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Kilomètres parcourus: 1328 kms

Trois heures au poste frontalier de Kassab

L'officier à qui nous présentons nos passeports nous fait remarquer d'un ton sec que nous n'avons pas de visa. Nous justifions cette omission par l'incompatibilité des procédures avec notre voyage. Nous sommes partis depuis juillet, or un visa multi-entrées n'est valable que six mois après émission. Il nous lance un regard désapprobateur et emmène nos documents dans un bureau. C'est bon signe, il n'a pas refusé d'emblée. Un autre officier nous fait signe de s'asseoir, ça risque de prendre du temps! Il revient. Ils consentent à nous en délivrer un sur place mais il faut d'abord procéder aux démarches concernant notre véhicule. Il nous conduit dans un petit bâtiment annexe sur lequel est inscrit Bank. On nous annonce les tarifs exorbitants auxquels nous nous attendions, 140 euros par semaine pour la taxe diesel, 50 euros pour un mois d'assurance et 40 pour deux visas entrée simple (valable 14 jours et prolongeable de 14 sur demande auprès des autorités concernées). Nous essayons de négocier un visa à entrées multiples puisque nous serons bien obligés d'entrer à plusieurs reprises si l'on veut visiter la Jordanie et le Liban. On nous refuse ce privilège, il faudra donc renégocier plus tard. On se rassure, si ça marche une fois, ça marchera bien deux ou trois... inchallah!

L'ordinateur de la banque était en panne depuis la veille, l'homme nous explique qu'il doit d'abord enregistrer toutes les transactions d'hier (notées sur papier) avant de s'occuper de nous, et des dizaines d'autres personnes qui font la queue. Nous prenons notre mal en patience. Le premier officier rencontré revient nous voir une demi-heure plus tard, surpris que nous n'ayons pas encore terminé. Lorsque la banque rouvre enfin, il nous fait passer devant tout le monde. Un peu gênés au départ, nous le sommes beaucoup moins par la suite. La paperasse étant beaucoup plus conséquente pour nous, nous passerons la frontière bien après tout le monde! Bref, on nous trimbale de bureau en bureau, on nous donne tout un tas de documents indéchiffrables car rédigés uniquement en arabe. Nous nous repérons aux couleurs, formulaires jaunes, roses ou blancs, ça c'est l'assurance, etc. Les gens sont souriants, nous commençons à pratiquer quelques rudiments de la langue arabe dont Hélène se souvient petit à petit. Trois heures plus tard, après une vérification rapide de la Roulotte, nous passons enfin...

L'un des officiers nous a affirmé que nous ne pourrons pas entrer au Liban avec un véhicule diesel, il semblait sûr de lui et cela nous tracasse. Si nous ne pouvons pas aller au Liban en Roulotte, nous devons changer de stratégie et nous ne nous dirigerons pas dans la même direction. Du coup, nous optons pour un arrêt à Lattaquié, grande ville sur la côte méditerranéenne. Il faut absolument que nous allions sur internet pour éclaircir ce point sombre qui brouille nos esprits. Nous réalisons à peine que nous sommes en Syrie, bien que le dépaysement soit plus important que les pays traversés jusqu'ici. L'effigie d'Attaturk, à laquelle nous étions habitués en Turquie, est remplacée par celle du Président Bachar el-Assad dont la photo est partout, parfois à côté de celle de son père.

Lattaquié: mise au point et planification

Lattaquié Nous n'avons pas de carte routière. Heureusement, Lattaquié est indiqué en anglais. L'une des difficultés majeures pour nous est de s'y retrouver dans une signalétique arabe! Nous suivons les pancartes indiquant le port, non loin du centre. Nous trouvons une place sans soucis et partons explorer les environs. Nous avons faim, un chawarma (sorte de sandwich) au poulet à 50 centimes fait l'affaire. Nous avons besoin de devises locales que nous retirons aisément à un
guichet automatique. En passant devant une agence Budget (location de voiture), nous nous arrêtons, ils ont sûrement des cartes. Bingo! Deux jeunes femmes très sympathiques nous donnent une carte du pays et quelques plans détaillés des principales villes. Merci. Maintenant, nous cherchons un café internet, quête qui se révèlera plus complexe que nous le supposions. Nous demandons plusieurs fois, mais chaque indication nous mène à des boutiques fermées (nous ne sommes pourtant pas vendredi). Enfin un café internet ouvert! Nous pouvons assouvir notre soif d'informations grâce à la magie du net. Mauvaise nouvelle, le douanier disait vrai, impossible de passer au Liban avec un véhicule diesel. Du moins, c'est ce que disent tous ceux qui ont essayer (forums de voyage). Bon, nous en profitons également pour checker nos emails et envoyer un petit message pour rassurer la famille. Réfléchissons, nous avons bien l'intention d'aller au Liban, quitte à mettre la Roulotte en stand-by et prendre nos bons vieux sacs à dos! Ayant deux amis vivant à Amman (capitale jordanienne), nous leurs écrivons pour savoir si il y aurait la possibilité de laisser notre maisonnette sur roues chez eux. En attendant, nous n'avons qu'une semaine pour profiter de l'hospitalité syrienne avant de se rendre en Jordanie. Laurent a envie de grand dépaysement, commençons par le désert! Nous planifions grossièrement un itinéraire, conscients que ça va être la course...

