhârtha... |
Il était une fois, en 561 avant Jesus-Christ, un royaume niché sur les contreforts de l'Himalaya. Dans ce royaume de Koshala vivait un enfant prénommé Siddhârtha. Son père dirigeait la principauté. Sa mère, la reine Mâyâ, avait accouché debout, adossée à un figuier. Elle mourut une semaine après lui avoir donné le jour. Ce figuier n'existe plus aujourd'hui mais certains pensent qu'il se trouvait ici, à Lumbini. Pourquoi cherche t-on à identifier le lieu de naissance de cet enfant? Tout simplement parce que cet enfant n'est autre que Bouddha. À la mort de sa mère, sa tante Mahâprajâpatî (qui deviendra la première nonne bouddhiste) prit en charge son éducation. Siddhârtha n'avait connu que le luxe de la vie de la cour et ne connaissait rien des misères de l'humanité. Un jour, par une belle matinée de printemps, il décida d'aller se promener aux alentours de son palais doré. Il fit alors quatre rencontres qui allaient bouleverser sa vie. Chevauchant son splendide cheval blanc, il rencontra un vieillard, un malade, un cadavre et un mendiant. Cette découverte bouscula son insouciance et sa tranquillité d'esprit. Jusque là il n'avait connu que les bons côtés de l'existence et ne s'était jamais trouvé face à la vieillesse, la maladie, la mort et l'indigence. C'est à ce moment qu'il entrevit sa vocation et, à l'âge de 29 ans, il se retira loin des siens pour se consacrer à la méditation qui le conduisit plus tard à l'éveil. |
| En 1896, des archéologues, guidés par le carnet de voyage du pèlerin chinois Faxian, découvrirent ici un grand pilier de pierre de six mètres de haut qui aurait été érigé par Ashoka en 249 avant J.C. pour commémorer la naissance du Bouddha. Le pilier porte une inscription indiquant que l'empereur était venu en visite officielle dans la vingtième année de son règne. Cependant, aucune trace du site de Kapilavastu (la cité où se trouvait le palais) n'a été retrouvée à proximité. De récentes découvertes remettent en doute la localisation de Kapilavastu que certains situent à Piprâwâ, dans l'Uttar Pradesh, en Inde. Toujours est-il que le site de Lumbini est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1997 et des milliers de pèlerins y viennent chaque année. Des ruines de monastères datant de différentes époques ont été excavées et le temple Mayadevi a été construit autour. Les jardins qui l'entourent sont recouverts de drapeaux de prières colorés reliant de grands arbres aux pieds desquels les pèlerins s’assoient pour méditer. C'est le projet de l'architecte japonais Kenzo Tange qui fut retenu en 1978. Ce dernier se compose de trois zones: le jardin sacré dont nous venons de parler, la zone monastique (divisée en deux, Est et Ouest) et le village permettant d'offrir les commodités nécessaires aux visiteurs. Avant il n'y avait rien ici, que des champs. Lumbini reste très tranquille et la zone de développement est en |
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perpétuel changement, au fur et à mesure des dons faits par différentes institutions bouddhistes de par le monde. Chaque temple représente donc un pays. Dans la zone Est, il y a le beau temple de marbre blanc thaïlandais, le dôme doré birman (Myanmar), il y a également des temples financés par le Vietnam, le Sri Lanka et le Cambodge (en construction). Dans la partie Ouest, se trouvent les temples érigés par l'occident dont l'Allemagne et la France. Cet immense parc est très agréable pour se promener à vélo, ce que nous avons fait à deux reprises. |
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Nous goutons au luxe... |
| Nous sommes arrivés à Lumbini par une petite route, après avoir traversé plusieurs villages. Un panneau indiquait l’hôtel Lumbini Hokke à droite, la description du Lonely est flatteuse, très clairement, il s'agit d'un hôtel de luxe (il est même équipé d'un héliport!). Laurent suggère d'aller voir. C'est une sorte de resort qui a l'avantage d’être en retrait, en plein milieu des champs, non loin de la pagode de la paix dans le monde (World Peace Pagoda). Deux énormes portes |
| s'ouvrent et nous pénétrons dans un jardin très bien entretenu, un paon est perché sur une roue de bois. Non seulement on nous propose de nous garer gratuitement mais quelques heures plus tard, le directeur (un peu enivré il faut préciser), nous offre carrément une chambre. Gênés et surpris, nous ne savons trop quoi penser. Une heure (et quelques verres) plus tard, il revient à la charge, cette fois-ci, clefs en mains! Il insiste tellement que nous acceptons et nous voilà donc |
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| dans une chambre de style japonais pour trois nuits. Le propriétaire de l’hôtel est japonais ( et ne vient qu'une fois par an et encore), il a monté cette petite chaine hôtelière implantée sur le chemin de la vie de Bouddha. Il y a une salle de prières et un jardin japonais avec des nénuphars. La plupart des chambres sont également de style japonais. Tout excités à l'idée de profiter de ce luxe, nous prenons chacun un bain chaud puis nous enfilons des kimonos. Au bout de trois nuits, ils ont besoin de la chambre pour un grand groupe qui débarque pour la nuit. Ils ne nous la redonnent pas le jour suivant, c'est compréhensible (l'ivresse avait disparu). Sincèrement, nous sommes ravis d'avoir gouté ce luxe mais nous ne sommes pas mécontents de retrouver notre Roulotte (on y dort mieux!). Nous |
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continuons à profiter des lieux pour quelques jours. Les repas sont bien évidement plus chers que ce que nous avons l'habitude de payer mais nous restons très raisonnable. C’est bon, servi dans de la belle vaisselle et nous apprécions ce confort auquel nous ne sommes plus trop habitués. Au final, ça ne nous est revenu qu'à 20 euros par jour à deux (il faut dire que j'ai eu une rage de dents pendant trois jours et du coup, je n'ai presque rien mangé). |
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Avant d'arriver à Lumbini, nous avions bivouaqué dans une forêt. Vers 21h, nous avions entendu un bruit étrange, comme des personnes qui rient, chantent ou hurlent. Vers 3h du matin, le même son se déplaçait autour de nous. C'est ici, à Lumbini, que nous avons compris qu'il s'agissait de chacals! Il y en a plein et nous les entendons toutes les nuits. Ils se déplacent en meute et, lorsqu'ils sont tout prêts, nous ne sommes pas toujours rassurés. Ils peuvent être agressifs nous dit-on. Nous ne les avons jamais vus (c'est pas faute d'avoir essayé deux ou trois fois) mais nous connaissons bien leur cri...
Nous tenons à remercier toute l’équipe du Lumbini Hokke Hotel, en particulier Subash Sharma qui nous a offert trois nuits gratuites et des douches chaudes à volonté pendant toute la durée du séjour. Dhanyabaad, merci! |
Belles rencontres |
| Encore une fois, ce n'est pas tant l'endroit qui a retenu notre attention, mais plutôt les rencontres que nous y avons faites. Nous nous rendons au temple de Mayadevi, lieu de naissance de Bouddha, en empruntant les chemins de la zone |
| monastique Est. Tandis que Laurent prend en photo les drapeaux de prières flottant à travers les rayons lumineux, je m'assois au pied d'un arbre. Je suis rejointe par trois hommes. Celui qui m'adresse la parole est un moine tibétain curieux de connaître mon pays d'origine. Dès que je prononce le mot France, il appelle son ami François qui est, vous l'aurez deviné, français. Laurent nous rejoint et nous partons dans une longue conversation au cours de laquelle François nous |
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| confie quelques anecdotes. Originaire du Doubs, il doit avoir la cinquantaine, un drap blanc enroulé autour du corps. Nous lui demandons s'il est bouddhiste, il répond positivement tout en laissant paraitre un soupçon de doute. Depuis 30 ans, il a passé beaucoup de temps en Inde mais il lui est récemment arrivé une mésaventure qui l’empêche d'y retourner, à son grand regret. Il a eu quatre filles avec une première femme et deux garçons avec une autre, une suédoise. Il a vécu trois ans en Inde avec ses deux fils. Un jour il s'est fait arrêter pour détention illégale de drogue douce et la galère a commencé. Le fin mot de l'histoire est qu'il s'est retrouvé en camp de déportation, accompagné de ses deux gamins, alors âgés de 5 et 7 ans. Dans ce camp, les détenus étaient majoritairement des pakistanais, certains attendaient d’être déportés depuis des mois, après avoir fait des années de prison... d’après François, les enfants ne se sont pas trop rendus compte de la chose. Ils se sont crus en camp de vacances car tous les pakistanais étaient ravis de voir deux marmots et ils passaient leurs journées à jouer au foot et aux cartes avec eux. Pour lui, ces trois semaines ont paru une éternité. Il ne s'est pas senti soutenu par l'ambassade de France qui n'a rien fait, si ce n'est informer l'ambassade de Suède (puisque ses enfants ont la double nationalité). François avait peur que les suédois lui prennent ses enfants et le laisse dans son pétrin mais il n'en fut rien. Un représentant suédois est venu au camp et quelques jours plus tard, ils ont pu sortir pour prendre un avion qui les ramenait en France. Depuis, il est sur la liste noire et il lui est impossible de retourner en Inde. Il est venu au Népal, espérant ruser et passer en Inde pour rejoindre sa copine mais ce n'est pas gagné... Nous parlons de bien d'autres choses, nous évoquons nos sentiments concernant l'Inde, le voyage, la vie. Puis François se retire pour méditer tandis que nous reprenons l'anglais pour converser avec Ouyan, le moine tibétain. Ce dernier nous propose d'aller boire un thé et nous présente son ami (le troisième homme), Pedro. Pedro est colombien, il est né à Medellin et lorsque nous nous exclamons en coeur “we love Medellin, we love Colombia”, il est très surpris. C'est la première fois qu'il rencontre des étrangers connaissant son pays, sa ville. C'est la première fois qu'on lui sort un “chevere” (terme espagnol signifiant cool, très utilisé en Colombie) plutôt qu'un “oh, it must be so dangerous there”. Nous échangeons quelques phrases en espagnol mais il convient de choisir l'anglais pour nos échanges, pour ne pas exclure Ouyan. Nous clamons les louanges de la Colombie, pays que nous adorons. Pedro est surpris que nous ayons visité tous ces endroits et que nous connaissions si bien la géographie et l'histoire de son pays. Il est à Lumbini depuis un mois et dans la région (Inde et Népal) depuis huit mois, converti au bouddhisme. Nous prenons quelques thés (que Pedro insiste pour nous offrir) et philosophons sur le monde. Ouyan nous raconte quelques légendes tibétaines. Il nous parle du Sikkim, un petit état indien coincé entre le Népal, le Bhoutan et le Tibet dans lequel nous aimerions nous rendre (il faut un permis spécial). Nous aimerions également nous rendre au Bhoutan mais c'est beaucoup trop cher pour nos petits moyens et justement, Ouyan nous dit que le Sikkim est très similaire. Il a passé plusieurs mois à méditer dans des monastères bouddhistes, au Sikkim et au Bhoutan. Il évoque la politisation de certaines figures bouddhistes qu'il déplore. Bref, imaginez un tibétain, un colombien et deux français refaisant le monde en quelques heures... |
Deux semaines au parc national de Chitwan |
Nuit d'ivresse villageoise dans la jungle |
