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Kilomètres parcourus: 628 kms
Bovec: premier coup de cœur Slovène
Magnifiquement montagneux, agréablement propre et tranquille, la Slovénie est un pays accueillant et chaleureux. Notre béguin pour la Slovénie a commencé dès nos premières heures dans le séduisant petit village de Bovec où nous allions séjourner une dizaine de jours... Comment vous dire? Il est des endroits où l'on se sent bien. Les choses auraient pu être complètement différentes, dans d'autres circonstances, à une autre saison... mais là, malgré la baisse des
températures (descendues à 0° une nuit!) qui nous a d'ailleurs obligés à ne pas nous éterniser plus longtemps, nous y étions heureux.
Pour ne rien vous cacher, nous accordons une certaine importance au site internet en cours de développement. Nous conversons longuement sur son aspect esthétique, son contenu mais également sur la manière dont nous souhaitons procéder pour mettre en place le projet associatif. Certains diront qu'il aurait fallu faire tout cela avant le départ (c'est ce que nous aurions voulu nous aussi) mais le fait est que nous étions submergés par bien d'autres préoccupations. Du
coup, nous entamons le voyage en nous adonnant parallèlement à toutes ces tâches... Tout ça pour dire que, outre les visites et les rencontres, nous cherchons souvent des lieux agréables avec un accès internet gratuit pour pouvoir réaliser ce travail. Et justement à Bovec, il y a deux endroits que nous affectons particulièrement.
Le premier est la salle informatique de l'école du village (la « e-school »). Munie de huit ordinateurs, elle est ouverte au public de 14h à 19h du lundi au vendredi et de 12h à 16h le samedi. Les enfants ne vont à l'école que le matin, de 8h à 13h. Nous constatons que seuls les garçons viennent à la e-school, pour y jouer aux jeux vidéo! Ils jouent souvent en réseau donc imaginez l'ambiance! Occasionnellement, des adultes profitent aussi de ce service offert gratuitement. Comme nous avons nos propres ordinateurs, nous ne mobilisons pas les leurs. De plus, c'est amusant de nous retrouver dans cette « salle de classe », entourés d'enfants... Une jeune étudiante (en « Tourisme ») s'occupe de l'accueil. Elle parle anglais, suffisamment pour des échanges intéressants. Impossible de vous épeler correctement son prénom mais ça ressemble à « Agnieska ». Malheureusement, nous apprenons au bout de quelques jours qu'elle est « virée » (par son cousin! Parce qu'elle ne sait pas réparer les ordinateurs!). Son remplaçant sera là dès lundi. Pour son dernier jour, elle a apporté un paquet de bonbons qu'elle partage avec tout le monde. Les enfants l'apprécient beaucoup mais elle ne semble pas avoir une grande autorité sur eux! Et puis, il y eût « Bo » qui doit avoir la trentaine. Titulaire d'un Master en philosophie (spécialiste de Kant), il a enseigné l'histoire et il prépare une thèse de doctorat. Son anglais est très bon et il semble heureux de le pratiquer avec nous. Il nous parle du système éducatif slovène, des splendeurs de sa région et des traces que l'histoire y a laissées.
Contrarié par le départ de notre amie, nous changeons d'emplacement. Ce bar est au centre du village, les serveuses sont agréables et il y a toujours de la place. Il est divisé en deux parties dont un coin salon dans lequel s'installent les joueurs d'échecs et les familles (il y a quelques crayons et jeux pour les enfants). Nous nous trouvons dans la zone bar-restaurant et il y a aussi une terrasse extérieure. Les consommations n'y sont pas chères, un euro le thé. Nous monopolisons toujours la même table, celle qui est proche de la seule prise électrique disponible. Très vite nous devenons des « habitués », les gens nous saluent. Alors, nous réalisons que ce travail nous amène à vivre d'autres rencontres, à créer des habitudes autres que celles d'un touriste de passage. Peu importe que nous ayons vu telle ou telle chose, nous privilégions ce genre de vécu et le cultivons comme l'un des aspects les plus riches de ce voyage.
Les Alpes Juliennes
Dimanche arrive, il paraît qu'il va faire beau (enfin! ça fait trois jours qu'il pleut!). Effectivement, le soleil vient nous chatouiller les narines dès les premières lueurs du jour. Nous partons à vélo sillonner la vallée de Soca. L'eau de cette rivière est si claire que les fonds blancs et sablonneux lui donne une teinte turquoise digne des plus belles plages paradisiaques représentées sur nombre de cartes postales. Il y a des gorges très étroites formées par l'érosion de la roche calcaire au fil des siècles.