Lorsque nous terminons, il est presque 17h, la lune s'apprête à suppléer le soleil. Nous ne savons pas trop où aller et décidons donc de passer notre première nuit sur place. A quelques mètres de l'emplacement où nous sommes garés, il y a un petit parking, entre deux bâtiments. L'un ressemble à un entrepôt, l'autre parait inexploité. Un homme est debout près de la Roulotte, nous le saluons. Lorsqu'il nous voit se placer un peu plus loin, il nous fait signe. Nous allons lui parler afin de savoir ce qu'il veut. Nous lui expliquons que nous voulons rester ici pour la nuit, si ça ne pose pas de problème. «Mafi mouchkila?» demandons-nous. Il confirme mais nous devrions faire attention à nos vélos, il a gardé un œil sur notre camping-car en notre absence. Ah, «chocran» (merci) - «afouan» (de rien). Nous avons de quoi diner, nous discutons de nos projets pour les mois à venir, listant toutes les possibilités s'offrant à nous (nous voulons être en Iran en septembre pour arriver en Inde après la mousson). Nous avons la liste de 32 écoles françaises au Liban que nous allons contacter. Il y a aussi quatre opportunités de woofing (travail volontaire dans une ferme organique), trois dans le Wadi rum jordanien (désert) et une dans une vallée libanaise proche de Beyrouth. Nous pourrions également prendre quelques cours d'arabe, l'idéal serait l'université de Damas (capitale syrienne) mais cela nous reviendrait trop cher en taxe diesel, à moins de laisser la Roulotte en Jordanie. Bref, nous échangeons nos motivations. Nous sommes arrivés à un moment du voyage qui se révèle être une étape. Jusqu'à présent, nous avons surtout joué aux touristes, négligeant complètement le projet associatif qui nous animait avant le grand départ. Maintenant que nous nous sommes parfaitement ajustés à cette nouvelle vie nomade, nous avons envi de faire d'autres choses que visiter des sites archéologiques et des châteaux! Plongés dans nos rêveries, nous nous endormons paisiblement, sans entendre le brouhaha lointain de la circulation.

Dès 6h, nous sommes réveillés, comme souvent. Nous restons au lit, le temps d'immerger et poursuivre nos lectures (oui, nous lisons beaucoup le matin). La ville s'éveille et le trafic se fait plus dense mais nous sommes suffisamment à l'écart pour ne pas être dérangés. Vers 7h, des voix d'enfants résonnent «Bicycleta! Bicycleta!». Tiens, ils ont repérer les vélos. Nous ne comprenons pas le reste mais l'allure peu ordinaire de notre Roulotte ne les laissent pas indifférents. De plus en plus nombreux, ils nous entourent. Nous ne craignons pas grand chose mais c'est toujours un peu pesant. C'est un peu comme si on violait notre intimité. Nous scrutons entre les lamelles de store, ils ont 7 ou 8 ans en moyenne. Laurent s'habille le premier, pour aller à leur rencontre, leur montrer qu'il y a des gens dedans, qu'il ne s'agit pas d'une soucoupe spatiale et que nous ne sommes pas des extra-terrestres. Certains affichent des visages surpris, tous sourient et les plus braves lance de joyeux «Hello! Hello!». Cet immeuble qui nous apparaissait abandonné est en fait une école! Autrement dit, il va y avoir plein d'autres petits bonshommes bleus (couleur de leur uniforme) qui vont débarquer! Hélène se prépare lorsque soudainement, le premier caillou s'abat sur la Roulotte. Laurent se précipite dehors pour leur faire les gros yeux mais bientôt un deuxième jet atteint son objectif. Hélène est enfin prête et sort à son tour, personne en vue. Les pierres ont été lancés depuis l'enceinte intérieure de l'école. Laurent est dans le bureau d'un des responsables, expliquant par l'intermédiaire d'un "interprète" trouvé dans la rue. Bon, il semblerait qu'il est compris le problème et les surveillants se font sermonnés pour garder un œil vigilant sur les gamins. Nous préférons partir au plus vite. De toute façon, nous avons un programme chargé. Un homme s'approche pour nous dire que nous pouvons rester «No problem! No problem!» répètent-ils, vraisemblablement gêné de ce qui venait de se passer. Nous lui sourions, lui confiant que nous allions partir de toute manière. Il se fond en excuse et engage une brève conversation limité aux "classiques" «Where are you from?» et «Welcome to Syria!». Il nous raconte qu'il était marin avant, et il s'est rendu plusieurs fois à Marseille et Port Louis. Ah bon. Puis, «Good Bye. Ma'asalamé.»