| Nous arrivons à Chitwan en fin d’après-midi. Nous quittons la route bitumée et bifurquons vers le sud pour rejoindre le Jungle Island Resort. Après une bonne dizaine de kilomètres de pistes chaotiques, nous arrivons devant le panneau indiquant ce lodge qui, comme son nom l'indique, est situé sur une île en pleine jungle. Nous nous garons au bord de la rivière et sommes bientôt rejoints par deux hommes approchant sur un petit canoë en bois. Nous leur expliquons que nous souhaitons passer la nuit dans notre Roulotte et venir sur l'île pour dîner. Notre interlocuteur semble déboussolé, il essaie désespérément de téléphoner mais il n'y a pas de réseau. Il nous invite alors à monter sur la barque pour |
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rejoindre l'autre rive et rencontrer directement le directeur des lieux. C'est un endroit splendide que nous vous conseillons vivement (un peu cher pour nous mais tout à fait abordable pour la majorité). C'est la première fois qu'ils voient des étrangers arriver jusqu'ici avec leur propre véhicule et ce brave homme est bien embêté. Il nous précise qu'il faut payer l'entrée du parc et demander la permission aux autorités concernées. En attendant la réponse, nous commandons une bière. Nous |
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| nous installons en terrasse d'où nous admirons la vue sur la rivière, le vol des canards, le bain des éléphants, le tout accompagné des bruits de la jungle dont de nombreux singes, des oiseaux et deux rhinocéros en train de fricoter derrière les hautes herbes (c'est fou ce que c'est bruyant!). Quelques coups de téléphone plus tard, notre hôte revient pour nous annoncer la mauvaise nouvelle. Si nous passons la nuit dans la Roulotte, il faudra payer l'équivalent de 15 euros par personne et il faudra lever le camp au matin. De plus, il est formellement interdit de sortir de notre véhicule car il y a beaucoup d'animaux et c'est dangereux. Trop cher pour nous, surtout que nous ne pourrons pas vraiment profiter de l'endroit. Ravis d'avoir découvert ce petit coin de paradis, nous finissons nos verres et repartons vers la pirogue qui nous ramène à la terre ferme. Le soleil se couche déjà et nous n'avons ni l'envie ni le courage de parcourir les 45 km nous séparant de Sauraha. Nous sortons de la zone protégée (et payante), et nous nous arrêtons au premier village, à la première demeure. Une femme nous propose de nous garer sur sa propriété et nous cuisine un dîner pour 3 euros à deux. Il y a là un homme nommé Lama. Il est chauffeur. Ses clients sont actuellement sur l'île et il va dormir ici avant de les récupérer demain. Il boit du roxie, le fameux alcool de riz local, et nous en commandons deux verres pour trinquer avec lui. Son anglais est extrêmement limité si bien que nous avons vite fait le tour des conversations possibles. Peu importe les paroles, l'ambiance est paisible, l'accueil chaleureux, les sourires sincères, tout y est. Nous nous laissons enivrer avec deux verres de ce vin local. À notre arrivée, un petit groupe s'était formé autour de nous mais chacun est maintenant retourné chez lui. En plus de Lama, il y a la famille chez qui nous sommes. Le père est dans un fauteuil roulant, le seul que nous ayons vu depuis bien longtemps. La mère et la fille âgée de 18 ans sont occupées “en cuisine” (petit feu allumé dans un coin de la cour) mais elles participent aux échanges, de loin. Il n'y a pas d’électricité, une bougie éclaire nos verres tandis que tout autour se trouve la pénombre de la jungle. La jeune fille parle mieux anglais que Lama et nous entendons régulièrement sa voix douce, elle comble les trous en lui soufflant des mots, sans jamais se montrer à la lumière... Nous lui proposons de se joindre à nous à plusieurs reprises. Elle a vraisemblablement envie de communiquer, mais elle refuse timidement. Elle doit aider aux tâches ménagères sans doute. Son petit frère doit avoir 10 ans, lui aussi maitrise quelques phrases en anglais, il nous sert le roxie conservé dans un énorme bidon bleu. Alors que Laurent s'éloigne légèrement du foyer, nos hôtes le retiennent car il ne faut pas s'aventurer dans la jungle en pleine nuit, même à quelques mètres des habitations! Nous sommes surpris qu'ils soient aussi prudents. Apparemment, plusieurs rhinos ont été repérés dans les parages et tous les villageois sont sur leurs gardes. Après cet agréable moment de partage et de simplicité, nous allons nous coucher. Au matin, nous réglons notre note et roulons doucement dans la brume épaisse, observant les habitants qui s'agitent un peu partout. La plupart des écoliers sont prêts à partir, vêtus de leur uniforme, ils attendent le bus sur le bord du chemin. |
Humeur maussade à Sauraha |
| Alors que nous passons sur une bosse au ralenti, un bruit de métal se fait entendre, nous sentons immédiatement que la Roulotte bouge davantage sur le coté gauche. Nous nous arrêtons quelques mètres plus loin et faisons le tour pour identifier le problème. Laurent ne met pas longtemps à découvrir que la barre de suspension est cassée. Heureusement pour nous, nous traversons la ville de Narayangarh et il y a un garage à deux ou trois cents mètres. Nous nous y rendons. Bien évidement ils n'ont pas la pièce et il est peu probable que nous la trouvions ailleurs qu'à Katmandou. Plus de six heures pour dévisser huit boulons, enlever la pièce, la souder et remettre le tout en place. Une dizaine de jeunes hommes, toujours qu'un seul qui bosse et les autres qui le distraient. Voilà qui nous tracasse et nous oblige à repenser notre itinéraire et nos projets...
Nous arrivons à Sauraha par un chemin caillouteux car la route est en travaux, la suspension à l'air de tenir. Nous nous arrêtons au bord de la rivière pour lire le Lonely et décider d'une direction alors que deux choix s'offrent à nous. Un homme en moto nommé Ganesh nous interpèle. Il tient un lodge qui vient tout juste d'ouvrir et qui se situe non loin de la rivière. Il est presque 17h, nous n'avons rien mangé de la journée, nous sommes épuisés, nous choisissons la facilité, suivons-le! Finalement nous nous installons au Safari Club, peut-être pas le meilleur choix après réflexion mais nous n'avons pas le courage de changer et puis ce n'est pas si mal, c'est calme.
Dès le lendemain, nous explorons les alentours. Il y a plus de 60 lodges à Sauraha et le tourisme de masse nous laisse un goût amer. Des bus déversent des dizaines de touristes chaque jour. Nous ne sommes plus habitués à ça. Après la douceur de Bardia, nous admettons être un peu déçus. Le moral n'est pas au beau fixe. Soucieux de changer notre suspension et contrariés d’être obligés de nous rendre à Katmandou, nous tergiversons sur bien d'autres choses. Nous plongeons tout deux dans la nostalgie du pays et d'une vie sédentaire, nos familles et nos amis nous manquent. Une chose en entrainant une autre, nos enceintes se mettent à mal fonctionner, les employés de l’hôtel sont gentils mais exclusivement dans une démarche commerciale, ce qui a le don de nous irriter. Chitwan nous paraît bien triste comparé à Bardia et notre humeur maussade n'arrange rien. |
Le bain des éléphants |

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| Dès le deuxième matin, notre ciel s'éclaircit alors que nous nous rendons à la rivière pour observer le bain des éléphants. Au fil des deux semaines passées ici, nous avons passé plusieurs matinées à admirer ce spectacle en sirotant un thé. Confortablement installés sur les transats du Chitwan Bar, sur une sorte de ponton aménagé, nous ne nous lassons pas de voir ces colosses de quatre ou cinq tonnes barboter dans l'eau, tandis que leur maitre les frictionne avec une pierre. Ça |
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commence vers 10h et se poursuit souvent jusqu'à 12h, généralement cinq ou six éléphants se succèdent ou parfois se baignent en même temps. Vers 10h30, il y a toujours un ou deux mini-bus qui déversent des groupes de touristes. L'endroit perd alors toute sa tranquillité, les bruits et les mouvements sont omniprésents, les gens nous obstruent la vue sans même s'en rendre compte. Certains touristes vont se baigner avec les éléphants, c'est toujours le même rituel. On les fait |
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| monter dessus, puis l’éléphant les arrose avec sa trompe. Ils sont trempés et tout le monde rigole. Régulièrement, il y en a un ou deux qui tombent à l'eau. Tout ce remue-ménage s’éternise une bonne demi-heure puis ils remontent tous dans les bus et nous retrouvons le calme et la sérénité. Krishna, le patron du Chitwan Bar, nous propose de nous baigner avec les éléphants à plusieurs reprises mais nous préférons les regarder. Dilek (qui bosse ici) nous donne tous leurs prénoms et nous conte |
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| des anecdotes pas toujours très rassurantes. Il y a quelque mois, un touriste japonnais en lune de miel est mort en voulant donner des bananes à un éléphant qui lui a marché dessus. Maduri Kali, la femelle la plus grande, a mauvais caractère, Dilek nous montre un énorme trou qu'elle a fait, sur l'autre rive de la rivière. La baignade des touristes avec les éléphants a été interdite pendant six mois, jusqu'à ce que les travailleurs se mettent en grève car pour eux, les généreux pourboires laissés par les touristes représentent un complément de revenu considérable. Tandis que les éléphants se toilettent, des femmes |
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s'occupent de laver leur linge, des jeunes enfants nus se frottent avec du savon avant de plonger pour s'amuser avec leurs amis. Nous admirons également de nombreux oiseaux dont des canards sibériens qui ne vont pas tarder à reprendre leur route vers le nord. Leur couleur dominante est une sorte de marron un peu ocre et doré. Leur vol est majestueux. Un jour, le silence a également été troublé par un hélicoptère qui semblait sorti de nulle part. C'est aussi au Chitwan Bar que nous avons fait la connaissance de quelques français. |
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Belle ballade à vélo |
| Le troisième jour, nous nous sentons déjà mieux et décidons de prendre les vélos pour nous rendre au 20 000 lake, un lac surnommé 20 000 parce que c'est le nombre de lacs qui serait à l'origine de la formation de ce grand lac. Nous nous perdons en chemin, ratons le pont puis revenons sur nos pas. Nous avons dû parcourir 25 km, la plupart sur des pistes caillouteuses. Une partie du chemin se fait à travers la forêt, c'est très agréable. On nous a dit qu'il y a beaucoup de crocodiles dans le coin mais nous n'en avons pas vus un seul. En |
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| revanche nous avons croisé quelques daims. Nous rentrons heureux de cette magnifique balade. Nous commençons à apprécier Chitwan, c'est différent de Bardia mais ça a son charme... |
Noyés dans la masse touristique: safari à dos d'éléphant et canoë |
| Après avoir négocié dur pour obtenir un prix qui nous semble raisonnable, nous prévoyons une journée typique de touriste, un safari à dos d'éléphant, une petite croisière en canoë suivie d'une petite marche à travers la jungle avant de rejoindre la ferme des éléphants. Laurent était déjà monté sur un éléphant en Thaïlande mais pour moi c’est une expérience nouvelle et j'en rêvais depuis longtemps. Nous avions hésité à Bardia mais nous nous étions dit qu'il fallait mieux garder des activités pour ici. Avec le recul, peut-être aurions nous mieux fait de faire ça à Bardia où nous aurions été complètement seuls. Enfin bon, c’était |
