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titre du pays: Sri Lanka

Notre acclimatation au mode sri-lankais

Sous l'Empire britannique, l'île était connue sous le nom de Ceylan et antérieurement sous le nom de Taprobane, puis de Serendib. Les deux langues officielles sont le cingalais et le tamoul, la première étant prédominante. La partie maritime de l'île tomba sous le contrôle du Portugal au XVIe siècle, puis sous celui des Néerlandais au siècle suivant, pour finir comme province de l'Empire britannique en 1796. Par la convention de Kandy, les Anglais prirent le contrôle de l'île en 1815 tandis que l'indépendance fut déclarée le 4 février 1948. Les tensions entre les Cingalais (majoritaires) et les Tamouls (minoritaires) sont la source de nombreuses violences. Aujourd'hui encore, le Nord de l'île (territoires tamouls) est très militarisé et nous ne pouvons pas nous y rendre sans avoir préalablement obtenu une autorisation. Passons les détails et diverses spéculations sur les origines de ces tensions communautaires. Certains historiens soupçonnent notamment les colons anglais d'avoir fait naitre ces tensions sous une stratégie du "diviser pour mieux régner". Résumons plutôt la fin récente de ce conflit. Le mouvement de libération des Tigres Tamouls (LTTE) annonça l'arrêt des combats le 17 mai 2009 et leur chef-fondateur Velupillai Prabhakaran fut tué le lendemain. Le 19 mai 2009, le chef de l'État sri-lankais, Mahinda Rajapakse annonça solennellement devant le Parlement la fin de la guerre civile qui aura duré trente ans. Nous nous souvenons des revendications tamouls sur Paris, il y avait souvent des groupes de manifestants au Trocadero ou sur le champs de mars, non loin de l'appartement que nous occupions à cette époque. Dans un tout autre registre, le Sri Lanka a également été frappé par le tsunami du 26 décembre 2004 qui y a fait plus de 30 000 morts. C'est dans le contexte d'un pays fragilisé dont nous ne connaissons pas grand chose, que nous débarquons au Sri Lanka.

Un temple bouddhiste Le contraste aurait sans doute été moins saisissant si nous étions venus depuis la France. Or, nous avons passé presque six mois au Moyen Orient. Au lieu de découvrir l'Asie progressivement en traversant la Perse comme nous l'avions souhaité, nous atterrissons directement au Sri Lanka et le changement est saisissant. Nous avons quitté une région sèche et aride aux faibles densités de population pour s'immerger dans une végétation luxuriante aux averses fréquentes et
aux densités élevées. De plus, les peuples du Moyen Orient vénèrent un seul Dieu et s'habillent souvent de noir ou autre couleur sobre et discrète. Ici, c'est une véritable explosion de couleurs! Les femmes vêtues de leurs magnifiques saris sont aussi colorés que les hommes qui portent des pagnes autour de la taille. Bien qu'il y est pas mal de musulmans et quelques chrétiens, la plupart des sri-lankais sont bouddhistes ou hindouistes. Ils croient en plusieurs divinités et, contrairement aux mosquées vides d'icônes, les temples sont remplis de représentations des nombreuses divinités. Les encens, les fleurs fraichement cueillies et les fruits sont déposés chaque jour en guise d'offrande, parfumant les lieux de culte. Les petits coins aménagés pour rendre hommage aux différentes Divinités sont partout, dans les maisons, les bus ou encore les touktouk (ces engins à trois roues tellement pratique). La nourriture est beaucoup plus épicée et le plat essentiel est le fameux riz au curry traditionnellement servi sur une grande feuille de banane (on le mange avec les doigts!). Bref, le changement est assez radical et il nous faudra quelques jours (voir quelques semaines) pour s'acclimater à ces us et coutumes.

Deux jours à Colombo

Nous sommes arrivés vers 4h30 du matin. Le temps de récupérer les bagages, échanger quelques euros car il n'y avait pas de distributeurs et se renseigner sur les bus, puis nous affrontons la cohu des rabatteurs d'hôtels et chauffeurs de taxi dans une atmosphère chaude et humide. Notre première remarque «si il fait cette chaleur à 5h du mat, qu'est-ce que ça va être en pleine journée!». Nous réussissons à trouver un bus qui nous emmène vers un autre bus qui nous dépose dans le centre ville. Nous retrouvons les joies oubliées du backpacking (avec les sacs-à-dos), le bus est plein à craquer et nous sommes debout, accrochés tant bien que mal pour résister aux soubresauts des zigzags et des nids de poule. À notre plus grande surprise, les rues sont déjà très animées de si bonne heure. Il pleut. Nous n'avons pas vu une seule goute tomber au Moyen Orient. D'après Laurent, la conduite sri-lankaise ressemble à celle des Indiens en "moins pire"! Ils roulent à gauche, en usant beaucoup du klaxon pour doubler n'importe quand et n'importe comment, ça promet! La chaussée est glissante et les usagers nombreux, Hélène se souvient avoir eu un accident de toutouk au Vietnam il y a plus de dix ans, lors d'une de ces averses de mousson... À travers la fenêtre, nous observons cette fourmilière. Le trafic devient plus dense, nous sommes considérablement ralentis . Le marché s'organise, les porteurs sont souvent des hommes âgé au dos complètement courbé par des années de labeur. Ils se faufilent pieds nus à toute vitesse, sans doute pour abréger les souffrances de ces énormes charges qu'ils transportent. Le bus nous dépose non loin de la Fort station, l'un des quartiers les plus animés. Nous sommes épuisés. Nous décidons de passer au moins une nuit dans la capitale, histoire de se reposer et étancher notre curiosité, bien que les voyageurs s'accordent à dire qu'il y a peu d'intérêt à séjourner à Colombo. Nous trouvons une auberge convenable dans le quartier éloigné de Wellawatta, au bord de la mer. Finalement nous y resterons deux nuits, s'acclimatant tranquillement. Après une bonne sieste, nous partons explorer les alentours, il va falloir se nourrir en goutant de nouvelles saveurs. Nous investissons dans un adaptateur car les prises électriques d'ici sont étranges et aucun de nos adaptateurs universels ne font l'affaire. Nous souhaitions prolonger
notre visa afin de se sentir libre de rester au delà des 30 jours accordés sans avoir à revenir à Colombo. Ayant perdu la notion des jours et étant habitués aux semaines jordaniennes (commençant le dimanche), nous faisons chou blanc, les bureaux sont fermés (et oui, c'est dimanche!). Chercher le service d'immigration a le mérite de nous avoir baladés à travers la ville en prenant plusieurs bus. Ainsi nous avons découvert quelques perspectives urbaines intéressantes, tel que la vue du lac avec son temple, les grands buildings et la mer en toile de fond. Finalement, nous laissons tomber la prolongation des visas. Après avoir survolé le guide, Colombo
Colombo un mois nous semble bien. Nous profitons de cette deuxième journée pour errer dans les rues et sur la promenade côtière blindée de monde. Les cerf-volants envahissent le ciel, portés par une brise légère et agréable qui déplace pourtant les nuages à une allure impressionnante. Voilà une chose étonnante en Asie, ce ciel nuageux qui se transforme continuellement. En nous promenant, nous nous faisons accoster à plusieurs reprises. Deux fois, on nous propose d'aller dans des
temples (c'est une journée très spéciale nous dit-on) ou à une foire aux pierres précieuses (c'est le dernier jour et vous y ferez de très bonnes affaires). Laurent se souvient alors qu'en Inde, chaque jour était "très spécial" et il en avait d'ailleurs ramené des pierres précieuses! Bien évidemment, il s'agit d'appâter les touristes blancs que nous sommes afin de gagner quelques roupies. Vraisemblablement, nous sommes vu comme des vaches à lait, ce qui est quelque peu irritant mais il va falloir s'y faire. Nous avons perdu l'habitude de cet incontournable aspect du voyage sacs-à-dos. Que nous le voulions ou non, nous serons amenés à suivre plus ou moins les destinations communes à la plupart des voyageurs. Des rabatteurs, nous allons sûrement en rencontrer des dizaines. Le plus frustrant est que ça nous rend méfiant et ça dénature les échanges que nous avons avec les locaux. Il n'est plus question de se faire inviter à prendre le thé, comme ça nous arrivait souvent au Moyen Orient. Ici, tout est business, ce qui n'empêche pas les gens d'être agréable et souriant mais c'est pas pareil... Bon, nous avons eu notre dose de Colombo.