Nous passons par une boulangerie repérée la veille mais elle est malheureusement fermée. Nous restons sur les grands axes, en quête de panneaux en anglais, les seuls que nous sommes à même de déchiffrer. Voilà, nous prenons la direction d'Alep.

Premières impressions: une hospitalité incommensurable!

La route est en bon état mais quelques travaux ici et là nous impose des détours sur lesquels ils nous faut parfois être à l'affut des nids de poule, et surtout des dos d'ânes à l'abord des habitations. Plus de 250 km nous sépare du lac Assad, au bord duquel nous aimerions camper ce soir. Nous traversons plusieurs villes et villages, nombreux sont ceux qui nous font des signes, affichant de larges sourires mêlés à des regards curieux et intrigués. On se croirait dans la Sur la route d'Alep
Papomobile! A la sortie d'une grosse bourgade, nous ne sommes pas surs d'être sur le bon chemin, ça fait un moment que nous n'avons pas vu de panneaux (du moins en anglais). Mieux vaut s'arrêter pour demander. Toute une famille se tient sur le bord d'une petite route rejoignant l'axe sur lequel nous nous trouvons. Hélène descend, traverse et leur demande par où est Alep. Un homme lui répond d'un geste désignant la direction dans laquelle nous étions engagés, un autre nous invite à boire un thé. Hésitante, Hélène regarde en direction de Laurent qui ne tarde pas à comprendre la requête. Pourquoi pas, ça nous fera une pause. Laurent démarre pour garer la Roulotte près de leur maison, comme lui suggère les deux hommes. Pendant ce temps, Hélène remonte à pied, entourée de trois femmes et quelques enfants. Nous prenons place sur une terrasse. L'un des hommes parle un peu anglais, c'est un ancien militaire à la retraite et il vit à Damas. Il est venu avec sa femme et son plus jeune fils (4 ans) pour rendre visite à ses proches. Effectivement, nous ne tardons pas à comprendre que tout le hameau est occupé par une même famille, trois générations confondues. Autour de nous, des champs de blés et quelques parcelles abritant des petites serres dans lesquelles poussent des fraises et des piments. Quelques poules picorent dans la cour. La maîtresse de maison nous propose à manger, nous hésitons, par gêne, mais nous mourons de faim. Comme si il avait lu sur nos visages, l'homme fait signe à son épouse de nous préparer quelque chose. Il se tourne ensuite vers Hélène pour qu'elle le suive afin de visiter la maison. C'est une habitation modeste mais très bien entretenue qu'il lui présente avec fierté. En moins de cinq minutes, notre hôtesse revient, un large plateau rond argenté sur la tête. Elle le pose au milieu. Dessus sont disposées plusieurs assiettes remplies de trois sortes de hommos (purée de pois chiches à l'ail, nappée d'huile d'olive), des tomates coupées, du fromage, des aubergines marinées et de l'omelette. On nous tend une sorte de grande galette (pain arabe) que nous déchirons petit à petit, agrémentant chaque morceau avec les différents composants de ce mezze. Nous buvons du thé en mangeant, Laurent apprends un nouveau mot très utile, «Sah'a» qui signifie poliment que l'on a assez mangé. Au fur et à mesure, le cercle s'agrandit, nous découvrons ainsi une bonne partie de cette grande famille (six à onze enfants à chaque fois, difficile de s'y retrouver!). Hélène a droit à une séance d'essayage de tenues
Sur la route d'Alep traditionnelles qui amusent tout le monde. Les femmes se font un plaisir de l'habiller, la pouponner, lui montrer comment elle porte le voile, souvent tenu par une épingle, etc. Des cafés nous sont servis, même Laurent le boit (décidément, il va être obligé de se mettre au café!). Puis on nous apporte du coca frais. Les heures défilent et nous exprimons à regret notre départ, nous avons de la route! Ils insistent pour que nous passions la nuit chez eux, etc. Le couple de Damas s'apprêtait à partir lorsque nous les avons
rencontré, c'est pour cela qu'ils se tenaient tous au bord de la route, attendant un bus. Ils vont à Ariha, plus ou moins sur notre chemin. «You can come with us.» Nous les emmenons. Tous nous accompagnent à la Roulotte, garée à une cinquantaine de mètres, une véritable procession! Nous arrivons à Ariha et ils insistent pour que nous buvions un café chez l'une des sœurs de l'épouse. Ils nous achètent des pâtisseries pour que nous goutions les spécialités locales, ils veulent encore nous offrir un chawarma mais nous n'avons vraiment plus faim «Sah'a. Sah'a» Nous découvrons une autre demeure, un petit appartement niché au troisième étage d'un immeuble situé dans une impasse. En bas, une dizaine de pompes à eau sont fixées au mur avec des tuyaux qui partent dans tous les sens. Non sans mal, nous nous retirons enfin. Le couple nous raccompagne à notre véhicule, garé à 200 mètres environ. Bien sur, ils nous laissent leurs coordonnées et nous sommes attendus à Damas!