À la recherche d'une cascade enchantée que nous avions entrevue sur la photographie d'une brochure attrayante de l'office de tourisme, nous montons de plus en plus haut (traînant nos vélos à la main, c'est trop raide!). C'est étrange, d'après le plan, ça ne devrait pas être si loin (l'échelle doit être fausse!). Nous poursuivons, ce serait dommage d'abandonner si prêts du but... Enfin, nous tombons sur le panneau annonçant l'entrée du parc dans lequel se trouve l'endroit que nous
cherchons. Nous entrons. Les sentiers n'y sont pas dégagés et ce n'est pas du tout adapté aux vélos qui deviennent de plus en plus contraignants. Nous continuons malgré tout notre marche, attirés par la beauté des lieux et brûlant d'excitation à l'idée d'y découvrir un petit paradis perdu. Nous nous enfonçons dans une forêt de hauts conifères qui abritent toutes sortes de lichens. Toutes les roches sont recouvertes de mousse (ça glisse!). C'est la période de cueillette des champignons, il y en a de diverses formes et couleurs mais nous ne savons pas les nommer. L'atmosphère est fraîche et humide, la lumière éparse s'atténue. Laurent fait alors une remarque pertinente : « Ils venaient de Slovénie les ours bruns réintroduits dans les Pyrénées dans les années 90 ». Effectivement.
Guidés par le bruit de l'eau, nous trouvons enfin une cascade mais elle ne ressemble en rien à celle que nous imaginions. Ce n'est pas grave, nous sommes bien. Nous décidons de poursuivre vers le bas, nous finirons bien par retomber sur une route... Les pluies des jours précédents ont imbibé le sol, nous traversons quelques ruisseaux et commençons sérieusement à nous demander si nous retrouverons le chemin... La nuit va bientôt tomber, nous sommes à une vingtaine de
kilomètres de chez nous et nous n'avons pas de lumière sur nos vélos. En lisière du bois, nous discernons enfin une habitation. Non sans peine, nous franchissons l'un après l'autre la barrière de pierre qui délimite le champ dans lequel les moutons prennent peur (à cet instant, le paysage nous rappelle l'Irlande). Nous nous passons les vélos et commençons une ascension abrupte au bout de laquelle se trouve l'échappatoire... un portail artisanal fait de grillage marque l'entrée de cette pâture, nous l'ouvrons précautionneusement pour nous retrouver sur une route... sauvés! Quelques mètres plus loin nous reconnaissons un endroit par lequel nous étions déjà passés, c'est bon! Épuisés par cette journée en pleine nature, contents de retrouver notre Roulotte, nous dînons puis nous endormons paisiblement...
Nous nous éloignons de Bovec emplis de bien-être pour nous rendre à Bled (et pas au bled!), haut lieu touristique. Cette bourgade est nichée au bord d'un lac qui accueille la seule île de la Slovénie. Nous pédalons autour du lac mais c'est à pied que nous grimpons pour scruter le château surplombant. La région faisait partie de l'empire austro-hongrois et fut rattachée au Royaume de Yougoslavie en 1918. Nous avons trouvé une place près du camping (fermé à cette époque), au bord
du lac, loin de la petite ville constituée majoritairement d'hôtels et autres complexes touristiques. Le lendemain nous reprenons la route...
Ljubljana est une capitale à l'image de son pays, calme et bien entretenue. Le centre historique piétonnier s'organise en demi-cercle autour de la colline en saillie de la rivière, abritant un château datant du XIIe siècle. Il y a beaucoup de cyclistes et nous sommes surpris de constater que nombres d'entre eux ne les cadenassent pas (c'est dire si l'on se sent en sécurité ici!). L'influence autrichienne est lisible. Nous y séjournons deux jours agréables (nous sommes même allés à la piscine!)
Piran, la fierté du petit littoral slovène
Une chose est sûre, ce n'est pas pour profiter des plages que vous irez en Slovénie! Sa façade maritime se limite à 46 km mais n'en est pas moins dépourvue d'atouts. Ce petit village balnéaire a une architecture de type vénitien et ses ruelles étroites et tortueuses en font un vrai petit labyrinthe! Même au mois d'octobre, il y règne un air de vacances. Les voitures ne pouvant pas y accéder, les parkings sont en périphérie et nombreux sont les habitants qui circulent en deux
roues. Le parking visiteur à l'entrée est cher mais nous avions repéré une autre route plus haut que nous décidons de rejoindre. Bien vu! Nous voilà sur un parking non goudronné, au calme, à 10-15 minutes du village avec un sentier qui longe la mer... Parfait! Malgré la grisaille, nous sommes séduit par cet endroit où nous restons deux nuits...