Au matin, nous nous rendons à la gare pour prendre un train pour Kandy, deuxième ville du pays. Les prix sont incroyablement dérisoires, du genre un euro pour trois heure et demi de trajet. Par contre, c'est comme pour les bus, il n'y a pas assez de places pour tout le monde si bien que les gens se jettent sur le train en passant leurs bagages par les fenêtres avant même qu'il soit arrêté, dans l'espoir de se réserver un siège... Évidemment, nous n'étions pas préparés à cette Colombo
Dans le train pour Kandy cohue et nous nous sommes retrouvés debout. Heureusement, plusieurs passagers descendaient avant nous. Au bout d'une heure, nous avions récupéré un siège sur lequel nous nous alternions jusqu'à ce que nous arrivions à en obtenir un deuxième. Le train s'enfonce dans une jungle verdoyante. Nous avions pris l'habitude de voir des dromadaires et des chèvres. Ici, nous croisons sans cesse des vaches, des chiens et des singes. Nous sommes en admiration devant tant d'abondance, la nature semble si généreuse dans ces contrées...

Kandy, ambiance paisible dans cette ancienne capitale

Kandy est une ville fondée probablement au milieu du XVème siècle. Elle est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1988. De 1592 jusqu'au début du XIXème siècle, c'était la capitale de l'île. Bien que prise par les Portugais au XVIème siècle puis par les Hollandais au XVIIème, Kandy réussit à préserver son indépendance jusqu'à ce qu'elle soit soumise par les Britanniques en 1815. Depuis, Kandy a conservé sa fonction de capitale religieuse du Sri Lanka, lieu de pèlerinage important pour les bouddhistes parce qu'on y trouve la relique d'une dent du Bouddha. Effectivement, l'une des principales raisons pour lesquelles les touristes et les locaux viennent ici, c'est le fameux Temple de la Dent. Ce qui nous séduit le plus dans cette ville, c'est le lac et les collines alentours qui lui confère cette ambiance paisible et chaleureuse. Le premier jour, nous profitons de la vue plongeante sur le lac depuis notre confortable chambre du McLeod Inn, auberge située sur les hauteurs, en retrait du centre ville. Nous explorons l'artère principale de ce noyau urbain, bordée de commerces et de restaurants. Le lendemain, nous prenons un bus pour parcourir quelques kilomètres afin d'explorer le jardin botanique. Nous y passons tout l'après-midi et sommes conquis par sa beauté. Pour la première fois, nous rencontrons toute une bande de singes. Alors pendant un long moment, nous contemplons leurs singeries, éblouis devant tant de malices! Ils se balancent de branches en branches avec une habileté d'acrobates et ils ont des expressions tellement humaines que s'en est attendrissant. En ce qui concerne la faune, nous rencontrons également une vache, des scorpions et plusieurs oiseaux. Nous nous baladons à travers le parc pour observer diverses plantes exotiques dont une collection d'orchidées, des grandes allées bordées de palmiers, des rosiers, des ficus, et bien d'autres spécimens dont nous ne retenons pas les noms scientifiques que nous lisons sur les petites pancartes. Les ficus nous impressionnent particulièrement car leurs racines sont énormes et très étendues, se croisant presque infiniment. Il y a aussi ce drôle d'arbre qui ne doit pas être bien jeune et dont les branches épaisses s'éparpillent tout autour, créant comme des petits bancs de bois sur lesquels les amoureux viennent s'installer. Le jardin est très bien entretenu et des femmes balayent les pelouses à longueur de journée. Nous les regardons faire, assis sur un banc. Puis, nous sortons retrouver la jungle urbaine dont nous avions complètement fait abstraction pendant ces quelques heures paisibles.

Kandy
Kandy Le jour suivant, sur les conseils de notre aubergiste, nous partons au Temple de la Dent. Ce dernier est situé sur la rive nord du lac (nous sommes au sud) et il nous faut environ un quart d'heure pour s'y rendre à pieds. En descendant la colline, nous croisons à nouveaux des singes, nous les voyons courir sur les toits, s'accrochant parfois aux fenêtres des maisons. Sur ce lac artificiel qui fait le charme de Kandy, nous apercevons l'espèce de gros reptile que nous avions repéré la veille.
Aujourd'hui, il est accompagné d'une tortue noire et plusieurs corbeaux les entours, tous posés sur le même tronc d'arbre mort qui flotte à la surface. Il y en a des centaines de corbeaux par ici, on se croirait dans le film de Hitchcock. On nous a suggéré la visite du temple car c'est la pleine lune, ce qui donne lieu à des célébrations particulières. Contrairement aux fêtes qui animent les lieux en juillet-aout, nous n'avons vu aucuns éléphants parés de mille couleurs et de lumières comme le montre les nombreuses affiches Kandy
Kandy décorant les murs de certaines guesthouses. En revanche, il y avait des centaines (voir des milliers?) de bouddhistes apportant des offrandes. L'expérience était émouvante au début, être au milieu de ces pèlerins aux sourires radieux. Mais au bout d'une demi-heure, nous n'avions avancé que de quelques mètres et nous perdions un peu patience! Nous avons piétiné sans trop savoir où aller, suivant la masse, si bien que nous n'avons
même pas aperçu Kandy
la fameuse dent du Bouddha! Nous étions quelques peu irrités d'avoir à payer si cher pour pénétrer dans ce lieu sacré (nous ne faisons pas payer les non chrétiens qui visitent nos belles églises!). Et puis, nous ne sommes pas habitués à être sans cesse bousculés, ce qui est tout à fait naturel ici. Bref, cette visite fut un peu décevante mais des temples bouddhistes, nous en verrons encore bien d'autres...