Voilà à quoi ressemble l'hospitalité syrienne, sans limite, sans mesure, c'est extrêmement touchant. Nous sommes émus. Les deux guides que nous avons sont formels, c'est ultra safe la Syrie et nous le ressentons bien. Dans un forum cybernétique, un voyageur évoquait son expérience (il voyageait avec un 4x4 et tout un tas d'équipement). Alors qu'il écrivait un long paragraphe concernant la Jordanie (précisant qu'il avait opté pour un parking surveillé couvert et que l'un de ses jerricans avait tout de même disparu), il se contentait pour la Syrie de deux mots: «probité absolue». Nous ne sommes là que depuis deux jours mais nous approuvons déjà cette expression. Hélène avait déjà passé cinq semaines en Syrie il y a trois ans, elle avait adoré. Toutefois, elle appréhendait un peu avec le camping-car, ce n'est pas du tout la même expérience. Ces premières rencontres la confortent immédiatement!

Au bord du lac Assad

Nous arrivons à Althawra peu avant la tombée de la nuit, cherchant notre direction vers Qal'aat Ja'abar, château qui surplombe aujourd'hui une vaste étendue d'eau détournée de l'Euphrate. Cet ambitieux projet commença dans les années 1960. Autrefois désertique, cette région a développé d'importantes cultures depuis la création du grand barrage en 1973. Nous demandons notre chemin à un militaire, il nous envoie vers son collègue un peu plus loin. Ce Au bord du lac Assad
dernier vérifie nos passeports, note nos identités et l'immatriculation de notre véhicule avant de questionner. «Why do you want to go there?» Pour visiter le château. Ok. on nous laisse passer. Une longue route a été construite sur le barrage. A l'autre bout, deux autres cahutes militaires, l'homme armé nous fait signe de circuler. Il commence à faire très sombre. Nous traversons un village constitué de petites maisons en terre se fondant parfaitement dans le paysage. Nous apercevons un chemin menant au bord du lac, allons-y! Trois bateaux sont amarrés, il y a deux hommes. Nous allons à leur rencontre, demandant si c'est possible de rester là pour la nuit. Ils ne parlent pas un mot d'anglais mais comprennent nos gestes et le fameux «Mafi mouchkila» (pas de problème), ils sourient. Quelques minutes plus tard, ils partent en moto. Nous sommes seuls, l'endroit est paisible, c'est agréable.

Château Qal'aat Ja'abar Au matin, nous distinguons deux autres hommes, chacun sur un bateau. Agenouillés sur des tapis en direction de la Mecque, ils semblent plongés dans un profond recueillement. Nous respectons le silence et profitons des lieux. Vers 11h, un bus scolaire débarque, les enfants semblent excités de voir deux étrangers dans ce drôle d'engin. Les «Hello!», «Welcome!» et «What('s) you(r) name?» fusent de toutes parts. Laurent a la tête sous le capot, soucieux. En
vérifiant le niveau d'huile, il s'aperçoit que la jauge est cassée et le bout est resté coincé dans le réservoir. Cela ne nous empêchera pas de rouler mais il faudra remédier à ce problème. Notre vieux Ford a une consommation d'huile irrégulière, parfois importante. Nous devons être à même de vérifier. Il a plu toute la matinée, une pluie si fine qu'on l'entend à peine effleurer la carrosserie. Contrarié par cette histoire de jauge et peu motivé par les conditions météorologiques, Laurent n'est pas intéressé par le château mais Hélène insiste, nous sommes juste à côté. Nous y allons. Autrefois perché sur son grand rocher au milieu du désert, Qa'alat Ja'bar est maintenant entouré d'eau. Construit avec des briques, de style mésopotamien, il date de l'époque pré islamique. Il a été réaménagé par Nur al-Din (ou Noureddine signifiant "lumière de la religion"), un chef de guerre musulman du XIIe siècle qui lutte contre la présence des croisés en Syrie et en Égypte. Puis il fut altéré par les Mamelouks (membres d'une milice formée d'esclaves affranchis au service des califes musulmans et de l'Empire ottoman, ils ont occupés le pouvoir à plusieurs reprises).

Après cette visite, nous voilà à nouveau le nez sous le capot, réfléchissant à des solutions. Par exemple, une tige de fer souple. Nous essayons désespérément de calculer la longueur de la tige et le niveau actuel, etc. Avec tout ça, il est déjà 15h! Impossible que nous arrivions à Deir-Ez-Zor avant la nuit comme nous avions prévu. Nous partons pour Rasafa, à une soixantaine de kilomètres.