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une autre expérience, celle du tourisme de masse. Nous sommes arrivés vers 9h à l'endroit d'où partent tous les éléphants et il y avait là des dizaines de touristes de toutes nationalités qui attendaient leur tour. Quatre par éléphants, inconfortablement installés dans des sortes de mini boîtes en bois, chacun dans un coin. Nous partagions le notre avec un jeune couple népalais de Butwal (ville à 150kms d'ici environ). C'était vraiment l'usine, le travail à la chaine. La fraicheur et la |
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| brume matinale rendait l’atmosphère encore plus surréaliste. Contre toute attente (parce que nous étions nombreux et bruyants), nous avons vu deux rhinocéros, des sangliers, des daims, des singes et des oiseaux dont le fameux Kingfishers que nous avions déjà observé à Bardia. Finalement, ce fut un moment très agréable. De retour à l’hôtel, nous décidons d'aller prendre un thé à la rivière. Vers 14h, nous retrouvons notre guide. Une jeep nous emmène au canoë sur lequel nous voguons environ 45 minutes durant lesquelles nous |
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croisons de nombreux crocodiles dont un gharial! La balade est très plaisante, nous nous laissons bercer par le rythme du courant qui parfois s'accélère. Nous débarquons près d'un groupe de femmes munies de petits filets de pêche. Juste avant nous, il y avait un groupe d'une trentaine de personnes, nous nous regardons en pensant qu'ils vont sans doute faire fuir tous les animaux et réduire nos chances de les croiser. Nous marchons un certain temps, observant surtout la flore. Nous sommes seuls avec deux guides. |
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| Tilak, notre guide attitré, s'y connait bien en plantes médicinales, il nous submerge d'informations. Nous regardons de près les impressionnantes termitières, les toiles d'araignées et d'autres insectes. Les paysages sont sublimes et nous apercevons au loin de nombreux daims qui gambadent à travers bois. La |
| journée se termine à la ferme aux éléphants où nous ne restons pas longtemps car nous sommes tristes de les voir enchainés, essayant parfois de se déplacer mais ne pouvant faire plus d'un pas. C'est fascinant que les hommes puissent dominer de tels colosses. C'est incroyable comme ces femelles (car les mâles sont rarement domestiqués) se montrent dociles mais, comme dit Laurent, au prix de combien de coups de crochets... |
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Nous rentrons à Sauraha pour aller dîner avec deux couples français que nous avons rencontrés le matin même à la rivière et avec qui nous avons déjeuné le midi, un jeune couple (ou plutôt un couple de jeunes), et un couple un peu plus âgé. Ils se sont aussi rencontrés le jour même. Nous entendons parler français et décidons de nous incruster dans la conversation. Ambiance très sympa, nous passons des heures à jacasser de tout et de rien. Ils repartent tous le lendemain. Le soir, au dîner, nous partageons la table avec un Turc qui vit en Australie, Sarb. Nous le retrouverons le jour suivant pour dîner au Nepali Kitchen, le resto le moins cher du coin. |
Trois jours de trek dans les collines |
Nous avions prévu un trek de cinq jours mais l'orage nous a forcé à écourter notre périple. Nous sommes partis avec Tilak, le guide avec qui nous étions allés en safari l'autre jour. Nous nous sommes vite attachés à lui et à ses maladresses naturelles... La zone que nous partons explorer s'appelle Chepeng, dans les contreforts de l’Himalaya. Les népalais s'y réfèrent comme la région des “hills”, autrement dit des collines, mais pour des gens de la plaine comme nous, 2000m d'altitude, c'est déjà de la montagne!
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| Premier jour, vers 8h30, nous marchons jusqu'à la station de bus située dans le village voisin de Bacchuli. La brume matinale gorge l'air d'humidité et nous enveloppe d'une fraîcheur qui nous réveille en douceur. Nous croisons des ombres qui se précisent au fur et à mesure que les distances s'amenuisent. Des hommes, des femmes et des enfants commençant leur besogne quotidienne, des buffles qui labourent un champs, des chèvres qui broutent des feuilles. Les villageois démarrent leur routine alors que les coqs n'ont de cesse de chanter. Nous rencontrons également quelques éléphants, sans doute l'un des aspects les plus séduisants de Sauraha. Après plusieurs jours, nous sommes tellement habitués à les voir passer que cela ne nous surprend même plus. Nous marchons à quelques centimètres de leurs énormes pattes sans nous soucier le moins du monde de leur présence, c'est fabuleux! Nous arrivons à la gare routière, le temps de boire un thé bien chaud et nous voilà embarqués dans un bus qui prend la direction de Muggling. La route est sinueuse et étroite, le décor est spectaculaire. La rivière |
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que nous longeons est d'un bleu presque turquoise, nous admirons les fameux ponts népalais, suspendus comme des fils entre deux flans de colline. En chemin, nous constatons plusieurs accidents, un bus qui a plongé dans la rivière, des carcasses de véhicules dans le ravin, et un camion en équilibre, prêt à basculer au moindre coup de vent. Tout cela n'est pas très rassurant et je préfère quand Laurent est au volant! Nous sommes dans la cabine du conducteur, un ami de |
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| Tilak, il y a trois jeunes coréennes avec nous. Deux ou trois heures plus tard, Tilak nous fait signe. Nous descendons à Hodgi, point de départ de notre randonnée. Hodgi est situé à 309m d'altitude. Nous grimpons à travers un petit |
| sentier sur lequel nous tombons nez à nez avec quelques montagnards. Ils ou elles déboulent pieds nus, portant de lourdes charges tenues par une sangle posée sur leur front. Au fil de l’ascension, la vue est de plus en plus impressionnante, bien que le ciel soit un peu voilé. Nous reprenons notre souffle en admirant les paysages. Tilak poursuit notre instruction dans un domaine dans lequel il excelle, les plantes médicinales. Il nous raconte comment il a guéri tels ou tels maladie de peau, |
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| maux d'estomacs ou autres. Pour une même plante il est capable de nous énumérer trois ou quatre remèdes différents, utilisant les racines, les feuilles, les branches, en concoction, décoction, etc. Comme dirait Laurent: «une vraie pharmacie ce buisson!». Bientôt, nous traversons un premier village ou hameau, |
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puis un autre, et encore un autre. Des gens qui vivent isolés du reste du monde. Nous nous arrêtons un moment devant une maison en construction pour observer leurs méthodes. Tilak nous explique les différentes étapes d'édification de cet habitat typique, dont la solidité réside dans le mélange d'argile et de pierre. Il y a peu de hauteur sous plafond et des toutes petites portes, on se croirait chez les lilliputiens! Les toits sont parfois recouverts d'ardoises, on en voit beaucoup sur ces montagnes. D'autres préfèrent les tuiles. Nous |
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| passons devant plusieurs écoles et sommes surpris de voir autant d’enfants, où vivent-ils? Lorsque la journée se termine, nous les voyons se dissiper dans toutes les directions par des petits sentiers que nous n'avions même pas remarqués. Les silhouettes s'éparpillent dans la montagne alors que chacun rejoint sa maison. La plupart des versants sont aménagés, les fameuses cultures en terrasse. À cette saison, les champs viennent d’être labourés et semblent fin prêts à recevoir les |
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semences. Nous imaginons le décor dans quelques mois, lorsque toutes ces terres seront vertes et inondées. Certains enfants doivent marcher plusieurs heures par jour pour aller à l'école. Il semblerait que l’assiduité ne soit pas trop contrôlée, d'ailleurs les enseignants sont plus souvent absents que les élèves d'après ce qu'on nous dit. Non sans mal, nous arrivons à Hatiban, village situé à 1410m d'altitude. C'est ici que nous passons notre première nuit. Il n'y a pas |
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| d’électricité. Nous dormons chez l'habitant. Traditionnellement, toute la famille dort dans une même pièce, sur une planche de bois ou une natte de paille. Les nuits sont fraîches et nous nous blottissons sous une énorme couverture sans doute infectée de puces (nous étions couverts de boutons en revenant de cette expédition!). La communication est difficile mais Tilak parle bien anglais et nous sert d'interprète. Nous goûtons la nourriture locale, majoritairement concoctée avec |
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des légumes, des racines et des plantes, le tout accompagné de riz ou encore de “tido”, sorte de pâte de maïs. Il paraît que c'est plein de protéines mais c'est un peu fade à notre goût. Nous goûtons le buffle séché, un peu caoutchouteux. À deux reprises nous mangeons une sorte de riz en flocon, très sec, très fade et qui se coince entre les dents! Il nous a été servi une première fois avec une sauce piquante, puis dans du yaourt avec du sucre. Tilak propose également de nous faire |
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| goûter la chauve-souris grillée mais nous préférons décliner son offre! Nous sommes moins aventureux lorsqu'il s'agit de découvertes culinaires! Le lendemain, nous décollons vers 5h du matin, pour aller admirer le lever du soleil depuis les hauteurs. Il a plu cette nuit, le chemin est humide et glissant. Au bout d'une vingtaine de minutes de marche nocturne, des gouttes viennent nous chatouiller le visage. Notre guide, un ami de Tilak qui a préféré rester au lit, accélère le pas et nous arrête dans une maison pour que nous nous abritions. Il frappe à gros coups de poings sur la porte qui finit par s'ouvrir. Il y a là toute une famille maintenant réveillée qui s'active pour allumer un feu afin de faire chauffer de l'eau pour nous offrir un thé. Nous nous installons sur le perron en terre battue qui est protégé d'un toit de tuiles. Le soleil se lève déjà dans la vallée et les premières lueurs du jour révèlent les visages de nos hôtes que nous culpabilisons un peu d'avoir réveillés. Les enfants semblent se préparer pour l’école. Une petite fille récupère son uniforme trempé par la pluie et sali par la boue. Elle l'avait oublié dehors! La pluie a cessé de tomber et notre ami propose de reprendre la marche. Nous rejoignons le sommet le plus proche pour admirer |
| un soleil orangé aux nuances roses qui apparaît derrière la montagne. Nous sommes ensuite conviés dans une autre maison où nous goûtons des sortes de pois chiches grillés et du lait de buffle frais qui a le goût de fumé. Bien que nous trouvons cela un peu écoeurant, nous nous efforçons de le boire car il nous semble indécent de gaspiller. On nous a dit que le salaire moyen est de 30 euros par mois dans la plaine, ici ils gagnent moins que ça. Ils se nourrissent de leurs |