Hélène étant un peu enrhumée et la chambre que nous occupons étant particulièrement agréable, nous restons quatre nuits à profiter de cette vue imprenable sur le lac. Certes, nous payons un peu plus que ce que notre budget nous permet vraiment mais cette auberge est chaleureuse et nous nous y sentons bien. L'éloignement du centre ville ne nous empêche pas de nous y rendre régulièrement. Bon, nous nous plaisons ici mais il est tant de reprendre la route, sous la pluie.

Temple d'Or de Dambulla

Temple d'Or de Dambulla

Nous faisons escale à Dambulla, connu pour son cave temple (temple grotte) ou temple d'Or. Notre guesthouse (Healey Inn) est un peu vieillotte et vétuste mais en compensation, les aubergistes sont sympathiques et la nourriture plutôt bonne bien que très simple. Les statues et les peintures que l'on peut admirer dans les grottes du temple datent du Ie siècle av J.C. mais elles furent repeintes et rénovées au XIème et XIIème siècles. On raconte que ces grottes auraient servi de refuge au roi Valagamba pendant ses 14 années d'exil du royaume de Anuradapura. Les moines bouddhistes qui y méditaient à l'époque lui auraient fourni leur aide et leur protection. Si bien que lorsque le roi Valagamba repris enfin son trône (au Ier siècle av J.C.), il fit édifier ce temple pour les remercier. La montée au temple est un peu raide, nous nous asseyons un moment pour reprendre notre souffle et admirer le paysage depuis cette colline. En observant ces peintures, nous réalisons que nous connaissons peu de chose sur le bouddhisme. Or, nous pensons nomadiser en Asie pour un an ou plus, nous allons sans doute apprendre beaucoup...

La légende de Sigirîya

Sigirîya Sigirîya (aussi appelé Simhagîri qui signifie "rocher du lion") est un site archéologique important classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO. Son rôle de capitale royale fut bref mais légendaire! Laissez-nous vous conter la légende Sigirîya... À la fin du Vème siècle, Kassapa, le fils cadet du roi d'Anurâdhapura Dhatusena entre en conflit avec son frère aîné Mogallana. Le trône revient de droit au fils aîné mais Kassapa ne l'entend pas ainsi. Il tue son père en l'emmurant vivant puis prend le contrôle de la régence avant d'expulser son frère, contraint de s'exiler en Inde. En partant, Mogallana l'avertit qu'il reviendra
pour venger leur défunt père. Kassapa sait qu’un jour ou l’autre, son frère reviendra. C'est pourquoi il décide de lever son armée et quitter la capitale royale d'Anurâdhapura pour aller s'installer à Sigirîya. Il choisit ce site en raison de l'immense rocher aux parois abruptes culminant à 370 mètres qui joue le rôle d'impressionnantes murailles. De plus, non loin se trouve un grand réservoir d'eau qu'avait jadis fait creuser son père. Les travaux d'aménagement sont relativement courts, comparé à la difficulté et à l'ampleur de la tâche. Au sommet du rocher, Kassapa fait bâtir sa forteresse. Il fait édifier deux rangées de murailles et de fossés sur toute la partie Sud et Est, tandis que le Nord et l’Ouest sont protégés par l’épaisse jungle qui empêche toute invasion massive. Au pied du rocher, se dresse un immense jardin pourvu de longs bassins. Pendant dix-huit ans, Kassapa vit reclus dans sa forteresse au milieu de sa cour plutôt féminine, attendant le retour de son frère. Durant ce temps, Mogallana réfugié en Inde, lève une armée et fait route vers Anurâdhapura qu’il trouve complètement abandonnée. Puis, il retrouve la trace de son frère à Sigirîya. Alors que Kassapa séjourne tranquillement sur son rocher, entouré de ses milles courtisanes (les fameuses "demoiselles de Sigirîya"), il voit arriver les troupes. Il boucle les jardins et met la garde en alerte pour le combat qu’il pense forcément gagné étant donné l’avantage que lui confère sa position. Mogallana, en fin stratège, déploie son armée autour du site et l’assiège, attendant que son frère descende combattre. Kassapa avait pensé à tout... sauf à l'essentiel, le ravitaillement en cas de siège! Le siège dura à peine une semaine. Épuisé par la faim, Kassapa se livre sans combat à son frère aîné qui l’exécute. Mogallana reprend la régence à Anurâdhapura et Sigirîya est à jamais abandonnée.

Nous avions pris le bus depuis Dambulla et étions descendus volontairement deux kilomètres avant la station afin de se perdre un peu dans la végétation
luxuriante. Nous arrivons donc sur le site par le chemin utilisé majoritairement par les locaux puisque les touristes étrangers arrivent normalement par un autre côté. Nous nous arrêtons à quelques étalages pour gouter un espèce de gâteau étrange dont nous ne reconnaissons aucunes saveurs (et comme personne ne parle anglais, nous ne saurons jamais!). Puis pour quelques roupies nous achetons des morceaux de mangue servis dans une feuille de papier journal pliée. La mangue n'est pas aussi savoureuse qu'elle en avait l'air, du coup nous la partageons volontiers avec des singes. Nous pénétrons enfin sur le site. D'abord, nous Sigirîya
Sigirîya traversons les jardins dans lesquels était aménagé un ingénieux système hydraulique assurant l'approvisionnement en eau. Puis nous commençons notre ascension jusqu'aux quelques peintures rupestres encore visibles qui représentent les demoiselles de Sigîriya. La légende affirme que le roi Kassapa était entouré de mille courtisanes. Il immortalisa leur beauté en ordonnant ces magnifiques dessins peint sur la paroi rocheuse et protégés des regards indiscrets par un mur spécialement construit à cet effet. Il faut redescendre quelques mètres puis longer le rocher à mi hauteur pour arriver sur une terrasse depuis laquelle on accède
à la dernière volée de marche, en passant entre les pattes d’un gigantesque lion sculpté dans la roche. Nous remarquons des cages grillagées servant de refuge en cas d'attaque de frelons. Nous n'en avons vu aucun mais il parait que
d'énormes essaims vivent autour du rocher, généralement collés aux parois. Les autorités avaient essayé de s'en débarrasser plusieurs fois mais ils revenaient toujours plus nombreux. C'est comme ça qu'est née une autre légende: les cingalais considèrent ces frelons comme les gardiens de Sigirîya! Au sommet, on découvre des murets de briques rouges. Il s'agit des vestiges du palais royal, de la piscine du roi, des jardins et des citernes. Les ruines n'ont rien d'extraordinaire Sigirîya
Sigirîya mais le panorama est grandiose. Au nord et à l'est la jungle est tachetée de lacs et de villages tandis que l'on aperçoit les contreforts des montagnes en second plan. Au sud et à l'ouest la vue plongeante sur les jardins laisse apparaître une perspective parfaite, inimaginable depuis le sol. Au loin, un grand Bouddha blanc (qui ne date pas du tout de la même époque) émerge de la végétation. Voilà, nous quittons Sigirîya pour poursuivre notre route vers le Nord.