Au pays des Bédouins: ruines de Rasafa et traversée du Jabal Bishri

Tranquillement, nous prenons la route. En traversant la ville de Althwara, nous scrutons pour un garage et une station service. La première station en vue est fermée (ou n'a plus de diesel), des militaires nous font signe de les suivre, ils nous conduisent à une autre station. Nous faisons le plein d'eau et d'essence. Il y a là toute une bande de jeunes, Laurent ne sait plus où donner de la tête, tandis que Hélène est restée à l'intérieur pour surveiller le remplissage du réservoir d'eau. Nous les questionnons sur un garage, leur montrant notre problème de jauge mais aucun ne parle vraiment anglais et ils ne s'y connaissent pas plus que nous en mécanique. Dans la précipitation, Laurent ne sait pas trop combien il a payé, on lui a redemandé de l'argent. Bref, il s'est senti quelque peu oppressé par tous ces jeunes qui l'entouraient, hurlant dans une langue que nous ne comprenons pas. Finalement, nous recomptons les billets et nous avons payé le prix indiqué mais c'est la première fois que nous avons ce sentiment étrange et pesant. Il est frustrant de ne pas pouvoir communiquer, cela nous pousse parfois à une légère paranoïa. Nous nous ressaisissons et reprenons la route. Nous nous enfonçons à présent dans une zone désertique, barrage militaire en vue. Contrôle des passeports, vérification de notre destination, sourire et la barrière s'ouvre. Nous arrivons enfin à Rasafa. Laurent suggère de faire le tour du site archéologique pour trouver un endroit discret ou camper (difficile d'être discret en plein désert, surtout avec notre Roulotte jaune et verte!). Derrière, nous découvrons un camping-car garé près d'un petit restaurant tenu par le gardien du site. Tiens, ce sont des français! Heureux de trouver des compatriotes dans ce no man's land, nous allons à leur rencontre. Chantal et Michel sont à la retraite et voyagent neuf mois par an à bord de leur magnifique et confortable véhicule. Nous faisons connaissance, ils nous invitent à entrer (car les nuits sont fraiches dans le désert). Du coup, nous passons plusieurs heures en leur compagnie autour d'un apéro, à échanger nos expériences. Ils repartent le lendemain matin, peut-être les recroiserons-nous puisqu'ils se rendent en Jordanie ensuite... Heureux d'avoir passé cette agréable soirée, nous nous endormons sereins.

ruines de Rasafa
Le jour suivant, nous arpentons le site avec beaucoup de plaisir. Sa situation géographique fait son originalité puisque il se dresse dans une infinie platitude de sable et de cailloux. Personne n'a retrouvé de trace archéologique de cette ville dont on ne connait pas vraiment l'origine. On sait que Dioclétien en fit un poste militaire qui gardait la frontière est de l'Empire romain dès 256, après que Doura-Europos (au sud-est de la Syrie, non loin de la frontière irakienne) fut tombé aux mains des Sassanides. Les vestiges subsistant datent de différentes périodes (byzantine, omeyyade, etc.)

En route vers Palmire
Bon, nous n'avons pas le temps d'aller à Deir-Ez-Zor mais nous allons rejoindre Palmyre en traversant le Jabal Bishri. Il faut savoir que les deux tiers du pays sont recouvert par le désert. Il ne s'agit pas tant d'un paysage dunaire de sable doré comme on s'imagine souvent. Le désert syrien, c'est de la caillasse à perte de vue! Ici un troupeau de moutons, plus loin des chameaux, etc. Nous avons sans doute fait un grand détour en se dirigeant au hasard. Nous sortons ensuite notre boussole, instrument indispensable dans cette environnement. Nous admirons les campements Bédouins éparpillés à travers ces vastes espaces hostiles aux hommes. Nous nous offrons plusieurs pauses pour admirer cette atmosphère de désolation non moins dépourvue de charme. Nous rejoignons enfin la grande route du désert, quelque part entre Deir-Ez-Zor et Palmyre, notre prochaine destination.

Palmyre et la route du désert

Toujours ce panorama d'une infinie platitude, quelques reliefs rompant parfois la monotonie. Nous voulons faire le plein mais les trois stations rencontrées disent ne plus avoir de diesel... Ce serait quand même dommage de tomber en panne d'essence en Syrie! Nous arrivons à Palmyre au crépuscule. Chantal et Michel nous ont parlé d'un hôtel qui accepte les camping-caristes sur leur parking privé, moyennant quelques euros. Le guide du Routard en parle également, En route vers Palmire
précisant qu'il y a des sanitaires à disposition. Nous n'avons encore jamais payé pour une nuit mais cette solution de facilité nous motive, il est déjà tard. L'hôtel (Zenobia) en question est situé au bord des ruines, dans un cadre exceptionnel. C'est un cham (palace) cinq étoiles, nous ne nous attendions pas à ça! Il y a beaucoup de va-et-vient. Le jeune homme qui nous accueille nous explique que Monsieur Silvio Berlusconi vient de partir, 30 minutes plus tôt! Mince alors, nous avons manqué notre chance de rencontrer le Président italien! Nous nous adressons au personnel qui confirme la possibilité de se garer. Le parking est minuscule, en plein passage, il n'y a pas de douches mais seulement des toilettes et le prix dépasse ce que nous étions prêts à débourser. Nous refusons mais ils insistent, nous proposant de payer moitié prix. Nous ne sommes pas emballés mais nous sommes épuisés. L'endroit a le mérite d'être calme et à l'abri des regards. «Ok, we stay.»