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récoltes et de leurs animaux. Nous observons les petites bouilles sales et craquantes d'une petite fille de 5 ans et de son petit frère qu'elle porte sur son dos. Ils nous observent également, timidement. Les poules picorent à nos pieds, les cochons se prélassent sous les premiers rayons de chaleur, nous voilà comme plongés dans un roman d'une autre époque. Vers 9h, nous redescendons au centre du village où Tilak nous attend. Nous prenons encore un thé, ainsi qu'un bol de muesli |
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| accompagné de yaourt fait à base de lait de buffle. Il a le même goût fumé écoeurant que le lait que nous avons avalé plus tôt. Laurent demande s'il y a du miel et nos hôtes nous servent celui des abeilles qui vivent dans le toit de leur maison. Nous quittons Hatiban pour rejoindre Jyandala, situé à 1500m d'altitude |
| environ, une heure et demie de marche à travers une végétation luxuriante. C'est à Jyandala que nous aurions passé la nuit si nous n’étions pas arrivés si tard hier. De Jyandala, nous ne sommes qu'à une heure de marche de Siraichuli, point culminant à 1950m d'où l'on peut voir toute la chaîne himalayenne nous promet-on (quand le ciel est dégagé, naturellement). L'idée était de s'y rendre le soir même ainsi qu'à l'aube du troisième jour, afin d'y admirer le coucher et le lever du soleil. Seulement voilà, le beau temps n'est pas au rendez-vous. Il fait froid et surtout, la couche nuageuse s'épaissit, bloquant bientôt toute la vue. Du coup, nous |
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passons la journée au calme, dans la maison de nos hôtes du deuxième soir. Nous partons faire une petite ballade dans l’après-midi mais rebroussons vite chemin pour ne pas nous laisser surprendre par la pluie. Le ciel gronde et nous espérons qu'il se calmera rapidement. L'orage éclate et le jour suivant, nous nous réveillons dans les nuages, on ne voit rien à moins d'un mètre! Nous sommes frigorifiés et les options qui s'offrent à nous sont peu attrayantes. Tilak propose de passer une journée de plus ici, |
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| peut-être que le ciel s’éclaircira demain et que nous pourrons gravir le sommet pour voir cette magnifique vue dont il nous a tant vanté les mérites. Tilak essaie de se montrer convaincant mais son naturel laisse planer de gros doutes sur la possibilité d'une amélioration climatique. À vrai dire, il est plus probable que la situation empire! Nous avons déjà passé toute la journée d'hier à flemmarder ici. On s'ennuie un peu mais surtout, nous avons froid! Nous ne sommes pas équipés pour ce climat, il faisait plus de 30° lorsque nous avons quitté Sauraha. La perspective de frissonner 24h de plus dans cette humidité ambiante, auprès d'un feu qui nous réchauffe à peine tandis que sa fumée nous pique les yeux, n'est pas très réjouissante. Nous décidons qu'il est préférable de redescendre dans la vallée où les températures sont plus douces. Tant pis pour Gorkha où nous devions nous rendre. Il existe apparemment un chemin pour rejoindre directement le Maoist camp, point d'arrivée d'où nous pourrons trouver un bus pour rentrer à Sauraha. Tilak n'est pas très motivé, il aime être dans la montagne et s’accommoderait bien d'une journée supplémentaire sous la couette à paresser! Il y a de fortes chances que nous soyons trempés mais nous voulons tout de même tenter le coup. Ce qui nous motive, c'est de retrouver le confort de notre Roulotte ce soir! Nous voilà donc partis dans une longue et difficile épreuve. Avant de pouvoir redescendre, nous remontons un peu. Au premier col, nous nous arrêtons quelques minutes pour nous abriter dans une école qui semble abandonnée. Les rafales de vent se font de plus en plus puissantes et nous hésitons encore à rebrousser chemin. Laurent est déterminé à poursuivre, Tilak préfère rester et moi je suis indécise. Je me range aux côtés de Laurent en ce qui concerne l'idée d'une nuit chaude et confortable sans insectes avec un bon repas. D'un autre côté, la danse effrénée de ces gros cumulus ne me dit rien qui vaille et j'appréhende un peu d’être bloquée en pleine montagne car la prochaine habitation est à plus de trois heures de marche. Tilak semble embêté parce que nous avons déjà payé pour cinq jours, mais comme nous lui signalons, nous n'allons pas nous arrêter à ce genre de considérations. Bon, c'est décidé, on se lance! La pente est raide et parfois dangereuse, nous apercevons bientôt la vallée dans laquelle nous nous rendons. Le simple fait de la voir nous rassure mais ce qui est à la portée de nos yeux n'est pas à la portée de nos jambes et la route est encore longue pour rejoindre la |
| plaine. Nous faisons une longue pause dans une autre école, le temps que les averses se calment. Un peu plus loin, elles reprennent de plus belles, nous nous réfugions dans une maison. Tilak demande aux habitants de nous donner des grands sacs en toile de jute ayant servi pour le grain. Nous les mettons sur le dos, protégeant un peu nos sacs et nos têtes. Les derniers kilomètres sont les plus pénibles. L'eau ruissèle entre nos jambes qui faiblissent et tremblent du manque |
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| d'assurance, tellement la pente est glissante. Nous avons les pieds trempés. Nos bâtons nous sont d'un grand secours. Lorsque nous arrivons enfin au village, c'est un soulagement. Tilak se renseigne, un bus part dans moins de deux heures. Nous nous installons dans un restaurant, changeons nos vêtements trempés et boueux pour des vêtements très humides, il fait froid. Nous mangeons des nouilles et buvons quelques verres pour nous réchauffer. La route est encore longue jusqu'à notre Roulotte. Après plusieurs kilomètres de bus sur des pistes chaotiques, nous sommes de retour à la civilisation avec cette incroyable invention qu'est l'asphalte. Nous prenons un autre bus pour quelques kilomètres puis nous finissons le trajet (15 km environ) à bord d'une calèche tirée par un cheval. Il pleut toujours et nous réalisons qu'il a autant plu dans la plaine que dans les montagnes. Il y a des flaques partout et nous sommes à nouveau mouchetés de boue. Heureux d'arriver enfin à l’hôtel, alors que le soleil est déjà bas, nous trouvons juste la force de négocier la gratuité d'une chambre pour la nuit, ce qui nous donne accès à une douche chaude fort appréciable. D'autant plus que la Roulotte est en plein milieu d'une énorme marre de boue. À défaut de se faire rembourser une partie de la somme, nous profitons de cette chambre pour une nuit et on nous offre tous les repas du lendemain. Nous passons la journée à laver nos affaires et la Roulotte. En fin de journée, les flaques se sont presque toutes évaporées et Sauraha retrouve l'aspect que nous lui avons toujours connu. Nous pensons à la mousson, la saison des pluies doit être terrible... |
Amélie, l'orphelinat de Bacchuli et l'association Soleil Vert |
| C'est Tilak qui nous avait parlé d'Amélie, “a French lady who volunteer in an orphenage” avait-il précisé alors que nous cherchions du monde pour partager les frais du trek... Il se trouve qu'Amélie est une habituée du Chitwan Bar où nous allons souvent, elle est amie avec le patron, Krishna. C'est là que nous l'avons vue la première fois. Elle n'était pas disponible pour la randonnée de cinq jours mais nous avions sympathisé et convenu de nous revoir à notre retour. Nous lui passons un coup de fil et nous voilà à nouveau réunis autour d'un thé, à jacasser de choses et d'autres. Nous voulons visiter l'orphelinat, elle nous y accueille avec plaisir et nous parle de tous les projets de l'association Soleil Vert pour laquelle elle oeuvre en tant que bénévole. Elle est là depuis plus de trois mois, pour sept mois au total. Elle est très attachée aux enfants qui semblent tout aussi attachés à elle. Nous la suivons à vélo jusqu'au village de Bacchuli où se trouve cette |
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grande maison verte récemment inaugurée, qui abrite pour le moment 20 enfants. La capacité d’accueil est de 30 enfants mais l'association attend des fonds pour pouvoir accepter de nouveaux locataires. Alors si vous pouvez mettre 10, 20, 30 euros (ou plus) par mois dans le parrainage d'un enfant népalais, contactez-les! La plupart ne sont pas orphelins au sens premier du terme. Il s'agit souvent d'enfants issus de milieux défavorisés et/ou venant de zones complètement |
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| isolées, dans les montagnes. Il faut 70 euros par mois par enfant pour assurer ses frais de scolarité et ses besoins (nourriture, vêtements, etc.). Les enfants sont tous scolarisés dans une école privée anglophone qui devrait leur donner de meilleures chances pour l'avenir. Il règne dans cette grande maison verte une ambiance joviale qui respire le bonheur et la solidarité. Bien sûr, il doit y avoir des hauts et des bas mais nous avons vraiment senti que les enfants sont heureux et reconnaissants. Ils n'ont pas eu de mal à retenir mon prénom car deux d'entre eux ont des marraines nommées Hélène. Ils connaissent les prénoms de tous leurs parrains et marraines. Puisque c'est une association française (en partenariat avec une association népalaise) qui gère cet orphelinat, il y a toujours beaucoup de bénévoles français.
Outre nos deux visites à l'orphelinat, nous avons vu Amélie à plusieurs reprises, notamment pour une soirée raclette mémorable... Amélie nous avait parlé d'un suisse installé ici depuis trois ans. Pour à peine plus de trois euros la portion de 200g, nous avons succombé à la tentation! Nous avons même pris une portion supplémentaire et commander une bouteille de vin rouge! C’était simplement divin! Merci à Amélie sans qui nous n'aurions jamais connu cet immense plaisir culinaire et avec qui nous avons passé de bons moments... |
Bye bye Chitwan |
| Nous sommes arrivés déçus et nous repartons conquis. L'aspect trop touristique mis à part, il règne à Sauhara et aux alentours, une ambiance paisible qui vaut la peine que l'on s'y attarde. Parmi les rencontres, nous avons été particulièrement touchés par Tilak avec qui nous avons partagé des moments forts que nous ne pourrions résumer par des mots. En quelques jours, nous avons lu en lui des tas de contradictions qui caractérise un peu la société népalaise actuelle. Lui qui affirmait haut et fort il y a encore une semaine, qu'il ne se marierait pas, nous annonce aujourd'hui qu'il est prêt à rencontrer la femme que ses parents lui ont trouvée... Son jeune frère se marie aujourd'hui, il voulait que nous l'accompagnions. Malheureusement, un groupe de touristes à débarquer au Safari Club (alors qu'il n'y a eu quasiment personne depuis deux semaines) et il est contraint de rester bosser. Nous sommes tristes qu'il manque le mariage de son frère. Nous sommes tristes de le voir se résigner à une vie qu'il ne désirait pas. Les népalais qui sont en contacts permanents avec les touristes occidentaux doivent faire face à une lutte intérieure très grande. Ils sont souvent partagés entre leurs rêves de liberté, telle qu'il se l'imagine dans le mode occidental, et la réalité qui s'impose à eux, se soumettre à certaines traditions encore profondément ancrées. Ils ne le voient pas mais nous ne nous sentons pas toujours libres. Certes, nous pouvons nous marier avec qui nous souhaitons mais nous nous créons des besoins matérialistes qui nous emprisonne parfois. On prend vite goût au confort moderne et ce dernier a un coût, il entrave notre liberté.