À quelques kilomètres se trouve la Croatie, allons-y...
Rituel du drapeau
Nous avons instauré un nouveau rituel, celui de la levée de drapeau. Chaque fois que nous franchissons une frontière nous ajoutons le drapeau du pays à notre Roulotte. Pour cela, il nous a fallu récupérer les images sur internet, les formater pour qu'elles aient toutes la même taille (question d'esthétisme plus que de maniaquerie) et les imprimer sur des feuilles autocollantes achetées spécialement pour l'occasion. Afin de les protéger des intempéries, nous les recouvrons
d'un film transparent collant (vous savez comme pour recouvrir les livres). Bref, il n'y paraît pas mais tout cela a nécessité des heures de recherches! Et puis, allez expliquer à un Slovène que vous cherchez des feuilles transparentes autocollantes! En fait, ce fut plus simple que nous supposions et c'est à Ljubljana que nous les trouvâmes.
Quel symbolisme se cache derrière ce rite? Et bien, comme les enfants, nous aimons nous créer des petites habitudes, de celles qui se veulent rassurantes. Peut-être que ça s'apparente un peu à des trophées pour notre engin (comme les écussons sur les écuries des chevaux), déjà trois pays traversés! Et puis, plus simplement parce que les drapeaux sont des emblèmes nationaux d'importance. À Lujbljiana, lorsque nous avons reconnu au loin le tricolore bleu-blanc-rouge qui orne les façades de nos mairies, nous avons fait un détour pour nous en approcher. Simple curiosité ou brin d'orgueil patriotique? Nous sommes toujours plus patriotiques à l'étranger. Il s'agissait de l'ambassade et d'un institut de langue française. Toujours est-il que nous n'étions pas indifférents et nous pensons que, peut-être, les gens que nous croiserons ne serront pas indifférents au fait que nous arborons leur drapeau.
Cette initiative nous permet aussi de détailler chacun d'eux minutieusement et de nous intéresser à leur histoire... Par exemple, savez vous ce que l'on raconte aux enfants dans les écoles italiennes? Le vert représente les collines des Monts Apennins, le blanc matérialise la neige des Alpes et le rouge rappelle le sang versé par les martyrs des trois guerres d'indépendance du XIXe siècle. La version plus officielle mentionne les couleurs des uniformes des Lombards ralliés à la cause Napoléonienne. Et oui, le drapeau italien aurait été inspiré du drapeau français qui lui même aurait peut-être été inspiré des couleurs de l'indépendance américaine ramenées par Lafayette (ce n'est pas ce que dit la version officielle toutefois). Le drapeau slovène apparaît plus poétique. L'écusson illustre les trois sommets du mont Triglav (point culminant) et l'eau des rivières et de sa petite façade maritime de 46 km. Le drapeau croate est plus complexe (cinq écussons symbolisant les composantes de pays) et aurait suscité quelques réactions serbes lors de son institution après la proclamation d'indépendance... justement, allons voir ce qu'il se passe en Croatie...
Les Baluchons sur les routes de Slovénie:
Superficie: 20 273 km² Population: 2 005 692 Population urbaine: 48% Capitale: Ljubljana
Frontières terrestres: 1 086 km Littoral: 46,6 km Point culminant: Triglav, 2 864m
Pays frontaliers:
Autriche (330 km)
Croatie (455 km)
Hongrie (102 km)
Italie (199 km)
Type de gouvernement: République parlementaire Constitution: 1991
Fête nationale: 25 juin
Elle commémore le jour où la Slovénie gagna son indépendance de la Yougoslavie, le 25 juin 1991.
Force de travail:
Agriculture: 2,5%
Industrie: 36%
Services: 61,5%
Espérance de vie: 80.98 ans
Homme: 77.79 ans
Femme: 84.33 ans
Population au dessous du seuil de pauvreté: 12,9%
Source: CIA World Fact Book 2009
Monnaie: euro Distributeurs: faciles à trouver Paiement par visa/mastercard: acceptés
Prix moyen litre de diesel: 1.02€ bouteille eau minérale (1.5L): 0.40€ un café: 1€ un demi: 1€
Indicatif téléphonique: 386 Indicatif internet: .si Fuseau horaire: +1 UTC et +1h du dernier dimanche de Mars au dernier dimanche d'octobre
Mobilité: Aéroports: 6 Routes: 38 709 km Voix ferroviaires: 1 228 km Voix navigables: sur le Danube