Une fois installés, nous marchons vers la ville pour aller diner. Hélène était déjà venue, des images immergent de sa mémoire, elle essaie de retrouver l'auberge où elle avait séjourné. Nous déambulons dans les rues touristiques, gagnés par une sensation d'agacement. Nous n'avions pas vu autant de touristes depuis des lustres! Nous ne sommes plus habitués à l'hospitalité hypocrite et intéressée des lieux très visités. Nous allons dans un restaurant, il est blindé d'étrangers. Les prix sont hauts en comparaison à ce que nous payons d'habitude, les plats ne sont pas exceptionnels et le service laisse à désirer. Alors que nous demandons l'addition, on nous impose presque d'attendre le «flower tea for hospitality» comme ils disent. Offert sans aucune sincérité.Avec les rencontres que nous faisons dans les villages, nous devenons exigeants! Déçus, nous allons nous réfugier dans notre Roulotte.

Palmyre
Le lendemain, nous partons explorer ces ruines d'une incroyable beauté. Quelques collines se dressent au milieu du désert. Sur l'une d'elle est perché un château arabe datant du XIIIème siècle. A ses pieds s'étendent les vestiges de la cité de Zénobie, reine de Palmyre. Ce vaste site est bordé d'un tapis vert, le fameux oasis qui explique le choix du site. L'entrée est payante pour plusieurs édifices, très bien préservés et rénovés. Nous nous limitons au magnifique temple de Bel et au théâtre. Construit en l'an 32 de notre ère, le temple fut dédié à Bel, le Dieu des Dieux Palmyréniens (équivalent de Zeus pour les Grecs et Jupiter pour les Romains). Puis nous foulons plusieurs kilomètres à travers ces
En direction de Damas témoignages de la civilisation. Nous quittons l'hôtel. De jour, nous réalisons qu'il aurait été mille fois plus agréable de camper près des tombeaux, zone moins visitée, parfaitement calme. Tant pis!

Poursuivant notre course contre la montre, nous rejoignons la route du désert en direction de Damas, sans destination particulière pour le soir même.

Perdus dans la banlieue de Damas, une autre rencontre inoubliable

Vers 17h nous commençons à regarder le paysage différemment, en quête d'un campement pour la nuit. Malheureusement, pas évident de s'arrêter en plein désert. Nous ne voulons pas aller à Damas, nous quittons l'axe principal et prenons la direction du sud un peu avant. A présent, les panneaux sont rédigés uniquement en arabe, nous sommes vite perdus. Nous demandons notre chemin plusieurs fois, mais sans grand succès. Notre carte est peu détaillée. Les gens n'arrivent pas toujours à lire les transcriptions phonétiques utilisant l'alphabet latin, sans compter que notre prononciation est trop mauvaise pour qu'ils saisissent. Nous cherchons également de l'eau minérale mais personne ne doit en boire dans ces villages car c'est impossible à trouver (ils vendent pourtant toutes sortes de soda). Au bout d'un moment, nous retrouvons un panneau en anglais, il indique l'aéroport international de Damas, nous sommes arrivés plus près que nous le souhaitions... Bon, il faut vraiment qu'on trouve un endroit. Il y a pas mal de trafic, il fait maintenant nuit noire et nous ne savons toujours pas où dormir. Nous voulons sortir de la zone urbaine. Épuisés nous demandons à une station service si ils sont d'accord pour que nous nous y garions pour la nuit. L'homme ne parle pas anglais et ne fait pas d'effort pour comprendre nos gestes, il fait non de la tête. nous repartons. Une voiture nous rattrape pour nous dire que c'est bon, sans doute un client ayant surpris et compris notre requête. C'est gentil mais nous ne voulons pas nous imposer, d'autant plus que l'endroit ne nous plaisait pas. Nous poursuivons. Quelques kilomètres plus loin, la densité de population s'amoindrit et nous apercevons une station fermée. Nous nous y arrêtons, pensant être seuls. Un jeune homme sort du bâtiment pour venir à notre rencontre, il a quelques notions d'anglais et un large sourire aux lèvres. A peine avons-nous formulé notre demande qu'il accepte, bientôt rejoint par d'autres membres de la famille qui nous invitent à prendre le chai (thé). Comme le veut la coutume, nous enlevons nos chaussures avant d'entrer. Nous pénétrons dans une pièce qui fait office de salon et de chambre. Le sol est recouvert de tapis et de fins matelas couverts de tissus colorés. Au centre, un plateau sur lequel sont disposés la théière, les tasses et le sucre. Cette simplicité est des plus chaleureuses. Il fait froid. Il n'y a pas de chauffage mais une petite télé perchée sur un plateau dans l'un des angles. Nous faisons connaissance avec Fatima, chef de famille entourée de ces sept enfants et son unique petit fils. La barrière de la langue limite les échanges. Pourtant la communication se fait aisément, passant par des gestes et des rires. Bientôt ils nous apportent à manger, une assiette de riz accompagnée de quelques piments et du chou-fleur baigné dans une sorte de vinaigre de couleur rose criarde. Nous étions affamés. Laurent a à peine terminé son assiette que l'une des jeunes filles la remplit à nouveau. Il avait assez mangé mais il avait oublié de prononcer le mot magique «Sa'ha». Gênés de se retirer après tant de générosité, nous annonçons que nous allons nous coucher. Ils insistent pour que nous dormions sous leur toit, ils ont une deuxième pièce qu'ils souhaitent nous laisser tandis qu'il s'entasseraient tous dans l'autre. C'est extrêmement touchant et il est difficile de refuser; mais sincèrement, nous préférons dormir dans notre Roulotte. Nous avons un peu de mal à leur faire comprendre mais réussissons finalement à nous éclipser, promettant de se retrouver au matin.