Quoi que la vie te réserve Tilak, nous te souhaitons bonne chance! Bye bye Chitwan... |
De Sauraha à Katmandou avec une suspension cassée |
| Nous quittons Sauraha plutôt confiants, notre suspension soudée tiendra le coup jusqu'à la capitale! Nous optons pour le Tribhuvan Highway (ce que les népalais qualifie d'autoroutes sont les routes goudronnées de deux voies), pensant passer une nuit à Daman d'où la vue est splendide d'après le guide. Effectivement, les montagnes sont magnifiques et malgré les soucis auxquels nous faisons face, nous essayons de profiter un peu de ces incroyables paysages. Peu après le premier col (plus de 2000m), que nous atteignons en empruntant d'interminables lacets, un grincement se fait entendre. La suspension ne tient pas, elle est tordue et le frottement fait un bruit inquiétant. D'autres bruits s'ajoutent et avec l’écho du châssis, nous ne sommes plus trop sûrs que ça vienne de la suspension. Nous sommes inquiets et nous nous arrêtons tous les 10 mètres mais ça ne change rien. Nous sommes en plein milieu des montagnes, il n'y a personne et il va bien falloir poursuivre. Plus loin, un grand craquement retentit et le bruit se transforme soudainement. Il n'y a plus que le son de la barre de suspension frappant une planche de bois qui se creuse à une vitesse grand V. Nous décidons alors de visser une petite plaque métallique pour protéger le bois et continuons en direction de Katmandou. Nous sommes rassurés, tous les bruits venaient bel et bien de la suspension. Nous prenons notre mal en patience, roulant au pas et supportant le vacarme. Il n'y a pas vraiment d'endroit pour se garer à Daman et puis nous préférons arriver au garage au plus vite, alors nous continuons à rouler. Nous ne sommes plus qu'à une vingtaine de kilomètres de Katmandou quand la nuit tombe, la route est dans un état déplorable. Nous passons deux barrages militaires de contrôle, puis nous nous arrêtons dans une station service pour dormir. De toute façon le garage est fermé à cette heure-ci... |
La Roulotte en réparation |
| Nous arrivons à Katmandou dans la brume matinale. À Sauraha, nous avions rencontré un couple de retraités suisses qui voyagent en camping-car, c'est eux qui nous ont donné l'adresse du garage dans lequel nous nous installons. Ils ont vu défiler pas mal de véhicules étrangers. Certes, c'est un peu plus cher qu'ailleurs mais ils sont capables de tout réparer et ils assurent! La priorité est de |
| changer la suspension. Nous optons pour des suspensions renforcées et décidons de remplacer les deux. Nous réglons également le problème des feux arrières. Ils nous fabriquent des petites boites métalliques peintes en jaune qui accueillent des feux tout neufs et bien fixés. Nous en profitons également pour faire la vidange et une petite révision, changer les filtres à air, à huile et à gasoil. Deux jours après notre arrivée, nous sommes rejoints par Rudy et Romy, les amis suisses qui nous ont refilé ce bon plan. Ils |
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s’installent là pour quelques temps, nous voilà donc voisins! Leur histoire est originale. Rody a travaillé trois ans au Népal dans sa jeunesse. Il s'agissait d'un projet d'aide au développement financé par le gouvernement suisse, il travaillait sur la construction d'une route. Avant de rentrer, il a adopté une fille, elle avait à peine trois jours lorsqu'il la pris pour la première fois dans ses bras. Alors qu'il se trouvait ici au Népal, quelqu'un acheta son combi Volkswagen qui était resté garé dans le jardin de ses parents. Drôle de coïncidence, quelques mois plus tard, il rencontra l'acheteur qui était venu jusqu'à Katmandou avec! Il était séduit par l'idée et depuis cet événement, Rody rêvait lui aussi de rejoindre Katmandou en véhicule depuis la Suisse. Voilà qu'il concrétise enfin un rêve qui ne l'a pas quitté depuis plus de trente ans!
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Une dizaine de jour plus tard, nous sommes rejoints par trois allemands qui conduisent un énorme camion de pompier Mercedes nommé Berta. Ils nous expliquent que la tradition est de nommer chaque camion d'après l'épouse du premier pompier qui prend le volant. Nous les envions un peu, c'est tout à fait le genre de véhicule que nous aimerions la prochaine fois... Deux jours plus tard, un autre couple de Suisse allemand débarque à bord d'un super Land Cruiser |
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| aménagé d'une petite cellule. Puis un allemand débarque avec un gros camion bleu et blanc. Si bien que le garage finit par s'apparenter à un camping! Il y a également un camion autrichien en stand-by pour cinq mois. Nous ne sommes pas à Katmandou même mais à Patan, aussi connu sous le nom de Lalitpur qui veut dire “cité de la beauté”. Effectivement, le Durbar square de Patan n'a rien à envier à celui du centre de Katmandou! L'endroit est idéal car c'est calme la nuit, le quartier est agréable et nous avons toutes les commodités à proximité. Du coup, bien que les réparations soient faites en quatre jours, nous restons plus longtemps pour visiter le coin. |
Quelques visites: Katmandou et ses environs |
| Profitant de l'emplacement au garage, nous visitons un peu la capitale et ses environs. Nous avons également quelques démarches consulaires à faire. Lorsque nous sommes arrivés, nous étions tous deux malades, d’abord des problèmes gastriques, puis un coup de froid. Si bien que nous avons passé plusieurs heures au lit, à tour de rôle. Nous avons profité de l'occasion d'une grande ville pour racheter le strict minimum pour randonner puisque tous nos équipements avaient été volés à Bombay (notamment les chaussures, indispensables!). Entre les réparations, les démarches administratives, le shopping et les moments de convalescence, nous sommes aussi allés nous promener ici et là pour découvrir cette vallée mythique.
Katmandou s'élève à 1350 m d'altitude, au confluent de deux rivières, la Bagmati et la Bishnumati. La première constitue la limite entre Katmandou et Patan où nous résidons. La ville est encerclée par des montagnes de taille moyenne dans les contreforts de l'Himalaya, ce qui explique qu'on parle de la vallée de Katmandou, qui comprend aussi Patan et Bhaktapur et est peuplée d'environ 1,5 million d'habitants. Quand le ciel est clair et la pollution pas trop élevée, nous pouvons voir les montagnes au détour d'une rue, c'est toujours surprenant. Katmandou ne possède ni réseau souterrain de canalisations ni alimentation en eau suffisante. Il n'est pas rare de voir de longues queues devant les fontaines publiques de gens munis de jerricans, de seaux, de bassines ou encore de récipients traditionels en cuivre ou bronze. L’électricité est le deuxième grand soucis de cette capitale. Comme partout ailleurs dans le pays, les habitants reliés (car ils ne le sont pas tous) à l’électricité ne peuvent en profiter que quelques heures par jour. Quelqu'un nous a dit que les népalais vendaient de l’énergie à l'Inde, ce qui nous semblerait aberrant puisqu'ils devraient donner la priorité à leur propre pays. Ce n'est pourtant pas l'eau qui manque pour l’énergie hydraulique mais la construction de barrages coûte chère. Nous voyons peu de panneaux solaires et ils sont souvent utilisés uniquement pour chauffer l'eau. |
| Le quartier touristique s'appelle Thamel, nous nous y rendons en taxi à plusieurs reprises, pour du shopping ou pour dégustation culinaire. Nous y mangeons notamment des croissants! Une fois nous nous sommes avalés un morceau de steak dans une véritable steakhouse, ça faisait au moins six mois que nous n'avions pas mangé de boeuf! La ville de Katmandou est nommée d'après un |
| édifice situé au Durbar Square, le Kaasthamandap. Cet unique temple, aussi connu sous le nom de Maru Satal, fut construit en 1596 par le roi Laxmi Narsingh Malla. L'édifice entier ne contient aucun clou en fer, ni aucun support, et est entièrement construit avec du bois. La légende veut que le bois utilisé pour la construction de cette pagode ne provint que d'un seul arbre. Nous errons un peu dans les ruelles du vieux centre mais nous préférons le Durbar Square de Patan où nous nous rendons très souvent. Nous aimons l'ambiance |
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plus tranquille de Patan, nous y avons pris nos habitudes et connaissons quelques raccourcis à travers ce dédale de passages et courettes secrètes. Une petite porte qui s'ouvre sur une cour pavée dans laquelle nous tombons sur un petit temple. Au début, nous n'osions pas trop nous aventurer car nous avions l'impression de rentrer chez les gens mais nous nous sommes vite rendus compte qu'il y a plein de passages publics. Il faut souvent baisser la tête pour y pénétrer et il n'est pas rare de tomber sur des détails architecturaux de toute beauté, des statuts en pierre, des sculptures métalliques, des boiseries, des moulins à prières en cuivre, etc.
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| Un jour, nous avons arpenté les hauteurs de Swayambhunath sur lesquelles trône un magnifique temple bouddhiste. Swayambhunath est un des plus anciens et le plus saint des sites bouddhistes de Katmandou. Il est situé à l'ouest, sur une colline surplombant la ville. Le complexe s'organise autour d'un grand stupa blanc. Le stupa est un dôme au-dessus duquel il y a une structure cubique avec les yeux de Bouddha regardant dans les quatre directions. Au-dessus de chacun des |
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| quatre côtés, il y a un Toran pentagonal et encore treize rangées. Le dôme à la base représente le monde. Quand une personne s’éveille (représentée par les yeux de sagesse et de compassion) des liens du monde, elle atteint un état plus élevé. Les treize pinacles représentent les treize étapes d'éclaircissement, |
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autrement dit le chemin de l'éveil. Les temples alentours sont ornés de sculptures et entourés de moulins à prières. Le bois, la brique, la pierre et le cuivre sont les matériaux dominants. Il faut toujours tourner dans le sens des aiguilles d'une montre. Il y a beaucoup de singes et de pigeons qui animent les lieux. Selon la légende, la vallée entière était occupée autrefois par un lac immense, dans lequel a grandi un lotus. Le Bodhisattva Manjusri eut une vision du lotus et s'y |
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| rendit pour le vénérer. Pour rendre le site plus accessible aux pèlerins humains, Manjusri ouvrit de son épée un passage. L'eau fut drainée du lac, quittant la vallée dans laquelle Katmandou se trouve maintenant. Le lotus s’est transformé en une colline et la fleur est devenue le stupa de Swayambhunath. La vue sur la |
ville n'est pas aussi impressionnante que nous l'espérions. Il faut dire que le ciel est laiteux, un voile causé par la pollution. Il y a également un petit parc pourvu de plusieurs petits stupas sur lesquels on retrouve les yeux de Bouddha, typique de toute la vallée de Katmandou. En redescendant par les escaliers, nous découvrons d'autres iconographies bouddhistes mais également hindous, notamment une immense statue de Shiva. Bien que le site soit considéré comme bouddhiste, le lieu est révéré par les bouddhistes et les hindous et de nombreux rois hindous sont connus pour avoir rendu hommage au temple.
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Un autre jour, nous sommes allés jusqu'à Bodhnath, autre lieu important de pèlerinage bouddhiste. Nous nous étions imaginés quelque chose de plus grandiose car le guide stipulait qu'il ne fallait pas rater ça... Il s'agit d'un des plus grand stupa du monde. Autour de l’impressionnant stupa, il y a de nombreuses échoppes vendant un artisanat dont la majeure partie est produite par les moines installés aux alentours. Après avoir fait le tour du dôme, toujours dans le sens des |
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aiguilles d'une montre, nous jetons un coup d'oeil rapide aux étoffes tibétaines, aux peintures et sculptures. Puis, nous marchons sans but dans les quartiers environnants. Il s'agit d'une importante communauté tibétaine. À l'origine, les commerçants tibétains s’arrêtaient ici pour prier afin que leur voyage de retour se passe bien. Ils priaient avant d’entamer la longue traversée himalayenne avec leurs caravanes de yaks. La plupart des tibétains vivant aujourd'hui à Bodhnath sont des réfugiés ayant fui la Chine après 1959 (fuite du 14ème Dalaï lama). Il y a également beaucoup de sherpas, c'est-à-dire des descendants de tribus tibétaines venues s’établir au Népal au 16ème siècle. L'afflux de nombreux réfugiés tibétains a entraîné la construction d'une cinquantaine de gompas (monastères). Ils témoignent de l'importance religieuse de ce site situé sur l'ancienne route commerciale entre l'Inde et le Tibet.