Safari au parc national de Kalluda

Parc national de Kalluda
Nous arrivons à Polonnâruvâ vers 13h. Nous faisons le tour des auberges afin de sélectionner celle qui accueillera nos rêves pour les deux nuits à venir. Une fois installés, nous décidons d'embarquer dans l'un de ces 4x4 aménagé pour les safaris. Nous avons trouvé une jeune femme belge qui allait partir seule. Nous lui proposons de partager les frais en se joignant à l'expédition. Des deux parcs nationaux environnants, Kadulla est le plus récent et aussi le moins cher. Le safari dure toute l'après-midi, jusqu'au coucher du soleil. Nous observons longuement les éléphants. Ils se déplacent lentement et semblent adorer la baignade. Ils ne se laissent pas approcher de trop près. Nous avons vu un véhicule se faire charger à deux reprises. Il y a dans leur attitude une nonchalance naturelle et leurs visages semble sereins, parfois ils ont un air un peu triste. Dans ce parc, il y a également beaucoup de buffles sauvages, des marabous, ainsi que d'autres sortes d'oiseaux que nous ne saurions vous nommer. Nous remarquons aussi une énorme ruche, un renard fuyant, un aigle majestueux perché sur une branche bien trop haute pour que nous puissions profiter pleinement de sa beauté, puis des paons qui ne nous dévoilent rien de leur roue colorée. Les éléphants monopolisent l'attention des visiteurs mais tout le reste est appréciable, y compris les paysages, embellis pas une lumière sans cesse changeante en fonction du mouvements des nuages et du soleil. Notre chauffeur et notre camarade sont tous deux sympathiques et nous passons un excellent moment. Finalement, notre seul regret est que ce fut trop court. Nous serions bien restés quelques heures de plus pour admirer cette incroyable nature.

Exploration "chaotique" du site de Polonnâruvâ

Polonnâruvâ fut le siège du pouvoir des rois cingalais du onzième au treizième siècle. Le site archéologique s'étend sur environ 122 hectares et présente plusieurs monuments bien conservés, dont la majorité à vocation religieuse. Le site est divisé en plusieurs zones dont la plus célèbre est Gal Vihariya que nous n'avons jamais trouvé! Nous avons vu des cartes postales représentant les grands Bouddhas sculptés dans la roche que nous avons ratés...
Polonnâruvâ No comment! Il faut dire que notre visite fut un peu chaotique. Nous avions loué des vélos et ça nous paraissait bien plus amusant que d'aller voir des ruines. Si bien qu'au lieu de suivre les indications, nous nous sommes d'abord égarés au bord du lac, en passant devant le musée archéologique que nous n'avons pas pris la peine de visiter. Puis nous avons longé un canal que nous avons traversé sur une passerelle étroite également empruntée par des vaches. Puis, nous nous sommes enfoncés dans une zone d'habitations bordées de
chemins de terre plus ou moins étroits, inaccessibles en voiture. Nous nous promenions tout en cherchant à rejoindre le site. Nous comptons sur notre sens de l'orientation aiguisé et notre mémoire visuelle pour se souvenir du plan entraperçu un peu plus tôt. Nous sommes poursuivis par des chiens et finalement, c'est en les semant que nous arrivons en plein cœur du site, par un petit passage creusé à travers une végétation abondante et normalement réservé aux locaux. Un homme en moto nous signale que nous sommes entrés illégalement et que nous risquons d'avoir des soucis avec les autorités. Comme nous avons des tickets en poche, nous ne nous inquiétons pas. À peine avions nous cadenassé les vélos pour explorer les vestiges du palais qu'il se mit à pleuvoir. Espérant que l'averse soit brève, nous nous abritons sous une sorte de cabanon dans lequel un soldat engage la conversation. L'averse se faisant de plus en plus intense, nous décidons de rentrer à l'hôtel et revenir plus tard. Nos tickets n'ayant pas été contrôlés et tamponnés la première fois, nous n'avons aucun mal à entrer deux heures plus tard, cette fois-ci par la bonne porte. Toutefois, l'un des gardes nous a reconnu, il nous interpelle «you come tomorrow morning». Il voulait sans doute dire qu'il nous avait vu le matin même (you came
this morning). Son anglais étant mauvais, nous avons pu tourner la réponse en notre faveur sans avoir à mentir, en lui répondant que nous n'avions pas du tout l'intention de revenir le lendemain matin. Finalement, nous nous intéressons plus à la nature environnante qu'aux ruines elles-même. Nous passons notamment vingt minutes à admirer un magnifique reptile de presque un mètre de long. Plus loin, nous observons des singes en train de manger les feuilles d'un grand arbre sur lequel Polonnâruvâ
Polonnâruvâ certains se chamaillent. Nous pédalons à travers ses pierres recouvertes par la végétation. Quelques monuments attirent toutefois notre attention par leur beauté architecturale. D'autres nous séduisent par leur caractère intemporel. À aucun moment nous nous trouvons face à ces fameux grands Bouddhas et la nuit va bientôt tomber, tant pis! Nous sommes de piètres amateurs d'archéologie. Très honnêtement ce qui nous a vraiment plu dans cette visite, c'est la balade à vélo au milieu de cette jungle tropicale!

Anurâdhapura: une autre journée vélo au milieu des ruines

Nous n'avons pas trop aimé les deux dernières chambres d'hôtes que nous avons occupées, du fait de leur vétusté et d'une certaine négligence au niveau de la propreté. À Dambulla, l'accueil chaleureux de la famille avait compensé mais à Polonnâruvâ, nous étions en froid avec la maîtresse de maison. Arrivés à Anurâdhapura, nous décidons de prendre le temps de choisir un endroit convenable, de négocier les prix et mettre un peu plus que 6 euros si nécessaire. Nous trouvons notre bonheur au Lake View où le cadre est agréable, l'ambiance familiale plaisante et la nourriture délicieuse. Fatigués des trois heures et demi de bus, dont une partie debout, et découragés par les ondées, nous décidons d'attendre le lendemain pour explorer le site archéologique.