Au réveil, nous entendons les va-et-vient de nos hôtes. Une fois habillés, nous mettons le pied dehors. Ils sont là, juste devant notre Roulotte, installés sur un tapis. A croire qu'ils avaient peur que nous partions sans partager un autre moment avec eux!Nous nous joignons au cercle pour boire le thé et le café qu'ils nous offrent. Ils veulent nous nourrir mais nous leur expliquons que nous avons déjà mangé. Effectivement, nous avons pris un bol de céréales. Sont-ils sceptiques? Les Dans la banlieue de Damas
différences culturelles sont évidentes. Nous sommes habitués à l'esprit individualiste occidental, nous ne nous sommes même pas posé la question du partage du repas... Nous passons quelques heures au soleil. De longs silences entrecoupés de quelques mots arabes que nous ne comprenons pas. Nous nous munissons d'un carnet et d'un stylo, entreprenant d'apprendre à compter et écrire les chiffres en arabe. Cela nous occupe un bout de temps. Nous répétons les mots, travaillant la prononciation. Ils nous servent ensuite du maté argentin
Dans la banlieue de Damas que nous aspirons à l'aide de jolies bombillas (sorte de paille). Mouna (l'une des jeunes filles) a mal à la tête, Laurent va lui chercher une boite de Doliprane. Puis c'est de ses mains qu'elle se plaint. Le froid les a asséchées, Hélène récupère un pot de crème hydratante qu'elle lui donne en cadeau. Quelques minutes plus tard, Mouna revient avec un foulard rouge à paillette qu'elle lui offre en retour. Fatima insiste également pour nous offrir le briquet qu'elle vient de recevoir pour
la fête des mères, c'est un gigantesque briquet rose. Nous partons ensuite avec trois des enfants (dont deux ont plus de 20 ans) pour voir les chevaux de l'exploitation située de l'autre côté de la route. Mouna prend Hélène par la main. Il y a beaucoup d'émotions dans nos regards. Nous avons du mal à partir mais il faut reprendre la route. D'une simple étreinte s'exprime de grandes émotions. Puis leurs silhouettes disparaissent petit à petit dans le rétroviseur... encore une belle rencontre. Dans la banlieue de Damas

Le Hauran: Qanawat et Bosra

Le Hauran est la région très fertile qui s'étend au sud de Damas (jusqu'à la frontière jordanienne), entre le plateau du Golan et le djebel El-Arab. La fertilité s'explique par l'intense activité volcanique qu'a connu cette contrée. Le basalte a d'ailleurs servi à construire la majorité des villes anciennes (aujourd'hui ils utilisent du béton). La grande richesse architecturale inclut de nombreux monuments et vestiges de villes romaines. Conquise par les Romains au début du IIème siècle, ce sont les Nabatéens qui contrôlèrent longtemps cette zone. Les Nabatéens étaient un peuple commerçant du sud de la Jordanie, de Canaan (terme utilisé dans le récit biblique pour décrire la partie du Proche-Orient située entre la Méditerranée et le Jourdain) et du nord de l'Arabie. Leur capitale était la fameuse cité troglodytique de Pétra que nous visiterons prochainement. Au XVIème siècle, ce territoire est peu habité et sa fertilité inexploitée. Les Druzes fuyant les troubles du Liban dans les années 1860 s'y installent. Plus tard, les réfugiés du Golan viennent également s'y établir. Les Druzes, communauté musulmane fière et très libre (on y voit moins de femmes voilées qu'ailleurs), ont résisté à l'occupation française (XVIII et XIXème siècles).