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| Une autre fois, nous avons sauté dans un bus en direction de Bhaktapur, situé à 13 km à l'est de Katmandou. Jusqu'au XVIème siècle, Bhaktapur a dominé politiquement et économiquement tout le Népal. Elle a maintenu cette position jusqu'à la conquête gorkha en 1769. Dans le passé, la ville avait acquis son importance grâce à sa position privilégiée sur l'axe Inde-Tibet. Les taxes imposées aux marchandises lui apportaient une grande richesse. Longtemps appelée “la cité des dévots”, elle a également su conserver son caractère religieux. Nous vagabondons dans les venelles de cette ancienne cité pour admirer l'architecture, |
| les sculptures sur bois dont la teinte sombre se marie parfaitement avec la brique rouge. La plupart des maisons semblent peu entretenues et pourtant bien conservées. L'aspect brinquebalant ne fait qu'ajouter au charme des lieux. Ici et là, des paysans vendant leur récolte à même la rue. Nous sommes surpris de tomber sur un champ de moutarde en pleine ville. Dans les cours se baladent des poules et des canards, la campagne se mélange à la ville et nous repensons au descriptions du Paris du XVIIIème et XIXème siècle, de Zola et Hugo. |
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Deux jours de rando: Sanku, Nagarkot et Changu Narayan |

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| Nous en avons un peu marre d'arpenter la cité et nous avons hâte d'étrenner nos chaussures de rando. Nous décidons de laisser la Roulotte seule pour une nuit. Le garage est au bord de la ring road, autrement dit la rocade ou l’équivalent de notre périphérique. Enfin, le seul point commun est que cette route fait le tour de la ville. C'est assez pratique car de nombreux bus passent par là. Au matin, nous prenons donc un bus pour rejoindre le village de Sanku depuis lequel nous |
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commençons notre randonnée. Nous suivons une piste peu fréquentée en prenant parfois des petits raccourcis à travers la montagne. Le paysage est beau: des terrasses cultivées entrecoupées de petits sentiers, des fermes, des hameaux, des sommets boisés. Nous croisons quelques regards, quelques sourires et recevons quelques chaleureux “Namaste!”. Au bout d'une dizaine de kilomètres, nous arrivons en haut d'une côte, une vue splendide s'offre à nous, au loin, des monts enneigés. Nous nous arrêtons au village de Kattike pour boire un thé en admirant le |
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| panorama, puis nous reprenons la marche pour les 3 km restants. Vers 15h, nous arrivons à destination. Nagarkot est situé à 2 200 m d'altitude. C'est l'endroit le |
plus haut de la vallée de Katmandou et le seul endroit de la vallée d'où l'on peut voir la chaîne de l'Everest. Nous avons de la chance car le ciel est suffisamment dégagé pour que nous apercevions le sommet du monde que nous pointe du doigt l'un des employés de l’hôtel. Notre auberge est sur les hauteurs. Nous avons opté pour la suite, une chambre spacieuse avec un grand balcon d'où la vue est magnifique. La baignoire nous enthousiasme immédiatement et nous nous prélassons un long moment dans un bon bain chaud, ça fait tellement longtemps!
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| Le lendemain, nous enfilons nos chaussures de marche toutes neuves. Jusqu'ici tout va bien, pas d'ampoules! Dès 7h, nous quittons notre suite pour entamer notre descente vers Changu Narayan. Nous nous arrêtons en chemin pour prendre le petit déjeuner dans une bicoque qui ne paye pas de mine mais l’atmosphère y est chaleureuse et la nourriture aussi bonne qu'ailleurs. Pour |
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atteindre notre but, nous traversons plusieurs villages et demandons notre chemin à plusieurs reprises. Nous passons si près des habitations que nous avons parfois l'impression d’être dans la cour des gens. Nous observons la besogne des uns et des autres, la faune, la flore et la vue sur les montagnes himalayennes. Pour rejoindre Changu Narayan, il faut monter une bonne demi-heure pour arriver en haut d'une crête que nous longeons sur quelques kilomètres. Cette partie là |
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| est peu habitée. Nous traversons une forêt de pins, “ça sent bon les vacances à Noirmoutier” comme dirait Laurent. Le village de Changu Narayan se trouve à quelques kilomètres de Bhaktapur. Au sommet d'une colline (1700 m d'altitude) se trouve le plus ancien sanctuaire de la vallée, construit au VIème siècle en l'honneur de Vishnou. Narayan signifie Vishnou en hindou, tandis que Changu est le nom du Garouda, le dieu oiseau. Le temple se trouve au milieu de bâtiments |
| destinés à l'hébergement des pèlerins. Tout autour on peut voir de nombreuses sculptures de pierre représentant les différents dieux hindous. La façade est merveilleusement décorée et nous ne sommes pas surpris que ce site soit classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Après notre visite du temple, nous empruntons un escalier situé à l'ouest de l'esplanade, c'est le sentier des pèlerins venant de Bhaktapur. Nous descendons jusqu'à un hameau où se déroule une cérémonie |
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| religieuse. Il y a plein de monde rassemblé sous une immense tente colorée avec, entre autre, des représentations de Krishna. Nous sommes familiarisés avec l'iconographie hindoue depuis plusieurs mois maintenant et Krishna est un classique! Puis nous tombons sur un bus, le chauffeur nous interpèle, il va à Kathmandou. Nous sommes fatigués, montons! Le bus fait pas mal de détours avant de rejoindre Bhaktapur puis Kathmandou, nous regardons par la fenêtre sans nous lasser de voir défiler ces beaux paysages. |
Descente de la rivière Sun Koshi en rafting, une semaine au fil de l'eau |
| La rivière Sun Koshi, aussi appelée River of Gold, prend sa source dans l'Himalaya népalais pour rejoindre le Gange en Inde. Cette expédition rafting, connue internationalement, s’étend sur 270 km avec plusieurs niveaux de difficulté, ainsi que de nombreuses zones plates. Force est de constater que nous avons beaucoup ramé, au sens propre plus qu'au figuré! Nous pensions faire un peu de rafting mais nous n'avions pas imaginé nous lancer dans une telle |
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expédition. C'est Nick et Martins qui nous en ont parlé, deux des trois amis allemands garés au garage de Patan avec leur véhicule de pompier nommé Berta. Neils, le troisième, reste à Katmandou avec sa copine venue deux semaines en visite. Nous nous laissons convaincre. Du moins, je me laisse convaincre car Laurent n'a pas hésité une seconde. Aucun regret, ce fut une expérience que je n'oublierai jamais et dont je suis fière de pouvoir me vanter à présent! Les eaux |
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| étaient encore relativement basses en cette saison et la difficulté était bien moindre que ce que je pensais (j'avoue que j'avais quelques appréhensions). Nous n'avons pas commencé à Dholalghat, point de départ habituel, mais un peu plus bas, si bien que nous avons dû parcourir environ 240km en six jours. |

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| Le premier jour, nous prenons le bus vers 9h, pour trois ou quatre heures. En route, nous sommes ralentis par un accident, un camion renversé au milieu de la chaussée. Nous faisons comme tout le monde, nous descendons et nous regardons. Un bus tire à l'aide d'un câble pour redresser le camion dont le chargement renversé avait déjà été ramassé à notre arrivée. Dès que la route est dégagée, nous remontons dans le bus qui reprend son itinéraire. Pas de chance, le ciel est couvert, le vent se lève et les premières gouttes tombent. Notre équipe se compose de nos deux compères allemands et trois népalais sympathiques. Dol est |
| le barreur du raft, Amret est le kayakiste qui nous suit pour nous venir en aide si besoin est, et Hom assiste un peu dans tout, il nous aide notamment à ramer. Pendant le trajet en bus, chacun se perd dans ses pensées, les yeux rivés sur les fenêtres à admirer le paysage de montagne. Ce n'est qu'une fois arrivés au bord de la rivière que la dynamique de groupe s'installe doucement. Nous proposons notre aide. Il faut décharger tout le matériel, les provisions de nourriture pour la |
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| semaine et nos affaires que nous mettons dans des sacs étanches. Il faut également gonfler le raft et préparer de quoi déjeuner avant d’entamer le début |
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de notre périple. Il faut ensuite charger le raft. Il y a quelques villageois venus assister au spectacle. Lorsque tout est prêt, nous écoutons attentivement les recommandations et le briefing concernant les règles de sécurité. Puis nous levons tous nos pagaies tels des mousquetaires lèveraient leurs épées, le fameux “high five” que nous reproduirons tout au long de la descente, après chaque passage difficile ou à toute autre occasion célébrant un bon travail d’équipe. Le vent souffle et il recommence à pleuvoir. Il n'est pas |
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réjouissant d'aller se faire éclabousser dans ces conditions mais nous nous lançons quand même dans la bonne humeur. Le ciel change sans cesse, nous profitons de quelques éclaircies mais le tonnerre nous surprend à plusieurs reprises et nous nous inquiétons déjà de camper sous l'orage. Finalement, le campement est installé et pas une goutte de pluie. Nos guides s'affairent et préparent le dîner. C'est le premier jour, nous sommes un peu maladroits, nous ne savons pas encore très bien comment participer à cette mise en place qui deviendra rapidement notre routine.
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| Nous transportons tout sur le rafting. Tout est extrêmement bien protégé dans des sacs étanches ou des barils en plastiques. Tout est ficelé avec le plus grand soin, aucune chance que nous perdions quoi que ce soit, même si notre |
| embarcation se retourne. Tout est très bien organisé, il y a même une tente toilette avec un système pour prévenir s'ils sont vacants. L'idée est simple, une palme est plantée dans le sable et un casque est posé dessus. Lorsque vous vous rendez aux cabinets, vous enlevez le casque si bien que tout le monde sait que c'est occupé. Le trou creusé dans le sable est rebouché avant de partir, quant au papier toilette, il est brulé avec le reste des ordures, à l'exception des boîtes métalliques qui |
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sont compressées au maximum à l'aide d'une grosse pierre et stockées sur le raft. Nous transportons également une bonbonne de gaz pour la cuisine. Nous avons de la chance car Dol, Amret et Hom sont de bons cuistots! Nous avons bien mangé toute la semaine, un mixte de cuisine népalaise et occidentale, c’était bon et varié. Même les petits déjeuners étaient extra, deux fois nous avons eu des crêpes (la deuxième fois parce que nous en avions redemandées!).