     Au matin, nous essayons les bicyclettes sous une pluie fine. Nous attendons l'accalmie une heure puis nous partons, peu motivés par les gros nuages au dessus de nos têtes. Nous sommes assez loin du site. Nous nous perdons dans la ville, volontairement. En s'arrêtant acheter de l'eau et des barres chocolatées pour se donner du courage, nous tombons sur l'affiche d'un film d'action américain rassemblant tout un tas d'acteurs célèbres. La prochaine séance est à 14h30, il est midi. Comme les ondées reprennent de plus belle, nous essayons de savoir où se trouve le cinéma, ça pourrait être une alternative agréable pour échapper aux averses. Nous voilà donc partis à la recherche du cinéma. Tous les gens à qui nous demandons s'accordent à dire que c'est par là, pointant effectivement dans la même direction, mais nous parcourons 4 ou 5 km sans jamais tomber dessus! Entre temps, le ciel s'est soudainement arrêté de pleurer et quelques rayons de soleil viennent même nous effleurer le visage. Nous retrouvons notre bonne humeur, prenant plaisir à vagabonder sur nos deux roues, profitant des sourires des uns et des hellos des autres sans jamais avoir le temps de se voir proposer d'acheter tel ou tel objet ou service. Ce site archéologique est encore plus étalé que le précédent et nous passons par plusieurs checkpoints. Au milieu de la forêt et de quelques pierres sans grand intérêt, se trouve une école. Nous sommes nez à nez avec des groupes d'écoliers vêtus de leurs uniformes blancs avec les cravates arborant les couleurs de leur école. Les garçons portent des pantalons ou des shorts pour les plus jeunes, tandis que les filles portent toutes des jupes plissées. Nous entendons une multitude de hello. Ils et elles ont de magnifiques sourires et c'est avec enthousiasme que nous leur retournons leurs salutations, parfois avec un brin de conversation leur permettant de pratiquer fièrement leur anglais. Nous nous égarons un peu, profitant des vélos
pour circuler librement, comme nous le ferions à bord de notre roulotte. Nous ne savons pas grand chose de l'origine de Anurâdhapura, seulement que ce fut la capitale du Sri Lanka du IIIème siècle avant J.C. au Xème siècle après. Comme à Polonnâruvâ, nous apprécions surtout la promenade et la nature. Nous découvrons notamment une nouvelle sorte de singes, plus grands, avec des jambes plus allongées et des attitudes plus humaines. Ils semblent bien Anurâdhapura
Anurâdhapura s'entendre avec les vaches et ne sont absolument pas farouches. Certains monuments sont impressionnants. L'une des grandes pagodes (80 mètres de haut environ) est entièrement recouverte d'un échafaudage brinquebalant. Certaines sculptures nous inspirent, près de la moonstone (pierre de lune). Et puis, nous faisons des pauses au bord des grands réservoirs d'eau que l'on trouve à divers endroits. Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons aux pagodes de Thuparama et Ruvanvelisaya. La
première nous plait énormément avec ses colonnes de pierres penchées par des siècles d'existence. Le ciel nuageux perfectionne ce décor surprenant. Cette journée que nous avions entamée avec peu d'enthousiasme se termine très bien puisque nous sommes ravis. Nous rentrons à l'auberge pour nous régaler des petits plats concoctés par nos hôtes. Le lendemain, nous reprenons la route. Anurâdhapura

Voyager en bus, une habitude que nous avions perdue

Anurâdhapura Le trajet jusqu'à Tricomalee restera anecdotique dans nos esprits. D'abord, nous attendons presque une heure avant que le bus quitte la gare routière de Anurâdhapura. Au moins, nous avons des places assises! Lorsque nous partons, il y a déjà une quinzaine de personnes debout. Au fil des kilomètres, le vieux bus rouge se rempli davantage, c'est à se demander comment on peut faire entrer autant de monde dans un si petit espace, mais le pire
reste à venir... Les paysages sont très beaux, cet infini de vert moucheté d'étendues d'eau plus ou moins grandes qui reflètent la lumière du soleil. Nous traversons plusieurs villages, des passagers descendent, d'autres montent. Le ciel nous offre encore un magnifique spectacle, les nuages bougent et les averses s'abattent lorsqu'on s'y attend le moins. Il pleut fort. Nous arrivons à un tout petit abris dans lequel sont entassés des dizaines d'écoliers. D'autres se serrent les uns aux autres sous des parapluies multicolores. À croire que toute l'école est maintenant sur le bord de la route, qui plus est au milieu de nulle part. Le jeune homme qui s'occupe des billets et communique avec le chauffeur pour prendre ou faire descendre les usagers semble hésiter. Est-ce la pluie qui lui inspire cette décision? Il fait signe au conducteur de s'arrêter. Voilà que nous faisons le ramassage scolaire! Nous ne saurions vous dire précisément combien d'enfants sont venus se joindre à nous. Nous regardons cette masse de jolies sourires se presser près de la porte en nous demandant combien allaient pouvoir monter. À notre plus grande surprise, tous! Incroyable! Il y en avait partout. Rien que sur les trois petites marches s'entassent pas moins de dix jeunes hommes dont trois ou quatre à moitié dehors, un pied posé et un bras tendu vers l'intérieur. Nous avons parcouru plusieurs kilomètres dans cette ambiance joyeuse. Oui parce que ça les faisait bien rigoler tous ces jeunes de s'entasser comme des sardines! Peu à peu, le bus se désempli. Un peu avant d'arriver à la gare routière de Trincomalee, nous apercevons un panneau indiquant la direction de la plage où nous souhaitons nous rendre. Nous demandons à descendre et prenons un touktouk pour les 3km restants.