Qanawat Nous traversons Shaba, apercevant des ruines dispersées à travers la ville moderne. Nous allons jusqu'à Shaqqa pour déguster un délicieux chich taouk puis nous nous rendons à Qanawat. Nous regardons les restes de temples du IIIème siècle qui furent transformés en églises byzantines. La couleur noirâtre du basalte utilisé pour ces constructions confère aux édifices un aspect funeste. Sur la route de Qanawat, nous avions repérer plusieurs endroits agréables où les gens
pique-niquent en famille. A flan de colline, se succèdent des parcelles délimitées par des petits murs de pierres entassées. Il y a beaucoup d'arbres dont des oliviers. Le printemps verdoyant est ponctué de fleurs jaunes, blanches et rouges. Il est à peine 15h et nous voulons profiter de cette nature ensoleillée. Nous nous posons dans un champ de coquelicots. La nuit est paisible. Le lendemain matin, nous partons visiter Bosra.

Qanawat
Bosra Le site de Bosra nous charme, il est imbriqué avec les maisons du village. Cette particularité nous séduit parce qu'elle rend ces ruines plus vivantes. Il y a comme une continuité qui s'opère naturellement entre ces constructions anciennes et les habitations actuelles. Bosra est une ville très très ancienne... Elle est citée sur des papyrus égyptiens datant du XVIIIème siècle av. J.C. (sous le nom de Busrana)! Au Ier siècle av. J.C., elle devient la capitale du nord du royaume nabatéen
(Pétra étant celle du sud). En 106 ap. J.C., elle est la capitale de la province d'Arabie de l'empire romain. Son essor se poursuit, sa position géographique en fait un nœud routier important où se développe le commerce. Bosra est la première ville byzantine à tomber au moment de la conquête arabe. Nous commençons notre errance à travers ces témoignages historiques, prenant le temps de lire les panneaux explicatifs (rédigés en français!). Nous réservons la visite du théâtre pour la fin... le théâtre de Bosra, édifié au IIème siècle, a connu plusieurs modifications au fil des époques. Il paraît qu'il était
complètement recouvert de sable quand il fut découvert! Cela explique peut-être qu'il soit si bien conservé. Sa taille est impressionnante, 102 m de large! On pouvait y asseoir 12 000 personnes! La fortification qui l'entoure est l'œuvre des Omeyyades (dynastie de califes qui gouvernent le monde musulman de 661 à 750) et des Ayyubides (famille princière dont les membres régnèrent sur l'Égypte, la Syrie, la Mésopotamie et le Yémen) qui cherchaient à contrer les croisés au XIIIème siècle.

Bosra
C'est également à Bosra que se déroule l'un des épisodes les plus curieux de la vie de Mahomet, fondateur de l'Islam. C'est un moine nestorien du nom de Bahira qui raconta cette histoire. Un jour, il vit passer une caravane (un convoi de transport de marchandises, pas le véhicule) et observa une scène insolite. Un jeune garçon était protéger du soleil par un petit nuage qui le suivait fidèlement, alors que tous les autres étaient accablés par la chaleur. Vous l'aurez deviné, il s'agissait de Mahomet!

Il est 13h, notre autorisation de circuler en Syrie s'arrête aujourd'hui (taxe diesel), nous nous rendons à la frontière... Nous reviendrons en Syrie dans les mois à venir... affaire à suivre...

Les Baluchons sur les routes de Syrie:

 

Superficie: 185 180 km²
Population: 21 762 978
Population urbaine: 54%
Capitale: Damas

Frontières terrestres: 2 253 km
Littoral: 193 km
Point culminant: Mont Hermon, 2814m

Pays frontaliers:
  • Irak (605 km)
  • Israël (76 km)
  • Jordanie (375 km)
  • Liban (375 km)
  • Turquie (822 km)

Type de gouvernement: République
Constitution: 13 mars 1973

Fête nationale: 17 avril
Elle commémore l'indépendance acquise en 1946.

Force de travail:
  • Agriculture: 19.2%
  • Industrie: 14.5%
  • Services: 66.3%
Espérance de vie: 74.22 ans
  • Homme: 71.87 ans
  • Femme: 76.7 ans
Population au dessous du seuil de pauvreté: 11.9%
 
Source: CIA World Fact Book 2009
 

Monnaie: Livre Syrienne
Distributeurs:
Paiement par visa/mastercard:

Prix moyen
litre de diesel: 0,30 € + 140 € de taxe diesel hebdomadaire
bouteille eau minérale (1.5L): 0,40 €
un café:
un demi:

Indicatif téléphonique: 963
Indicatif internet: .sy
Fuseau horaire: +2 UTC et +1h du 1er avril au 30 septembre

Mobilité:
Aéroports: 104
Routes: 97 401 km
Voix ferroviaires: 2 052 km
Voix navigables: 900 km

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