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Le premier jour de rafting ne fut pas très enthousiasmant à cause des conditions météorologiques. Dès le deuxième jour, nous dévorons les paysages avec appétit, chose que nous fîmes tout au long de la descente. Nous ne nous lassons pas d'observer les oiseaux, majoritairement des cormorans qui prennent leur envol à notre passage, parfois par dizaine. Il y a quelques magnifiques martins pêcheurs, des rapaces planant sur les hauteurs, et des échassiers sur la rive. Nous observons la vie de ces villages isolés dans les montagnes. Les gens vivent principalement de l'agriculture, de la pêche et de la vente de bois et de bambous qu'ils acheminent par la rivière. L'exploitation de bambous, nous l'avons observée à partir du quatrième jour, plus en aval. Les villageois assemblent une centaine de bambous faisant au moins quatre ou cinq mètres de long, formant ainsi une sorte de radeau de fortune. Ils sont deux par radeau et partent tous en convoi. C'est impressionnant car ils descendent la rivière, y compris les rapides! Nous nous sentons un peu ridicule sur notre super raft, équipés de rames, de gilets de sauvetage et de casques! Ils descendent ainsi jusqu'à Charata où ils vendront leurs bambous. Avec l'argent gagné, ils font quelques achats. Il leur faudra ensuite deux ou trois jours de marche pour rejoindre leur village. Tout au long de la Sun Koshi, nous observons différentes techniques de pêches. La plupart des pêcheurs utilisent des filets. Certains aménagent des sortes de pièges là où le courant est plus fort. Nous croisons souvent des enfants sur des énormes chambres à air, ils essaient souvent de s'approcher de nous. Les Namaste ou Good-Bye (assez curieusement, ils ne disent jamais Hello) fusent de toutes parts, tout au long du parcours. Parfois l’écho raisonne dans toute la vallée et il nous faut plusieurs minutes pour identifier d'où vient l'appel! Des enfants, sur les berges où dans les montagnes, dès qu'ils nous aperçoivent, ils hurlent et nous font des grands signes. C'est plaisant.
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| Le deuxième jour fut long et épuisant. À l'exception de quelques eaux agitées (white waters) ici et là, rien de bien excitant comparé au rafting que nous avions fait en Colombie. Ce n'est que le troisième jour que nous passons quelques rapides amusants. Ce jour là, nous trouvons une plage dès 15h de l’après-midi. |
| Nous avons pris le coup et le campement est vite installé, si bien qu'il nous reste encore un peu de temps avant la tombée de la nuit. Nous nous baignons pour nous laver. La rivière nous transporte, nous lave et nous abreuve! Elle ne nous nourrit pas parce que nous n'avons jamais mangé de poisson. Un soir, nous avons eu du poulet. Il a fallu plus d'une heure pour que le villageois en question revienne depuis la rive opposée, avec un coq. Il est en vie, en deux secondes, il lui tord le cou et voilà nos amis qui commencent à le |
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| plumer pour le cuisiner. Souvent, nous recevons la visite des villageois, notamment les enfants. Dol, Amret et Hom font toujours plus de nourriture que nécessaire et partagent les restes avec nos visiteurs. Nous les soupçonnons même d'en faire plus exprès, et ça nous plait bien. Au fil de la semaine, voyant que nous ne consommons pas plus que de raison, ils distribuent nos denrées aux enfants, un pot de confiture, du beurre de cacahuète, etc. Les premiers jours, ils ont donné des fruits, notamment des oranges. Les enfants étaient aux anges car c'est un fruit qui ne pousse pas dans cette région et ils n'ont quasiment jamais l'occasion d'en manger. À vrai dire, leur alimentation n'est pas très variée et toutes ces petites douceurs sont plus qu'appréciées. Parfois c'est un peu gênant de se dire qu'ils ne profitent que de nos restes. Nous les voyons assis en retrait, sur un rocher, avalant ce qui vient de leur être donné. Nous sommes vraiment privilégiés... |

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| Le quatrième jour, nous atteignons Harkapur, le rapide le plus dangereux du parcours (théoriquement niveau 5, autrement dit niveau maximum). Pour les passages plus délicats, nous prenons toujours le temps de nous arrêter en amont. Nous descendons tous du raft et allons à pied en repérage afin d’évaluer les difficultés et mettre au point la meilleure stratégie. Personnellement, je ne le sentais pas trop ce Harkapur. C'est donc avec plaisir que j'acceptais la proposition qui m’était faite, à savoir jouer les photographes. Nick et Martins avaient vraiment envie d'avoir quelques photos en action, or nous n'avions pas d'appareils |
étanches, il était donc impossible à Amret de s'en charger depuis son kayak. J’étais ravie de cette idée, je restais donc sur un rocher, entourée d'enfants, prête à mitrailler. C’était très impressionnant à regarder, le raft a bien failli se retourner en butant sur cet énorme rocher placé en plein milieu. Nick est tombé à l'eau mais il s'en est sorti sans problèmes, si ce n'est qu'il a eu la peur de sa vie! Il nous a dit qu'il avait bien cru qu'il allait mourir. Je suis bien heureuse de ne pas avoir été sur le raft.
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| À l'exception du troisième jour, les journées sont longues, nous passons en moyenne 7 à 8 heures sur le rafting. L'avant dernier jour, nous ramons quasiment dix heures! Le campement était à peine monté à la nuit tombante. Nos guides semblaient décidés à effectuer la descente en six jours et nous y sommes parvenus. Nous aurions préféré prendre un peu plus notre temps mais nous avons tellement négocié le prix de cette expédition que nous n'osons pas trop nous plaindre. Nous avons une bonne équipe, l'ambiance est chaleureuse et décontractée. La dernière nuit, nous campons près d'un autre groupe composé de deux israéliens, deux allemands, deux canadiens, un hollandais et cinq ou six népalais pour les encadrer. Ils ont deux rafts, dont un qui sert exclusivement pour transporter le matériel, et trois kayakistes, dont les canadiens. Au matin du dernier jour, nous prenons le large, quelques minutes après eux. Nous les rattrapons rapidement, un petit jeu semble s'instaurer tout naturellement entre tous ces mâles compétitifs, nous voilà donc en train de ramer plus vite et plus fort! Plus loin, nous nous arrêtons tous pour visiter un petit temple, auprès du quel nous sirotons un thé en faisant plus ample connaissance les uns avec les autres. Quelques coups de rames plus tard, nous rejoignons le village de Chatara, point d'arrivé. Le temps de tout décharger, de dégonfler le raft, d'organiser nos affaires, de se changer et de manger un dal bhat, puis nous montons dans le bus. Il nous faut environ 16 heures pour rejoindre Katmandou et retrouver le confort de notre Roulotte. |
Faux départ, la Roulotte à nouveau en réparation |
| Après trois semaines au garage, nous décidons enfin de mettre les voiles. À peine avions-nous démarré que nous entendons des grincements métalliques n'augurant rien de bon. Quelques mètres suffirent pour nous rendre compte que quelque chose clochait. Pour faire court, les nouvelles suspensions étant plus longues que les suspensions d’origine, elles frottent sur le châssis. Faux départ, nous la garons au même endroit et rebelote, nous voilà à nouveau en pleines négociations avec nos amis mécanos... Ils sont bien sympathiques nos amis du garage mais force est de constater qu'ils sont un peu feignants, ils manquent parfois de jugeote et sont trop fiers pour reconnaître leurs erreurs. Ils sont aussi un peu menteurs. Ils disent avoir cherché partout une pièce de même taille mais que nenni, il nous faut reprendre les choses en main. Bref, nous partons faire la tournée des casses du quartier à pied, accompagné de Pardeep. Puis, Laurent passe quelques heures à poursuivre les recherches à moto avec un autre gars. Résultats des courses, nous trouvons enfin une solution, nous optons pour six couches à l’arrière et deux à l'avant (au lieu de deux et une à l'origine). Ceci n'est qu'un résumé car il s'est écoulé quatre jours pour arriver à ce résultat! Il y avait le week-end, y compris un festival religieux, “Happy Holy!” comme ils s’écrient tous en se balançant de la poudre de couleurs et des bombes à eau... |
En route pour Pokhara |
| Juste avant de quitter Katmandou, nous recevons une très mauvaise nouvelle concernant l'état de santé de ma maman. En attendant les résultats des scanners et autres examens médicaux, nous décidons tout de même de prendre la route de Pokhara. En chemin, nous nous arrêtons une nuit dans un resort, au bord d'une rivière, un endroit très calme pour la nuit. Arrivés à Pokhara, nous cherchons le gros camion rouge de nos amis allemands qui sont partis deux ou trois jours avant nous, en vain. Nous nous arrêtons plusieurs fois et, à chaque fois, des francophones viennent à notre rencontre, ébahis... Ils ont repéré la plaque d'immatriculation et s’étonnent que nous ayons fait le trajet depuis la France. |
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Pokhara est très touristique et tous les occidentaux se rassemblent dans la même zone, Lakeside. Il y a justement un emplacement au bord du lac mais nous ne voulons pas nous garer en ville, trop de passage. Nous voulons de la tranquillité. Une népalaise nous suggère de mettre le cap vers Pame, petit hameau à une dizaine de kilomètres de piste. C'est comme ça que nous atterrissons au camping Overlander où nous nous installons pour une quinzaine de jours. Au fil du temps, nous sommes rejoints par d'autres |
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| voyageurs véhiculés dont Nick, Martin et Neils à bord de leur grosse Berta... souvenez-vous, c'est le nom de leur camion de pompier. Il y a deux autres couples allemands dont un avec une petite fille, Eva. Et puis il y a un couple de Suisse allemand, ainsi qu'un couple Anglo-Equatorien avec une petite fille nommée Mayleen. Nous croisons également un suédois, un autrichien, un autre allemand en moto, un estonien et une polonaise vivant au Danemark et |
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| voyageant avec leur tente, etc. Nous louons une moto pour pouvoir nous rendre en ville facilement. Le trajet est court et long à la fois, la route est tellement mauvaise qu'il faut compter une petite demi-heure pour parcourir cette distance de 10 km à peine. Nous aimons nous promener en moto dans les environs, la campagne est belle. Au détour d'une colline, nous découvrons un village, puis un autre. Nous faisons également des promenades à pieds. Nous observons les parapentes qui descendent depuis Sarangkot jusque sur les bords du lac de Pokhara. Un jour, nous montons également à Sarangkot d'où la vue est splendide à ce qu'on dit. Le ciel est couvert et on ne voit absolument rien! À vrai dire, la météo n’est pas toujours propice aux ballades ces derniers temps. Il pleut tous les jours, par intermittence. Nous avons même quelques orages. C'est comme si nous étions en harmonie avec la nature parce que ça tonne aussi beaucoup dans nos esprits. Depuis les mauvaises nouvelles, nous n'avons plus goût à rien. Nous envisageons déjà un retour précipité... |

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| À Pokhara, le bord du lac accueille régulièrement des voyageurs véhiculés. C'est comme ça que nous retrouvons les Suisse allemands rencontrés à Patan. Puis, nous rencontrons également un couple français, Sarah et Cédric, avec qui |
nous sympathisons. Le plus surprenant reste la fois où nous sommes tombés nez-à-nez avec Lee, un anglais que nous avions rencontré en Égypte il y a plus d'un an! Nous avions passé notre certificat de plongée avec lui, à Dahab. À l'époque, il était prof au Caire mais il enseigne maintenant au Kazakhstan et à Moscou! Nous nous sommes croisés vers 18h, il avait rendez-vous avec une Irlandaise et une Galloise. Nous sommes tous allés au pub boire une bière et papoter quelques heures, une soirée très agréable.