Tricomalee: la plage de Uppuveli et l'île aux pigeons

Tricomalee est une ville portuaire de la côte nord-est du Sri Lanka, elle est bâtie sur une presqu'île à l'entrée de la plus importante baie de la côte orientale de l'île. Nous logeons à 6km du centre, sur une longue plage de sable fin, Uppuveli. Le premier soir, nous rencontrons d'autres voyageurs et passons une soirée arrosée à discuter et danser au son des percussions et des chants sri-lankais de nos hôtes. Le jour suivant, Uppuveli
Uppuveli nous prenons le petit-déjeuner sur notre petite terrasse avec vue sur la mer. À peine
avions nous quitté la table qu'une dizaine de corbeaux se précipita violemment sur nos restes. Nous flemmardons dans notre cahute après une baignade matinale. L'eau est chaude dès les premières heures du jour. Plus tard, nous profitons de la fraicheur du soir pour marcher le
long de la côte, allant à la rencontre des pêcheurs qui préparent leurs filets. L'ambiance paisible nous séduit. Le lendemain, nous partons pour la plage de Nilaveli d'où nous prenons un bateau pour nous rendre sur l'île aux pigeons qui, comme son nom l'indique, est habitée par ces oiseaux voyageurs que nous voyons beaucoup à Paris. Il y a également plein de corbeaux, comme partout au Sri Lanka. Nous louons des palmes pour compléter notre équipement parce que nous Uppuveli
Nilaveli n'avons que nos masques et nos tubas. Nous passons deux ou trois heures à admirer la faune et la flore aquatique sur les quelques récifs de coraux, qui ont été endommagés par le tsunami eux aussi. Bien sur, il n'y a aucune comparaison possible avec la mer Rouge que nous avons quittée il y a deux semaines, mais il faut reconnaître que nous avons croisé de beaux spécimens. Certes, la diversité et l'abondance sont moindre, mais cela nous permet de nous
concentrer davantage sur chaque élément de cet univers océanographique. Nous contemplons quelques poissons étonnants, des petits, des gros, des sombres ou des très colorés. Laurent a même aperçu un requin! Sur cette petite île, nous rencontrons Virginie et Mathieu, un couple en lune de miel. Nous sympathisons et, de retour à l'hôtel, nous prenons un verre ensemble. Lorsque nous retrouvons notre chambre, nous découvrons l'ampleur du désastre, nous avons tous les deux attrapé des coups de soleil. S'asseoir ou s'allonger devient un véritable supplice et nous abandonnons l'idée de reprendre nos sacs-à-dos au matin pour poursuivre notre route. Nous nous badigeonnons de crème. Aux rougeurs de nos peaux brulées s'ajoutent bientôt des boutons d'insectes en tout genre dont sans doute des puces... Après quatre nuits dans cette auberge mal entretenue, nous partons. Nous changeons également d'itinéraire parce que nous ne souhaitons plus aller à la plage pour le moment. Nous rêvons de montagnes et d'air frais. Nous prenons donc la direction de Kandy où nous retrouvons la guesthouse que nous avions tant aimée. Lorsque nous arrivons au Mc Leod Inn, les tenanciers nous reconnaissent et nous accueillent avec un grand sourire. Nous y passons deux nuits, le temps de faire laver tout notre linge. Nous nous délectons de dormir dans des draps doux, sous une moustiquaire impeccable, sans odeurs désagréables, dans un cadre d'une propreté irréprochable, à se demander si nos hôtes ne seraient pas un peu maniaques sur les bords!

Hills country, région montagneuse et plantations de thé

L'aubergiste nous conseille vivement de prendre le train de 8h20 si nous voulons profiter des paysages parce qu'ensuite, la brume recouvre tout. Il pleut. Arrivés à la gare de Kandy, nous entendons quelqu'un nous appeler par nos prénoms, avec un bon accent français. C'est Mathieu, Virginie fait la queue pour les billets, eux se rendent à Haputale, un peu plus loin que nous. Sur le quai, nous retrouvons également un couple canadien de travailleurs sociaux avec qui nous avions partagé un repas animé de conversations intéressantes à Dambulla. Eux aussi se rendent à Haputale. Le voyage dure plus de quatre heures pour nous, mais en compagnie de nos sympathiques compatriotes, le temps passe plus vite. Bien que les averses et le brouillard humide ne permettent pas toujours d'apprécier le panorama, petit à petit, nous voyons le décor changer.
Des collines plantées de thé apparaissent. Quelques grands arbres se dressent à travers, pour réduire les risques d'érosion du sol. Ici et là, nous apercevons des habitations, comme des petits hameaux. Nous repérons facilement les bâtiments de fabrication de thé, de par leur taille imposante. Puis, nous arrivons à destination. Nous retrouverons sans doute nos amis à Ella dans deux jours. Les températures ont baissé, nous avions sortis nos petites laines dans le train. Entre Kandy et Nuwara Eliya
L'auberge que nous avons contactée nous a envoyé une voiture, la gare située à 9km de la ville. Nuwara Eliya est à 1889m d'altitude. Notre guesthouse est
Nuwara Eliya reculée, construite au milieu de la végétation et au bord d'une rivière. Cette maison est pleine de charme et le salon sur pilotis est complètement entouré de baies vitrées derrière lesquelles la jungle tropicale dessine comme un tableau. Nous choisissons la meilleure chambre, sous les toits. On y accède par une trappe, elle est spacieuse et chaleureuse avec son parquet en bois, son plafond irrégulier, son grand lit et son petit balcon. À peine installés, nous repartons en ville prendre un
bus pour visiter la plantation de thé Labookellie dont la description du Lonely nous a particulièrement intéressé puisqu'il est question d'un excellent gâteau au chocolat en accompagnement de la dégustation offerte. Nous n'avons pas été déçus! À 25 centimes la part, nous ne nous sommes pas privés et en avons pris trois chacun! La visite fût assez brève. Malgré tous les efforts de notre guide qui tenait absolument à pratiquer son français, nous n'avons pas tout saisi de ce qu'elle nous racontait. Du coup, nous ne sommes pas sûrs que nos informations soient fiables car les 50 à 60 récoltes par an nous ont paru peu probable. En même temps, les cueilleurs ne prennent que quelques feuilles du même arbuste à chaque fois. La cueillette est difficile et environ 1000 personnes travaillent sur
cette exploitation. Les étapes suivantes consistent principalement au séchage, à la fermentation, au broyage et au conditionnement divers en fonction de la qualité de thé souhaité. Elle nous emmene voir les grandes cuves dans lesquelles les feuilles sèchent naturellement, brassées régulièrement par des ouvriers. Nous jetons un œil aux différentes machines pour sécher, fermenter et trier. Puis nous sommes conviés à une dégustation (c'est là que nous nous empiffrons de gâteau!). Plantation de thé Labookellie
Après cet agréable moment, nous rentrons tranquillement à l'auberge où l'on nous a servi un délicieux diner. Il fait froid et nous nous blottissons sous la couette. Il pleut toute la nuit et au matin toutes nos affaires sont gorgées d'humidité et nous avons froids. Les averses continuent, nous décidons de reprendre le train pour rejoindre Ella, situé à environ 1000m d'altitude, ce qui laisse présagé des températures plus clémentes.

Le train a plus d'une heure de retard, c'est l'occasion de rencontrer Jeanne et Oken avec qui nous sympathisons rapidement, eux aussi se rendent à Ella, petit village paisible qui attire pas mal de touristes étrangers. Nous trouvons une bonne guesthouse. Jeanne et Oken nous invitent dans la leur pour l'appéro et nous prévoyons de se retrouver le lendemain pour marcher ensemble au sommet d'un grand rocher surnommé Ella's Rock. Lorsque le réveil sonne, nous ne sommes pas en forme. Pour une fois, nous nous sommes couchés tard. Laurent n'est pas motivé pour la rando et les quelques gouttes de pluie lui donne une bonne excuse. Hélène hésite et finit par se motiver, lorsque la pluie cesse.
Ella's Rock La balade avec Jeanne et Oken est très agréable et plus longue que prévu parce que nous nous sommes perdus. C'est un local qui nous a finalement accompagné à travers champs et forêt. Heureusement qu'il était là parce que Hélène serait revenue les pieds complètement bouffés par les sangsues! Jeanne est française mais elle vit à Londres. Oken est indien, il vient d'une tribu qui vit près de la frontière birmane. Il nous confie qu'il est très compliqué mais pas impossible de traverser le Myanmar avec un véhicule
étranger et il pourra peut-être nous aidé. Nous sommes tout excités à l'idée de découvrir cette région.

Little Adam Peak

Le lendemain, alors que nous prenons notre petit déjeuner, Mathieu et Virginie débarquent. Ils ont justement rencontré Jeanne et Oken qui leur ont dit où nous logions, le monde est petit! Nous partons donc avec eux pour Little Adam Peak, une promenade très plaisante qui nous emmène au sommet d'une autre colline, d'où la vue est également splendide. En chemin, nous rencontrons des écoliers qui nous remettent sur la bonne piste car, une fois encore, nous avions raté un tournant. Encore une journée qui passe sans que l'on s'en aperçoive! Le soir, nous retrouvons nos amis à leur guesthouse pour diner un succulent riz au curry avec toutes sortes de légumes cuisinés de différentes manières: du dhal (lentilles), des aubergines caramélisées, deux sortes de haricots arrangés différemment, du chou, de la noix de coco râpée agrémenté de piments... un vrai délice! Quand les français se rencontrent, il y 99% de chance pour que le thème "bouffe" intègre les discussions, ce fût le cas très rapidement avec Mathieu et Virginie! Nous nous donnons rendez-vous à 9h30 le jour suivant pour prendre le bus. Ils nous propose de les suivre à Tissa pour un safari dans le parc national de Yala, ils ont rencontré une fille de Toulouse qui y a vu plein de léopards, des éléphants, des crocodiles, des oiseaux, etc. Nous sommes tentés mais nous avons déjà fait un safari et financièrement, c'est au dessus de nos moyens. De plus, il ne reste que quelques jours et nous souhaitons voir les plages du sud, réputées très belles. Nous montons dans le même bus mais ils descendent avant nous, nous les retrouverons sans doute à Mirisa dans deux jours.

Deux jours paisibles à Tangalle

Tangalle

Une fois de plus, nous trouvons une guesthouse pleine de caractère. Nous sommes les seuls clients et ils sont aux petits soins. Nous avons une sorte de grand bungalow en dure avec une chambre et une salle de bain très spacieuses, ainsi qu'une grande terrasse d'où nous apercevons la mer à travers le jardin. Nous n'avions pas été bercés par le ressac de la mer depuis longtemps. La nourriture est délicieuse et nous en profitons pour manger du poisson au curry. Il y a un chien Tangalle
un peu fou qui court après les singes, les serpents et les porcs-épics. Il y a également beaucoup d'oiseaux et d'écureuils, des noix de coco qui chutent de temps en temps et des tonnes d'insectes en tout genre. Alors que nous nous
Tangalle lavons les dents, nous découvrons aussi une énorme araignée. Bref, c'est la jungle et nous faisons avec. Nous avons de la chance parce qu'il a beaucoup plu ces derniers jours mais nous bénéficions de belles éclaircies lors de notre promenade. En longeant la plage, nous arrivons à un petit port de pêche. Entre la mer et la lagune nous croisons un pêcheur qui nous montre son embarcation, une sorte de pirogue très étroite équilibrée avec un flotteur.

Pendant le diner du premier soir, notre hôte nous raconte en détail comment il a vécu le tsunami. Le 26 décembre 2004, vers 9h du matin, alors qu'il servait le petit déjeuner à des clients, il a vu une énorme vague arriver droit sur lui. Il a à peine eut le temps de faire demi-tour qu'il se retrouva projeté par un tourbillon d'eau. Dès que l'eau fut repartit, très très loin selon lui, il alla constaté les dégâts et rassembler les clients pour partir vers les terres se réfugier. Une deuxième vague frappa mais pas de plein fouet. Réfugiés sur une colline à environ deux kilomètres, il pouvait voir la mer s'éloigner de plus en plus. Parmi les personnes qui étaient présentes dans l'auberge, toutes survécurent à l'exception d'une petite fille de six ans. Dès qu'il pu, il courut à son village. Tout avait été balayé et il ne reconnaissait pas l'endroit. Il n'avait plus de repère pour trouver la maison de ses parents. C'est alors qu'il reconnu un arbre mais il n'y avait plus rien ni personne autour. Il retourna dans les terres, avec les gens de l'auberge, il tremblait. Ce n'est que cinq heures plus tard que l'un de ses frères fit son apparition. Les six membres de sa famille avaient survécu en s'accrochant aux branches d'un arbre qui avait résisté à la force de l'eau. Beaucoup de gens sont morts et toutes les habitations étaient dévastées. Aujourd'hui, la plupart des locaux ont reculé leur maison dans les terres. D'après lui, essentiellement les étrangers se sont réinstallés au bord de la plage (notre guesthouse appartient à un allemand).