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| Entre temps, les nouvelles de France ne sont pas bonnes. Nous décidons de rentrer définitivement, ce qui signifie envoyer la Roulotte par bateau depuis l'Inde ou le Bangladesh et sauter dans le premier avion. Chaque jour nous passons des heures sur internet pour chercher activement un cargo, ce genre de choses ne peut pas se faire en un jour... Nous faisons notre choix au plus vite afin de réserver une place et fixer une date de départ. À présent, nous savons qu'il ne nous reste que quelques jours avant de prendre la longue route vers le port de Mundra en Inde. Mieux vaut profiter du climat d'altitude car, dans la plaine indienne, les températures atteignent déjà 40°! Bon. Rien ne sert de tourner en rond et broyer du noir, nous partons pour trois jours dans les montagnes pour nous aérer l'esprit et dire au revoir aux Himalayas... |
Petite rando Ghorepani-Poon Hill |
| À défaut de pouvoir faire le Sanctuary Trek que nous avions prévu, nous |
| optons pour une ascension du mont Poon Hill d'où la vue sur la chaîne des Annapurna est fabuleuse parait-il. C'est le coeur serré que nous entreprenons cette marche. Jour 1, vers 7h, nous nous mettons en route pour rejoindre Pokhara et prendre un bus jusqu'à Naya Pul. Finalement, pour deux ou trois euros de plus, nous partageons un taxi avec un Hongrois. Le temps de passer les checkpoints afin de montrer nos permis et autorisations obtenus la veille à Pokhara (moyennant 35 euros chacun), et nous voilà en marche vers le premier village, Birethanti. Les paysages se composent de cultures en terrasses parsemés ici et là d'immenses rhododendrons. |
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Nous ne sommes pas les seuls à randonner, principale attraction touristique du pays. En chemin, nous croisons d'autres marcheurs, souvent accompagnés de guides et de porteurs. Puis, nous rencontrons John. C'est comme ça qu'il se fait appeler et c'est plus simple que son prénom népalais que nous n'arrivons même pas à prononcer! Nous longeons une rivière que nous traversons à plusieurs reprise. Nous poursuivons jusqu'à Hille, puis Tikedungha où nous faisons une pause déjeuner. John nous suggère d'aller jusqu'à Ulleri parce |
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| que c'est la partie la plus difficile, des milliers de marches inégales et raides, comme ça on sera plus tranquille le lendemain. Bonne idée, nous le retrouvons là-bas où son frère tient une guesthouse. Il nous fait la chambre à 50 centimes la nuit pour deux! Il nous fait cadeau des douches chaudes, nous ne payons que nos repas. Mais bon, c'est ce qu'il y a de plus cher la nourriture lors des treks népalais... Ce que nous trouvons bien est que la communauté s'est mise d'accord sur les prix. Ainsi, ils proposent tous le même menu et les mêmes tarifs, comme ça pas de concurrence et surtout pas d'histoires entre eux. Mieux vaut se serrer |
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les coudes quand on habite des villages isolés seulement accessibles par plusieurs heures de marche.... Le plus cher reste l'eau minérale. À Pokhara nous payons 20 centimes la bouteille d'un litre, parfois 15. À Tikedungha c'est déjà 70, à Ulleri 90 et à Ghorepani c'est 100! Nous n'avons pas prévu de tablette de purification comme font la plupart des gens. D'ailleurs, nous n'avons même pas prévu beaucoup d'argent, erreur de ma part, si bien que nous faisons extrêmement attention. Nous avons en tout et pour tout 60 euros en poche pour trois jours de rando, nous devons payer l'hôtel, l'eau, les repas mais également le bus de retour, ça risque d'être un peu juste! Notre nuit à Ulleri se passe bien. Nous rencontrons la famille de John, ils sont réfugiés tibétains et vivent du tourisme. Ils vendent également de magnifiques bijoux faits de corne de yak et différentes pierres.
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Jour 2, nous poursuivons l’ascension vers Banthanti, puis Nangathanti. Encore des marches, toujours des marches... si au moins elles étaient droites et régulières! Bon d'accord, ça n'aurait pas le même charme. Nous passons par une forêt de pins, une chute d'eau, un autre pont népalais, etc. Nous arrivons à Ghorepani vers 12h30. Nous nous installons dans une guesthouse avec vue sur les montagnes. Les nuages bougent sans cesse, obstruant régulièrement la vue. Les |
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| monts enneigés disparaissent pour réapparaître quelques minutes plus tard comme par enchantement. Nous commandons à manger. Tiens, ça parle français à la table d'à côté. Nous sympathisons avec trois compatriotes. Après une petite sieste, bercés par la pluie de grêlons qui s’abat soudainement sur notre refuge, nous redescendons au salon. Laurent s'installe pour jouer aux cartes avec nos amis français, pendant que je m'installe confortablement autour du feu |
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pour discuter avec d'autres randonneurs, deux américaines et une allemande. L’après-midi file, la soirée aussi.
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Jour 3, au matin, nous sommes tous réveillés avant l'aube (4h30) pour gravir le mont Poon Hill (3210m) et admirer le levé du soleil sur la chaîne des Annapurna. Encore une fois, nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette idée-là! C'est comme une impression de déjà vu, ça nous rappelle l’ascension du Mont Sinaï en Égypte... ça grimpe dure mais l'effort vaut la peine, le panorama est grandiose. Nous profitons de ce lieu qui inspire à la sérénité, ce malgré le brouhaha incessant des touristes et de leurs appareils photos. Comme tout le monde, nous mitraillons... petite photo classique, les drapeaux de prières bouddhistes qui volent au vent avec |
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| la vue des montagnes derrière. Nous redescendons prendre le petit-déjeuner en compagnie de tous les hôtes de notre auberge puis nous disons au revoir. Nous rejoignons Naya Pul le jour même, presque 10 heures de marche dans la même journée en comptant l’ascension du Poon Hill à l'aube. Nous arrivons en bas sur les rotules. Nous trouvons un bus immédiatement et il nous reste encore 15 euros sur les 60, pas mal! Nous aurons de quoi manger en ville et louer un scooter pour retrouver |
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| la Roulotte à Pame, parfait. C’était une belle petite rando... |
Fin précipitée du voyage, good bye Népal |
| Voilà, c'est fini. Nous passons la journée du lendemain à nous préparer pour une longue route, 2500 kms environ que nous espérons faire en six jours (ça en fait peut-être sourire certains mais c'est qu'ils n'ont jamais conduit au Népal ou en Inde...). Vers 8h, avant d’entamer notre descente vers la plaine, nous nous arrêtons prendre un petit déjeuner continental dans un des nombreux cafés du Lakeside de Pokhara. Un brin de nostalgie se mêle à l'angoisse générée par ce retour précipité. Nous faisons le plein d'eau et de pain à la boulangerie allemande, puis nous prenons le Siddhartha Highway en direction de Butwal. La route est |
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sinueuse et les paysages magnifiques, notamment quelques escarpements rocheux impressionnants. Par contre, nous avions largement sous-estimé le temps qu'il nous faudrait pour rejoindre le Terai (la plaine)... cinq heures! Du coup, nous n'arriverons pas à la frontière ce soir comme nous le pensions. À peine avons-nous rejoint le Mahendra Highway (route qui traverse le Terai d'Est en Ouest) que nous sommes arrêtés par un barrage militaire. Assez rapidement nous comprenons qu'ils |
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empêchent les véhicules de passer. Pourquoi la route est-elle bloquée? “Strikes” nous précise-t-on. Des grèves, des manifs? Qui? Pourquoi? Aucun ne parle vraiment anglais, nous n'en saurons pas plus. Plus tard, Laurent émet une hypothèse judicieuse, ils barrent peut-être le passage pour empêcher les gens de se rassembler. On a tendance a oublié que le Népal a connu de nombreuses violences il n'y a pas si longtemps que cela (maoïstes,etc.). Toujours est-il que nous n'avons pas le temps d'attendre que le blocage soit levé. Nous avons entendu quelques histoires, il paraît que ça peut durer des jours...
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| Il y a un gros 4x4 tout neuf devant nous, un homme sort, il négocie avec les soldats. Quelques minutes plus tard, il colle des pancartes “Press BBC” partout sur sa voiture. Il nous a repéré et s'approche pour venir nous parler. Il nous explique qu'il est en train de convaincre les soldats de nous laisser passer avec eux... Yes! Il nous propose de le suivre en convoi et nous préviens que nos routes se séparerons à un moment, il nous fera signe. Tout ceci se passe très vite et nous n'avons pas le temps de le questionner. Nous supposons que les journalistes de la BBC sont sur place pour couvrir cet événement qui restera pour nous un grand mystère. Bien que les népalais nous apparaissent très calmes, nous nous regardons en nous demandant s'il y a des risques à circuler seuls sur cette route bloquée. Et si on tombait nez-à-nez avec des manifestants en colère qui se mettraient à lancer des pierres ou encore se jetteraient sur la Roulotte? Bon, restons calme et suivons nos amis de la BBC. Ils roulent vite et nous avons un peu de mal à les suivre. La route est relativement bonne mais quelques nids de poule nous font voler. Au bout de quelques kilomètres nous nous détendons, puis le chauffeur de la BBC nous fait signe, ils tournent à droite alors que nous continuons tout droit. Ils ont l'air pressé. C'est tellement étrange d’être seuls sur cette route, cela ne fait qu'ajouter à la nostalgie qui nous étreint. Nous aimons ce |
| pays. L'avantage est que ça nous fait gagner du temps. En chemin, nous observons les habitants des villages qui semblent poursuivre leurs besognes. Tout semble normal si ce n'est qu'il n'y a aucun véhicule, conséquemment beaucoup moins de monde et de nombreux militaires tout le long. Il a suffit de passer le premier barrage, on ne nous arrête plus. Certains soldats semblent surpris de nous voir mais aucun ne nous fait signe de nous arrêter. Nous profitons d’être seuls pour avancer, |
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jusqu'à ce que Laurent soit exténué. Nous passons la nuit dans un sous bois. Le lendemain, nous repartons vers 6h et arrivons à la frontière vers 11h. Nous mangeons un peu, garés au même emplacement que lors de notre première nuit au Népal, la boucle est bouclée. Nous dépensons nos dernières roupies népalaises en essence et ressortons quelques roupies indiennes. Nous complétons les formalités douanières et respirons un grand coup, ça y est, nous quittons le Népal, back to India... |
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Superficie: 147 181 km²
Population: 28 951 852
Population urbaine: 17%
Capitale: Katmandou
Frontières terrestres: 2 926 km
Littoral: 0 km
Point culminant: Everest, 8 850 m
Pays frontaliers:
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Chine (1 236 km)
-
Inde (1 690 km)
Type de gouvernement: République démocratique fédérale
Constitution: 15 janvier 2007 (provisoire), nouvelle constitution prévue pour Mai 2010
Fête nationale: Fête de la république le 29 mai et fête de la démocratie le 24 avril
Force de travail:
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Agriculture: 76%
-
Industrie: 6%
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Services: 18%
Espérance de vie: 65.81 ans
-
Homme: 64.62 ans
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Femme: 67.05 ans
Population au dessous du seuil de pauvreté: 24.7%
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| Source: CIA World Fact Book 2010 |
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Monnaie: Roupie népalaise (NPR)
Distributeurs: Seulement dans les grandes villes.
Paiement par visa/mastercard: Peu répandu.
Prix moyen
litre de diesel: 0,70€
bouteille eau minérale (1.5L): 0,30€
un café: 0,35€
un demi: 1,35€
Indicatif téléphonique: 977
Indicatif internet: .np
Fuseau horaire: +5h45 UTC
Mobilité:
Aéroports: 47
Routes: 17 282 km
Voix ferroviaires: 59 km
Voix navigables: ND |
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