Mirissa et nos retrouvailles avec Virginie et Mathieu

En arrivant à Mirissa, nous nous présentons au Palm Villa, la guesthouse que Virginie et Mathieu avaient suggéré. Plus de chambres disponibles, ils nous proposent la porte d'à côté qui convient parfaitement. Nous sommes à l'étage avec un balcon donnant sur la mer, c'est fort agréable. Nous nous prélassons quelques heures puis partons à la recherche de nos amis. L'enquête est vite menée. Ils sont arrivés la veille, se sont présentés au Palm Villa déjà complet pour se Mirissa
retrouver au même hôtel que nous. Ils ne devraient pas tarder à rentrer car ils ont loué un scooter et la nuit tombe. Nous commandons une bière. La première gorgée n'est pas avalée que nos compagnons débarquent et se joignent à nous. Nous sommes heureux de les revoir, nous nous racontons nos dernières aventures. Ils nous narguent un peu avec leurs superbes photos de léopards prise au parc national de Yala. Ils proposent de longer la plage pour aller diner dans un resto qui grille du poisson frais, un régal. Le lendemain, nous louons aussi un scooter, à peine plus de 5 euros pour la journée. Nous partons tous les
Dondra quatre explorer la côte, cap vers l'Est. Nous passons par Matara pour rejoindre Dondra, point le plus méridionale du Sri Lanka. Le phare blanc est planté sur une étroite bande de terre recouverte d'herbe et de cocotiers. Les vagues frappent sur les rochers. Nous avions préalablement repéré une jolie petite plage avec quelques bateaux de pêche, nous la voyons depuis le phare. Nous nous y rendons. Seul Mathieu se baigne, au milieu d'une bande de jeunes qui
s'amusent dans l'eau. Nous restons à l'ombre des palmiers, contemplant ce petit havre de paix. En repartant, nous croisons des gens de Colombo qui semblent ravis de voir des étrangers. «Where (are you) from? How long in Sri Lanka? Do you like it?». Toujours les mêmes questions qui reviennent. Nous engageons une brève conversation. L'un d'eux évoque les années de guerre en affirmant clairement et positivement que c'est du passé. Il finit par nous dire «Go tell the
world Sri Lanka is beautiful and peaceful.» Effectivement, le Sri Lanka est un beau pays, maintenant en paix (bien que nous ne puissions toujours pas voyager au Nord du pays). Nous reprenons la route en changeant de cap. Deuxième arrêt à Matara, cette fois-ci pour visiter un temple situé sur une petite île reliée au "continent" par un pont en suspension de style moderne. Nous nous perdons ensuite sur une plage déserte. Mathieu et Laurent roulent sur le Matara
Matara sable, laissant leurs âmes d'enfants reprendre le dessus. Nous retournons sur nos pas pour retrouver notre chemin puis nous filons à Weligama, petit village de pêche. Nous marchons tranquillement sur le sable recouvert de petits trous faits par des drôles d'insecte. Nous allons à la rencontre des pêcheurs qui ramassent leurs filets, leurs bateaux sont très colorés. Il y a également plusieurs vaches qui se promènent, embêtées par des corbeaux qui ne cessent de se
poser sur elles et de leur donner des coups de bec. Sur le bord de la route, nous observons les nombreuses étales de poissons, ça sent la mer. Nous faisons une longue pause pour nous restaurer tout en papotant. Puis, nous continuons dans la même direction pour atteindre Koggala juste avant le coucher de soleil. D'autres pêcheurs sont assis sur des poteaux de bois plantés dans la mer, à quelques mètres de la côte. Certains utilisent des cannes. D'autres, placés plus loin encore, se servent simplement d'une ligne. Weligama
Koggala Leurs pics sont généralement munis d'un filet, peut-être attrapent-ils de plus gros poissons? Il y a toujours des gens postés là pour réclamer de l'argent aux touristes qui prennent des photos (un peu cliché, c'est d'ailleurs la couverture du Lonely Planet). Après les avoir scrutés et photographiés un bon moment, nous remontons sur les scooters pour rentrer à l'auberge avant qu'il fasse nuit noire car la conduite est dangereuse par ici. Nous profitons d'une dernière soirée en compagnie de
Virginie et Mathieu avec qui nous sommes ravis d'avoir partagé ce petit bout de chemin. Il est toujours plaisant de rencontrer des gens curieux et tolérants qui respirent le bonheur. Leur lune de miel s'achève, ils prennent l'avion un jour après nous. Nous leur souhaitons tout plein de bonnes choses pour la suite et les remercions du bon temps passé ensemble. Bonne route à eux. Nous sautons dans le premier bus pour Colombo dès le lendemain matin.

Colombo: derniers instants au Sri Lanka

Lorsque nous sommes arrivés dans ce pays, nous étions un peu désorientés. Comme souvent, nous étions tristes d'avoir quitté notre précédente destination et nous trouvions beaucoup à redire sur la manière dont se déroulaient les choses par ici (l'esprit critique!) Finalement, nous avons adoré le Sri Lanka et une fois encore, nous serions bien restés plus longtemps! Au début, nous étions agacés d'être accostés sans cesse par les chauffeurs de touktouk et les divers rabatteurs à touristes (hôtels, tours, etc.) Au fil du voyage, nous étions moins sollicités et puis surtout, nous arrivions mieux à les ignorer où à faire de ces échanges autre chose que du simple "business". Peut-être aussi avons-nous pris conscience du contexte socio-économique et culturel, en relativisant. Les frustrations des premiers jours se sont effacées, laissant place à quelques échanges sincères malgré notre statut de touriste blanc et riche. Nous sommes rentrés à Colombo
la veille du départ pour rencontrer le juge Weeramantry et son équipe, au centre d'éducation pour la paix (WICPER: Weeramantry International Centre for Peace Education and Research). Si vous voulez en savoir plus sur cette rencontre, nous vous invitons à lire le carnet pédagogique relatant cette entretien (en ligne prochainement). Au delà de l'aspect éducatif, cette longue discussion nous a permis d'en apprendre plus long sur l'histoire du pays et Colombo
l'identité Sri-lankaise. Merci à eux de nous avoir consacré quelques heures de leur temps si précieux. Nous avons également profité de ce passage à la capitale pour faire quelques impressions et envoyer du courrier. Le jour suivant, il nous a fallu plus de deux heures pour rejoindre l'aéroport en bus et nous sommes arrivés tout juste à la fin de l'enregistrement. Nous survolons Ceylan, nous dirigeant non loin, vers Chennai.
 

Superficie: 65 610 km²
Population: 21 513 990
Population urbaine: 15%
Capitale: Colombo

Frontières terrestres: 0km
Littoral: 1 340 km
Point culminant: Pidurutalagala, 2524m

Pays frontaliers: Aucun

Type de gouvernement: République
Constitution: Aout 1978, amendée en Décembre 2001

Fête nationale: 4 Février
Elle commémore l'indépendance acquise le 4 février 1948.

Force de travail:
  • Agriculture: 32.7%
  • Industrie: 26.3%
  • Services: 41%
Espérance de vie: 75.3 ans
  • Homme: 73.22 ans
  • Femme: 77.47 ans
Population au dessous du seuil de pauvreté: 23%
 
Source: CIA World Fact Book 2010
 

Monnaie: Roupie Sri Lankaise (LKR)
Distributeurs: Facile à trouver en ville
Paiement par visa/mastercard: peu répandu

Prix moyen
litre de diesel: 0,50€
bouteille eau minérale (1.5L): 0,40€
un café: 0,80€
un demi: 1,35€

Indicatif téléphonique: 94
Indicatif internet: .lk
Fuseau horaire: +5h30 UTC

Mobilité:
Aéroports: 18
Routes: 97 286 km
Voix ferroviaires: 1 449 km
Voix navigables: 160 km

Histoire du drapeau srilankais
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